Editions Somme Toute

  • Pourquoi les personnes courageuses ont-elles des couilles, alors que les mauviettes doivent s'en faire pousser une paire ? Pourquoi dit-on d'une femme qu'elle tombe enceinte, mais d'un homme qu'il la met enceinte ? Pourquoi les femmes sont-elles bavardes comme des pies si ce sont les hommes qui mecspliquent ? D'où vient notre tendance à disséquer les femmes en un panier de fruits : des melons ou des prunes à la poitrine, une peau d'orange, la cerise pour l'hymen ? Pourquoi les blagues de blondes font-elles rire ? Depuis combien de siècles les femmes sont-elles hystériques ? Pourquoi l'homme est-il conquérant quand la femme est facile ?

    La réponse à ces questions et à bien d'autres se trouve dans ce Dictionnaire critique du sexisme linguistique, recensant des centaines d'expressions sexistes. Un projet qui invite les féministes à passer des actes à la parole !

    Suzanne Zaccour et Michaël Lessard vous invitent à la rencontre d'une trentaine de voix féministes québécoises de différents milieux, qui relèvent le pari de faire rire, sourciller, décrier, sourire et grimacer avec des textes aussi riches que colorés.


    Avec la collaboration de : Dorothy Alexandre, Dalila Awada, Isabelle Boisclair, Marie-Anne Casselot, Catherine Chabot, Sarah R. Champagne, Élise Desaulniers, Audrey-Maude Falardeau, Catherine Dussault Frenette, Rosalie Genest, Marilyse Hamelin, Naïma Hamrouni, Céline Hequet, Caroline Jacquet, Sarah Labarre, Diane Lamoureux, Louise Langevin, Louise-Laurence Larivière, Widia Larivière, Annick Lefebvre, Judith Lussier, MamZell Tourmente, Catherine Mavrikakis, Emilie Nicolas, Florence Ashley Paré, Julie Podmore, Marie-Michèle Rheault, Sandrine Ricci, Camille Robert, Annelyne Roussel, Marie-Ève Surprenant, Cathy Wong, Suzanne Zaccour

  • Pourquoi les personnes courageuses ont-elles des couilles, alors que les mauviettes doivent s'en faire pousser une paire ?
    Pourquoi dit-on d'une femme qu'elle tombe enceinte, mais d'un homme qu'il la met enceinte ?
    Pourquoi les femmes sont-elles bavardes comme des pies ?
    D'où vient notre tendance à disséquer les femmes en un panier de fruits : des melons ou des prunes à la poitrine, une peau d'orange, la cerise pour l'hymen ?
    Pourquoi les blagues sur les blondes font-elles rire ?
    Depuis combien de siècles les femmes sont-elles "hystériques" ?
    Pourquoi l'homme est-il conquérant quand la femme est facile ?

    La réponse à ces questions et à bien d'autres se trouve dans ce Dictionnaire critique du sexisme linguistique, recensant des centaines d'expressions sexistes.

  • On estime qu´au rythme où vont les choses, il faudra encore deux cents ans avant de résorber les inégalités qui perdurent entre les hommes et les femmes. Une fois qu´on a identifié les terrains où il reste du chemin à faire " de la rémunération pour un travail égal au partage de la charge mentale dans le couple hétéro, en passant par représentativité dans les rôles de pouvoir " on peut se demander comment s´opérera le changement, et anticiper de quoi aurait l´air cette société où l´égalité entre les sexes serait atteinte. Comment s´articulerait cette égalité d´un point de vue politique, économique ou social, et quel en serait le prix? Qui a quoi à perdre, exactement? Les autrices et auteurs de ce collectif imaginent donc cette société égalitaire, avec optimiste et inventivité.

  • On estime qu'au rythme où vont les choses, il faudra encore deux cents ans avant de résorber les inégalités qui perdurent entre les hommes et les femmes. De la rémunération pour un travail égal au partage de la charge mentale, en passant par la représentativité dans les rôles de pouvoir et la prise en charge des plaintes pour agression sexuelle, on connaît les combats à mener.

    Le féminisme a beau connaître un regain de popularité, il continue de susciter des réactions négatives, voire carrément hostiles. Mais de quoi a-t-on peur quand on craint le féminisme et ses revendications? Et que se passerait-il si on cessait de résister?

    Les brefs essais qui composent ce livre explorent les entraves à l'égalité entre les sexes en anticipant les manières dont cette égalité s'articulerait si elle était atteinte. Les autrices et auteurs imaginent et décortiquent avec inventivité les moyens par lesquels la société serait devenue égalitaire, tant du point de vue du travail, de l'urbanisme, de l'économie, de la famille, que du couple. Ils proposent des repères pour envisager l'égalité entre les sexes comme un projet dont la portée est autant politique et économique qu'elle est intime.

    En imaginant les avancées rêvées, les angles morts à considérer et les territoires où le changement reste à générer, ce livre est une réponse à ceux qui affirment qu'on n'a plus besoin du féminisme.

  • Comment l'arrivée du numérique a-t-elle changé les habitudes des professionnels du médium photographique autant que celles des amateurs ? Il suffit d'aller en ville pour remarquer la quantité incroyable de photos qui se prend à l'aide de téléphones portables. Mais qu'arrive-t-il de ces photos ? La plupart d'entre elles ne seront jamais regardées. Vivons-nous encore le moment présent ? Choisissons-nous réellement ce que nous voulons prendre en photo ou sommes-nous seulement rendus avides de quantité ? Pourquoi prenons-nous toutes ces photos ? Cet essai lève le voile sur notre désir constant d'être en représentation, sur notre façon de lire les images et sur les mutations du métier de photographe.

  • Qu'est-ce que le racisme systémique ? Comment parler d'un phénomène qui, selon l'idée même de "système", est si vaste qu'on en perçoit difficilement les frontières ? Par racisme systémique il faut entendre les oppressions diverses, mais toujours connexes, vécues par les personnes racisées dans des domaines comme le travail, la justice, la santé, l'éducation, le logement...

    Ce livre montre que la lutte contre le racisme n'est pas l'affaire de quelques individus isolés ou d'idéalistes. Il faut passer de l'aveuglement à la prise de conscience collective pour agir et établir des normes politiques et sociales valables pour toutes et tous. Sous la direction de Christian Nadeau et Amal Zaazaa.

  • Dès les années 1970, le mouvement féministe québécois s'est largement mobilisé pour obtenir la reconnaissance sociale et économique du travail ménager. Toutefois, à partir des années 1980, cette lutte a été écartée, tant du mouvement des femmes que de son histoire. Combat abandonné, mais non gagné, son fardeau continue de peser aujourd'hui sur les femmes. Si la conciliation travail-famille ou la répartition des tâches dans le couple sont des thématiques présentes dans l'espace public, ce sont encore largement les femmes qui en assument la responsabilité. Ce livre propose une analyse historique des discours féministes sur le travail ménager et des débats entourant sa reconnaissance, à travers trois avenues : la socialisation, le salaire au travail ménager et les réformes gouvernementales. Rendre visible un travail qui ne l'est pas et réinscrire au sein des luttes féministes les enjeux liés à la reproduction sociale, tel est le but de cet ouvrage documenté et rigoureux.

    *Ce livre est inspiré du mémoire de maîtrise de Camille Robert qui a remporté le prix de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant lors de la remise annuelle des Prix du livre politique de l'Assemblée nationale.*

  • La discrimination, les oppressions et les préjugés que subissent les "gros" et les "grosses" restent aujourd'hui parmi les formes de stigmatisation les plus banalisées. Au nom de la santé, les personnes grosses sont marginalisées, ridiculisées, condamnées, isolées.

    Renforcées autant par les médias, les productions culturelles ou un certain discours médical, les déclarations grossophobes circulent aujourd'hui librement en ne provoquant que de rares réactions, sinon des rires. Entre témoignage, analyse sociale et discours militant, La vie en gros propose un regard sur ses violences diverses et quotidiennes.

  • Dès les années 1970, le mouvement féministe québécois s'est largement mobilisé pour obtenir la reconnaissance sociale et économique du travail ménager. Toutefois, à partir des années 1980, cette lutte a été écartée, tant du mouvement des femmes que de son histoire.

    Combat abandonné, mais non gagné, son fardeau continue de peser aujourd'hui sur les femmes. Si la conciliation travail-famille ou la répartition des tâches dans le couple sont des thématiques présentes dans l'espace public, ce sont encore largement les femmes qui en assument la responsabilité.

    Ce livre propose une analyse historique des discours féministes sur le travail ménager et des débats entourant sa reconnaissance.

  • La discrimination, les oppressions et les préjugés que subissent les gros et les grosses restent aujourd'hui parmi les formes de stigmatisation les plus banalisées. Au nom de la santé, les personnes grosses sont marginalisées, ridiculisées, condamnées, isolées. Renforcées autant par les médias, les productions culturelles ou un certain discours médical, les déclarations grossophobes circulent aujourd'hui librement en ne provoquant que de rares réactions, sinon des rires.

    Mais est-il inéluctable que les caricatures de Gaétan Barrette concernent uniquement son poids? Les personnes grosses ont-elles toujours le diabète? A-t-on besoin d'abdominaux pour changer le monde? Peut-on vraiment aimer un corps gros?

    Entre témoignage, analyse sociale et discours militant, La vie en gros propose un regard sur ces violences diverses et quotidiennes qui se manifestent autant dans la vie professionnelle que dans les relations amoureuses, dans les transports en commun ou à l'hôpital, sur la couverture d'un magazine ou au grand écran. Mickaël Bergeron part de cette idée que si l'on se préoccupait vraiment de la santé des personnes grosses, on les aimerait avant de les rabaisser.

  • Le scénario est une forme d'écriture ingrate, puisque l'oeuvre finale ne sera jamais le scénario lui-même, mais bien un long métrage qui devra passer à travers le regard de plusieurs intervenants. Aussi maîtrisé soit-il, le scénario peut parfois être trahi par le film qui le transpose en images et en sons. Lors de l'écriture, le scénariste doit se soumettre à des règles dont un romancier par exemple peut aisément se libérer. Alors qu'un auteur de roman peut entrer dans la tête de ses personnages pour nous laisser savoir ce qu'ils pensent ou ressentent, le scénariste lui, doit se limiter à ce qui peut être montré et dit, il doit donc s'en tenir aux actions de ses personnages et à leurs dialogues.

    Romancier et scénariste de longue expérience, Pierre Billon témoigne ici que l'écriture scénaristique, malgré ses exigences et ses contraintes, se révèle être aussi une aventure passionnante et gratifiante, autant par ses joies que par ses difficultés, par l'esprit d'invention et de dépassement dont il faut faire preuve et par l'attention constante aux moindres détails susceptibles d'accroître l'intérêt et la tension du récit.

    Cet ouvrage complet et détaillé ne propose pas de recettes faciles et « infaillibles ». C'est au contraire le témoignage d'un praticien lucide qui nous partage ses connaissances, en se gardant de les prendre pour d'incontournables vérités. Il n'en demeure pas moins qu'il nous invite à le suivre sur un terrain qu'il connaît parfaitement et où son enthousiasme de guide est contagieux.

  • Le scénario est une forme d'écriture ingrate, puisque l'oeuvre finale ne sera jamais le scénario lui-même, mais bien le film qui devra passer à travers le regard de plusieurs intervenants. Aussi maîtrisé soit-il, le scénario peut parfois être trahi par le film qui le transpose en images et en sons.

    Lors de l'écriture, le scénariste doit se soumettre à des règles dont un romancier par exemple peut aisément se libérer. Alors qu'un auteur de roman peut entrer dans la tête de ses personnages pour nous laisser savoir ce qu'ils pensent ou ressentent, le scénariste lui, doit se limiter à ce qui peut être montré et dit, il doit donc s'en tenir aux actions de ses personnages et à leurs dialogues.

  • Conteur au style inimitable, Serge Truffaut propose ici un regard unique sur le jazz, à travers les portraits de grands noms qui ont nourri cette musique de partage, où les échanges entre musiciens, d'une formation à l'autre, en font un art qui épouse si bien l'histoire dans lequel il s'est déployé.

    Par leur rencontre, Truffaut a été marqué non seulement par leur désir intense de faire connaître la beauté de cette musique, mais aussi par la dimension politique de leur art, porté par la volonté de s'affranchir de l'esclavagisme, l'ancien comme le moderne.

  • La culture semble circuler plus librement que jamais et une abondante production artistique, d'une diversité inédite à ce jour, est désormais accessible à peu près partout. Cet apparent Eldorado n'échappe toutefois pas à la critique, notamment quant aux effets pervers de la révolution numérique. L'écrivain Claude Vaillancourt nous rappelle cependant que la culture n'est pas simplement menacée par les technologies qui ont bouleversé les diverses étapes de la production et de la distribution des oeuvres. Il propose ici une analyse détaillée des rapports entre art, argent et marché afin de montrer que la culture se trouve aujourd'hui dans un double état d'enclavement. Captée par des industries qui la maintiennent dans une vision étroite et mercantile, la culture se voit imposer des cadres qui restreignent la créativité tout en reproduisant à l'identique les modèles les mieux accueillis sur le marché.

  • L'aide médicale à mourir semble être devenue une convention sociale à laquelle on adhère afin d'éviter le plus possible la douleur, le sentiment d'être une charge ou une solitude accrue. Mais que signifie la demande de devancer "l'heure" dans le contexte social actuel ?

    Ce n'est pas parce qu'on peut en arriver à se résoudre à mourir qu'on veut forcément fixer "l'heure de sa mort". Et ce n'est pas non plus parce qu'on voudrait mourir qu'on décide nécessairement de demander de "l'aide" pour faire le grand saut. Ce regard croisé montre que l'horizon contemporain de notre rapport à la fin de vie est un formidable révélateur de transformations sociales qui méritent d'être analysées.

  • Faire l'histoire d'une langue, c'est faire l'histoire des gens qui l'ont parlée, écrite, chantée, vécue. Ce sont les personnes qui l'utilisent dans différents contextes qui, lui accordant de nouvelles connotations, ou le rattachant à une nouvelle réalité, inconsciemment ou non, lui donnent un nouveau sens.

    L'histoire de la langue française est faite de ces décisions arbitraires, de ces accidents de parcours, de ces concours de circonstances. Il a été la langue des gens ordinaires, des gens dont on ne parle pas dans les livres. Mais ce sont ces gens qui ont contribué à faire du français ce qu'il est aujourd'hui. L'histoire du français, c'est aussi leur histoire. C'est notre histoire. Il est temps de nous l'approprier.

  • Faire l'histoire d'une langue, c'est faire l'histoire des gens qui l'ont parlée, écrite, chantée, vécue. Un mot seul ne peut changer de sens comme par génération spontanée. Ce sont les personnes qui l'utilisent dans différents contextes qui, lui accordant de nouvelles connotations, ou le rattachant à une nouvelle réalité, inconsciemment ou non, lui donnent un nouveau sens. L'histoire de la langue française est faite de ces décisions arbitraires, de ces accidents de parcours, de ces concours de circonstances. Si le français a été la lingua franca de prestige pendant longtemps, ce qui fait qu'il en garde encore les rubans et les paillettes, il n'est pas que ça, et il n'a pas été que ça. Il a été aussi la langue des gens ordinaires, des gens dont on ne parle pas dans les livres. Mais ce sont ces gens qui ont contribué à faire du français ce qu'il est aujourd'hui. L'histoire du français, c'est aussi leur histoire. C'est notre histoire. Il est temps de nous l'approprier.

    Dans ce dernier livre de la trilogie sur la langue, Anne-Marie Beaudoin-Bégin met en lumière, avec toujours plus de justesse et de pédagogie, les liens qui unissent les gens à une langue. À quel point langue et société se nouent dans des habitudes lexicales mais aussi leurs transformations. Les deux premiers livres de l'autrice, La langue rapaillée (Somme toute, 2015) et La langue affranchie (Somme toute, 2017), sont sur les listes d'études de nombreux programmes et de nombreuses formations en linguistique. Ces livres audacieux, parfois même irrévérencieux, symbolisent la réappropriation d'une langue pour en faire une fierté.

  • J'ai montré toutes mes pattes blanches je n'en ai plus Nouv.

    J'ai montré toutes mes pattes blanches je n'en ai plus prend la forme d'une longue lettre écrite par l'artiste et autrice Sylvie Laliberté, destinée à son frère, mort depuis peu. Elle y raconte son deuil, sa difficulté de vivre sans lui, de le savoir seul parmi les autres morts qu'il ne connaît pas. Elle y raconte aussi leur enfance, cette enfance hors de la réalité, où les a traîné un père parfois délirant, en mal de vivre, à une époque où on évitait de parler des gens qui ne vont pas bien. Dans les banlieues, les enfants de ces hommes souffrants devaient s'accrocher et espérer ne pas être emportés de force au pays de ça-ne-va-vraiment-pas-bien-du-tout.

  • Tout le monde s'entend pour dire que la langue française a changé au fil du temps. Pourtant, on semble avoir plus de mal à accepter qu'elle se transformera encore, et pas seulement en gagnant de nouveaux mots. Elle changera dans sa structure et dans son fonctionnement, comme elle l'a déjà fait à maintes reprises.

    Les évolutions linguistiques ne sont pas des dégradations, des appauvrissements ou du nivellement par le bas. La langue moderne n'est pas l'état optimal que plus rien ne peut ni ne doit atteindre. Pour maintenir la langue française, au lieu de vouloir la conserver sous une cloche de verre, ne faudrait-il pas plutôt l'affranchir, et se raccommoder avec l'évolution linguistique ?

  • Fragments d'ailleurs : 50 récits pour voyager par procuration Nouv.

    En janvier 1994, Gary Lawrence est parti pendant huit mois explorer l'Europe et l'Afrique du Nord, sac au dos, fuyant une morne carrière juridique. Il est revenu de ce périple avec des kilos de calepins noircis, quantité de rouleaux de bobines exposées et la ferme volonté de raconter ses histoires à qui voudrait bien les lire. Depuis, il a foulé du pied plus de cent pays et territoires et pondu des centaines de textes publiés dans des journaux et périodiques. Il regroupe dans cet ouvrage 50 de ses meilleurs écrits, qui forment autant de plongeons saisissants aux quatre coins de la Terre, de Tétouan à Berlin, en passant par le mont Kenya, Reykjavik ou encore le Mékong. Lieux paradisiaques ou pestilentiels, paisibles ou abasourdissants, périlleux ou hospitaliers, sont réunis ici pour livrer un tour du monde sans complaisance qui rend visible les variations et les similitudes, les fractures et les connexions entre les peuples. Texte accompagné des photographies de GL.

  • Tout le monde s'entend pour dire que la langue française a changé au fil du temps. Pourtant, on semble avoir plus de mal à accepter qu'elle se transformera encore, et pas seulement en gagnant de nouveaux mots. Elle changera dans sa structure et dans son fonctionnement, comme elle l'a déjà fait à maintes reprises. Les évolutions linguistiques ne sont pas des dégradations, des appauvrissements ou du nivellement par le bas. La langue moderne n'est pas l'état optimal que plus rien ne peut ni ne doit atteindre. Le prétendre peut être dangereux, car les locuteurs, par qui la langue existe, peuvent se lasser d'une langue anachronique, et se tourner vers une autre langue qu'ils perçoivent comme plus adaptée à leurs besoins. Pour maintenir la langue française au Québec, au lieu de vouloir la conserver sous une cloche de verre, ne faudrait-il pas plutôt l'affranchir, et se raccommoder avec l'évolution linguistique?

    À la suite de La langue rapaillée, Anne-Marie Beaudoin-Bégin plaide ici pour que les Québécoises et les Québécois se réapproprient avec fierté leur langue et cessent, notamment, de craindre des emprunts à l'anglais. Instructif, documenté et rigoureux, son nouveau livre est également un vibrant appel à embrasser le changement linguistique.

  • En janvier 1994, Gary Lawrence est parti pendant huit mois explorer l'Europe et l'Afrique du Nord, sac au dos, fuyant une morne carrière juridique. Il est revenu de ce périple avec des kilos de calepins noircis, quantité de rouleaux de bobines exposées et la ferme volonté de raconter ses histoires à qui voudrait bien les lire.

    Depuis, il a foulé du pied plus de cent pays et territoires et pondu des centaines de textes, entre autres publiés dans L'actualité, Le Devoir et Espaces. Il regroupe dans cet ouvrage 50 de ses meilleurs écrits, qui forment autant de plongeons saisissants aux quatre coins de la Terre, de Tétouan à Berlin, en passant par le mont Kenya, Reykjavik ou encore le Mékong. Lieux paradisiaques ou pestilentiels, paisibles ou abasourdissants, périlleux ou hospitaliers, sont réunis ici pour livrer un tour du monde sans complaisance qui rend visible les variations et les similitudes, les fractures et les connexions entre les peuples. Le texte est accompagné de photographies de Gary Lawrence.

  • Le jour de son quatre-vingt-deuxième anniversaire de naissance, le père d'une famille de la classe moyenne annonce à ses sept enfants qu'il ne sait pas lire. La nouvelle crée l'effet d'une bombe autour de la table. Jamais personne ne s'en est douté. Comment ont-ils pu ne jamais s'en rendre compte et comment a-t-il pu faire son travail de lettreur pendant toutes ses années tout en gardant son secret? Le dernier mot est un drame familial touchant et prenant sur les liens qui nous unissent et les secrets qui restent parfois bien enfouis.

  • Croatan, c'est cette île légendaire où les pirates prétendaient aller, l'endroit où l'on disparaît. De nombreux capitaines de marines royales, croyant les débusquer, se seraient ainsi retrouvés dans des baraquements vides, devant un écriteau « Gone to Croatan ». Il ne fallait pas chercher l'endroit sur une carte, mais comprendre plutôt qu'on ne les retrouverait pas. Michel Vézina a fait de Croatan sa destination préférée et il en a souvent parlé à demi-mot comme d'un vieux secret. Ce livre nous fait enfin visiter les lieux.

    L'auteur a été chroniqueur pendant quinze ans. Ses textes mêlaient commentaire politique, critique littéraire, récit de vie, coups de gueule. Aujourd'hui, Vézina se permet de ne plus jouer le jeu médiatique, il prend le temps, remplace les chroniques par le carnet, en format livre plutôt qu'en blogue. Et c'est tout son rapport à la culture, à la société, qui change. Car partir pour Croatan, ce n'est pas que fuir, c'est résister, espérer. Les textes qui composent ce livre sont ainsi plus libres, à la fois plus éclatés et plus exigeants. Ils recherchent beauté et humanité en dehors des normes; ils racontent, avec ce mélange d'amour et de colère, la vie au fond des bois et la démarche d'écriture comme des voyages en diagonale.

    Une lecture pour poètes-écolos wanna be pirates.

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