Impressions Nouvelles

  • Nous fêterons le 26 septembre 2021 le 75ème anniversaire de la naissance de Blake et Mortimer, icônes légendaires. Leur créateur, Edgar P. Jacobs, n'estima jamais opportun de parler de sa vie privée.
    Baryton d'opéra à la gloire peu prospère, dandy contrarié à l'imagination féconde, premier assistant d'Hergé, victime des préjugés de la censure française, Jacobs a vécu sa carrière d'auteur de bande dessinée comme une véritable damnation. Et pourtant il aura fait rêver plusieurs générations de lecteurs...
    Cette biographie, nourrie de documents rares et de témoignages inédits, fait enfin sortir de l'ombre la personnalité discrète, anxieuse et attachante de ce grand artiste qui aura signé un pacte d'éternité grâce à la bande dessinée...

  • L'Asturienne Nouv.

    Caroline Lamarche déroule la saga d'une famille née à Liège au début de la révolution industrielle et devenue pionnière de la métallurgie du zinc dans les Asturies. Elle raconte les travaux et les jours de ses aïeux, dans une Europe qui nourrit encore des rêves d'expansion. Les personnalités qu'elle aborde, les voix féminines qu'elle relaie, l'hommage rendu à un père qui lui a ouvert le chemin des archives, font d'elle l'héritière éclairée d'une légende familiale ardente et cosmopolite.
    « Ces odeurs, celle du labeur industriel comme celle de l'opulence, appartiennent à une enfance disparue. Elles disent le berceau intranquille, la limousine détestée et les fenêtres ouvertes sur un air qui ne conserve que la mémoire de ma difficulté à trouver mon souffle, ma place. »

  • Ce récit-mémoire est celui d'une enfance. Dans ces années-là, les adultes étaient libérés. De contrit à sans tabou, le sexe était au coeur de tout. Joyeux, bardés de musiques et d'électroménager, les parents laissaient leurs petits avec des paquets de surgelés pour partir à l'étranger. Et cette insouciance qui faisait tant ambiance... L'indicible : les corps d'enfants photographiés, chosifiés et - au passage - abîmés. Cela se passe dans une sorte de ghetto qu'il faut fuir - et oublier.
    Quarante ans plus tard, la narratrice revient vers le lieu délaissé ; et retrouve les émotions qui l'avaient habitée. Elle cingle ses personnages, assemble les épisodes. Vient enfin une image, et sortent les non-dits. Dire, aujourd'hui, sans pudeur, ce que leur liberté a coûté à... ces enfants-là.

  • Imaginez qu'une femme (elle s'appelle Jeanne) arrive dans un hôtel (avec vue sur la mer) et s'y installe sans trop penser à rien (elle est en fugue). Imaginez aussi les personnages qui gravitent autour d'elle dans cet univers très singulier (le compagnon abandonné, le réceptionniste, la serveuse, le couple de vacanciers avec deux enfants).
    Imaginez encore que l'histoire de cette arrivée se répète sept fois, mais toujours autrement, car l'hôtel n'est jamais au même endroit (à la fin, on est même en pleine montagne) et qu'à chaque reprise Jeanne et les autres personnages (ils portent toujours les mêmes noms) se rencontrent, se rapprochent, se perdent d'une façon qui se ressemble sans se ressembler tout à fait.
    Enfin, laissez-vous emporter par l'imagination d'Hélène Gaudy, qui invente avec ces bribes élémentaires la plus subtile histoire d'amour et de solitude emmêlés. Cette jeune auteure construit peu à peu un premier roman des plus originaux aux accents souvent durassiens, un récit-kaléidoscope autour du besoin de se mettre en retrait et de ce qu'un refuge a parfois d'illusoire. Son observation aiguë des rapports humains d'aujourd'hui et son habileté à nouer une intrigue avec les éléments les plus simples font de Vues sur la mer une véritable révélation.




  • En 2021, Bob Dylan fêtera à la fois ses quatre-vingts ans et les soixante ans d'une carrière particulièrement prolifique. Depuis son premier disque enregistré à l'âge de vingt ans jusqu'au triomphe post-confinement de Rough And Rowdy Ways, il aura ainsi publié 39 albums studio et 6 albums live... du moins officiellement ? ! Car, en réalité, ce sont des milliers de références qui sont aujourd'hui proposées sur le marché.
    Entre l'exhumation de ses archives inédites via notamment la collection des Bootleg Series, l'importance jamais démentie du marché pirate depuis le mythique Great White Wonder, l'entrée dans le domaine public de ses premiers enregistrements, la prolifération de compilations en tous genres, sans oublier les innombrables reprises de ses chansons par d'autres artistes, la discographie dylanienne est un labyrinthe vertigineux.
    Cet ouvrage vient combler un manque. Destiné tant au collectionneur qu'au néophyte, il offre, en plus de 200 notices, une cartographie précise de la carrière et l'oeuvre deBob Dylan à travers une liste de 176 disques et coffrets, officiels ou non, accompagnée d'une sélection de 46 livres et films. Bien plus qu'un énième livre sur le Zim, Dylanographie est destiné à devenir le guide indispensable à quiconque souhaite appréhender cette oeuvre imposante dans toute sa "? multitude ? " .
    Docteur en Cinéma, Nicolas Livecchi est spécialiste de Steven Spielberg auquel il a consacré deux ouvrages publiés aux Impressions Nouvelles. Egalement producteur et réalisateur, il est depuis bientôt quinze ans en charge du développement et responsable du comité de lecture chez Why Not Productions. Dernièrement, il a supervisé l'adaptation du roman de Leïla Slimani Chanson douce avec Karin Viard et collaboré à l'écriture du nouveau film de Jacques Audiard Les Olympiades.

  • CONVERSATIONS AVEC JACQUES SAMSON Un auteur de bandes dessinées n'est pas fait que de bandes dessinées ; c'est ce dont atteste la variété des travaux graphiques, des rencontres, des affinités, des expériences, des propos que vous trouverez dans cet ouvrage. Il illustre l'appétit qu'a Emmanuel Guibert, l'auteur du Photographe, de La guerre d'Alan, d'Ariol et de nombreux autres livres pour petits et grands, de créer en bonne compagnie.

  • Parenthèse, c'est l'histoire de deux amoureux, Samantha et Antoine, et de leur voyage. "Lorsque j'écris, j'utilise très rarement des parenthèses. On pense que ce qui est entre parenthèse est superflu, que c'est accessoire. Une précision, tout au plus. Et pourtant... Quelle beauté que cet arc de cercle qui s'ouvre, sans que l'on sache exactement quand le refermer. Une parenthèse, elle n'isole pas forcément, non.
    Elle encadre. Elle met à distance. Antoine et moi avons tracé un arc de cercle derrière nous, que nous refermerons en temps voulu. C'est une brèche que nous ouvrons dans notre quotidien, pour vivre autrement. Nous avons décidé de nous accorder du temps, du temps pour marcher, errer, s'émerveiller, se perdre, observer, rebrousser-chemin, sentir, oublier, créer, s'ennuyer, voir. Par ce voyage, nous remettons tout en jeu.
    Nos habitudes, nos convictions, nos modes de vie. Et ce périple sera marqué par... Les premières lueurs de l'aube incendiant les contours incertains de Montréal, nos corps qui plongent dans l'eau bouillante d'un Onsen creusé à même la roche, encerclé par les vagues de l'océan Pacifique, le goût sucré-amer d'un cocktail savouré en haut d'un gratte-ciel vertigineux à New York, un van qui s'élance sur la ligne de bitume infinie, qui coupe les étendues désertiques en deux, une yourte circulaire en bois, dans laquelle on se love pour lutter contre le froid, au bord du Saint Laurent, une minuscule maison bleue dans les herbes secouées par le vent, les miroirs des lacs canadiens, troublés par les plongeons des castors que l'on observe depuis la rive.
    Dans un virage, un groupe de macaques japonais occupant le bitume pour s'épouiller, jouer, courir, de longues heures de marche entre les cheminées ocres d'un canyon, un discret sentier dans la forêt tropicale, qui débouche sur une plage déserte ourlée d'eau turquoise, les silhouettes torturées des Joshuas Tree sur le sable s'étirant jusqu'à l'horizon, la nuit tombée, nos mains qui se nouent sous le dôme en verre d'une serre, une bague dans un coquillage, des larmes, des rires et des baisers humides".
    Samantha Bailly consacre sa vie à l'écriture. Autrice, scénariste et vidéaste, elle a publié une trentaine d'ouvrages dans des genres très divers, allant de la littérature générale aux mangas, en passant par les albums jeunesse. Cette parenthèse est pour elle un nouveau laboratoire créatif. Antoine Fesson est passionné de voyages. Il a parcouru l'Amérique du Sud, gravi le Kilimandjaro, exploré la jungle amazonienne, s'est retiré dans un temple au Népal.
    Passionné de photographie, ce voyage a été l'occasion de capter des moments uniques.

  • Denis Lavant est l'une des figures les plus singulières du théâtre et du cinéma français. Dans ce formidable autoportrait, il évoque de manière sincère et généreuse ceux qui ont le plus compté dans son parcours : Antoine Vitez et Leos Carax, Bernard Sobel et Claire Denis, Louis-Ferdinand Céline et Samuel Beckett...
    Il rend hommage aux Enfants du Paradis, à Charles Chaplin et au mime Marceau, à Pasolini et à Rimbaud.
    Inoubliable interprète des Amants du Pont-Neuf et Holy Motors, remarquable lecteur, Denis Lavant est aussi un acteur très physique, fasciné par le cirque et les arts de la rue.

  • En 1908, Albert Kahn, un riche banquier parisien embarque à bord du transatlantique " Amerika ", vers New York et commence un tour du monde de plusieurs mois. Il veut voir les pays, les peuples, il veut gorger son regard pour comprendre ce qui, en lui, s'affiche comme une évidence : le monde connu est au bord de l'implosion - d'une disparition prochaine. Lorsqu'il revient de son voyage en 1909, il amorce un projet démesuré, unique : les " Archives de la Planète ".
    L'idée, somme toute, est simple : confier à des photographes et à des cinéastes le soin de prendre des images, beaucoup d'images, des milliers d'images, pour créer des archives volontaires, pour sauver ce qui peut l'être encore, avant extinction définitive. Le projet restera inachevé à cause de la ruine financière d'Albert Kahn.

  • Issu d'une famille d'origine rwandaise vivant à Bruxelles, Antoine s'intéresse depuis son plus jeune âge à l'histoire des Africains transportés dès le XVIIIe siècle en Bolivie par les colons espagnols pour travailler dans la mine d'argent de Potosí. Antoine rêve de rencontrer cette communauté d'Afro-descendants qui séjourne encore aujourd'hui dans l'une des villes les plus hautes du monde. Quand il parvient enfin à faire une pause de son travail d'infirmier pour se rendre à Potosí, il est loin d'imaginer la portée initiatique de son voyage.
    C'est Alba Luz, une beauté métisse, qui va l'entraîner dans un nouveau monde, bien au-delà de son pays natal et de son pays d'accueil. Dans En quête de nos ancêtres, Joseph Ndwaniye nous plonge dans cet héritage culturel métissé qui permettra aux protagonistes de prendre conscience de leurs identités multiples et communes, nourries de traditions africaines, européennes et latino-américaines et ainsi se rapprocher de leurs ancêtres, et peut-être d'eux-mêmes.
    Joseph Ndwaniye, né au Rwanda en 1962, est un écrivain et infirmier belge. Il travaille au sein des Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles, dans un service pour patients traités par la greffe de moelle osseuse. Son premier roman, La Promesse faite à ma soeur, a été finaliste du Prix des Cinq continents ? ; il a été récemment réédité dans la collection de poche Espace Nord.

  • Après, depuis est un livre de deuil. Cette chose tout à fait commune, ce thème en soi banal se voient traités ici sur un mode particulier, qui fait basculer le ton forcément subjectif de l'expérience unique vers un cadre plus général, non pas impersonnel mais susceptible d'être investi par n'importe quel lecteur. En six étapes, de la chambre vide à la maison à vendre, chacune d'elles rédigées et composées dans un style et un rythme différents, ce livre fait le tour de ce qui reste et de ce qui change après la mort d'un être aimé.
    Le ton du livre rappelle par moments les grands textes lyriques de John Ashbery, mais aussi la fantaisie des listes telle qu'on la trouve chez Borges ou Sei Sh ? nagon. L'essentiel pourtant est le souci de lisibilité, puis la tentative de dépasser le vécu purement individuel. Après, depuis est une élégie dont la grande ambition est d'offrir un écho, certes décalé mais parfaitement reconnaissable, de la vie de ses lecteurs.
    Auteur francophone de langue maternelle néerlandaise, Jan Baetens est l'auteur de quelque vingt recueils de poésie, dont SLAM, poèmes sur le basketball, Cent ans de bande dessinée (en vers et en poèmes), Vivre sa vie, une novellisation en vers du film de Jean-Luc Godard ou Ici, mais plus maintenant. Les styles et thèmes de ces livres varient considérablement, mais leur point de départ est toujours le même : la vie quotidienne, refaite et repensée par la littérature.
    Il est également l'auteur de nombreuses études sur les rapports entre textes et images, dont récemment Le roman-photo (en collaboration avec Clémentine Mélois, éd. du Lombard) et Adaptation et bande dessinée (Les Impressions Nouvelles). Aux éditions JBE, il vient de publier le "? remix ? " d'une collection privée de ciné-romans-photos, Une fille comme toi.

  • Cet essai s'est donné pour objectif d'analyser le fonctionnement de l'industrie du livre à l'arrêt. Contrairement à ce que l'on pourrait penser en effet, la chaîne du livre n'est pas tombée en léthargie. La chaîne du livre s'est adaptée au confinement. Elle s'est reconfigurée et parfois même déplacée. Ses terrains d'élection ont été le théâtre d'une activité intense, que ce soit au travers d'actions, individuelles et collectives, ou de discours critiques.
    L'épidémie du Covid-19 aura au moins eu cette vertu, dans les activités du monde social, de se poser en analyseur institutionnel. De mettre à nu des dysfonctionnements et des contradictions. Il revient aux professionnels et aux lecteurs de s'en emparer pour repenser l'économie du livre.

    Tanguy Habrand est chercheur au Centre d'Étude du Livre contemporain de l'Université de Liège. Ses principales recherches portent sur l'histoire sociale de l'édition, la socio-économie des circuits du livre et le développement numérique de la chaîne du livre. Il est responsable de la collection « Espace Nord » et co-directeur, avec Dick Tomasovic, de « La Fabrique des Héros » aux Impressions Nouvelles.

  • On disait, c'est le progrès ? ; le bruit courait qu'on ne l'arrêterait pas. Etrange, tout de même, de dire à propos du progrès ce qu'on disait à propos d'un cheval emballé, d'un balai ensorcelé ou d'une maladie incurable ? ; personne ne se demandait d'où ça venait ? ; personne ne savait au juste ce qu'il disait lorsqu'il disait qu'on n'arrêterait pas le progrès. Au fond, ce n'était qu'un bruit, une espèce de boutade qui n'empêchait pas nos parents de répéter que ce qui n'est pas nécessaire attendra, que celui qui veut quelque chose doit travailler pour l'avoir, ou qu'on n'a rien sans effort, ce qui revenait au même.
    Depuis Hôpital silence, son premier livre publié en 1985 aux éditions de Minuit, Nicole Malinconi s'inspire de la réalité quotidienne, de l'ordinaire de la vie, des gens et des mots, ceci aboutissant moins à des fictions romanesques qu'à ce qu'elle qualifie elle-même d' "? écriture du réel ? " . Parmi ses ouvrages : Nous deux (Espace Nord, Prix Rossel 1993), Vous vous appelez Michelle Martin (Denoël), Séparation (Les Liens qui libèrent) et Un grand amour (Esperluète).

  • Pour raconter une vie, il faut y croire. Pour en faire un livre, il importe aussi de l'inventer. Douloureuse et humble, rachetée par l'amour et la musique en ses moments de grâce, la vie de Marie-Jeanne est une vie plurielle et une vie de plusieurs. Histoire unique et exemplaire en même temps, qui croise celle de Franz Schubert. La tristesse et la mélancolie du compositeur, dont les échecs servent de contrepoint aux déceptions de Marie-Jeanne, sont vécues par elle à travers le jeu du grand pianiste Sviatoslav Richter. La sensibilité transparaît dans chaque phrase de Sandrine Willems, ce qui fait de Consoler Schubert un roman où les sentiments et sensations se tissent aux sons et aux couleurs, le passé au présent, les rêves et les désirs aux mots de la page et les vies d'autrui à la nôtre.

  • "Non pas lire, mais dévorer les livres, en faire son souffle et son sang. Aimer, être à la hauteur de l'amour. Etre grisé par la musique de Bach qui a "un goût d'éternité". Contempler la beauté d'un tilleul, d'un ciel bleu, d'un paysage de Caspar David Friedrich. Avoir vécu avec Breton, Aragon, Bataille, Barthes, Bernard Noël, mais aussi avec tant d'écrivains et philosophes morts et pourtant si vivants.
    Avoir connu, grâce à eux et à sa compagne, Lola, sa "part d'infini". Jérôme Peignot a 94 ans. Ma part d'infini est le roman de sa vraie vie. Car il s'agit, dans ce dernier livre, de l'espérance d'une mort heureuse. Ce qui lui fait croire que sa mort sera heureuse, c'est notamment la beauté de la nature. Octobre, où "le ciel est d'un bleu très fin et le soleil radieux", où "le tilleul dans sa cour n'est plus que de l'or".
    Février, le plus joli mois de l'année, où il regarde le même tilleul, les branches nues, comme un dessin de Klee. "C'est la joie d'un arbre, l'hiver quasi vaincu, la mort ramenant à la vie. " Jérôme Peignot est littéralement grisé - ce mot revient souvent dans son roman. Il dit : "ma part d'infini est là toute entière". Alors, que "demander de plus pour mourir" " Jacques Sojcher

  • Marc Rothko est né en 1903 à Dvinsk dans l'Empire Russe sous le nom de Marcus Rothkowitz.
    A la fin des années 30, il abandonne le suffixe de son patronyme et adopte la nationalité américaine. C'est après la Seconde Guerre mondiale que va s'affirmer ce qui fera la notoriété internationale de sa peinture : ses célèbres écrans de couleur. Il se suicide en 1970. Troublé par l'apparent effacement de ses origines dans son oeuvre, Stéphane Lambert a cherché à reparcourir le fil gommé de ce déracinement.
    L'auteur a donc fait le voyage en Lettonie et à Houston et surtout s'est beaucoup promené dans les peintures de Rothko. Il ressort de cette confrontation un texte qui, partant de l'expérience vécue du peintre, peu à peu se plie à l'absence de forme de l'oeuvre observée et en sonde l'incommensurable profondeur : un lieu où se seraient amalgamés tous les lieux, où s'allient les contraires.

  • Une équipe de cinéma s'est installée dans une patinoire, où doit se dérouler l'intégralité du tournage d'un film. La productrice a hâte que le montage soit bouclé pour pouvoir le présenter à la Mostra de Venise. Le cinéaste, maniaque et anxieux, ne facilite guère le travail de son équipe et, par-dessus tout, la nature du sol complique singulièrement les choses. Les projecteurs font fondre la glace tandis que techniciens et acteurs doivent se cramponner pour ne pas tomber. L'actrice principale, jeune et jolie, séduit le premier rôle masculin, un acteur américain, au grand dam du réalisateur. Le tournage se poursuit néanmoins, cahin-caha...

    « Récit burlesque d'un tournage bordélique dans une patinoire, le film additionne les situations saugrenues. Acteurs capricieux ou allumés, réalisateur rêveur, productrice folâtre, ce ne sont pas les hurluberlus qui manquent. Le croisement de tous ces individus sur la glace menaçante provoque mille et une petites étincelles poétiques. L'important, pour Toussaint, étant moins de rechercher le gag que de filer la métaphore et la chorégraphie sur un terrain éminemment glissant. Le caractère suranné et lunaire de cet «Holiday on ice» sous influence de Tati et de Keaton n'est pas non plus pour rien dans le plaisir que l'on prend. Voilà une bien étrange comédie, lunatique, indolente et qui l'assume avec un sacré toupet » (Télérama).

    L'ouvrage aujourd'hui publié aux Impressions Nouvelles est bien plus que le scénario du film réalisé en 1999. On retrouve dans ce « ciné-roman » tout l'humour et le talent d'écriture de Jean-Philippe Toussaint. Le livre contient aussi un cahier de photos, le dossier de presse du film et une postface fouillée de Laurent Demoulin.

  • Au premier abord, tout semble opposer le monde créé par Brassens à travers quelque 300 chansons et celui où évoluent Tintin et ses compagnons au long des 24 albums. L'univers des chansons est rèvé, légendaire, celui des Aventures est concret, comme une copie du réel. La poésie et la folie planent sur l'oeuvre du premier tandis que le petit reporter est immergé dans l'action. Brassens est un spectateur distancié, Tintin un aventurier engagé.
    L'un, amoureux des femmes, parle cru, l'autre, asexué, ignore le désir. Anticonformisme et anticléricalisme d'un côté, valeurs boy-scouts chrétiennes de l'autre. Et pourtant... Ces deux créations majeures du XXe siècle séduisent des pu­blics communs. Est-ce seulement dù à l'immense talent de leurs démiurges ou à leur contemporanéité - 1921-1981 pour Brassens, 1907-1983 pour Hergé - qui suffirait à engendrer une connivence générationnelle et culturelle ? Ce livre démontre qu'une telle explication ne suffit pas : il existe des analogies, voire des affinités entre ces oeuvres apparemment si dissemblables.
    Contrairement à ce que pourrait laisser penser une approche superficielle, les "philosophies de vie" des personnages mis en scène par Georges Brassens et Georges Remi sont loin d'ètre incompatibles. Grâce à une analyse approfondie des récits du poète sétois et du dessinateur belge, Renaud Nattiez met en évidence des correspondances surprenantes, des similitudes insoupçonnées. Deux mondes parallèles, au double sens du mot : ils ne se confondent pas, ils ne se rejoignent pas, mais ils évoluent dans la mèmc direction comme si, au fil des ans1 Brassens s'était rapproché de Tintin et Tintin de Brassens.
    Renaud Nattiez est né entre Mouhnsart et Sète, lorsque Tintin s'apprétait a marcher sur la Lune et Brassens à enregistrer son premier disque. Le premier lui a donne le gout de l'ailleurs, le second celui du jeu avec les mot, de la langue française. L'auteur a publié Le Mystère Tintin (2016), Le Dictionnaire Tintin (2017), Les Femmes dans le monde de Tintin (2018). Ancien élève de l'ENA, ex-diplomate, il est docteur en économie.

  • Les chefs opérateurs traduisent le récit en images. Ils contrôlent le cadre et les mouvements de caméra. Ils inventent ou domestiquent la lumière et s'en servent moins comme un pinceau que comme un stylo : c'est l'étymologie même du mot « photographie ». Leur statut est paradoxal. Ce sont des créateurs, mais pas des auteurs. Ce sont des artistes, mais pas des interprètes. Ce sont des « chefs » qui souvent prennent leurs décisions en toute autonomie sur le plateau, mais aussi les « serviteurs » d'un projet derrière lequel leur ego doit s'effacer.

    Cet ouvrage explore les secrets d'une profession et révèle la diversité des parcours.

    Coordonné par N. T. Binh et Jean-Paul Figasso, ce volume rassemble des entretiens avec Lubomir Bakchev, Yves Cape, Caroline Champetier, Pierre William Glenn, Éric Gautier, Agnès Godard, Jeanne Lapoirie, Charlie Van Damme

  • Non content donc des immenses victoires picturales, littéraires, artistiques en somme, qu'il accumule depuis vingt ans, le futurisme italien vise aujourd'hui à un renouvellement fondamental : il ose affronter une fois encore l'impopularité avec un programme de renouvellement total de la cuisine. ? " Dans cette Cuisine futuriste, dont le manifeste fut lancé à Turin en 1931 par Marinetti avec son comparse le peintre et écrivain Fillìa, on trouvera comme il se doit à boire et à manger, selon la lecture - gastronomique, poétique, politique ou ludique - qu'on voudra en faire : un recueil de recettes pour repas futuristes, incluant "? entredeux ? " (en italien traidue, autrement dit "? sandwichs ? ") et "? polyboissons ? " (polibibite, ou "? cocktails ? ")? ; un manuel de diététique assorti de très sérieux avis médicaux ? ; un manifeste politique contre les pâtes (BASTA LA PASTASCIUTTA ? ! ) jugées néfastes à la grandeur de l'Italie, dans la droite ligne de l'idéologie mussolinienne ? ; ou encore un témoignage complet sur une tentative de lancement d'une nouvelle forme d'art.
    Pourquoi cette tentative fut-elle un fiasco ?? C'est la question à laquelle répondait Nathalie Heinich dans son introduction de 1982 à la première traduction en français de ce texte peu connu. Mais ce manifeste n'a-t-il pas malgré tout irrigué, trois générations après, les dernières tendances de la gastronomie d'avant-garde - la cuisine moléculaire et les créations de grands chefs tels Ferran Adrià, René Redzepi ou Massimo Bottura ?? C'est la question qui méritait d'être posée en 2020, dans un avant-propos inédit, à l'occasion de cette nouvelle édition de l'ouvrage.
    Filippo Tommaso Marinetti (1876 ?? -? 1944), écrivain italien, fut le fondateur du mouvement futuriste au début du XXe siècle. Selon lui, "le futurisme se fonde sur le renouvellement total de la sensibilité humaine produit par les grandes découvertes scientifiques ? " . Il publia le Manifeste de la cuisine futuriste en 1931. Fillìa, de son vrai nom Luigi Colombo (1904 ?? -? 1936), peintre et écrivain, fut une figure importante du mouvement futuriste

  • C'est d'abord l'histoire d'un lieu prestigieux, la Maison du Peuple, bâtie en 1895 par Victor Horta en plein coeur de Bruxelles, inaugurée en grand pompe dans la clameur de L'Internationale et des slogans du monde ouvrier...L'architecte rompait avec le style prudent de ses prédécesseurs, innovait avec la ligne courbe, l'asymétrie, l'honneur rendu au fer, au verre, à la lumière. Bref, celui qui révolutionnait l'art de bâtir et devenait un des maîtres de l'Art Nouveau, offrait au jeune Parti Ouvrier Belge un lieu à la hauteur de ses aspirations.
    C'est aussi l'histoire d'une ville, de deux guerres traversées, des transformations sociales et du progrès à tout prix qui mènera à la démolition du chef-d'oeuvre, décidée, à peine 70 ans plus tard, par ceux-là mêmes qui l'avaient fait construire.

  • Comment organiser son existence, dans un monde où la surveillance et la visibilité involontaire ont fait tant de progrès, où l'autonomie des choix et de l'usage de ses biens est fortement réduite, et où le totem de la liberté se substitue de plus en plus à la réalité que ce mot recouvrait ? Comment mener réellement sa barque, dans ce premier quart de la nouvelle ère, pour jouir de la plus grande maîtrise possible des décisions qui concernent notre avenir, notre liberté et notre bonheur ?

  • Un bombardement nucléaire vient d'avoir lieu.
    Les lourdes portes blindées du centre commercial Shelter Market se sont refermées sur ses centaines de clients...
    Très vite, la direction du centre met en marche le plan de survie, avec l'aide des nombreux vigiles présents sur les lieux. On assure aux clients qu'ils peuvent s'estimer heureux de leur sort : ils seront abrités et nourris gratuitement jusqu'à ce que la vie redevienne possible à l'extérieur.
    La clientèle est désormais captive et se doit donc de garder le sourire en toutes circonstances...
    Mais, face aux abus de pouvoir et autres dérives fascisantes, quelques personnes finissent par réagir... Un doute commence à s'insinuer quant à la réalité de l'explosion atomique. Et si tout cela n'était qu'une manipulation de plus ?

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