Corinne Bayle

  • Profondément romantique, tourné vers la nuit et ses fantasmagories.
    Gérard labrunie (1808-1855) devient gérard de nerval, traducteur, feuilletoniste, voyageur, rêveur, fou, enfin. tôt orphelin de mère, il passe son enfance dans le valois, bercé par les vieilles chansons françaises. il choisit d'écrire contre la volonté de son père médecin. sa transposition de faust, plus tard saluée par goethe, lui ouvre les portes des cénacles de nodier et de hugo. il connaît la vie de bohème, publie ses premiers vers et vend sa plume dans la presse, espérant un succès au théâtre, dans l'ombre de dumas.
    Comme son ami théophile gautier, il participe à la bataille d'hernani, se lie avec heine et baudelaire. il est écarté du monde littéraire aux premiers signes de délire. son existence chaotique, marquée de plusieurs internements, s'éclaire de longs périples, de l'allemagne à l'italie, et jusqu'à l'orient. c'est à paris qu'il achève sa course, pendu à la grille d'une ruelle. cette biographie suit le cheminement d'un pur poète mélancolique, au prisme de ses lectures, de ses affinités et de ses songes, reflétés en une oeuvre nourrie d'une vaste culture qui, affrontant les ténèbres de l'égarement, constitue le lieu même de son destin.

  • Le « réel de la poésie » : la proposition interroge le réalisme forcené de notre époque, sa prétention particulière de définir la réalité en supposant que la poésie n'y joue aucun rôle, dissociée des « choses telles qu'elles sont », en un mot, étrangère à la vie réelle.
    Que peut la poésie ? Depuis le Romantisme, elle s'interroge sur elle-même et sur sa valeur dans un monde qui n'a rien à faire d'elle ; le poète poursuit son questionnement des mots en attente de soulèvement du réel. Il refuse compromission ou capitulation. Il rêve d'une parole poétique performative, d'une poésie « en avant ».
    Qu'est-ce que l'effectivité de la poésie ? Comment s'articule-t-elle à ce qui est apparemment tout à fait en dehors de son langage? Que répond-elle au réalisme qui prescrit, veut définir ou désire prescrire ce qu'est le réel en dehors du langage ?

  • Au clair de la nuit

    Corinne Bayle

    • Noroit
    • 23 Avril 2012

    Les textes rassemblés ici recomposent par fragments une méditation consacrée à toutes les formes d'art, en une rêverie nourrie de lectures et de souvenirs intimes. Ils se ramifient par une série de références orchestrées en motifs récurrents, centrés sur le rêve, la poésie, la musique et le romantisme. On y croise Gérard de Nerval et Alfred de Vigny, Schumann et Hoffmann, Caroline von Günderode et Novalis, Fanny et Félix Mendelssohn, Baudelaire, Rimbaud, Victor Hugo, Van Gogh, Emily Dickinson et Mary Shelley, Hölderlin et René Char, Emily Brontë, et encore les images de Peau d'âne et d'autres fantômes cinématographiques, ainsi que des ombres qui valsent sur une scène de théâtre ou se tiennent immobiles au coeur d'un grand musée. Cette réflexion serait lettre morte sans la mémoire enfantine de la comtesse de Ségur et d'un grand-père fantasque, sans les voix aimées qui animent ces images oniriques, romances, Lieder ou poèmes murmurés dans le noir, faisant lever les songes sur les ailes du chant.

  • Dans une vieille demeure au bord de la Baltique, une jeune fille rêve son existence, espérant aller étudier à Dresde où.
    Avec Caspar David Friedrich, s'invente la peinture de paysage. Avide de savoir, elle lit, elle écrit, dans l'ombre de son frère Wilhelm qui lui fait connaître ses amis philosophes, et d'abord le plus singulier d'entre eux, le poète Friedrich von Hardenberg - Novalis - pour lequel elle éprouve bientôt des sentiments exaltés. A Iéna, elle se lie avec Caroline, l'épouse d'August Schlegel. puis de Schelling.
    Avec Friedrich Schlegel, Ludwig Tieck, Clemens Brentano, tous partagent le goût des discussions passionnées et des amitiés intellectuelles, dans l'admiration critique des oeuvres de Schiller et de Goethe. Ce roman d'apprentissage, scellant l'amour à l'oeuvre d'art, emprunte ainsi des détails à des figures authentiques, redistribués d'un personnage à l'autre, entre fiction et réalité. La narratrice de ce journal de jeunesse pourrait être la soeur imaginaire de Wackenroder, une lointaine cousine de Bettina von Arnim ou de Caroline von Günderode, l'une de ces inspiratrices qui accompagnèrent l'aventure du premier Romantisme allemand.
    Et si la mort est omniprésente dans ces pages, elle n'est que l'envers de la vie la plus ardente, avec pour horizon l'absolu.

  • L'oeuvre nervalienne se présente telle une rhapsodie de souvenirs et de lectures. Elle se nourrit d'une culture qui emprunte aux mythes de l'humanité autant qu'à des auteurs fraternels, ou travaillés d'inquiétudes communes. Cet essai étudie des réécritures et des dialogues entre imaginaires en écho.

  • La beauté est le sujet ininterrompu de la poésie de René Char. Cette oeuvre qui n'a cessé de croître en lecteurs et en fervents défenseurs est devenue classique. Elle voit s'atténuer son étrangeté, et passer en arrière-plan sa dimension essentielle de combat et de risque. Au rebours d'une lecture consensuelle, cette réflexion s'attache au frisson provoqué par des poèmes qui chantent la beauté, en traquent les traces près de s'effacer. Cet essai célèbre la respiration salutaire que constitue la poésie, refusant la dénégation actuelle de toute grandeur. Suivant dans ses lignes majeures le parcours de l'oeuvre, il traverse ses thématiques et évoque les figures tutélaires du poète. Relisant les poèmes emblématiques d'un espoir et d'une quête de la splendeur, ce livre veut rendre hommage au soulèvement inespéré, au bondissement allègre du coeur, que provoque l'affirmation du partage auquel l'art est voué, dans notre présent qui en a oublié la puissance d'effraction.

  • Inachev et posthume, ce recueil en prose paru en 1869 est l'emblme de la modernit. La nouveaut de sa forme surprend par ses ruptures, du pome au conte, du discours la fiction. Entre lyrisme et cynisme, sarcasme et mlancolie, il dessine la figure de l'artiste en promeneur solitaire de la mtropole industrielle, ...

  • L'oeuvre de Nerval, si singulière, a souvent été l'objet de lectures qui ont essayé de montrer la profonde organisation d'une poétique, thématique ou structurelle, en reconstituant une esthétique d'une séduisante cohérence.
    Pourtant, la nouvelle édition de la Pléiade (1984-1993) a révélé sa fragmentation tragique, dans une enquête pleine de zones d'ombres, d'incertitudes, avec ses redites, ses contradictions, au point de dérouter des lecteurs habitués à des textes devenus lisses. Une réalité douloureuse, celle de la difficulté de l'écriture, est apparue dans son dénuement, que les points de vue très déterminés avaient fini par faire oublier.
    Interrogeant la segmentation et les répétitions, c'est ce désordre émouvant que ce travail voudrait questionner, en suivant le cheminement peu orthodoxe du poète, à travers des ouvrages de facture diverse, du journalisme aux traductions, du théâtre de collaboration aux canevas d'opéras, des nouvelles aux poèmes à forme fixe, et jusqu'à une autobiographie rêvée, afin de proposer une lecture qui s'inscrirait dans ce que Barthes a appelé, en 1978, à propos de Proust, une " histoire pathétique de la littérature ", attachée aux " moments de vérité " qui donnent leur dynamique à l'oeuvre.
    Dès lors, " l'émiettement " est la rançon de cette expérience. Dans les déchirures, la figure d'un poète inquiet se dessine, qui marche en aveugle vers une Étoile, absorbé par la coïncidence de la signification du monde avec celle de sa vie. Emblématique de la constitution réciproque du texte et du sujet, l'Étoile symboliserait le point de convergence de routes mystérieuses, aux confins des grands genres, image de la conjonction autant que de la disjonction.
    Cette biographie de l'oeuvre analyse le parcours répétitif, enchevêtré, concentrique, d'un poète meurtri, dans sa tentative d'atteindre le coeur du réel, de l'autre côté du désespoir.

  • Quatrième de couverture Rose de Paestum ou Rosa gallica, fleur d'Orient ou d'Occident, toujours la rose a conjuré le deuil.
    Dans un jardin de nulle part, une voix s'élève et se souvient. Elle convoque les disparus dont les murmures se sont tus. Des fantômes de proches, mais aussi des figures mythiques : Maria Callas, Emily Brontë, Emily Dickinson, Werther, Frantz de Galais, Heathcliff, et, au premier rang de ces interlocuteurs privilégiés, un poète romantique, Gérard, dont l'oeuvre aimée donne accès au monde et soulève le voile ensevelissant les morts.
    Entre les fragments, des liens se tissent, en une méditation funèbre où le motif symbolique de la rose, à travers ses multiples variétés, unit mémoire et rêve.

  • Souhaitant affranchir le nom d'luard des lieux communs du sentimentalisme, cette tude de Capitale de la douleur (1926) se veut attentive au coeur absolu du pome. Dans l'espace de la page s'opre une transmutation de l'exprience par la figuration d'un je universel qui redistribue les affects en chant impersonnel. De dada au surralisme, ...

  • Cet ouvrage de Management (pochette Réflexe) 1re STMG a été enrichi et toutes les données ont été actualisées. Il est découpé en 3 thèmes en conformité avec le programme. Il répond parfaitement aux différentes pratiques d'enseignement et permet une grande liberté pédagogique.Il est proposé au choix en livre papier + licence numérique i-Manuel ou en 100% numérique i-Manuel.
    En version imprimée, cet ouvrage propose en complément une licence numérique i-Manuel 2.0, la solution pour mettre les élèves en activité sur ordinateur ou sur tablette.
    >> Les infos pratiques sur le i-Manuel 2.0 à découvrir ci-dessous Cette pochette de 1re a été mise à jour et les données qu'elle propose ont été actualisées. Cette nouvelle édition offre aussi : un dossier ETLV complet (présentation de l'épreuve, lexique en anglais et 4 objets d'étude), plus de 50 vidéos, des ?ches méthodes, des préparations au Bac, et un sujet d'examen.
    Les compétences Pix sont désormais spéci?ées tout au long des chapitres Structure d'un chapitre - Une page d'ouverture présente une mise en situation et propose la rubrique « Avant la classe », pour découvrir le thème du chapitre grâce à une vidéo.
    - La mise en situation, ?lée tout au long du chapitre, décrit une organisation réelle, connue des élèves (Air France, La Poste, Que Choisir, Renault...) et permet de découvrir les notions progressivement.
    - Les notions du chapitre sont introduites par des documents exploités par un questionnement pour l'élève.
    - Une rubrique « Faites le point ! » propose des questions pour mettre en évidence l'essentiel.
    - Une « Synthèse » récapitule les notions.
    - Des « Applications » pour vérifier les connaissances, faire retravailler les notions dans des contextes diffé-rents, mettre en oeuvre les méthodologies.
    - Une préparation au Bac propose de se préparer à l'épreuve.

  • Ce volume étudie la question de la transmission et de l'héritage, dans la poésie des XIXe, XXe et XXIe siècles, en s'intéressant aux différents phénomènes de contamination, d'hybridation, de traduction. À partir de Baudelaire, la poésie moderne révèle la présence fantôme du modèle contemporain, antérieur, étranger, ou venu d'un autre art, peinture ou musique.

  • Il s'agit ici de mettre en lumière filiations et croisements entre les oeuvres et les artistes fascinés par un motif de pure abstraction, l'arabesque. Symbole du travail esthétique, faisant jouer l'imagination comme la réflexion la plus haute de l'esprit humain à partir du moment du Romantisme où la peinture lègue le motif de l'arabesque à la poésie en dépassant le décoratif vers une signification essentielle, exhibant la gratuité, la liberté, la fantaisie et la supériorité de l'art sur la nature.
    L'arabesque unit les contraires, la courbe et la ligne, donne apparence à l'impossible, se fait chimère et allégorie, hiéroglyphe à déchiffrer. Exaltant le bizarre et le fantasque, elle souligne et transcende le hiatus entre le fini du réel et l'infini de l'idéal, visant une harmonie, une pure combinaison de signes rêvée comme art total. De façon réversible, elle symbolise l'écriture dans son pouvoir de création incessante, et la lecture elle-même, dans ses jeux sémantiques démultipliés : lecture du texte, du tableau, de la partition, du monde et de l'être.
    Le volume analyse l'évolution du motif de l'arabesque dans le passage du Romantisme à la Modernité en soulignant la manière dont les artistes se nourrissent d'oeuvres et d'images antérieures qu'ils transfigurent en déplaçant signes et matériaux, infléchissant l'arabesque initialement décorative vers une figure synthétique unissant les formes les plus pures de la nature et les formes les plus complexes de l'esprit humain. On redécouvre le motif chez des poètes ou des artistes tels Berlioz, Hugo, Musset, Nerval, Moreau, De Quincey, Poe, Van Gogh, Eisenstein, Michaux, Fourcade. D'autre part, sont mises en relation des oeuvres et des esthétiques apparemment éloignées, par des croisements originaux, tel les effets de la lecture de Schlegel, tel Valéry et le modèle mathématique de Mandelbrot ou les recherches botaniques de Goethe et le Land art d'un Robert Smithson retrouvant la mystique arabe, de sorte que l'ouvrage apporte une synthèse et fait le point sur l'Arabesque du XIXe au XXIe siècle. Il ouvre ainsi des perspectives de réflexion pour la littérature, la musique, la peinture, le cinéma ou la danse, et souhaite donner l'impulsion à d'autres recherches dans ces domaines, en une perspective comparatiste entre les arts qui nous semble être l'avenir le plus créatif des sciences humaines.

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