Dans le cadre du Printemps des Poètes
Jeudi 6 mars à 18h30
Performance
DENIS COINTE/GABRIEL MWENE OKOUNDJI
Gabriel Mwènè Okoundji est aujourd’hui une figure marquante de la nouvelle génération des poètes africains. Sa poésie tire ses racines de sa terre natale, la terre Tégué, au Congo-Brazzaville. Il a été traduit en occitan, a reçu le Prix Pey de Garros, collabore à différentes revues et participe à diverses expériences artistiques réunissant peintres, comédiens et musiciens. Il vit dans la région bordelaise depuis plus de vingt ans, exerçant la profession de psychologue clinicien des hôpitaux et chargé d’enseignements aux Universités Victor Segalen (Bordeaux II) et Michel de Montaigne (Bordeaux III).
Bibliographie :
Prière aux ancêtres
édition bilingue français/occitan
Ed. Fédérop, février 2008
4ème de couverture >
Mémoire, mémoire, oh ! que le temps a vieilli dans mes rides !
d’un ciel à l’autre, mes souvenirs se couvrent de vieillesse
il fait noir, la nuit comme un fleuve qui coule a gagné sur le jour
et les ténèbres emportent dans leurs flots les rêves de ma jeunesse.
Ce que les Occitans entendent dans la poésie d’Okoundji, c’est tout simplement la force et le souffle d’une langue qui monte du plus profond d’une terre, d’un peuple, et qui, au terme d’un parcours millénaire, aboutit à cette profération essentielle à hauteur d’univers … Y a-t-il, aujourd’hui, beaucoup de poésies plus universelles que celle-ci, issue de la terre de Mpana, au Congo, - celle d’un poète qui, au rythme du cœur ancestral, avance « dans les dimensions du monde » ?
J-P. Tardiu
Avec pour bannière les mots de la conteuse Ampili mêlés de ceux du vieux sage Mpampou, le poète chemine au fil de ses publications, dans une profonde voie où la parole devenue lanterne, féconde la lumière qui aide à la traversée des sentiers de l’existence et ce faisant, vivifie l’esprit de tout mortel qui l’entend. En effet, nous dit Gabriel Mwènè Okoundji, c’est par la parole poétique inspirée ou initiée, que pénètre la lucidité dans l’âme humaine. Dans la démarche singulière de l’auteur, il est question d’une poésie d’initiation héritée de sa lointaine terre natale et, qui consiste à observer une parole dans ce qu’elle révèle de souffle, entre le signe et le symbole, entre le chant et le pleur, entre le conte et la légende, c’est-à-dire, entre la métaphore et l’énigme, en d’autres termes, entre l’aube et le crépuscule.
Bono, le guetteur de signes, Elytis 2005
Vent fou me frappe, Fédérop 2003
L’âme blessée d’un éléphant noir, William Blake & Co 2002
Gnia, édition bilingue français/occitan, Cahiers de Poésie verte 2001
Palabres autour des paroles de Sory Camara, Presses Universitaires de Bordeaux 1999
Second poème, L’harmattan 1998
Cycle d’un ciel bleu, L’harmattan 1996
Denis Cointe vit à Bordeaux, il propose un travail sur l’image mêlant photographie, vidéo et performance. En février 2008, il a présenté, au Musée des Arts décoratifs de Bordeaux, photographies et vidéos. La série intitulée “Accident”, proposait un dialogue entre le lieu et l’humain, un fondu enchainé entre le corps, l’identité et l’Espace Public (ou le Musée).
Dans sa série de performances intitulée “Si je fais un pas, je suis ailleurs… ou je meurs”, Denis Cointe expérimente le mouvement, la voix, l’image vivante, l’image vidéo etc., comme questionnement de sa présence à un lieu et à un public.
www.deniscointe.com
Performance
DENIS COINTE/GABRIEL MWENE OKOUNDJI
Nous habitons un seul mouvement
danse des mots et paroles du corps
photo : Lao Paz
Dans ce spectacle, la parole poétique et le mouvement du corps marchent ensemble main dans la main, dans l’harmonie d’un écho que le poète et l’artiste se renvoient l’un à l’autre.
Le corps à l’écoute du mot, se soulève et se lève, observe autour de lui, se questionne, appréhende l’espace pour enfin emprunter un chemin au hasard de la marche. Un pas, deux pas, trois pas, dans la lenteur du geste qui signifie que la terre est patiente, et le voilà, debout, sous le feu de la parole qui déambule, esquisse des mimiques, des postures, des gesticulations qui dessinent des formes dans le vide. Un pas, deux pas, trois pas,… le corps hésite dans sa quête, puis reprend la marche au rythme du poème, et le poème qui interpelle le corps se fait lui-même danse des mots.
Il s’agit d’une communion d’abord à deux, entre le poète et l’artiste, mais qui chemin faisant sous l’appel de l’émotion, gagne vite chacun des spectateurs plongé dans l’écoute et le regard d’un signe, d’un geste, d’un vocable, d’un silence.
L’objectif de cette rencontre est de donner à vivre un moment d’émotion, une sorte d’initiation, un cheminement à l’issue duquel surgira à coups sûrs, l’éternelle question existentielle : où allons-nous, qu’avons-nous vécu, mortels que nous sommes, dans la traversée de nos vies.
Son : Frédérick Cazaux