Najwa Barakat

30 09 2008

Mardi 30 septembre à 18h

Dans le cadre de l’opération CLINS D’OEIL CINEMA,
organisée par l’Association des Cinémas de Proximité de la Gironde,
en collaboration avec La Clé des Ondes 90.1
et à l’occasion de la sortie du film de Ari Folman “Valse avec Bachir”.

Rencontre avec Najwa Barakat

Née à Beyrouth, romancière Najwa Barakat vit à Paris depuis 1985 où elle a travaillé dans la presse écrite, radiophonique et audiovisuelle (RFI, BBC…). Auteur-réalisatrice, scénariste, elle a écrit six romans dont La locataire du pot de fer, éd. L’Harmattan et Le bus des gens biens, éd. Stock qui a reçu en 1996 le “Prix de la meilleure création littéraire de l’année”.

Une des grandes spécialistes de l’histoire culturelle du Liban.






René Naba

26 09 2008

Vendredi 26 septembre à 18h

Dans le cadre de l’opération CLINS d’OEIL cinéma,
organisée par l’Association des Cinémas de Proximité de la Gironde,
en collaboration avec La Clé des Ondes 90.1
et à l’occasion de la sortie du film de Ari Folman “Valse avec Bachir”

Rencontre avec René Naba

Journaliste et écrivain, correspondant de l’AFP pour le Moyen-Orient à Beyrouth (1969-1979), responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’AFP (1979-1989), conseiller du directeur général de RMC/Moyen-Orient pour l’information, animateur du blog : http://renenaba.fr

Auteur de Liban, chroniques d’un pays en sursis, éd. du Cygne, 2008 avec Roger Naba’a, philosophe

Aux origines de la tragédie arabe, éd. Bachari, 2006

Du bougnoule au sauvageon dans l’imaginaire français, éd. L’Harmattan, 2002

Rafic Hariri, un homme d’affaires premier ministre, éd. L’Harmattan, 1998

Guerre des ondes, Guerre des religions, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen, éd. L’Harmattan, 1998

Libye, la révolution comme alibi, éd. du Cygne, septembre 2008






Jean-Pierre Ohl

19 09 2008

Vendredi 19 septembre à 19h

Jean-Pierre Ohl

Présentation de son deuxième roman :

Les maîtres de Glenmarkie
Ed. Gallimard . 20 euros

Sur Islay, une île du sud-ouest de l’Ecosse où le whisky coule plus abondamment que le vin de messe, le prêtre catholique Ebenezer Krook passe une nuit avec Mary Guthrie, sa jeune paroisienne… Ce pourrait être le début d’un drame passionnel : il n’en est rien, car aussitôt réunis les deux personnages se séparent. Tandis que Krook, épaulé par un journaliste communiste rencontré fortuitement au comptoir entre deux whiskys, quitte les ordres de manière tonitruante et s’installe à Edimbourg où il démarre sans enthousiasme une carrière de libraire. Mary se lance dans les études universitaires et décide de consacrer ses travaux à un certain Thomas Lockhart de Glenmarkie : écrivain extravagant, traducteur de Rabelais, mort des suites d’une hilarité compulsive en apprenant le retour du roi Charles II sur le trône d’Angleterre. Découragée par le manque d’informations à son sujet, Mary décide d’étoffer son mémoire en rencontrant directement les descendants de Lockhart. Accueillie avec réticence par ces derniers, elle est néanmoins autorisée par le maître des lieux à prendre ses quartiers dans la demeure familiale délabrée pour y mener librement ses recherches. Parmi les archives et les personnages fantasques qui peuplent ces murs, Mary ne tarde pas à découvrir l’existence d’un prodigieux meuble, dont les trente-deux tiroirs scellés par un mécanisme aux innombrables combinaisons sont censés receler le trésor de l’ancêtre facétieux : six diamants d’une valeur inestimable demeurés introuvables à sa mort.

Alors que Mary poursuit sa quête universitaire dans les entrailles du manoir des Glenmarkie, Krook s’immerge progressivement dans son nouvel univers littéraire. Les zones d’ombre de son passé s’entrelacent peu à peu dans les chapitres des grands écrivains, dévoilant page après page le souvenir mal cicatrisé d’un père disparu. Mais en suivant le fil de cette introspection récessive, Krook découvre que son destin est également lié à celui des Glenmarkie…

Quête de soi, recherche des origines, chasse au trésor, Les Maîtres de Glenmarkie entrecroise avec talent les genres et les registres dans une narration polyphonique qui s’avère captivante dès les premières pages. Les personnages somptueusement esquissés, la richesse d’une intrigue dont les multiples rebondissements se teintent parfois d’une coloration policière ou historique, immunisent littéralement le lecteur contre toute forme de déception. On y décèle de surcroît, en palimpseste, un vibrant hommage à la littérature anglo-saxonne dont l’auteur est féru. La silhouette de Dickens, le souffle de Stevenson, l’ombre d’Orwell et de tant d’autres encore, présents ou dissimulés entre les lignes, confèrent à ce roman une résonance littéraire d’une rare finesse. Mais au-delà de son sens inné de l’intertextualité et de sa grande fluidité stylistique, Jean-Pierre Ohl nous offre avant tout une oeuvre particulièrement aboutie, dont la trame narrative parfaitement tissée réjouira les lecteurs les plus avides de sensations romanesques. Avec l’humilité qui le caractérise, il nous invite, l’espace d’un livre, à nous remémorer que la littérature est avant toute chose une affaire de plaisir. En ce sens plus qu’en tout autre, il a parfaitement remporté son pari.

Jean-Pierre Ohl est libraire à la Librairie Georges. Après Monsieur Dick ou Le dixième livre, Les maîtres de Glenmarkie est son deuxième roman.

Rencontre animée par Ezéquiel Fernandez.

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Là où les tigres sont chez eux

Là où les tigres sont chez eux

Ed. Zulma . 24,50 euros

de Jean-Marie Blas de Roblès

Eléazard von Wogau, érudit fraîchement divorcé, traîne son mal de vivre au milieu des fastes décatis de la ville d’Alcântara, Brésil. L’un de ses anciens condisciples lui fait parvenir un manuscrit concernant Athanase Kircher, savant jésuite bien oublié du XVIIème, dont il entreprend l’exégèse. Pendant ce temps, son ex-épouse Elaine remonte le fleuve Paraguay et s’enfonce dans la jungle amazonienne pour une expédition archéologique qui tourne au cauchemar… Pendant ce temps, leur fille Moéma glisse sur la pente savonneuse de l’addiction et de la haine de soi… Pendant ce temps, Moreira, gouverneur de la Province d’Alcântara, échafaude une machiavélique opération immobilière avec la bénédiction du Pentagone… Pendant ce temps, le jeune Nelson, mendiant et pickpocket infirme, rumine des projets de vengeance à l’encontre dudit gouverneur…

Enfin ! On en tient enfin un ! Nous voulons dire : un roman français dont la folle ambition, la complexité assumée et transcendée, la stupéfiante maîtrise rejoignent celles des grands livres de la littérature mondiale… et l’on n’avait pas vu ça depuis longtemps, peut-être depuis le mémorable Montée en première ligne de Jean Guerreschi. On ne sait où donner de la plume pour rendre justice à cet opus extravagant : les adjectifs qui viennent à l’esprit pour le circonvenir – érudit, baroque, inspiré, échevelé… – vous filent entre les doigts comme les pièces d’une monnaie qui n’aurait plus cours. Par quel bout prendre ce maître-livre ? Par quel versant escalader une telle montagne ? Le versant Kircher, ce savant adulé en son temps mais bien oublié aujourd’hui – ses intuitions enthousiastes ont fait long feu – mais dont la tentative désespérée d’harmoniser, de lire le monde force encore l’admiration ? Le versant Eléazard, exégète borgésien du précédent, qui se perd et se retrouve à la fois dans une entreprise biographique vouée à l’échec ? Le versant Elaine, et sa dérive amazonienne digne du Aguirre de Werner Herzog ? Ou le versant Brésil, tout simplement ? Un pays travaillé par des traditions mystérieuses et tenaces, des complots cyniques, des révoltes sans espoir. On ne dira pas comment l’œuvre de Kircher, mort à Rome en 1680, se trouve sollicitée au beau milieu de la jungle amazonienne à la fin du XXème siècle. Ni pourquoi Eléazard, d’un clic de souris, efface sans regret l’exégèse qui aurait dû être le sommet de sa carrière… Ni de quelle manière stupéfiante se termine l’expédition d’Elaine… On ne dira rien de plus, car on se plait à imaginer les lecteurs de cet article en route vers leur librairie préférée – la nôtre, de préférence, mais pour la bonne cause nous serons magnanimes… –, on entend déjà leurs pas précipités sur le trottoir devant la boutique, et l’on s’apprête déjà à les régaler d’un festin rare, Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès…
Il paraît que les jurés du Goncourt ont pris de bonnes résolutions… Qu’ils ne ratent pas cette occasion de le prouver !

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Sur la plage de Chesil

Sur la plage de Chesil

Ed. Gallimard . 16,90 euros

de Ian McEwan

Angleterre, 1962. Dans le petit hôtel très middle-class d’une station balnéaire, Edward et Florence s’apprêtent à passer leur nuit de noces. Ils sont jeunes, ils s’aiment sincèrement… mais cela suffira-t-il pour surmonter leurs craintes, leurs inhibitions, voire, dans le cas de Florence, une répulsion inavouée pour le sexe ?

Après deux livres de la classe d’Expiation et de Samedi, on aurait presque admis de Ian McEwan une petit baisse de régime… Il n’en est rien ! Dans un registre certes moins ample, mais tout aussi profond, Sur la plage de Chesil est encore une parfaite réussite. McEwan se montre bien le digne héritier d’Henry James, par sa façon de traquer la vérité des êtres sans jamais en épuiser le mystère. Pour expliquer l’aversion de Florence, il aurait pu sombrer dans le freudisme de bazar – mais la « piste » oedipienne n’est que subtilement évoquée – ou bien incriminer sans nuance la pudibonderie d’une époque révolue. Certes, l’Angleterre provinciale de ce début des sixties n’est pas exactement celle du swinging London… mais là encore, McEwan se garde des simplifications sociologiques à l’emporte-pièce : témoin ce final bouleversant où la jeune fille « refoulée » fait montre d’une audace tout à fait paradoxale. L’auteur, cependant, est loin de se désintéresser de la problématique sociale : elle innerve au contraire tous ses livres. Dans Expiation, les préjugés de classe sont autant responsables du drame que la terrible méprise de Briony ; et dans Samedi, l’irruption du « voyou » Baxter vient bousculer l’existence patricienne d’Henry Perowne. Dans Sur la plage de Chesil, face aux parents de Florence – un homme d’affaires prospère et une don d’Oxford – ceux d’Edward ne font pas le poids. 1935, 2003, 1962 : rien, au fond, ne change vraiment. On pense alors à un autre maître de McEwan, Thomas Hardy, à l’amertume des personnages de Jude l’obscur ou de Tess d’Uberville devant l’infranchissable fossé qui sépare les êtres.

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Design nautique

Design nautique

Ed. Actes Sud . 19,90 euros

de Cristina Cipolli

Le secteur nautique connaît depuis quelques années de tels renouvellement qu’il est devenu un thème de prédilection pour les architectes et les designers. Les propriétaires de ces “architectures flottantes” sont eux-mêmes plus attentifs aux innovations : ils conçoivent un bateau résolument contemporain, au style rompant avec la tradition, fruit d’une véritable recherche conceptuelle pour mieux traduire au présent une idée de luxe et de fiabilité à l’épreuve du temps.

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La voie de l’écuyer

Académie du spectacle équestre de Versailles
La voie de l’écuyer

Ed. Actes Sud . 49 euros

par Alfons Alt & Sophie Nauleau

Académie du spectacle équestre, Manège de la Grande Ecurie du château de Versailles

Etablissement d’enseignement supérieur de haut niveau, l’Académie du spectacle équestre constitue une innovation majeure dans le domaine du spectacle vivant. La transmission des savoirs liés à l’écriture du spectacle équestre y trouve en effet la place de choix qui lui revient aujourd’hui.

L’académie du spectacle équestre est le creuset d’une excellence fondée sur la transmission des savoir-faire et la fécondation réciproque des disciplines artistiques. Elle est également un lieu de création et de partage avec le public. Elle est enfin le résultat d’une aventure singulière, celle qui lie un lieu historique, le château de Versailles, à Bartabas.

L’Académie rend ainsi la Grande Ecurie à sa vocation première et remet à l’honneur, dans un projet artistique et pédagogique résolument contemporain, la discipline très ancienne qu’est l’art équestre.

Elle est le lieu d’une rencontre originale et une nouvelle fenêtre ouverte sur la création.

Jean-Jacques Aillagon
Ancien ministre de la Culture & Président de l’Etablissement public du musée et du domaine de Versailles






Rentrée littéraire 2008 : Deux passionnants cas d’amnésie !

Rentrée littéraire 2008 : Deux passionnants cas d’amnésie !

Bien raconter une histoire, c’est peut-être savoir ne pas tout raconter. Pas étonnant alors que la figure de l’amnésique hantent les romanciers et les scénaristes. Dans cette rentrée littéraire, deux auteurs talentueux explorent à leur manière les dédales fascinants de la mémoire… et de l’oubli.

Daphnée disparue

éd. Actes Sud . 19 euros

de José Carlos Somoza

Après un accident de voiture, Juan Cabo a perdu la mémoire. À son réveil, on lui apprend qu’il est un écrivain célèbre. Peu avant le drame, il a noté cette phrase dans son carnet : « Je suis tombé amoureux d’une femme inconnue. » Mais s’agit-il d’une allusion à un événement réel… ou bien d’un début de roman ?

Daphné disparue a été publié en Espagne la même année que La caverne des idées, et de nombreux points de convergence existent entre les deux livres. Dans l’un et l’autre, Somoza noue et dénoue les fils de son écheveau favori : l’intrication du réel et de la littérature. Ses personnages vivent dans un monde où la ligne de partage entre réel et imaginaire n’est pas nettement tracée ; où l’essentiel n’est pas de démêler le vrai du faux, mais de savoir ce qui a du sens et ce qui n’en a pas. Ce sens ne cesse de miroiter, puis de filer entre leurs doigts comme de l’eau vive : expérience ô combien frustrante… mais c’est peut-être justement dans cette frustration que réside le sens ! Émaillé de trouvailles cocasses et poétiques – ce restaurant fréquenté uniquement par des plumitifs qui passent plus de temps à écrire ce qu’ils voient qu’à manger, cette « muse professionnelle » posant pour des écrivains en mal d’inspiration, cet éditeur qui commande à plusieurs centaines d’auteurs le récit exhaustif d’une même nuit madrilène – Daphné disparue est une subtile méditation qui se lit comme un thriller : du Raymond Roussel revu et corrigé par Chandler ou Hammett. Un plaisir de lecture à la fois intense et raffiné.

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L’amnésique

éd. Le Seuil . 22 euros

de Sam Taylor

Amnésique, James Purdew n’a pas vraiment conscience de l’être : son problème au contraire, ce sont les souvenirs. Certains qui lui échappent, d’autres qui, au contraire, ne semblent pas lui appartenir. Son journal intime aurait pu le mettre sur la voie, mais l’un des cahiers est enfermé dans un coffret dont il a perdu la clé… Après une rupture amoureuse, James revient en Angleterre, sur les lieux de sa jeunesse, pour tenter de reconstituer le puzzle.

Voici un livre dense, surprenant, touffu, et follement ambitieux. Le nom du personnage principal, Purdew, ressemble fichtrement au mot français perdu prononcé à l’anglaise. Et c’est vrai que James se perd dans un dédale de « vrais-faux » souvenirs, d’hallucinations baroques, de troubles nostalgies ; mais le lecteur jubile, entraîné dans ce jeu de piste qui n’est chaotique qu’en apparence, glanant çà et là des indices aussitôt balayés par une nouvelle hypothèse. À l’évidence, Sam Taylor est lui-même un dévoreur de livres. Sa liste de remerciements inclut des personnes réels, des écrivains emblématiques – Borges, Larkin, Stevenson –, et des personnages de films ou de romans qui ont tous eu maille à partir avec cette maîtresse versatile : la mémoire. John Scottie Fergusson, le détective halluciné du Vertigo d’Hitchcock, Duncan Thaw, le héros tourmenté du monumental Lanark d’Alasdair Gray. Mais au-delà du thème de l’amnésie en pointe un autre, encore plus passionnant, celui du devenir. Sommes-nous un ou plusieurs ? Les différents James du passé ne continuent-ils pas d’exister quelque part… et le James futur, lui, n’existe-t-il pas déjà ? Ludique, érudit, retors, polymorphe, L’Amnésique nous offre en prime l’extravagante biographie d’un philosophe imaginaire, et une vénéneuse enquête victorienne qui aurait mérité à elle seule d’être publiée. Sam Taylor, un auteur à suivre ? Oui, mille fois oui… même s’il faut peut-être emprunter à Ariane pour l’occasion un morceau de son célèbre fil…

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La traversée du Mozambique par temps calme

La traversée du Mozambique par temps calme

éd. Le Seuil . 19 euros

de Patrice Pluyette

Le capitaine Belalcazar et son équipage partent à la recherche de la légendaire cité de Païtiti, et de son Eldorado : surprises, obstacles de toutes sortes et aventures magiques sont au rendez-vous de ce roman picaresque au style parodique et débridé. Pluyette confronte ses personnages hauts en couleur à des situations improbables, paradoxes spatiaux, anomalies physiques ; mais c’est probablement le lecteur qui, au sortir de ce conte farfelu, a connu la plus belle aventure…

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