Les rencontres du livre pratique de Bordeaux

Dans le cadre de Conforexpo

du 7 au 11 novembre 2008
Parc des Expositions de Bordeaux-Lac

La Librairie Georges participe aux
Rencontres du livre pratique de Bordeaux

Animations, conférences, dédicaces, ventes de livres…

Vendredi 7 novembre de 10h à 12h
François Martin

présentation du livre :

Savoir déguster le vin, éd. Féret

www.degustation-a-domicile.com

Vendredi 7 novembre de 16h à 18h
Guy Suire & Laurent Croizier

présentation du livre :

Saisons gourmandes d’Aquitaine, éd. Confluences

Samedi 8 novembre de 10h à 12h : les bloggeuses

Anne Lataillade

papillesetpupilles.blogspot.com

et Mercotte

www.mercotte.fr

www.solution-macarons.com

Dimanche 9 novembre de 15h à 17h
Olivia Lancaster

Présentation des deux livres :

Verrines apéros et cakes sucrés, éd. ESI

Dimanche 9 novembre de 16h à 18h
Gilles Bourjade

Présentation de son jeu Vign’en jeu

www.vignenjeu.com

Lundi 10 novembre de 16h à 18h
Natacha Duhaut et Béatrice Thibault

Conférence “Vivons sans lait”,
éd. Anagramme
suivie d’une présentation de plusieurs livres des auteurs.

Spécialistes de l’alimentation bio, Béatrice Thibault et Natacha Duhaut sont les auteures d’une dizaine de livres sur la santé gourmande. Leur ambition commune : partager les fruits de leurs recherches, de leurs expériences et de leurs rencontres avec des médecins et des producteurs bio. Ces deux exploratrices épicuriennes se passionnent depuis des années pour les bienfaits d’une alimentation saine et naturelle, qui conjugue bien-être et plaisir des sens.

www.anagramme-editions.fr

www.bordeaux-expo.com/passionscreatives






Rencontre autour d’un thème… L’île

17 10 2008

Vendredi 17 octobre de 18h à 20h

Rencontre autour d’un thème… l’île

en présence de

Louise Gabriel & Jean-Luc Coudray

Jean-Luc Coudray

Né en 1960 à Bordeaux, où il vit, Jean-Luc Coudray est nouvelliste, auteur de récits, scénariste de BD et dessinateur. Il collabore à différents titres de presse (Psikopat, Fluide glacial, Capsule cosmique…). Les deux îles de Robinson est son premier roman.

Les deux îles de Robinson

éd. Bleu autour

« Qui sont ces gens dont les corps se parent d’objets de nature ? Par quel chemin sont-ils venus au monde en ignorant tout de la Bible ? Je les trouve plus beaux que les Européens, plus unis dans leurs gestes. On dirait qu’ils ne souffrent pas. Savent-ils qu’ils sont en vie ? » Extrait du journal de Robinson.

Louise Gabriel

Louise Gabriel est professeur de Lettres. Elle vit, lit et écrit dans la région. Elle a emprunté des Sentiers de poussière en Grèce. Elle a éprouvé les Silences de l’âme sur les îles indonésiennes. Elle est co-fondatrice des éditions Le Radeau de la Méduse.

Les sentiers de poussière

éd. Elytis

Laura croyait passer de tranquilles vacances sur une île grecque, sauvage et inconnue des touristes. Elle en parcourt les chemins, y rencontre des êtres fantasques rêvant leur vie et s’inventant d’improbables histoires. Elle s’arrête dans des ports solitaires et se promène dans les villages dont certains sont définitivement abandonnés. Elle rencontre peut-être l’amour et vit des moments passionnés dont l’étrangeté ne l’inquiète pas.
Sous un ciel d’été brûlant, l’île d’une si pure intensité lumineuse est fascinante… davantage encore quand elle semble devenir menaçante et dangereuse : ne serait-elle pas le cœur vibrant d’une tragique cruauté ?
Ce quatrième ouvrage de Louise Gabriel prend l’allure d’un huis-clos ayant pour cadre le décor majestueux d’une île grecque. Bien loin de la déambulation touristique, ces sentiers de poussière nous mènent dans un univers où le temps n’a plus cours. La langueur de la vie qui règne ici donne aux personnages le temps de la découverte. Subtile peinture d’un monde qui s’efface, ce quatrième roman révèle aussi toute la puissance d’une écriture qui évoque et raconte toujours sans trahir.






José Carlos Llop

16 10 2008

Jeudi 16 octobre à 18h


Les espagnoles
9 - 23 octobre 2008

Du 9 au 23 octobre 2008, Lettres du monde 2008 / Les espagnoles invite à découvrir l’Espagne par la diversité et la richesse de sa littérature. Rencontres d’auteurs, de traducteurs, d’illustrateurs, lectures, lectures et musiques, lectures et films, près de 60 moments proposés pour les petits et les grands lecteurs, à l’occasion de Lire en fête, dans des bibliothèques et des librairies, mais aussi des cinémas, des centres culturels, des écoles ou à l’université, à Bordeaux et dans d’autres villes de la Gironde et de l’Aquitaine.


Lettres du Monde

Dans le cadre de Lettres du monde 2008 Les espagnoles

Rencontre


José Carlos Llop,
romancier de la mémoire

Rencontre animée par Olivier Mony, journaliste et écrivain.
Traduction par Andrès Imbernon.

Comme Proust et Modiano, deux figures admirées, José Carlos Llop, poète de Majorque, cherche avant tout à créer un univers et des atmosphères qui parlent d’un monde qui fut, suggèrent le poids du passé et la perte de l’innocence. La famille – dont il dit qu’elle est le vrai roman de l’individu, les souvenirs de l’enfance, de l’adolescence et de la jeunesse, sont les domaines privilégiés d’un écrivain qui dans chacun de ses romans tente de réveiller les fantômes de l’histoire et déchiffrer le silence des générations qui l’ont précédé.

Pour son roman Le Rapport Stein (2008), il reçoit, avec son traducteur Edmond Raillard, dans le cadre de Lettres du monde 2008, le prix Écureuil de littérature étrangère 2008.

À lire, traduits par Edmond Raillard et publiés aux éditions Jacqueline Chambon : Parle-moi du troisième homme (2005), Le Messager d’Alger (2006) et Le Rapport Stein (2008),

José Carlos Llop

José Carlos Llop est né en 1956 à Palma de Majorque. Il a reçu le prix des Meilleures nouvelles publiées en Espagne en 1999 et a fait paraître six recueils de poésie, un Journal et plusieurs romans, dont deux ont été publiés par nos éditions : Parle-moi du troisième homme, en 2005, et Le Messager d’Alger en 2006. Les deux ont reçu un accueil enthousiaste de la critique française.

Le rapport Stein

Ed. Jacqueline Chambon . 13,80 euros

Un passé lourd de menaces qui assombrit le présent et bouche l’avenir donne aux romans de Llop un ton inimitable. Le monde extérieur y est aussi opaque que les consciences et l’ombre de la guerre civile disqualifie d’avance l’innocence, fût-elle enfantine. Nous sommes en Espagne, à la fin des années 1960, dans une ville portuaire de province. Le héros, un adolescent trop sensible, se sent prisonnier d’un monde où les adultes paraissent condamnés à la culpabilité, à l’extravagance et au déclassement. Chez ses grands-parents, où il vit, l’atmosphère est aussi étouffante qu’est délétère celle du collège de jésuites qu’il fréquente. Jusqu’au jour où apparaît Stein, un nouvel élève dont la liberté d’allure et la désinvolture font souffler sur la classe un merveilleux vent de modernité et d’esprit d’aventure.

La critique espagnole a comparé Le Rapport Stein au Grand Meaulnes et aux Désarrois de l’élève Törless.

réserver : Le rapport Stein






Carte blanche aux éditions L’Edune

11 10 2008


Dans le cadre de Lire en Fête 2008

Rencontres organisées par

l’Association Librairies Atlantiques en Aquitaine
En partenariat avec
la Médiathèque de Talence et la Librairie Georges


Carte blanche aux éditions l’Edune

Après quinze années de collaboration éditoriale avec plusieurs maisons d’édition Cathy et Philippe Lesgourgues ont créé les Editions l’Edune spécialisées dans la littérature jeunesse, en mars 2006.

Les éditions l’Edune proposent des albums de découverte et de réflexion :

  • la découverte des écosystèmes qui nous entourent avec Poiplume et Dokipic,
  • la réflexion par des albums traitant de thèmes peu ou pas abordés en littérature jeunesse.

Leur volonté est de produire, avec des illustrateurs confirmés ou à découvrir, des albums surprenants, novateurs, traduisant la richesse et l’inventivité des artistes qui nous entourent.

La poésie, la rêverie et l’humour ainsi que le patrimoine de notre région font également partie de leur catalogue.

www.editionsledune.fr

A partir du Mardi 16 octobre à la Médiathèque de Talence
Exposition autour de l’ABéCéDaire des éditions l’Edune

Samedi 11 octobre 2008


A 15h à la Médiathèque de Talence
Présentation des éditions l’Edune par Cédric Lascombes, responsable jeunesse à Librairie Georges et responsable secteur jeunesse, Médiathèque de Talence

Mise en avant de L’ABeCéDaire
Une collection de 20 albums illustrés par 21 des plus grands illustrateurs actuels. Cette collection d’imagiers où les illustrateurs choisissent les mots qu’ils souhaitent illustrer, permet ainsi de découvrir de manière complète leurs univers graphique, leur sensibilité artistique et le variété des outils d’expression qu’ils utilisent.

En présence d’Olivier Latyk, illustrateur

De 16h à 16h30,
traversée du Parc Peixotto avec une pause musicale et en chansons en compagnie de Colibri,
en direction de la Librairie Georges…

De 16h30 à 17h30 à la Librairie Georges, rencontre avec Célestin, illustrateur

Ventes de livres et dédicaces en présence des deux illustrateurs
Rencontre suivie d’un goûter pour les enfants.






James Meek / Carte blanche aux éditions Anne-Marie Métailié

10 10 2008


Dans le cadre de Lire en Fête 2008

Vendredi 10 octobre de 18h à 20h

Dans le cadre d’une
Carte blanche aux éditions Anne-Marie Métailié

Rencontre organisée par
l’Association Librairies Atlantiques en Aquitaine

James Meek

James Meek est né à Londres en 1962. Grand reporter, il a vécu en Russie de 1991 à 1999. Il collabore actuellement au Guardian, à la London Review of Bookset à Granta. En 2004, ses reportages sur l’Irak et Guantanamo ont reçu de grands prix internationaux. Son précédent roman Un acte d’amour est un best-seller international.

Présentation de son dernier roman :

Nous commençons notre descente
(We are now beginning our descent)
Traduit de l’anglais par David Fauquemberg

Tout avait pourtant débuté comme un conte de fées moderne : un grand reporter de guerre rencontre à Kaboul une journaliste américaine et commence à écrire un best-seller. De retour à Londres, après un dîner en ville où il a donné une définition très personnelle de la guerre, il a démissionné de son journal, est parti pour New York en première classe, sans bagages, en veste de lin noir, signer son contrat d’édition puis rechercher l’insaisissable Astrid, et il s’est retrouvé sur les territoires les plus sombres de l’imagination.
La descente a vraiment commencé lorsqu’il a appris que la grande maison d’édition avait été rachetée, que son contrat ne serait jamais signé, qu’Astrid habitait à la campagne, à l’autre bout du pays, et que la neige s’est mise à tomber sur sa vie brûlée et son compte en banque à sec.
James Meek écrit un roman de folie et de poursuite de l’espoir et de l’amour au milieu des convulsions politiques internationales.
James MEEK est né à Londres en 1962. Grand reporter, il a vécu en Russie de 1991 à 1999. Il collabore actuellement au Guardian, à la London Review of Bookset à Granta. En 2004, ses reportages sur l’Irak et Guantánamo ont reçu de grands prix internationaux. Son précédent roman Un acte d’amour est un best-seller international.

Un Acte d’amour
(People’s Act of love)
Traduit de l’anglais par David Fauquemberg

1919. Sibérie. Le long de la voie du Transsibérien, Jazik occupée par une légion tchèque, attend l’offensive des rouges. La ville est dominée par une secte religieuse sous la conduite de Balashov. Arrive Samarin. Il sort de la forêt et raconte s’être évadé d’un bagne et être poursuivi par un cannibale. Anna Petrovna, une jeune veuve, s’intéresse à ce nouveau venu. Un chamane de la région est assassiné et la peur et la folie s’abattent sur la ville. Le pervers capitaine Matula rêve de fonder un royaume dans ce bout du monde glacé, nomme un tribunal pour juger Samarin et affronte Mutz, le lieutenant plein d’humanité. Dans une grange piaffe un étalon noir. Les rouges arrivent.

Des personnages exceptionnels d’intensité et de grandeur. Et J. Meek combine avec un exceptionnel talent de conteur le charme des grands romans russes au rythme d’un thriller moderne.

Rencontre animée par Estelle Gentilleau, journaliste
en présence d’un traducteur.






Piotruś

Piotruś

Ed. L’arbre vengeur . 12 euros

de Leo Lipski

Infirme et désespéré, Piotruś se plante au beau milieu du marché de Tel-Aviv avec une pancarte autour du cou : « À vendre. » Et il trouve acquéreur… Mme Zinn l’embauche pour occuper les toilettes de son appartement et décourager ainsi ses sous-locataires…

C’est une farce, oui, mais une farce grinçante. À propos de ce livre, on a souvent évoqué Kafka, Beckett, Gombrowicz, et leurs personnages grotesques exécutant une dernière pirouette avant de sombrer dans l’abîme. L’homme selon Lipski n’est qu’un « sac de glouglous, tout mou, tout humide, et percé de trous. » Cependant, cette philosophie tragique est illuminée de fulgurances poétiques, de beautés aussi ensorcelantes que Batia, la jeune artiste voluptueuse, dont les apparitions inopinées arrache Piotruś à sa prison sanitaire…
Voilà bien résumé l’étrange destin de Leo Lipski. Atteint d’hémiplégie après avoir contracté le typhus en Iran, il ne pourra plus compter, pour s’évader de la prison de son propre corps, que sur le pouvoir capricieux de la littérature.
Piotruś est une œuvre inclassable, dérangeante, à la fois baroque par son style et austère par sa métaphysique. Il fallait l’audace et le flair de nos chercheurs d’or de l’Arbre vengeur pour exhumer une telle pépite !

réserver : Piotrus






François Dubet

1 10 2008

Mercredi 1er octobre à 17h

Dans le cadre de l’opération CLINS D’OEIL CINEMA organisée par l’Association des Cinémas de proximité de la Gironde et à l’occasion de la sortie du film de Laurent Cantet “Entre les murs”, palme d’or à Cannes en 2008.

Rencontre avec François Dubet

autour de son dernier ouvrage, Faits d’école, éditions EHESS septembre 2008

François Dubet, Professeur de sociologie à l’Université Victor Segalen de Bordeaux 2, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris, chercheur au Centre d’Analyse et d’Intervention Sociologique (CADIS), auteur de nombreux ouvrages sur la question scolaire dont Les Lycéens, éd. La Seuil, 1991, A l’école : sociologie de l’expérience scolaire, éd. Le Seuil, 1996, avec D. Martuccelli, Pourquoi changer l’école ?, éd. Textuel, 1999 et 2003, L’Hypocrisie scolaire avec Marie Duru-Bellat, éd. Le Seuil, 2000, L’école des chances : qu’est-ce qu’une école juste ?, éd. Le Seuil, 2004 et à paraître en septembre 2008, Faits d’école, éd. EHESS.






Najwa Barakat

30 09 2008

Mardi 30 septembre à 18h

Dans le cadre de l’opération CLINS D’OEIL CINEMA,
organisée par l’Association des Cinémas de Proximité de la Gironde,
en collaboration avec La Clé des Ondes 90.1
et à l’occasion de la sortie du film de Ari Folman “Valse avec Bachir”.

Rencontre avec Najwa Barakat

Née à Beyrouth, romancière Najwa Barakat vit à Paris depuis 1985 où elle a travaillé dans la presse écrite, radiophonique et audiovisuelle (RFI, BBC…). Auteur-réalisatrice, scénariste, elle a écrit six romans dont La locataire du pot de fer, éd. L’Harmattan et Le bus des gens biens, éd. Stock qui a reçu en 1996 le “Prix de la meilleure création littéraire de l’année”.

Une des grandes spécialistes de l’histoire culturelle du Liban.






René Naba

26 09 2008

Vendredi 26 septembre à 18h

Dans le cadre de l’opération CLINS d’OEIL cinéma,
organisée par l’Association des Cinémas de Proximité de la Gironde,
en collaboration avec La Clé des Ondes 90.1
et à l’occasion de la sortie du film de Ari Folman “Valse avec Bachir”

Rencontre avec René Naba

Journaliste et écrivain, correspondant de l’AFP pour le Moyen-Orient à Beyrouth (1969-1979), responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’AFP (1979-1989), conseiller du directeur général de RMC/Moyen-Orient pour l’information, animateur du blog : http://renenaba.fr

Auteur de Liban, chroniques d’un pays en sursis, éd. du Cygne, 2008 avec Roger Naba’a, philosophe

Aux origines de la tragédie arabe, éd. Bachari, 2006

Du bougnoule au sauvageon dans l’imaginaire français, éd. L’Harmattan, 2002

Rafic Hariri, un homme d’affaires premier ministre, éd. L’Harmattan, 1998

Guerre des ondes, Guerre des religions, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen, éd. L’Harmattan, 1998

Libye, la révolution comme alibi, éd. du Cygne, septembre 2008






Jean-Pierre Ohl

19 09 2008

Vendredi 19 septembre à 19h

Jean-Pierre Ohl

Présentation de son deuxième roman :

Les maîtres de Glenmarkie
Ed. Gallimard . 20 euros

Sur Islay, une île du sud-ouest de l’Ecosse où le whisky coule plus abondamment que le vin de messe, le prêtre catholique Ebenezer Krook passe une nuit avec Mary Guthrie, sa jeune paroisienne… Ce pourrait être le début d’un drame passionnel : il n’en est rien, car aussitôt réunis les deux personnages se séparent. Tandis que Krook, épaulé par un journaliste communiste rencontré fortuitement au comptoir entre deux whiskys, quitte les ordres de manière tonitruante et s’installe à Edimbourg où il démarre sans enthousiasme une carrière de libraire. Mary se lance dans les études universitaires et décide de consacrer ses travaux à un certain Thomas Lockhart de Glenmarkie : écrivain extravagant, traducteur de Rabelais, mort des suites d’une hilarité compulsive en apprenant le retour du roi Charles II sur le trône d’Angleterre. Découragée par le manque d’informations à son sujet, Mary décide d’étoffer son mémoire en rencontrant directement les descendants de Lockhart. Accueillie avec réticence par ces derniers, elle est néanmoins autorisée par le maître des lieux à prendre ses quartiers dans la demeure familiale délabrée pour y mener librement ses recherches. Parmi les archives et les personnages fantasques qui peuplent ces murs, Mary ne tarde pas à découvrir l’existence d’un prodigieux meuble, dont les trente-deux tiroirs scellés par un mécanisme aux innombrables combinaisons sont censés receler le trésor de l’ancêtre facétieux : six diamants d’une valeur inestimable demeurés introuvables à sa mort.

Alors que Mary poursuit sa quête universitaire dans les entrailles du manoir des Glenmarkie, Krook s’immerge progressivement dans son nouvel univers littéraire. Les zones d’ombre de son passé s’entrelacent peu à peu dans les chapitres des grands écrivains, dévoilant page après page le souvenir mal cicatrisé d’un père disparu. Mais en suivant le fil de cette introspection récessive, Krook découvre que son destin est également lié à celui des Glenmarkie…

Quête de soi, recherche des origines, chasse au trésor, Les Maîtres de Glenmarkie entrecroise avec talent les genres et les registres dans une narration polyphonique qui s’avère captivante dès les premières pages. Les personnages somptueusement esquissés, la richesse d’une intrigue dont les multiples rebondissements se teintent parfois d’une coloration policière ou historique, immunisent littéralement le lecteur contre toute forme de déception. On y décèle de surcroît, en palimpseste, un vibrant hommage à la littérature anglo-saxonne dont l’auteur est féru. La silhouette de Dickens, le souffle de Stevenson, l’ombre d’Orwell et de tant d’autres encore, présents ou dissimulés entre les lignes, confèrent à ce roman une résonance littéraire d’une rare finesse. Mais au-delà de son sens inné de l’intertextualité et de sa grande fluidité stylistique, Jean-Pierre Ohl nous offre avant tout une oeuvre particulièrement aboutie, dont la trame narrative parfaitement tissée réjouira les lecteurs les plus avides de sensations romanesques. Avec l’humilité qui le caractérise, il nous invite, l’espace d’un livre, à nous remémorer que la littérature est avant toute chose une affaire de plaisir. En ce sens plus qu’en tout autre, il a parfaitement remporté son pari.

Jean-Pierre Ohl est libraire à la Librairie Georges. Après Monsieur Dick ou Le dixième livre, Les maîtres de Glenmarkie est son deuxième roman.

Rencontre animée par Ezéquiel Fernandez.

réserver : Les maîtres de Glenmarkie






Là où les tigres sont chez eux

Là où les tigres sont chez eux

Ed. Zulma . 24,50 euros

de Jean-Marie Blas de Roblès

Eléazard von Wogau, érudit fraîchement divorcé, traîne son mal de vivre au milieu des fastes décatis de la ville d’Alcântara, Brésil. L’un de ses anciens condisciples lui fait parvenir un manuscrit concernant Athanase Kircher, savant jésuite bien oublié du XVIIème, dont il entreprend l’exégèse. Pendant ce temps, son ex-épouse Elaine remonte le fleuve Paraguay et s’enfonce dans la jungle amazonienne pour une expédition archéologique qui tourne au cauchemar… Pendant ce temps, leur fille Moéma glisse sur la pente savonneuse de l’addiction et de la haine de soi… Pendant ce temps, Moreira, gouverneur de la Province d’Alcântara, échafaude une machiavélique opération immobilière avec la bénédiction du Pentagone… Pendant ce temps, le jeune Nelson, mendiant et pickpocket infirme, rumine des projets de vengeance à l’encontre dudit gouverneur…

Enfin ! On en tient enfin un ! Nous voulons dire : un roman français dont la folle ambition, la complexité assumée et transcendée, la stupéfiante maîtrise rejoignent celles des grands livres de la littérature mondiale… et l’on n’avait pas vu ça depuis longtemps, peut-être depuis le mémorable Montée en première ligne de Jean Guerreschi. On ne sait où donner de la plume pour rendre justice à cet opus extravagant : les adjectifs qui viennent à l’esprit pour le circonvenir – érudit, baroque, inspiré, échevelé… – vous filent entre les doigts comme les pièces d’une monnaie qui n’aurait plus cours. Par quel bout prendre ce maître-livre ? Par quel versant escalader une telle montagne ? Le versant Kircher, ce savant adulé en son temps mais bien oublié aujourd’hui – ses intuitions enthousiastes ont fait long feu – mais dont la tentative désespérée d’harmoniser, de lire le monde force encore l’admiration ? Le versant Eléazard, exégète borgésien du précédent, qui se perd et se retrouve à la fois dans une entreprise biographique vouée à l’échec ? Le versant Elaine, et sa dérive amazonienne digne du Aguirre de Werner Herzog ? Ou le versant Brésil, tout simplement ? Un pays travaillé par des traditions mystérieuses et tenaces, des complots cyniques, des révoltes sans espoir. On ne dira pas comment l’œuvre de Kircher, mort à Rome en 1680, se trouve sollicitée au beau milieu de la jungle amazonienne à la fin du XXème siècle. Ni pourquoi Eléazard, d’un clic de souris, efface sans regret l’exégèse qui aurait dû être le sommet de sa carrière… Ni de quelle manière stupéfiante se termine l’expédition d’Elaine… On ne dira rien de plus, car on se plait à imaginer les lecteurs de cet article en route vers leur librairie préférée – la nôtre, de préférence, mais pour la bonne cause nous serons magnanimes… –, on entend déjà leurs pas précipités sur le trottoir devant la boutique, et l’on s’apprête déjà à les régaler d’un festin rare, Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès…
Il paraît que les jurés du Goncourt ont pris de bonnes résolutions… Qu’ils ne ratent pas cette occasion de le prouver !

réserver : Là où les tigres sont chez eux






Sur la plage de Chesil

Sur la plage de Chesil

Ed. Gallimard . 16,90 euros

de Ian McEwan

Angleterre, 1962. Dans le petit hôtel très middle-class d’une station balnéaire, Edward et Florence s’apprêtent à passer leur nuit de noces. Ils sont jeunes, ils s’aiment sincèrement… mais cela suffira-t-il pour surmonter leurs craintes, leurs inhibitions, voire, dans le cas de Florence, une répulsion inavouée pour le sexe ?

Après deux livres de la classe d’Expiation et de Samedi, on aurait presque admis de Ian McEwan une petit baisse de régime… Il n’en est rien ! Dans un registre certes moins ample, mais tout aussi profond, Sur la plage de Chesil est encore une parfaite réussite. McEwan se montre bien le digne héritier d’Henry James, par sa façon de traquer la vérité des êtres sans jamais en épuiser le mystère. Pour expliquer l’aversion de Florence, il aurait pu sombrer dans le freudisme de bazar – mais la « piste » oedipienne n’est que subtilement évoquée – ou bien incriminer sans nuance la pudibonderie d’une époque révolue. Certes, l’Angleterre provinciale de ce début des sixties n’est pas exactement celle du swinging London… mais là encore, McEwan se garde des simplifications sociologiques à l’emporte-pièce : témoin ce final bouleversant où la jeune fille « refoulée » fait montre d’une audace tout à fait paradoxale. L’auteur, cependant, est loin de se désintéresser de la problématique sociale : elle innerve au contraire tous ses livres. Dans Expiation, les préjugés de classe sont autant responsables du drame que la terrible méprise de Briony ; et dans Samedi, l’irruption du « voyou » Baxter vient bousculer l’existence patricienne d’Henry Perowne. Dans Sur la plage de Chesil, face aux parents de Florence – un homme d’affaires prospère et une don d’Oxford – ceux d’Edward ne font pas le poids. 1935, 2003, 1962 : rien, au fond, ne change vraiment. On pense alors à un autre maître de McEwan, Thomas Hardy, à l’amertume des personnages de Jude l’obscur ou de Tess d’Uberville devant l’infranchissable fossé qui sépare les êtres.

réserver : Sur la plage de Chesil






Design nautique

Design nautique

Ed. Actes Sud . 19,90 euros

de Cristina Cipolli

Le secteur nautique connaît depuis quelques années de tels renouvellement qu’il est devenu un thème de prédilection pour les architectes et les designers. Les propriétaires de ces “architectures flottantes” sont eux-mêmes plus attentifs aux innovations : ils conçoivent un bateau résolument contemporain, au style rompant avec la tradition, fruit d’une véritable recherche conceptuelle pour mieux traduire au présent une idée de luxe et de fiabilité à l’épreuve du temps.

réserver : Design nautique






La voie de l’écuyer

Académie du spectacle équestre de Versailles
La voie de l’écuyer

Ed. Actes Sud . 49 euros

par Alfons Alt & Sophie Nauleau

Académie du spectacle équestre, Manège de la Grande Ecurie du château de Versailles

Etablissement d’enseignement supérieur de haut niveau, l’Académie du spectacle équestre constitue une innovation majeure dans le domaine du spectacle vivant. La transmission des savoirs liés à l’écriture du spectacle équestre y trouve en effet la place de choix qui lui revient aujourd’hui.

L’académie du spectacle équestre est le creuset d’une excellence fondée sur la transmission des savoir-faire et la fécondation réciproque des disciplines artistiques. Elle est également un lieu de création et de partage avec le public. Elle est enfin le résultat d’une aventure singulière, celle qui lie un lieu historique, le château de Versailles, à Bartabas.

L’Académie rend ainsi la Grande Ecurie à sa vocation première et remet à l’honneur, dans un projet artistique et pédagogique résolument contemporain, la discipline très ancienne qu’est l’art équestre.

Elle est le lieu d’une rencontre originale et une nouvelle fenêtre ouverte sur la création.

Jean-Jacques Aillagon
Ancien ministre de la Culture & Président de l’Etablissement public du musée et du domaine de Versailles






Rentrée littéraire 2008 : Deux passionnants cas d’amnésie !

Rentrée littéraire 2008 : Deux passionnants cas d’amnésie !

Bien raconter une histoire, c’est peut-être savoir ne pas tout raconter. Pas étonnant alors que la figure de l’amnésique hantent les romanciers et les scénaristes. Dans cette rentrée littéraire, deux auteurs talentueux explorent à leur manière les dédales fascinants de la mémoire… et de l’oubli.

Daphnée disparue

éd. Actes Sud . 19 euros

de José Carlos Somoza

Après un accident de voiture, Juan Cabo a perdu la mémoire. À son réveil, on lui apprend qu’il est un écrivain célèbre. Peu avant le drame, il a noté cette phrase dans son carnet : « Je suis tombé amoureux d’une femme inconnue. » Mais s’agit-il d’une allusion à un événement réel… ou bien d’un début de roman ?

Daphné disparue a été publié en Espagne la même année que La caverne des idées, et de nombreux points de convergence existent entre les deux livres. Dans l’un et l’autre, Somoza noue et dénoue les fils de son écheveau favori : l’intrication du réel et de la littérature. Ses personnages vivent dans un monde où la ligne de partage entre réel et imaginaire n’est pas nettement tracée ; où l’essentiel n’est pas de démêler le vrai du faux, mais de savoir ce qui a du sens et ce qui n’en a pas. Ce sens ne cesse de miroiter, puis de filer entre leurs doigts comme de l’eau vive : expérience ô combien frustrante… mais c’est peut-être justement dans cette frustration que réside le sens ! Émaillé de trouvailles cocasses et poétiques – ce restaurant fréquenté uniquement par des plumitifs qui passent plus de temps à écrire ce qu’ils voient qu’à manger, cette « muse professionnelle » posant pour des écrivains en mal d’inspiration, cet éditeur qui commande à plusieurs centaines d’auteurs le récit exhaustif d’une même nuit madrilène – Daphné disparue est une subtile méditation qui se lit comme un thriller : du Raymond Roussel revu et corrigé par Chandler ou Hammett. Un plaisir de lecture à la fois intense et raffiné.

réserver : Daphné disparue

L’amnésique

éd. Le Seuil . 22 euros

de Sam Taylor

Amnésique, James Purdew n’a pas vraiment conscience de l’être : son problème au contraire, ce sont les souvenirs. Certains qui lui échappent, d’autres qui, au contraire, ne semblent pas lui appartenir. Son journal intime aurait pu le mettre sur la voie, mais l’un des cahiers est enfermé dans un coffret dont il a perdu la clé… Après une rupture amoureuse, James revient en Angleterre, sur les lieux de sa jeunesse, pour tenter de reconstituer le puzzle.

Voici un livre dense, surprenant, touffu, et follement ambitieux. Le nom du personnage principal, Purdew, ressemble fichtrement au mot français perdu prononcé à l’anglaise. Et c’est vrai que James se perd dans un dédale de « vrais-faux » souvenirs, d’hallucinations baroques, de troubles nostalgies ; mais le lecteur jubile, entraîné dans ce jeu de piste qui n’est chaotique qu’en apparence, glanant çà et là des indices aussitôt balayés par une nouvelle hypothèse. À l’évidence, Sam Taylor est lui-même un dévoreur de livres. Sa liste de remerciements inclut des personnes réels, des écrivains emblématiques – Borges, Larkin, Stevenson –, et des personnages de films ou de romans qui ont tous eu maille à partir avec cette maîtresse versatile : la mémoire. John Scottie Fergusson, le détective halluciné du Vertigo d’Hitchcock, Duncan Thaw, le héros tourmenté du monumental Lanark d’Alasdair Gray. Mais au-delà du thème de l’amnésie en pointe un autre, encore plus passionnant, celui du devenir. Sommes-nous un ou plusieurs ? Les différents James du passé ne continuent-ils pas d’exister quelque part… et le James futur, lui, n’existe-t-il pas déjà ? Ludique, érudit, retors, polymorphe, L’Amnésique nous offre en prime l’extravagante biographie d’un philosophe imaginaire, et une vénéneuse enquête victorienne qui aurait mérité à elle seule d’être publiée. Sam Taylor, un auteur à suivre ? Oui, mille fois oui… même s’il faut peut-être emprunter à Ariane pour l’occasion un morceau de son célèbre fil…

réserver : L'amnésique