L’art de la joie
Ed. Pocket . 9,50 euros
de Goardia Sapienza
Publié en 1996 en Italie, où il est considéré désormais comme un classique de la littérature contemporaine, ce roman d’apprentissage nous plonge dans une Sicile à la fois sombre et solaire grâce au destin hors du commun de son héroïne Modesta ; née le 1er Janvier 1900 dans le dénuement le plus total, elle luttera de toutes ses forces contre toute forme d’oppression, d’enfermement, débarrassée de toutes conventions. Véritable hymne à la liberté, L’art de la joie est aussi le récit sensuel d’une Italie prise dans les bouleversements du XXème siècle.
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L’étoile des mers
Coll. 10X18. 9,40 euros
de Joseph O’Connor
Des centaines d’Irlandais, fuyant la grande famine de 1847, s’entassent à bord du navire L’Étoile des mers pour rejoindre l’Amérique. Peu y parviendront, car les conditions de ce voyage de la dernière chance sont presque indescriptibles… Presque seulement, car O’Connor nous fait toucher du doigt la détresse de tout un peuple scandaleusement abandonné par l’Europe. Mêlant à sa fiction des documents historiques, il élève son roman au rang de l’épopée.
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Kafka sur le rivage
Coll. 10X18 . 9,40 euros
de Haruki Murakami
Kafka Tamura, adolescent de quinze ans, projette de fuir son domicile de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie oedipienne que son père a prononcée contre lui. Parallèlement, Nakata, un vieil homme victime dans sa jeunesse d’un mystérieux accident l’ayant privé d’une large partie de ses facultés intellectuelles, se voit également contraint d’abandonner sa vie de quartier routinière et sécurisante après avoir commis un meurtre dans d’étranges circonstances. Dès lors, les destinées des deux personnages vont inexorablement converger l’une vers l’autre.
Un superbe roman initiatique où le réel se teinte à chaque page d’un onirisme suave et envoûtant. Dans cette oeuvre étrange au caractère universel, la plume de Murakami nous ouvre les portes d’un ailleurs rimbaldien, où chacun pourra discerner une vérité qui lui est propre.
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Verre cassé
Coll. Points, éd. Seuil. 7 euros
de Alain Mabanckou
Au fin fond du Congo, l’affaire Le Crédit a voyagé défraye la chronique. Le bar très crasseux qui porte ce nom est en effet menacé de fermeture par les autorités pour atteinte aux bonnes mœurs. Il faut dire qu’il est le refuge de toute une bande d’éclopés fantasques aux surnoms évocateurs (Escargot entêté, Zéro Faute, Robinette, La Cantatrice chauve, L’Imprimeur), personnages plus ou moins marginaux, réunis par une même passion de la bouteille. Au premier rang d’entre eux figure Verre Cassé, véritable patriarche des lieux, ancien instituteur qui possède un don inouï pour l’écriture et à qui le patron du bar a confié le soin de raconter dans un cahier de fortune les aventures inénarrables qui s’y déroulent, les prouesses loufoques de chacun des personnages hauts en couleur qui le fréquentent.
Pas le moindre point ni la moindre majuscule dans ce roman délicieusement atypique qui instaure un véritable jeu avec le lecteur en l’invitant à déceler dans le texte de nombreuses références à la littérature mondiale. Avec sa verve inimitable, sa fantaisie et son incontestable sens de la narration Alain Mabanckou pose véritablement les bases d’un nouvel imaginaire africain. Rarement dans la littérature on a pu assister à un si bel alliage entre humour et poésie.
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Personnages désespérés
Coll. Folio, Ed. Gallimard . 6,80 euros
de Paula Fox
La confortable routine de Sophie Bentwood, intellectuelle bourgeoise vivant dans un quartier tranquille de Brooklyn, est remise en question par un incident banal : une morsure de chat. L’animal était-il en enragé ? Rien ne le prouve. En tout cas, l’angoisse entraîne Sophie dans une série de petits « désastres quotidiens ». Les certitudes sont ébranlées, les doutes avivés ; son couple, de château fort, se transforme en château de carte…
Le chef-d’œuvre de Paula Fox, redécouverte récemment par la jeune génération des romanciers américains menée par Jonathan Franzen.
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Extrêmement fort et incroyablement près
Coll. Points, Ed. Seuil . 8 euros
de Jonathan Safran Foer
Oskar Schell a neuf ans, c’est un jeune garçon dont la joie de vivre et la curiosité n’ont d’égale que son incroyable maturité. Mais cette jovialité vole en éclat le jour où son père décède au cours des attentats du 11 septembre. Un an après la tragédie, Oskar, toujours hanté par ce deuil, découvre par hasard dans les affaires de son père une énigmatique enveloppe sur laquelle est inscrit le mot « black », contenant une clé. Persuadé que cette clé recèle un secret lié à son père, Oskar se lance dans la quête insensé de retrouver la serrure qui lui correspond…
Récit envoûtant qui jongle avec une large palette émotionnelle, Extrêmement fort et incroyablement près séduit autant par sa grande subtilité narrative que par son originalité graphique. Photos, illustrations et autres jeux typographiques confèrent au texte une exceptionnelle dimension littéraire où la lecture tend vers le sensoriel. Un magnifique roman, teinté d’une authenticité qui nous accompagne bien au-delà de la dernière page.
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Encore une nuit de merde dans cette ville pourrie
Coll. Folio, Ed. Gallimard . 7,90 euros
de Nick Flynn
Derrière ce titre quelque peu provocateur se cache un récit inventif, sensible et juste, Nick Flynn tire de son expérience personnelle d’assistant social dans un foyer pour SDF de Boston, le récit de la rencontre improbable avec un père dont il avait perdu toute trace il y a bien longtemps. L’auteur reconstitue par bribes une relation, deux existences ; celle du père et la sienne, qui paraissent se juxtaposer, se croiser.
Ce récit renoue avec les grandes voix de la littérature américaine Salinger ou encore les auteurs de la Beat Generation pourtant il ne ressemble à rien de connu car Nick Flynn utilise sans a priori et avec réussite toutes les formes littéraires - reportage, autofiction, poésie -, usant d’une écriture puissante, sensible et évocatrice.
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La vie aux aguets
Coll. Points, Ed. Seuil . 7,50 euros
de William Boyd
Eté 1976. Ruth Gilmartin rend visite à sa mère Sally dans son cottage de l’Oxfordshire. Mais ce jour là, cette retraitée anglaise d’ordinaire si paisible présente des signes d’anxiété et se prétend menacée par un mystérieux rôdeur. Face à l’incrédulité de sa fille, Sally décide de lui révéler son incroyable passé et sa véritable identité…
Au-delà d’un roman d’espionnage parfaitement maîtrisé, Boyd nous offre une œuvre au visage résolument humain : deux vies de femmes prises dans la toile de l’Histoire, une relation mère/fille bouleversée par l’émergence d’un secret. Une belle alchimie romanesque, talentueusement distillée.
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Samedi
Coll. Folio Ed. Gallimard . 7,70 euros
de Ian McEwan
Avec Samedi, le grand écrivain anglais Ian McEwan nous donne peut-être son chef-d’œuvre : un livre à la perfection classique, et pourtant riche de toutes les interrogations de notre modernité.
Heureux britanniques ! On leur envie leur cohorte de romanciers talentueux. Les « déjà classiques » : Julian Barnes, Martin Amis. Les « quadras » : Jonathan Coe, Will Self. La jeune génération, représentée par Zadie Smith. Et puis, encore au-dessus du lot, Ian McEwan.
Il nous avait déjà ébloui avec son précédent roman Expiation (porté à l’écran par Joe Wright sous le titre Reviens-moi), magnifique confrontation du monde de l’enfance avec celui des adultes, dans la lignée du Ce que savait Maisie d’Henry James, et sombre méditation sur l’écriture.
Le nouveau héros de McEwan est cette fois un quinquagénaire, Henry Perowne, neurochirurgien réputé, mari et père comblé, propriétaire d’une belle maison dans un quartier sans histoires… bref, tout le contraire d’un personnage de roman. Il s’apprête à vivre un samedi comme tous les autres : partie de squash, visite à sa mère à l’hôpital, repas en famille… mais le chaos du monde est là , qui frappe à la porte. Dans le ciel de Londres, un avion est en feu. À deux pas de chez lui, on manifeste contre la guerre en Irak. Et puis il y a cet accrochage sans gravité avec la voiture du dénommé Baxter…
Le monde de McEwan ressemble au nôtre – on y aperçoit même un Tony Blair confit dans le ridicule –, mais il en est comme la quintessence. Les plus microscopiques détails du quotidien se chargent d’un sens profond et lancinant. Une balle de squash devient le symbole de notre lutte vaine contre le vieillissement et la mort ; un froissement de tôle réveille toutes les angoisses tapies au fond de nous. Henry Perowne sait parfaitement comment fonctionne le cerveau humain – comment, peu à peu, de micro-anévrismes délabrent la mémoire et la raison de sa mère. Et le nôtre n’a pas de secret pour Ian McEwan. On émerge de son livre avec une sensation de plénitude teintée d’amertume : c’est peut-être la marque du chef-d’œuvre.
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