Entreprise, économie & droit

  • Depuis les années 1980, les inégalités sont reparties à la hausse dans la plupart des régions du monde, après une période relativement égalitaire dans l'après-guerre. Faut-il y voir la conséquence implacable de la mondialisation et de la technologie, ou bien plutôt un phénomène proprement politique et idéologique ? Pourquoi de nouvelles coalitions électorales unies par d'ambitieux programmes de redistribution des richesses tardent-elles à se développer, et quel est le lien avec la montée de nouveaux conflits identitaires, incarnée par les succès de Trump aux États-Unis, Le Pen en France, Modi en Inde ou encore Bolsonaro au Brésil ?
    Cet ouvrage collectif offre des pistes de réponses à ces questions en retraçant la transformation des clivages politiques dans 50 pays entre 1948 et 2020. À partir de l'exploitation d'enquêtes électorales couvrant de manière inédite les cinq continents, l'ouvrage étudie le lien entre les comportements de vote et les principales caractéristiques des électeurs telles que le revenu, le diplôme, le genre ou l'identité ethno-religieuse. Cette analyse permet de comprendre comment les mouvements politiques sont amenés à coaliser des intérêts et identités multiples dans les démocraties contemporaines. Une telle perspective historique et mondiale s'avère indispensable pour mieux appréhender l'avenir de la démocratie au XXIe siècle.

    Toutes les données rassemblées sont mises à la disposition des personnes intéressées dans le cadre de la World Political Cleavages and Inequality Database (www.wpid.world).

  • * Édition établie par Olivier Cayla, Jacques Chiffoleau, Marie-Angèle Hermitte
    et Paolo Napoli.Yann Thomas, historien du droit romain, fut le juriste le plus
    sensible à ce qu'il appelait les « opérations du droit ». L'expression renvoie
    à l'invention de techniques ayant la capacité de mettre en rapport les
    personnes et les choses et d'imaginer ainsi une architecture du monde social.
    Ces techniques qu'il avait dégagées de l'analyse d'une grande diversité de
    sources, textuelles comme matérielles, sont au sens propre du terme des outils
    qui s'émancipent des événements qui les ont suscités et n'ont, à ce titre, rien
    perdu de leur actualité : à l'inverse de la temporalité des règles de droit, le
    temps des opérations est un temps long. Ce recueil d'articles écrits entre 1986
    et 2006 a été divisé en deux grands moments. Le premier est consacré au fait
    d'instituer. Contrairement au récit mythique, la cité et la nature sont
    également, l'une et l'autre, instituées par le droit, dont la capacité à
    réinventer le réel par des artifices, est mise en lumière. Dans une deuxième
    partie, c'est par la mise en scène de cas limites et d'exceptions que Yann
    Thomas parvient aussi à dégager les règles de l'ordinaire. Les notions de temps
    et de fiction deviennent les complices de ce projet intellectuel où le droit
    est conçu comme un instrument pour penser autre chose que le droit. * Yann
    Thomas, décédé en 2008, est considéré comme le plus grand historien du droit
    romain français. Il était directeur d'Études à l'École des hautes études en
    sciences sociales (EHESS).

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