Gallimard

  • Dans un pays saigné à blanc par la guerre civile, lorsque l'Algérie se décomposait sous les coups de ses propres enfants, Yasmina Khadra a voulu témoigner à chaud de cette tragédie. Il l'a fait par le roman, au risque de son existence, en donnant chair et vie au personnage du commissaire Llob, homme intègre au milieu du chaos et qui tient droit lorsque tout vacille. Réunir en un seul volume quatre des enquêtes de ce flic hors des normes permet une évocation forte, pleine d'amour et de violence, de ce qu'a été, en Algérie, la terrifiante décennie des années 1990.

  • Morituri

    Yasmina Khadra

    « Da Achour ne quitte jamais sa chaise à bascule. Chez lui, c'est une protubérance naturelle. Une cigarette au coin de la bouche, le ventre sur ses genoux de tortue, il fixe inlassablement un point au large et omet de le définir. Il est là, du matin au soir, une chanson d'El Anka à portée de somnolence, consumant tranquillement ses quatre-vingts ans dans un pays qui déçoit. Il a fait pas mal de guerres, de la Normandie à Diên Biên Phu, de Guernica au Djurdjura, et il ne comprend toujours pas pourquoi les hommes préfèrent se faire péter la gueule, quand de simples cuites suffisent à les rapprocher. »

  • Pendant que les théoriciens traquent ailleurs la chimère, le bled brûle et les pompiers qui se proposent d'intervenir ne sont autres que des pyromanes.
    Ils ont tiré la bonne carte : l'intégrisme.

  • Le tonnerre éructe de toutes ses forces dans la nuit.
    De temps à autre, les lumières éblouissantes de l'éclair ricochent sur le bas quartier, peuplant les recoins de visions cauchemardesques. il est vingt-deux heures, et pas un chat ne se découvre assez de cran pour se hasarder dans les rues. c'est l'heure où les gens s'autoséquestrent pour se forger des alibis, la conscience cadenassée, un sommeil opaque sur les yeux. le moindre friselis est perçu comme un cri d'agonie.
    Alger retourne en enfer.

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