Denis Lavalle

  • De toutes les maisons d'hommes célèbres dont l'État français a hérité et dont il assure la conservation, celle de Saint-Vincent-sur-Jard est sans doute à la fois l'une des plus modestes et l'une des plus symboliques et suggestives. Elle s'associe au souvenir d'un Clemenceau au soir de sa vie, d'un héros surgi des épreuves de la Première Guerre mondiale et définitivement consolidé dans la mémoire collective comme l'homme des certitudes victorieuses. Le Clemenceau de Saint-Vincent-sur-Jard est un grand témoin de l'histoire retiré des affaires et méditant devant la mer.

    Dans cette « bicoque » louée à partir de 1919 et destinée aux beaux mois du printemps et de l'été, il revient une ultime fois sur les événements de son immense destinée et écrit « Au soir de la pensée », reçoit ses amis et allie tous les tons « de la palette embroussaillée » d'un jardin composé avec le peintre Claude Monet. Sa « cabane de paysan » n'en est pas moins la maison d'un amateur d'art féru de culture extrême-orientale qui vit entouré de ses estampes et de ses peintures japonaises, de ses vases asiatiques et de divinités bouddhiques.

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