Dominique Andolfatto

  • Le développement de la négociation en entreprise, la conflictualité sociale, l'avenir des garanties collectives mettent les syndicats au premier plan.
    Mais ces derniers, souvent redoutés, demeurent mal connus. Ce livre éclaire leurs fonctions économiques et sociales avant de décrypter le paysage syndical. Malgré l'éclatement des organisations, des caractéristiques communes apparaissent lorsqu'on étudie l'univers intérieur des syndicats, les militants, le mode de direction, les budgets, les défis du renouvellement générationnel. Cette description met en lumière les décalages avec les réalités du travail, les limites de l'action syndicale, sa professionnalisation.
    Elle précise les débats sur la représentativité syndicale et le dialogue social. Les évolutions en cours attestent-elles que les syndicats français ne seraient plus l'"homme malade de l'Europe sociale" ?

  • Une même question a été posée à une équipe de chercheurs spécialisés dans les relations du travail dans les principales économies post-industrielles de ce début du 21e siècle : comment a évolué la régulation sociale dans les entreprises depuis une trentaine d'années ? Leurs réponses montrent que les restructurations économiques, l'européanisation et la mondialisation ont conduit à d'importants changements, rarement volontaires, dans les relations entre les « partenaires sociaux » : organisations syndicales et patronales, sans oublier l'État, qui joue souvent un rôle d'arbitre. Ainsi, les modèles nationaux hérités du 20e siècle ont été remis en cause. Les particularismes se sont effacés pour laisser place à des cadres plus fragiles et plus fluctuants. Ce livre dresse un état des lieux précis des principaux changements qui ont affecté les syndicats et le dialogue social dans les entreprises en Europe et Amérique du Nord. Il permet de dépasser les idées reçues concernant les modèles anglo-saxon, scandinave, rhénan et latin.

  • La démocratie sociale est un défi pour les relations du travail que, depuis les années 2000, bien des réformes - Sapin, Rebsamen, El Khomri, Macron - cherchent à relever. Il ne s'agit plus de développer l'expression directe des salariés mais, sur la base de négociations patronats/syndicats, de promouvoir une autorégulation dans chaque branche d'activité, chaque entreprise, voire pour chaque travailleur.

    Ce livre analyse la démocratie sociale, ses enjeux, ses tensions, en croisant différentes perspectives (science politique, sociologie, sciences de gestion, droit), en prenant appui sur des terrains précis et en cherchant à évaluer l'application des réformes récentes. La réalité des relations sociales en entreprise, le financement du syndicalisme, la représentativité patronale, la fabrique du droit du travail, les tensions propres à la SNCF constituent quelques-uns des thèmes abordés qui éclairent la démocratie sociale aujourd'hui, ses impasses ou ses succès.

    Contributeurs :

    Dominique Andolfatto - Paul-Henri Antonmattei - Daniel Boulmier - Anne-Laure Cassard-Valembois - Sylvie Contrepois - Marnix Dressen - David Jacotot - Dominique Labbé - Christian Mahieux - Samuel Mercier - Michel Offerlé - Stéphane Olivesi.

  • Géant politique, longtemps adulé ou redouté, le PCF ne paraît plus qu'une butte-témoin d'un passé discuté, un lieu de mémoire mêlant émotion et désenchantement. Ce livre interroge d'abord le déclin de ce parti, revisitant - des années Marchais à aujourd'hui - ses représentations du monde, ses positionnements ambigus, ses révolutions manquées... La trajectoire historique ici tracée privilégie les témoignages inédits ainsi que le décryptage d'événements - rupture de l'Union de la gauche, crise du mouvement ouvrier, relation à l'URSS, chute du mur de Berlin - dont, trop souvent, les discours idéologiques, voire savants, consacrés au PCF se sont désintéressés. La mutation - qui aurait du fêter ses dix ans en 2005 - a cherché à ouvrir une nouvelle perspective, en engageant des révisions doctrinales et en réévaluant la question de la participation au pouvoir. Mais les militants communistes, souvent repliés sur des positions orthodoxes , ont préféré les surenchères radicales ou d'incroyables nostalgies qui ont permis de cultiver le mythe et de nourrir l'illusion. Cet éclatement du parti et la concurrence d'autres entrepreneurs de protestation ont conduit à la déroute électorale de 2002, aux confusions intérieures du congrès de 2003, au brouillage identitaire. Les résultats des élections régionales de 2004, ceux du référendum sur le Traité constitutionnel européen de 2005 - lors duquel le PCF a appelé au vote non -, auraient-ils cassé cette spirale du déclin ? Un état des lieux précis des ressources électorales, militantes et financières de l'organisation permet de faire le point et d'évaluer quelles dynamiques caractérisent aujourd'hui le néo-communisme que veut porter Marie-George Buffet.
    Biographie de l'auteurNé en 1961, Dominique Andolfatto est maître de conférences en science politique à l'université de Nancy II et chercheur - en détachement au CNRS - au laboratoire pour la sociologie économique du Conservatoire national des Arts et métiers (Paris). Il est l'auteur de plusieurs livres sur le syndicalisme, dont Les Syndicats en France, paru à La Documentation française en 2004.

  • À quoi servent les syndicats ? Comment les syndicats sont-ils organisés et financés ? Qui votent en leur faveur ? Que négocient-ils avec les employeurs ? Où se trouvent les syndiqués ?
    Ce livre est une anatomie du syndicalisme. Il décrypte le rôle des syndicats, et le pouvoir de ces derniers, dans les entreprises et, plus largement, l'État social. Il met ainsi en valeur des informations négligées sur le fonctionnement, les ressources et l'audience des organisations syndicales.
    Il permet de redécouvrir certaines figures historiques du syndicalisme, tel Léon Jouhaux, prix Nobel de la Paix 1951 et s'appuie sur des données originales, détaillées et actuelles.
    Enfin, il propose une analyse comparative entre les principaux pays industriels.

  • Quel a été le rôle des organisations syndicales dans l'évolution de la société française depuis un siècle ? Comment analyser la désyndicalisation contemporaine ? Ce livre propose de répondre à ces questions en partant d'un moment fondateur de l'histoire syndicale : le congrès de la CGT, à Amiens, en 1906.

    À travers l'histoire du syndicalisme français, c'est une autre histoire qui s'écrit, celle qui se joue dans la rue, dans les ateliers et les bureaux, dans des salles de meetings et de congrès et, depuis 1968, dans les grand-messes de la négociation collective.

    Cette histoire met en valeur d'incontestables succès mais aussi de retentissants échecs, qui se paient par une désaffection syndicale, dont les auteurs analysent ici les raisons et les motivations profondes.

  • Dominique Andolfatto et Dominique Labbé, spécialistes français de la question syndicale et de son histoire, animent depuis trente ans un réseau de recherche sur le syndicalisme et les relations professionnelles en France.

  • L'opinion publique est partout. Il n'y a plus guère d'analyse politique, institutionnelle ou économique qui puisse faire aujourd'hui l'économie du recours à des sondages ou autres modes d'expression qui convoquent et mettent en scène l'opinion. La page de la démocratie représentative semble tournée. Et celle de la démocratie directe, largement impraticable, ou politiquement dangereuse, n'est pas à l'ordre du jour. Il ne semble donc exister qu'un espace pour une autre forme de légitimité : la démocratie d'opinion. Elle n'en est pas moins la cible de critiques que ce livre se propose d'interroger.
    Il s'agit de revenir d'abord sur la notion d'opinion publique, qui émerge au Siècle des lumières avant d'être disséquée et conceptualisée par la science politique et avant que la science juridique ne s'en empare à son tour, en tant qu'instrument de légitimité et, dès lors, ne cherche à le réguler. Ce livre cherche donc à comprendre et à analyser ce passage d'un champ disciplinaire à l'autre et, plus précisément, quel rapport le droit - tout à la fois constitutionnel, administratif, pénal ou européen - entretient avec l'opinion publique. On verra que ce rapport est souvent paradoxal, l'opinion semblant à la fois passive ou tyrannique.
    Si le droit ne peut donc plus ignorer l'opinion publique, il reste à déterminer selon quelles modalités il va l'utiliser et l'encadrer. Cela va notamment nourrir un droit des sondages en évolution rapide ou, plus récemment, un droit à la fois interne et externe aux partis politiques compte tenu de l'importance prise notamment par les primaires. C'est finalement un nouveau droit politique qui est train de se forger en prise directe avec les transformations de la démocratie.

  • Les chemins de fer et, en France, la SNCF polarisent régulièrement l'actualité sociale, écono- mique et politique. Ainsi, une nouvelle et importante réforme ferroviaire aura marqué l'année 2018.
    Plus largement, ce sont l'ensemble des cartes des chemins de fer qui ont été rebattues en Europe depuis quelques années. Regroupant des chapitres d'une quinzaine de spécialistes du ferroviaire, ce livre fait le point sur les évolutions récentes de ce mode de transport dans différents pays : Alle- magne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni, Suisse. Il s'intéresse aux modalités d'ouverture à la concurrence et à ses résultats, à l'économie et aux performances des compagnies, au devenir et aux enjeux du fret, aux statuts des personnels, au management de la SNCF. Il est le fruit de la collabora- tion d'économistes, juristes, sociologues, géographes... Il associe universitaires et consultants.

  • Espaces de vie, de travail, de loisirs, ou plus largement espaces d'engagements divers : les hommes évoluent dans des lieux multiples. Ces « espaces sociaux » (physiques ou symboliques, restreints ou vastes, d'hier et d'aujourd'hui) sont l'objet de l'ouvrage, qui étudie la manière dont les individus vivent l'espace, le perçoivent et y développent leurs expériences. Au fil des chapitres, et à travers le regard de chercheurs issus de diverses disciplines (histoire, sociologie, sciences juridiques et politiques, socio-psychologie, urbanisme et aménagement du territoire), on visite tout d'abord les espaces du quotidien, où se construisent les identités ; les espaces d'interactions, ensuite, où nait et se développe l'action collective sous diverses formes ; les espaces plus virtuels, enfin, où les idéologies ou, plus ordinairement, l'action politique, se déploient.

  • Pour la première fois de l'histoire contemporaine, des centaines de milliers de personnes souffrantes, assurées sociales, se sont vues refuser une rencontre avec un médecin, l'écoute et les soins auxquels ils avaient droit.

    En termes de mortalité, l'épidémie du Covid-19 ne constitue pas un record (elle est le 9e épisode important de surmortalité en France depuis 1945). Le bilan est néanmoins lourd comparé à d'autres pays. Selon le mode de calcul, la France se classe au 4e ou au 6e rang des principaux pays occidentaux en termes de mortalité. Seuls la Belgique et le Royaume-Uni font moins bien. Manifestement, le système de santé a été mis en difficulté. Des dysfonctionnements sont intervenus.

    Comment expliquer un tel niveau de mortalité ? Pour répondre à cette question, il est d'abord nécessaire de comprendre comment il est fait face habituellement à ce type d'épidémies depuis plus d'un siècle. Cette lutte suit quelques principes simples : protéger les plus faibles, dépister les malades, les mettre à l'écart et les soigner.

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