L'Eclat

  • L'utopie sociale naît d'une insatisfaction collective. L'utopie réalisable, c'est la réponse collective à cette insatisfaction. Mais comment répondre collectivement à une insatisfaction ? et quelles limites une collectivité doit-elle respecter pour satisfaire à son utopie réalisée ? Telles sont les questions soulevées - avec une grande précision et quelques dessins au trait - par le livre de Yona Friedman, paru pour la première fois en 1974, et revu et augmenté pour cette édition.

  • La TAZ (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des "Utopies pirates" du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, "apparaissant-disparaissant" pour mieux échapper aux Arpenteurs de l'Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l'espace, le temps ou l'imaginaire, et se dissout dès lors qu'il est répertorié. La TAZ fuit les TAZs affichées, les espaces "concédés" à la liberté : elle prend d'assaut, et retourne à l'invisible. Elle est une "insurrection" hors le Temps et l'Histoire, une tactique de la disparition.Le terme s'est répandu dans les milieux internationaux de la "cyber-culture", au point de passer dans le langage courant, avec son lot obligé de méprises et de contresens.La TAZ ne peut exister qu'en préservant un certain anonymat ; comme son auteur, Hakim Bey, dont les articles "apparaissent" ici et là, libres de droits, sous forme de livre ou sur le Net, mouvants, contradictoires, mais pointant toujours quelques routes pour les caravanes de la pensée.

  • Autobiographie par la couleur d'un cinéaste, peintre, écrivain, scénographe et jardinier, qui mêle à ses souvenirs d'enfance et de jeunesse le long des blanches falaises du Kent ou dans les quartiers 'rouges' de Londres, ses lectures de Wittgenstein et de Léonard, de Pline l'Ancien ou d'Allen Ginsberg, dans un dernier regard plein d'humour lucide sur le gris vingtième siècle, dont il n'attendra pas la fin pour prendre congé.Derek Jarman meurt du sida en 1994, laissant de nombreux films (Caravaggio, Wittgenstein, Bleu...), des tableaux, des livres et un jardin miraculeux sur la lande de Dungeness, pour les promeneurs du vingt-et-unième siècle.

  • Avec l'apparition du numérique, les `créations' se détachent lentement de leurs supports matériels. Images, musique, mots et algorithmes sillonnent la planète jour et nuit, devant les yeux écarquillés des marchands. L'exode du savoir conduit à une terre promise à bien des bouleversements. Tandis que des armées de juristes s'interrogent sur la manière de pouvoir `vendre des idées', une rumeur s'élève laissant entendre qu'elles doivent être « libres comme l'eau, libres comme l'air, libre comme la connaissance». Du logiciel libre au MP3, du droit de citation au plagiat considéré comme un des beaux arts, Richard Stallman, Bruce Sterling, John P. Barlow, Richard Barbrook, Philippe Quéau, Florent Latrive, Olivier Blondeau, Bernard Lang, Ram Samudrala, Negativland, Benjamin Drieu, Michael Stutz, Eric S. Raymond, Critical Art Ensemble, Jean-Michel Cornu, Michel Valensi et Antoine Moreau dessinent les contours d'une communauté hétérodoxe du «Libre».

  • Par tradition, la "culture de la gratuité" est associée à l'envers du marché, à un mode alternatif de penser les échanges, à des démarches d'émancipation sociale, au don. Mais elle subit aujourd'hui de puissants effets de brouillage. Le développement d'Internet entremêle inextricablement vraies et fausses gratuités. Les stratégies marketing annexent sans complexe l'attrait du mot "gratuit". Les télévisions ou les journaux "gratuits" sont le cheval de Troie du tout-marchand publicitaire, alors que de grandes gratuités sociales comme l'école publique ou l'assurance maladie subissent une crise grave et que la mécanique du profit semble occuper tout l'horizon. Quels enjeux de civilisation couvent sous cette question ? À quel prix peut-on encore dire avec Bruce Sterling: "Gratuit comme l'air, l'eau... gratuit comme la connaissance" ? Jean-Louis Sagot-Duvauroux tente de répondre à ces questions et propose une éthique de la gratuité.

  • La parution du Monde des non-A d'Alfred Van Vogt, en 1945, a éveillé l'intérêt d'un grand nombre de personnes pour une discipline à laquelle le livre se réfère explicitement: la Sémantique générale. Cette discipline se fonde sur un système non-aristotélicien formulé par Alfred Korzybski (1879-1950) dans son grand livre Science and Sanity (1933). Pour la première fois, paraît en français une anthologie d'écrits d'Alfred Korzybski, permettant de ne plus évaluer le vaste 'territoire' de la Sémantique générale à l'aune des seules 'cartes', quelquefois approximatives, qu'en ont dressées des auteurs comme A.E. Van Vogt, mais aussi Gregory Bateson, Gaston Bachelard ou Henri Laborit.

  • "Le désordre n'existe pas. N'existe que l'ordre compliqué." C'est à partir de ce simple postulat que Yona Friedman construit une image du monde fondée sur l'harmonie et qui défie les lois habituelles de la physique. L'univers devient alors erratique, l'espace est composé de granules infimes de vide et notre perception de la mosaïque du monde s'attache autant à chacune de ses pierres qu'à l'ensemble qu'elles constituent.L'ordre compliqué et autres fragments se présente comme une nouvelle monadologie, illustrée de dessins au trait et traduite en «bande dessinée» par l'auteur - entre autres - des Utopies réalisables (L'éclat, 2000) et de L'Architecture de survie (L'éclat 2003).

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