• "Qu'il soit entendu que je ne donne de leçons à personne. J'essaie de tirer les leçons d'une expérience séculaire et séculière de vie, et je souhaite qu'elles soient utiles à chacun, non seulement pour s'interroger sur sa propre vie, mais aussi pour trouver sa propre Voie."
    E.M.
    À 100 ans, Edgar Morin demeure préoccupé par les tourments de notre temps. Ce penseur humaniste a été témoin et acteur des errances et espoirs, crises et dérèglements de son siècle. Il nous transmet dans ce livre les enseignements tirés de son expérience centenaire de la complexité humaine.
    Leçons d'un siècle de vie est une invitation à la lucidité et à la vigilance.

  • Ces souvenirs ne sont pas venus selon un ordre chronologique comme le sont habituellement les Mémoires. Ils sont venus à ma rencontre selon l'inspiration, les circonstances. S'interpellant les uns les autres, certains en ont fait émerger d'autres de l'oubli.
    Ils témoignent que j'ai pu admirer inconditionnellement des hommes ou femmes qui furent à la fois mes héros et mes amis.
    Ils témoignent des dérives et des dégradations, mais aussi des grandeurs et des noblesses que les violents remous de l'Histoire ont entraînées chez tant de proches.
    Ils témoignent des illuminations qui m'ont révélé mes vérités  ; de mes émotions, de mes ferveurs, de mes douleurs, de mes bonheurs.
    Ils témoignent que je suis devenu tout ce que j'ai rencontré.
    Ils témoignent que le fils unique, orphelin de mère que j'étais, a trouvé dans sa vie des frères et des soeurs.
    Ils témoignent de mes résistances : sous l'Occupation, puis au cours des guerres d'Algérie, de Yougoslavie, du Moyen-Orient, et contre la montée de deux barbaries, l'une venue du fond des âges, de la haine, du mépris, du fanatisme, l'autre froide, voire glacée, du calcul et du profit, toutes deux désormais sans freins.
    Ces souvenirs témoignent enfin d'une extrême diversité de curiosités et d'intérêts, mais aussi d'une obsession essentielle, celle qu'exprimait Kant et qui n'a cessé de m'animer : Que puis-je savoir ? Que puis-je croire ? Que puis-je espérer ? Inséparable de la triple question : qu'est-ce que l'homme, la vie, l'univers ?
    Cette interrogation, je me suis donné le droit de la poursuivre toute ma vie.
     
      Edgar Morin
     
    Né en 1921, ancien résistant, sociologue et philosophe, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, Edgar Morin a conçu la «  pensée complexe  » dans son oeuvre maîtresse, La Méthode. Il est l'un des derniers intellectuels à avoir observé et vécu une grande partie du XXe siècle et les premières décennies du XXIe. Il est docteur honoris causa de trente-quatre universités à travers le monde.

  • À défaut de donner un sens à la pandémie, sachons en tirer les leçons pour l'avenir.

    Un minuscule virus dans une très lointaine ville de Chine a déclenché le bouleversement du monde. L'électrochoc sera-t-il suffisant pour faire enfin prendre conscience à tous les humains d'une communauté de destin ? Pour ralentir notre course effrénée au développement technique et économique ?
    Nous voici entrés dans l'ère des grandes incertitudes. L'avenir imprévisible est en gestation aujourd'hui. Faisons en sorte que ce soit pour une régénération de la politique, pour une protection de la planète et pour une humanisation de la société : il est temps de changer de Voie.

  • Introduction à la pensée complexe
    Nous demandons à la pensée qu'elle dissipe les brouillards et les obscurités, qu'elle mette de l'ordre et de la clarté dans le réel, qu'elle révèle les lois qui le gouvernent. Le mot de complexité, lui, ne peut qu'exprimer notre embarras, notre confusion, notre incapacité à définir de façon simple, à nommer de façon claire, à ordonner nos idées. Sa définition première ne peut fournir aucune élucidation : est complexe ce qui ne peut se résumer en un maître mot, ce qui ne peut se ramener à une loi ni se réduire à une idée simple. La complexité est un mot problème et non un mot solution.
    Edgar Morin propose ici un mode de pensée pour affronter la complexité du monde qui nous entoure.
    Edgar Morin
    Philosophe et sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, docteur honoris causa de vingt-sept universités à travers le monde, il est l'auteur d'une œuvre transdisciplinaire abondamment commentée et traduite, dont l'ambitieuse Méthode, en six tomes, publiée au Seuil.

  • « Qui augmente sa connaissance augmente son ignorance » disait Friedrich Schlegel.
     
    « Je vis de plus en plus avec la conscience et le sentiment de la présence de l'inconnu dans le connu, de l'énigme dans le banal, du mystère en toute chose et, notamment, des avancées d'une nouvelle ignorance dans chaque avancée de la connaissance » nous dit Edgar Morin.
     
    Ainsi a-t-il entrepris dans ce livre de patrouiller dans les territoires nouveaux de la connaissance, où se révèle un trio inséparable : connaissance ignorance mystère.
     
    A ses yeux, le mystère ne dévalue nullement la connaissance qui  y conduit. Il nous rend conscient des puissances occultes qui nous commandent et nous possèdent, tels des Daimon intérieurs et extérieurs à nous. Mais, surtout, il stimule et  fortifie le sentiment poétique de l'existence.

  • Une rumeur étrange (la disparition de jeunes filles dans les salons d'essayage de commerçants juifs) s'est répandue, sans qu'il y ait la moindre disparition, dans la ville dont le nom symbolise la mesure et l'équilibre : Orléans. Edgar Morin et une équipe de chercheurs ont mené l'enquête sur place. Pourquoi Orléans ? Pourquoi des Juifs ? Pourquoi et comment se propage une rumeur ? Cette rumeur véhicule-t-elle un mythe ? Quel est ce mythe et que nous dit-il sur notre culture et sur nous-mêmes ?
    Des questions se posent : un antisémitisme jusqu'alors latent s'est-il à nouveau éveillé ? N'y a-t-il pas, dans nos cités modernes, un nouveau Moyen Age qui ne demande qu'à surgir à tout moment ?

  • L'homme et la mort
    La mort est ce qui identifie l'homme à l'animal et ce qui l'en différencie. Comme tout être vivant, l'homme la subit. À la différence de tout être vivant, il la nie dans ses croyances en un au-delà.
    Edgar Morin dégage les attitudes fondamentales des hommes et des cultures à l'égard de la mort. Il examine l'horreur qu'elle suscite, le risque qu'elle représente, le meurtre et les deux grands mythes originaires qui la mettent en scène : celui de la survie et celui de la renaissance. Il analyse les croyances qu'elle inspire dans les grandes civilisations historiques pour en arriver à la crise contemporaine qu'elle connaît et aux nouvelles conceptions biologiques sur les relations entre vie et mort.
    Edgar Morin
    Philosophe et sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, docteur honoris causa de vingt-sept universités à travers le monde, il est l'auteur d'une œuvre transdisciplinaire abondamment commentée et traduite, dont l'ambitieuse Méthode, en six tomes, publiée au Seuil.

  • La « révolution biologique ouverte par la découverte de l'ADN n'est pas encore devenue la révolution conceptuelle qui, éclairant ses propres découvertes, permette d'élucider l'autonomie et la dépendance de l'organisation vivante par rapport à son environnement, l'autonomie et la dépendance mutuelle entre l'individu et l'espèce, et, pour un très grand nombre d'animaux, la société.D'où un problème capital de la MÉTHODE. Il est d'autant plus nécessaire de penser la vie que la biologie concerne non seulement la connaissance de nous-mêmes, mais aussi, de plus en plus, le destin de nos vies. Elle a ouvert l'ère des manipulations génétiques et cérébrales, l'ère de la biologisation et de l'industrialisation de la vie. Faut-il que, là encore, nous soyons incapables de contrôler elle-même et que contrôlent désormais les moins contrôlés des contrôleurs, les puissances économiques vouées au profit ?E. M.

  • Les stars
    Comment, dans quelles conditions, pourquoi sont apparus ces êtres fabuleux que nous nommons " stars " ? Ce sont des marchandises et ce sont des idoles. Elles sont divines et elles sont mortelles. Que nous disent-elles sur notre civilisation ? notre société ? notre temps ? Que nous disent-elles sur nous-mêmes ?
    Le phénomène des stars est ici étudié dans ses dimensions économiques, sociales, culturelles, esthétiques, et aussi mythiques.
    Le " star-system " qui a fait la gloire d'Hollywood est mort. Mais les stars du passé ressuscitent : Louise Brooks, Garbo, Marlène, Marylin ont acquis cette survie que nous appelons immortalité. Elles vont traverser les années-Lumière...
    Et notre temps ne cesse de susciter de nouvelles stars, pour une nouvelle gloire...
    Edgar Morin
    Philosophe et sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS et docteur honoris causa de vingt-sept universités étrangères, Edgar Morin est l'auteur d'une œuvre transdisciplinaire abondamment commentée et traduite.

  • Nous avons besoin de ce qui nous aide à penser par nous-mêmes : une méthode. Nous avons besoin d'une méthode de connaissance qui traduise la complexité du réel, reconnaissance l'existence des êtres, approche le mystère des choses.La méthode de la complexité qui s'élabore dans ce premier volume demande :-de concevoir la relation entre ordre/désordre/organisation et d'approfondir la nature de l'organisation ;-de ne pas réduire un objet à ses éléments constitutifs ni l'isoler de son environnement ;-de ne pas dissocier la problème de la connaissance de la nature de celui de la nature de la connaissance. Tout objet doit être conçu dans sa relation avec un sujet connaissant, lui-même enraciné dans une culture, une société, une histoire.

  • Si les erreurs et les illusions ont pu s'imposer comme vérités au cours de l'histoire humaine, si notre connaissance porte en elle le risque permanent d'erreur et d'illusion, alors elle doit chercher se connaître.
    Or, la connaissance est l'objet le plus incertain de la connaissance philosophique et l'objet le moins connu de la connaissance scientifique. Bien que quelques-unes des " sciences cognitives " commencent à se regrouper, les savoirs portant sur la connaissance demeurent dispersés et disjoints dans de multiples compartiments des sciences physiques, biologiques et humaines. Les connaissances portant sur le cerveau et celles portant sur l'esprit ne peuvent communiquer alors qu'elles portent sur une même réalité.
    Ce livre de la Connaissance de la Connaissance examine les conditions, possibilités et limites de la connaissance humaine, conçue dans sa nature à la fois cérébrale, spirituelle et culturelle.
    Il aborde les paradoxes clés : qu'est-ce qu'un cerveau qui peut produire un esprit qui le conçoit ? Qu'est-ce qu'un esprit qui peut concevoir un cerveau qui le produit ? Qu'est-ce qu'une connaissance qui, bien qu'étant construction et traduction, aspire à refléter la nature des choses ?

  • Pour une crisologie

    Edgar Morin

    • L'herne
    • 13 Avril 2016

    Une crisologie - étymologiquement : une science de la crise.Non point envisager la crise à partir d'une situation supposée normale, dont elle serait le dérèglement. Ce à quoi se sont attachés, peu ou prou, la plupart des économistes et autres sociologues. Mais, la penser dans une perspective anthropologique, à partir de l'homme lui-même, conçu comme « animal crisique » ; c'est-à-dire, comme un tissu de contradictions qui est la source, à la fois, de ses échecs, de ses réussites, de ses inventions et aussi de sa névrose fondamentale (qui est une réponse à une angoisse, une menace, un conflit).
    La crise n'est pas une faille, elle n'est pas davantage un symptôme, elle est un accroissement du désordre et de l'incertitude, qui peut se résoudre soit par le retour à une situation antérieure, soit ce qui est le plus courant, par la recherche de situations nouvelles, qui peuvent être tantôt imaginaires ou mythologiques, tantôt pratiques et créatrices.
    Un texte novateur qui a une portée à la fois philosophique et politique.

  • Edgar Morin s'interroge sur ces trois évidences – l'amour, la poésie, la sagesse – qui illuminent nos vies tout en cachant leur énigme et leur complexité. L'amour ne vit, soutient-il, que dans l'état d'un " innamoramento " se régénérant de lui-même. La poésie, en deçà et au-delà de son mode d'expression littéraire, est cet " état second " qui nous envahit dans la ferveur, l'émerveillement, la communion, l'exaltation, et bien sûr l'amour ; elle nous fait habiter, non seulement prosaïquement, mais aussi poétiquement la terre. Quant à la sagesse, elle était dans le monde antique synonyme de philosophie. La question posée ici est : peut-il y avoir une sagesse moderne ? Et l'on verra de quelle façon amour, poésie et sagesse ont partie liée.

  • Vers l'abîme ?

    Edgar Morin

    • L'herne
    • 1 Octobre 2007

    Il s'agit d'un ensemble d'articles paru ces 10 dernières années, qui ont en commun d'aborder, à vif pourrait-on dire, la question de l'avenir de la planète, de nos irresponsabilités collectives, de l'aveuglement très largement partagé. L'auteur, qui vient de publier un livre avec Nicolas Hulot, ne cherche pas à alimenter le catastrophisme ambiant mais, sur le fond d'un constat (notre disparition, à terme, est programmée, comme celle du système solaire ou de l'univers), un appel à la fraternité planétaire. Nous sommes perdus, soyons donc des frères de perdition. Cet appel à la fraternité n'a pas d'accents mièvres, il comporte une nécessaire prise de conscience de ce que nous sommes, de notre inscription dans l'ensemble du vivant, de la complexité de nos manières d'être et de penser.

  • Leur habitat, leur vie, leurs mœurs, leur organisation.
    Les idées sont-elles soumises totalement aux déterminismes culturels, sociaux et historiques ? Peuvent-elles s'en affranchir ? Les esprits sont-ils totalement soumis aux idées établies ? Comment alors peut apparaître et se propager une idée nouvelle ? Comment une culture permet-elle le développement d'une idée qui la ruiner ?
    Les idées ont-elles une vie propre ? Quelle vie ? Comment se nourrissent-elles, se reproduisent-elles, s'accouplent-elles ? Comment se défendent-elles et attaquent-elles ? Quelle est leur organisation qui nécessite langage et logique ? Quels sont les principes secrets qui commandent et contrôlent cette organisation ? Qu'est-ce qu'une idée rationnelle quand on sait que la Raison peut devenir un mythe ?
    Comme toute parole, je (l'individu), on (la collectivité), ça (la machine sociale) parlent en même temps à travers les idées. Quelles sont nos relations avec les idées ? Ne sommes nous pas possédés par les idées que nous possédons ? Ne sommes-nous pas capables de vivre, tuer ou mourir pour une idée ?
    Nous ne devons pas nous laisser asservir par les idées, mais nous ne pouvons résister aux idées qu'avec des idées. Une part de notre vie est dans la vie des idées. Une part de notre humanité est faite d'idées. Mais nous sommes encore dans l'ère barbare des idées, et nous devrions pouvoir établir des relations civilisées avec elles. D'où vient l'idée de complexité.
    Ce quatrième tome de La Méthode est la suite de La Connaissance de la Connaissance qui avait examiné l'idée du point de vue de l'esprit/cerveau humain (anthropologie de la connaissance). Il considère l'idée d'abord du point de vue culturel et social (écologie des idées) puis du point de vue de l'autonomie/dépendance du monde des idées (noosphère) et de l'organisation des idées (noologie).
    Edgar Morin

  • « Aujourd'hui, le problème n'est plus de savoir si la "doctrine" marxiste est morte ou non [...] Marx doit être dépassé, c'est-à-dire intégré dans la constellation des penseurs qui peuvent éclairer notre réflexion. »
    À travers une série de textes limpides, Edgar Morin, qui dit avoir été marxien avant d'avoir été marxiste, revient sur ce penseur « titan » avec lequel il n'a jamais fini de penser et de dialoguer. Il donne à voir la fécondité de sa méthode - traquer les contradictions sociales et penser leur dépassement - pour l'appliquer à Marx lui-même, y reconnaître les limites et les impensés, et ouvrir la voie à un nouvel avenir.
    Alors que le libéralisme se déploie sur le monde et le plonge dans l'abîme écologique, politique, financier et éthique, Edgar Morin invite à retrouver Marx sous les décombres des marxismes, non pour en tirer des solutions miracles, mais pour penser le monde qui vient.

    En couverture : Edgar Morin © Ulf Andersen / Gamma. Karl Marx vers 1878 © Photo-Re-Pubblic / Leemage.

  • Sociologie

    Edgar Morin

    C'est à la sociologie qu'Edgar Morin consacre ici la réflexion entreprise dans Science avec conscience sur la possibilité d'une connaissance qui ne soit ni mutilée ni arbitraire. La sociologie doit-elle prendre pour modèle les sciences de la nature? Comment peut-elle fonder scientifiquement les notions d'acteur, de sujet, d'autonomie, de liberté, d'invention? Comment concevoir la société sur le modèle de l'auto-éco-organisation et y intégrer la part de mythe qui est dans sa nature même?
    Edgar Morin pousse la réflexion de la sociologie sur elle-même jusqu'à une sociologie de la sociologie. Le sociologue, en effet, ne passe pas impunément de l'individu au groupe, de la classe à l'Etat-nation. Autant de points de vue qui le contraignent à intégrer la dimension historique, à interroger l'événement imprévu. Tel est le propre des diagnostics sociologiques du temps présent auxquels se livre Edgar Morin à propos de l'automobile, du cinéma, de la mode, de l'écologie ou de la crise étudiante. Avec toujours l'aller et retour du micro-social au macro-planétaire qui brise les isolements réducteurs et restitue l'unité complexe.
    Minutieuse anthologie des démarches plurielles de la sociologie, ce livre est la Somme sociologique d'Edgar Morin.

  • Invité fin 1969 au Salk Institute for Biological Studies à San Diego, E. Morin plonge dans la Californie, " terre en transes ", " tête chercheuse du vaisseau spatial terre ". L'originalité de ce journal est dans e tourbillon qui active et fait communiquer, à un pôle la Californie et les Etats-Unis à un moment crucial de leur histoire, à un troisième pôle les problèmes fondamentaux de la connaissance de l'homme et de la vie. C'est ce mouvement même qui constitue le Journal de Californie.

  • Mon Paris, ma mémoire

    Edgar Morin

    « Je suis né à Paris, le 8 juillet 1921, rue Mayran, dans le IXe arrondissement, au pied de la butte Montmartre... »C'est à l'occasion de la remise par Bertrand Delanoë, maire de la capitale, de la médaille d'honneur de la Ville de Paris, que, prononçant son discours de remerciement, l'auteur de La Voie, bon pied , bon oeil, a eu l'idée de ce récit de sa vie en évoquant ses tribulations dans les différents quartiers de la capitale. A chaque déménagement, à chaque compagne ou conquête amoureuse correspondent aussi des étapes de la vie intellectuelle et des engagements politiques de l'inventeur de la « pensée complexe », co-auteur avec Stéphane Hessel du Chemin de l'espérance. Un récit pétillant d'humour et d'intelligence par le plus non-conformiste des jeunes nonagénaires, traduit et célébré dans le monde entier.

  • Commune en France ou la métamorphose de Plodémet (Fayard) a été, dès 1967, l'un des premiers livres qui analysait, à travers ce microcosme breton, la Révolution française de l'après-guerre : la fin des paysans, la révolte des jeunes, l'émancipation des femmes, l'entrée du village dans la civilisation planétaire. Plodémet était le pseudonyme transparent de Plozévet, ce village du sud-Finistère sur lequel la D.G.R.S.T. a conduit dans les années 1960 une grande enquête réunissant toutes les sciences sociales, dont l'ouvrage d'Edgar Morin constituait le versant sociologique. Il s'est vite imposé comme un modèle, à la fois méthodologique (une enquête conduite à partir d'entretiens approfondis) et scientifique (une monographie permettant la description minutieuse de transformations beaucoup plus amples), qui en firent d'emblée un classique. Dans une préface inédite, Edgar Morin revient, à l'occasion de cette réédition, sur la percée que fut alors la publication de cet ouvrage.

  • Entré simultanément, à vingt ans, en Résistance et en communisme, Edgar Morin a connu le doute à l'égard du second dès la Libération puis, de déchirements en désillusions, au moment des procès et des purges de la " deuxième glaciation " stalinienne, le rejet réciproque en 1951. Son appartenance au Parti avait duré dix ans, au cours desquels il avait vu comment l'Appareil pouvait transformer un brave en lâche, un héros en monstre, un martyr en bourreau. Ce livre, publié pour la première fois en 1959, plusieurs fois réédité et augmenté ici d'une nouvelle préface, est le récit sincère d'une aventure spirituelle.
    Dans ce détournement de l'exercice tristement célèbre de confession publique que le pouvoir soviétique exigeait de ceux dont il entendait se débarrasser, Edgar Morin ne se contente toutefois pas de dénoncer le dévoiement d'une idéologie. Il restitue le communisme dans sa dimension humaine en montrant comment celui-ci a pu tout à la fois porter et trahir les plus grands idéaux. En élucidant le cheminement personnel qui l'avait conduit à se convertir à la grande religion terrestre du XXe siècle, il se délivre à jamais d'une façon de penser, juger, condamner, qui est celle de tous les dogmatismes et de tous les fanatismes.
    Ce témoignage, qui est celui d'une génération, est aussi une leçon actuelle dans notre époque menacée par de nouveaux obscurantismes.
    Philosophe et sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS et docteur honoris causa de vingt-sept universités étrangères, Edgar Morin est l'auteur d'une œuvre transdisciplinaire abondamment commentée et traduite, dont l'ambitieuse Méthode, en six tomes, publiée au Seuil.

  • À l'image du banian, cet arbre dont les branches, en tombant à terre, produisent d'autres racines, La Méthode est issue de la jonction de multiples expériences existentielles et intellectuelles dont les retombées ont créé de nouvelles arborescences, distinctes mais inséparables de la souche qui les a fait naître. De ce banian en perpétuel déploiement sont sorties de nombreuses ramifications, éducatives, sociologiques, politiques, qui permettent à la pensée complexe de se concrétiser et de s'épanouir.
    Edgar Morin livre le récit d'une œuvre-vie, une vie nourrissant au fil du temps une œuvre, laquelle à son tour a nourri la vie. C'est l'aventure des trente années d'écriture de La Méthode, dont ce volume intègre un chapitre décisif, " Pour une rationalité ouverte ", initialement prévu dans le plan d'ensemble mais resté jusqu'ici inédit.
    À travers ce cheminement de la vie de l'esprit et de l'esprit de vie, ce livre trace enfin la voie d'une refondation de l'humanisme nourrie des principes de La Méthode.
    Directeur de recherche émérite au CNRS et docteur honoris causa de vingt-sept universités à travers le monde, Edgar Morin est l'auteur d'une œuvre transdisciplinaire, traduite en vingt-sept langues et dans quarante-deux pays, vouée à comprendre les complexités.

  • Voici le chemin d'un homme
    Voici la pensée qui s'est formée au cours de ce cheminement et qui a produit une oeuvre majeure.
    Ce parcours fut continu, accompli dans une curiosité
    jamais assouvie, un questionnement permanent, un lien
    inséparable entre la vie et l'oeuvre, une lente gestation de la pensée complexe, mais il fut discontinu dans les recommencements et les renaissances qui ont scandé sa vie tous les dix ans.
    Ce livre d'entretiens accordés par Edgar Morin à
    Djénane Kareh Tager montre l'unité d'une oeuvre à travers
    sa diversité, l'unité d'une vie à travers ses vicissitudes.
    Dans Mon chemin, c'est l'homme qui parle, sans dissimuler ses émotions ni ses passions. Il nous dit sa propre expérience de la vie, de l'amour , de la poésie, de la vieillesse, de la mort.
    Edgar Morin est né à Paris en 1921, d'une famille de nationalité italienne, d'ascendance judéo-espagnole. Son adolescence est marquée par la montée en puissance du nazisme, les procès
    staliniens de Moscou, la marche somnanbulique vers la guerre.
    A 20 ans, sous l'Occupation, il entre à la fois au parti communiste et dans la résistance gaulliste. Après la guerre, c'est une vie qui
    se poursuit dans la résistance au stalinisme, à la guerre d'Algérie, à toutes les barbaries.
    Djénane Kareh Tager est journaliste.

  • Pour entrer dans le XXIe siècle Ce livre, publié pour la première fois en 1981 sous le titre Pour sortir du XXe siècle, solde sans concession les comptes du siècle écoulé. L'an 2000 est derrière nous, mais nous ne savons jamais ce qui arrive : comment voir, savoir, prévoir ? Que croire, qui croire, peut-on croire encore ? Nous savons désormais que nous ne sommes pas à l'aube d'un âge d'or mais au coeur de l'âge de fer, dans l'ère non des Lumières mais de la préhistoire de l'esprit. Dans ce siècle qui vient de s'achever, crise, progression, régression et révolution se sont mêlées et ont été à la source de toutes les mutations. Nous devons enfin accepter que notre mode de pensée nous aveugle plus qu'il ne nous éclaire, qu'il mutile, fragmente et dissocie le réel. N'est-il pas vital, pour entrer dans le XXIe siècle, de réviser nos méthodes de pensée et nos conceptions ?

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