L'Eclat

  • enfant de demain, si ton rêve exhume nos corps - des mains qui se tendent avec force vers des visages de chiffons jaunes -, étouffe étrangle la gorge du rêve et enfouis dans la cendre tes larmes. car notre foi est devenue oiseau de proie.Cette anthologie du poète Avrom Sutzkever, a été confiée à Rachel Ertel, dont on connaît l'engagement pour le yiddish et le grand sens poétique des traductions. Son oeuvre qui traverse le siècle est porteuse d'un extraordinaire espoir en la poésie qui, en plusieurs occasions, lui a sauvé la vie. Tous ses ouvrages y sont représentés et si une grande partie est consacrée au ghetto et à sa résistance, l'ensemble résonne au-delà de l'engagement politique. On peut parler d'un véritable engagement poétique qui aura raison des drames de notre sombre XXe siècle.

    La vie et l'oeuvre d'Avrom Sutzkever sont exemplaires à plus d'un titre. Né en 1913, il s'installe à Wilno en 1923 et rejoindra l'avant-garde poétique de la Jeune Wilno. Enfermé dans le Ghetto, il prendra une part active à la résistance et témoignera au procès de Nuremberg. Il fut actif au sein de la Brigade de papier qui cachait des milliers de livres qui furent retrouvés après la guerre. Après un séjour en Union soviétique, il s'installe en Israël en 1947 et y vivra jusqu'à sa mort en 2010.

  • Ces Lettres ont été écrites au printemps 2020 avant et pendant le confinement. Elles ont été échangées d'une bicoque à l'autre distantes de quelques centaines de mètres que l'on parcourt sur un chemin de pierres. Tout autour: le maquis hostile. L'idée de cette correspondance nous est venue après plus d'une année passée à l'écart de bien des choses pour concentrer notre attention sur les souvenirs et les amitiés lointaines, qui nous ont accompagné tout le temps de ce confinement volontaire, et qui nous a semblé le frein d'urgence indispensable à l'usage que nous pensions faire de nos vies. Les événements nous ont rejoints dans cet isolement et l'ont rendu contraint, obligatoire, si bien que les lettres ont pris aussi un autre tour, sans pour autant nous détourner de notre projet de départ.

    Patricia Farazzi, écrivain et traductrice a publié plusieurs livres aux Editions de l'éclat qu'elle a contribué à fonder avec Michel Valensi. Son dernier livre, Bandes passantes, était également une correspondance avec son fils Raphael Valensi, musicien qui vit à Montréal.
    Michel Valensi est éditeur et dirige les Éditions de l'éclat depuis sa fondation en 1985. Il a publié en 1983 un roman aux éditions Salammbô (Tunis), L'empreinte.

  • Le même livre, dans la tradition des correspondances qui, en leur temps, firent circuler la pensée, redonne la vie à l'échange, et veut signifier à l'aveuglement contemporain que Juifs et Arabes sont issus d'un même Livre, qu'ensemble, ils en ont perpétué la mémoire, et qu'ensemble ils doivent reprendre la plume pour couvrir - d'une même encre - les pages encore blanches de leur histoire. En cela, Abdelkebir Khatibi et Jacques Hassoun ont réussi un dialogue qui inaugure et ne se fonde pas seulement sur ce qui les lie aujourd'hui, mais sur ce qui - depuis toujours - les regarde et les comprend... le livre même.

  • Deux histoires qui se mêlent, s'accostent, s'éloignent et finissent par ressurgir en un seul et même serpent de mer - celui qui rend aux paysages leur part d'imaginaire - ce livre, drôle et émouvant, en dialogue ironique avec l'absurde, est la parabole d'une déroute nécessaire ; de celles qui remettent les choses à leur juste place, quitte à provoquer des cataclysmes. On suivra ce dédale de récits comme le spectateur d'un film étrange où de vrais personnages se marient aux images et une âpre et douloureuse réalité à la fiction la plus extravagante. On lira Le Serpent de Mer comme les notes heure par heure d'un désastre salutaire.

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