Robert Laffont

  • L'esthétique, avant d'être le caractère propre de l'art, est une donnée fondamentale de la sensibilité humaine. Le sentiment esthétique est un sentiment de plaisir, qui peut s'intensifier en émerveillement et bonheur. Il peut être suscité par un spectacle naturel, une oeuvre d'art, mais aussi par des objets ou des oeuvres que nous esthétisons.
    D'où vient la créativité artistique ? Qu'appelle-t-on inspiration ou génie ? De la transe du chaman à celle du poète, de la mimesis de l'écrivain à celle du comédien, quelle est l'expérience in vivo de l'artiste ?
    De Lascaux à Beethoven, de Dostoïevski à Orson Welles, Edgar Morin convoque les oeuvres et les artistes qui l'ont marqué et accompagné pour démontrer la profondeur de l'expérience esthétique. Les grandes oeuvres ne sont pas que « divertissements » : elles nous donnent compréhension de la condition humaine, dans ses comédies et ses tragédies.

  • La définition de l'humain est trinitaire : elle comporte à la fois l'individu, la société humaine et l'espèce biologique. Pas un tiers de chaque : l'humain est 100 % individu, 100 % social, 100 % biologique. Or dans l'enseignement et la recherche, ces trois notions fondamentales sont dramatiquement disjointes. Nulle discipline n'enseigne la complexité humaine. Il est urgent de penser l'humain dans sa globalité.
    Ce livre constitue une tentative passionnante de pensée globale. Edgar Morin considère l'humain dans sa globalité sous l'angle de l'univers physique, puis sous celui de l'évolution biologique, enfin dans l'histoire, la mondialisation et l'avenir de l'humanité.
    Il en ressort que nous avons le plus grand mal à penser global, à penser complexe. Notre pensée est binaire, nous pensons « ou bien » quand il faudrait penser « et ». Par exemple, le modèle économique mondialisé conduit à l'épuisement des ressources de la planète. La question n'est pas croissance « ou bien » décroissance, mais croissance « et » décroissance pour faire la synthèse entre les bonnes pratiques à travers le globe.
    Enfin, penser global, c'est penser complexe, c'est toujours considérer le tout et la partie, c'est penser l'incertitude, c'est éviter la rationalité fermée, la dogmatisation, la croyance en une vérité totale.
    Envisager l'humanité à travers le prisme de cette pensée complexe, c'est comprendre que nous vivons dans un âge de fer planétaire, une préhistoire de l'esprit humain. Nous en sommes au commencement.

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