La révélation

L'Histoire de l'amour

L’Histoire de l’amour de Nicolas Krauss
Gallimard . 21€

Léo Gursky, vieux réfugié polonais d’origine juive, vit ses derniers moments dans un appartement sordide de New York. Il a tout perdu soixante ans plus tôt : sa famille, exterminée par les nazis, et son unique amour, Alma, qui en a épousé un autre. Alma Singer a quinze ans et vit non loin de Léo. Elle porte le prénom du personnage d’un roman – L’Histoire de l’amour – que son père, mort quand elle était petite, aimait par dessus tout. Alma et Léo ne se connaissent pas ; mais le mystérieux roman les hante l’un et l’autre.
Une réussite exemplaire : malgré son intrigue complexe et sa structure polyphonique, L’Histoire de l’amour se lit d’une traite grâce à la fluidité et à la richesse de son écriture. Grâce aussi à l’émotion qu’il suscite, sans jamais tomber dans le pathos, et à la fantaisie des personnages secondaires. C’est une superbe méditation sur la perte et l’effacement, transfigurée par l’amour de la littérature. Si l’on ne devait retenir qu’un livre de cette rentrée 2006, ce serait celui-là !
Nicole Krauss est l’épouse du romancier Jonathan Safran Foer.

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Et aussi…

Imelda

L’avalanche des 683 romans de cette rentrée littéraire ne doit pas nous faire oublier tous les bons livres parus quelques mois plus tôt, parmi lesquels le magnifique Imelda, de John Herdman. Que s’est-il donc passé au manoir de Lemington ? Qui est le père de l’enfant d’Imelda ? De quoi est vraiment mort son fiancé Hubert ? Deux narrateurs donnent leur version des faits : le premier est schizophrène, le second prêt à n’importe quel mensonge pour sauvegarder sa réputation et celle de sa famille. Où se cache donc la vérité ? Et si, justement, la vérité n’existait pas ? On ne peut qu’admirer ce jeu de piste brillantissime, digne de Nabokov, où les conventions littéraires explosent, cédant le passage à la folie et à la puissance de l’illusion.