Livres en VO

  • Le poète soviétique Essenine fut le chantre de la Révolution d'Octobre et l'époux de la danseuse américaine Isadora Duncan. Il se suicida en 1925, à l'âge de trente ans.
    Dans un texte intitulé « Le gué, la terreur », Jim Harrison note : « J'ai mis des années à m'apercevoir que mes Lettres à Essenine étaient un constat de victoire sur la tentation du suicide. » D'Essenine, Jim Harrison, dans ce volume de poèmes publiés aux États-Unis en 1973, fait un alter ego désespéré et un forçat de la vie, à la curiosité insatiable, à la spontanéité imprévisible, aux désirs plus grands que nature. Essenine, frère disparu trop tôt, est pour l'auteur de La Route du retour un modèle de vie, d'écriture, de passion et de révolte.

  • La Légende de Sigurd et Gudrún nous donne, pour la première fois, directement accès à l'imaginaire nordique de J.R.R.
    Tolkien. Deux grands poèmes (le Nouveau Lai des Völsung et le Nouveau Lai de Gudrún), écrits au début des années 1930, racontent dans le style caractéristique de l'auteur du Seigneur des Anneaux les légendes nordiques de l'Ancienne Edda, les combats de Sigurd, la mort du dragon Fâfnir, l'histoire tragique de Gudrún et de ses frères, tués par la malédiction de l'or d'Andvari. Illustrés par des vignettes en noir et blanc, ces magnifiques poèmes (qu'introduit une présentation des légendes du Nord par l'écrivain lui-même) montrent ce qu'a retenu Tolkien de la mythologie scandinave pour le reprendre à son tour, dans Le Seigneur des Anneaux et dans Les Enfants de Húrin.

  • Dans un magnifique poème de mille vers, J.R.R. Tolkien propose une version sombre de l'histoire du roi Arthur, roi guerrier et conquérant : à la fidélité de Gauvain répond la trahison de Mordret, envoûté par une Guenièvre énigmatique, elle-même objet de passion pour un Lancelot tourmenté.

    Christopher Tolkien éclaire ensuite ce texte, qui est longtemps resté un mystère, en montrant comme il dialogue avec les versions médiévales anglaises et françaises de la légende arthurienne, mais aussi avec le monde du Silmarillion.
    Bien qu'incomplet, le poème, présenté ici dans une forme achevée, mais aussi dans son évolution, marquera le lecteur par sa force, sa dimension tragique, et les liens qu'il suscite avec l'univers inventé par Tolkien.

  • Howl

    Allen Ginsberg

    Le 13 octobre 1955, Allen Ginsberg lit son long poème intitulé Howl à la Six Gallery de San Francisco. Jack Kerouac, qui assistait à cette lecture, comme la plupart de ceux qui ont eu l'occasion d'y assister, a été subjugué. Encore presque entièrement à cette date (il n'a alors jamais pu publier quoi que ce soit), Ginsberg acquiert une grande notoriété pour avoir écrit un texte exprimant le sentiment d'une génération de jeunes Américains après la dernière guerre et pour l'avoir lu avec émotion, comme une prière, une litanie ou une supplique aux accents inconnus jusque là. La publication de son premier recueil de poème sous ce titre l'année suivante dans la collection lancée par le poète Lawrence Ferlinghetti confirme ce succès. Le procès qui est intenté contre l'ouvrage en 1957 ne fait que renforcer l'engouement des lecteurs : plus de cent mille exemplaires sont vendus.La parution de Howl marque l'émergence de la Beat Generation une bonne année avant la sortie de Sur la route de Jack Kerouac.

    Howl est un grand poème initiatique, qui commence par la représentation visionnaire d'un nouveau genre de héros qui puise ses sources autant dans les vers de William Blake que dans la prose de Dostoïevski, un héros

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