Plon

  • Les rebelles

    Jean-François Kahn

    • Plon
    • 22 Octobre 2020

    Pour contrer le règne du discours unique, il est d'une brûlante actualité de se remémorer les combats de tous ceux qui, à leurs risques et périls, ont opposé leur refus aux pesanteurs de la conformité normative. Le « non » qui n'induit pas un « oui » n'a aucun intérêt. Il est inconsistant parce que irresponsable ; médiocre parce que sans danger. Il en résulte que la force et la richesse d'un « non » dépendant à la fois de la nature du « oui » qu'il implique et du risque que l'on prend en le proférant. Le « non » du général de Gaulle fut un « oui » à la France ; le « non » de Victor Hugo un « oui » à la république ; le « non » de Thomas More un « oui » à sa foi ; le « non » de Thomas Beckett un « oui » à sa conscience ; le « non » de Mirabeau à Dreux-Brézé un « oui » au droit du peuple comme le « non » de Maurice Audin à ses tortionnaires fut un « oui » aux droits des peuples. Le « non » de Zola fut un « oui » à la démocratie ; le « non » de Clemenceau autant de « oui » à la nation ; le « non » de Jean Moulin un « oui » à la fois à la démocratie, à la nation et à l'honneur. L'inverse est également vrai : des « non » tonitruants peuvent porter des « oui » épouvantables. Le « non » de Polyeucte aux « idoles » était implicitement un « oui » à l'intolérance totalitaire. Le « oui » à l'impérialisme colonial est tout entier contenu dans le « non » des croisés aux infidèles.

  • « Qui aurait imaginé, au début du xxe siècle, qu'en France une force politique qu'on qualifie d'extrême droite ou, de façon réductrice, de «populiste», mais représente la forme spécifiquement française d'un néofascisme de notre temps, serait en mesure de gagner l'élection présidentielle et donc de parvenir au pouvoir ? Qui ?
    Comment en est-on arrivé là ?
    Quelles erreurs, nombreuses, redondantes, colossales parfois, a-t-il fallu commettre pour que soit devenu, non pas encore probable au moment où j'écris ces lignes, mais concevable ce qui était jugé radicalement impensable il y a encore quelque temps ?
    C'est, terrifié par cette perspective, convaincu qu'il faut absolument désigner et analyser ces errements pour cesser de les reproduire et exorciser le spectre du désastre qui en serait la conséquence, c'est décidé à consacrer ce qui me reste d'existence possible à déconstruire ça pour éviter ça, que j'ai entrepris cette exploration. Ce décryptage, non seulement des racines et des ailes de nos erreurs d'aujourd'hui confrontées au risque de réédition des catastrophes d'hier, mais également des dimensions intériorisées et historicisées, idéologiques et psychiques de l'erreur en général. »

  • Le 6 mai 2012, les Français ont majoritairement exprimé leur ferme volonté de tourner la page du sarkozysme. D'où l'élection d'un président socialiste. Mais cette victoire fut une victoire d'apparence. Derrière, c'est une tout autre réalité qui se profile, s'affirme, est en mesure demain de s'imposer. Réalité terrible, angoissante, effrayante même, qui risque de précipiter notre pays dans un cauchemar. Tout ce qu'a fait Sarkozy n'est pas condamnable. Mais la situation qu'il a créée et qu'il nous laisse en héritage est une véritable bombe atomique à retardement.Le scrutin du 6 mai en a été le révélateur. En ce sens, il fut catastrophique.

    Jean-François Kahn a été professeur puis journaliste (Le Monde, L'Express, Europe 1, Antenne 2), avant de créer et de diriger L'Evénement du jeudi. Il a fondé le journal Marianne. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont Esquisse d'une philosophie du mensonge (Flammarion,1989), Tout change parce que rien ne change. Introduction à une théorie de l'évolution sociale (Fayard,1994), Dictionnaire incorrect (Plon, 2005), Philosophie de la réalité (Fayard, 2011). Son dernier ouvrage Menteurs !, paru chez Plon, a été un immense succès.

  • Va-t-on continuer à s'enfoncer ? Non le pire n'est pas sûr. S'en sortir, se redresser et aller de l'avant, c'est possible ! Mais des bricolages, des rafistolages, des ravalements de façade n'y suffiront pas. Cessons de nous enfermer frileusement, mais confortablement, dans la bulle de la critique. Il s'agit désormais de proposer. Et d'agir. Pour reconstruire. Vous doutez ? Alors, je vous en supplie, lisez ça : voilà comment on peut s'en sortir.

  • « En juin 2012, je publiais un ouvrage intitulé La Catastrophe du 6 mai 2012. J'y montrais, au vu du résultat d'une élection témoignant d'une radicalisation droitière de l'électorat, de la dérive quasi pétainiste du discours sarkozyen d'entre-deux-tours, de l'absence totale de charisme hollandais, que, si on jouait aux cons, l'hypothèse Marine Le Pen n'était plus à écarter. Je persiste et signe.
    Quel plus beau cadeau peut-on faire au Front national que de lui livrer sur un plateau, comme l'on fait des cohortes mortifères d'intellos-gauchos, les idées de nation, de laïcité et de République.
    Comment peut-on faire plus objectivement le jeu du Front national qu'en transformant tout fait divers en occasion d'appâter le chaland.
    Peut-on rendre à l'extrême droite un plus évident service qu'en instrumentalisant la nécessaire résistance antifrontiste de façon tellement caricaturale et politicienne.
    Qui peut croire qu'on donnera le moindre complexe à un électeur tenté par le vote lepéniste en lui proposant comme seul substitut une néopétainisme des beaux quartiers rebaptisé « droite décomplexée ». JF Kahn

  • Menteurs !

    Jean-François Kahn

    • Plon
    • 2 Février 2012

    - Il n´y aura pas de suppression d´emplois chez Areva.

    - Martine Aubry souhaite de toutes ses forces la victoire de François Hollande, le volontarisme fait homme.

    - Fastoche : on largue l´euro, on revient au franc. Ainsi on dissout la crise, et dix sous, en franc, c´est pas cher.

    - Les rétrocommissions de Karachi : une fable !

    - Les hausses d´impôts ? Jamais tant que je serai président.



    Jamais, sans doute, depuis l´établissement de notre démocratie républicaine, les plus hauts responsables politiques n´avaient aussi systématiquement, effrontément et cyniquement menti aux Français.

    Dès lors que la tromperie vient de la tête de l´Etat, mais aussi des dirigeants de l´opposition, plus personne ne peut l´endiguer.

    On respire comme on ment, et on ment comme on soupire.

    La gauche a le mensonge timide, embarrassé, emberlificoté.

    Le centre l´a mielleux, un peu fl asque, et honteux de lui-même. Sarkozy, lui, l´a brut de décoffrage. On pourrait dire, au reste, qu´il est franc du mensonge comme on dit de quelqu´un qu´il est franc du collier.



    Jean-François Kahn a été professeur puis journaliste (Le Monde, L´Express, Europe 1 , Antenne 2), avant de créer et de diriger L´Evénement du jeudi. Il a fondé le journal Marianne. Essayiste de talent, il est l´auteur d´une vingtaine d´ouvrages dont Tout change parce que rien ne change. Introduction à une théorie de l´évolution sociale (Fayard,1994), Philosophie de la réalité (Fayard, 2011), Esquisse d´une philosophie du mensonge (Flammarion,1989). Son Dictionnaire incorrect, paru chez Plon en 2005, a été un immense succès.

  • Complément au Dictionnaire incorrect et à L'Abécédaire mal pensant, ces Dernières Salves viennent clore une manière d'encyclopédie de combat qui se voulait instrument d'interpellation et de subversion de ce qu'on a appelé la " pensée unique ". Cinq dimensions participent de cette contre-offensive : chansonnière, pamphlétaire, démystificatrice, pédagogique et philosophique. Montrer, en somme, qu'on peut réfléchir et s'instruire en se fendant largement la pipe. Outre un entrelacs de miniportraits, saillies, vannes, lazzis ou brèves de comptoir, quatre dominantes dans ce volume : le démontage de quelques grands mensonges historiques ; le détricotage des discours propagandistes dont la grande crise de 2008 a démontré l'inanité ; la mise à mal d'idées toutes faites et bien pensantes qui ont, ces dernières décennies, envahi l'espace idéologico-politique ; et le dévoilement de quelques réalités économiques et sociales que le conformisme, y compris médiatique, a trop longtemps réussi à camoufler. Des salves pour rire... non pour tuer, mais pour permettre de vivre !


  • comment mener un combat en utilisant toutes les armes à la fois ? la forme de dictionnaire qu'adopte ce livre est une réponse.
    l'auteur pourrait reprendre à son compte, au fond, la dernière tirade du cyrano d'edmond rostand quand, rapière au poing, le bretteur défie ses éternels ennemis : la bêtise, le mensonge, la lâcheté, la courtisanerie. on y ajoutera la bienpensance et les nouveaux conformismes.
    sauf que ce livre est, justement, à l'image de la guerre qu'il mène : c'est-à-dire que les longues offensives y côtoient les rapides coups de main, les actions de commando les manoeuvres d'encerclement, les pilonnages d'artillerie les opérations de guérilla, mais s'y intègrent également - car la guerre c'est aussi cela - les permissions, les théâtres aux armées, les fiestas arrosées à la caserne, les sorties en ville, les parties de belote et les distractions plus libertines.

    quatre armes sont ici utilisées : la satire chansonnière, dérision blagueuse et farce drolatique d'abord ; puis le fouet du pamphlet politico-social, ensuite la méthode encyclopédiste - au sens xviiie siècle du terme - qui consiste à démystifier en parlant de tout et donc à travers toutes les approches possibles ; et enfin, le dictionnaire philosophique voltairien qui permet de passer au crible, de façon iconoclaste, les idéologies dont nous continuons à être les héritiers ou les victimes.
    feu sur le quartier général ! cet ouvrage (d'autant qu'il n'épargne pas le pouvoir intello-médiatique), fera grincer des dents. fortement. c'est fait pour.

  • Abécédaire mal-pensant

    Jean-François Kahn

    • Plon
    • 15 Novembre 2007

    Il participe, au nom des valeurs qui fondent l'humanisme républicain, du combat éternel contre une restauration impérialisto-monarchique toujours recommencée. Pour ce faire, l'auteur utilise toutes les armes : l'humour, la dérision, la verve pamphlétaire, mais aussi l'Histoire, la philosophie, la littérature, la réflexion économique qu'une tradition encyclopédiste et voltairienne met à sa disposition. Avec en filigrane, cette question : tout cela, a-t-on encore le droit de l'écrire ou de le dire oe

  • L'horreur médiatique

    Jean-François Kahn

    • Plon
    • 23 Janvier 2014

    « Vous les médias ! » : derrière cette apostrophe, qui revient à identifi er tous les professionnels de l'information à une « caste » coupée de la réalité des gens, c'est le procès du système médiatique tout entier que l'opinion publique instruit. De façon de plus en plus implacable.
    Injuste ? Peut-être. Mais encore convient-il de comprendre les raisons de ce dramatique divorce.
    Le pire peut, en effet, en surgir.
    D'où ce livre. Terrible. Révélateur d'un univers qui devient de plus en plus fou. Uniformément fou. Un livre qui risque donc de déclencher des fureurs. Mais qui se veut une interpellation salvatrice.
    Il se termine d'ailleurs par ces mots : « Une nouvelle génération devra assumer cette mission : contre l'horreur médiatique, rétablir l'honneur médiatique. Elle y parviendra. »

  • Réunissant le Dictionnaire incorrect, L'Abécédaire mal-pensant et Dernières Salves, cet ouvrage clôt une manière d'encyclopédie de combat qui se voulait instrument d'interpellation et de subversion de ce qu'on a appelé la « pensée unique ».
    Un entrelacs de mini-portraits, saillies, vannes, lazzis ou brèves de comptoir où l'auteur utilise tour à tour plusieurs armes : la satire chansonnière, le pamphlet politico-social, la méthode encyclopédiste (au sens du XVIIIe siècle), le dictionnaire voltairien, le démontage de quelques grands mensonges historiques, le détricotage des discours propagandistes dont la crise a démontré l'inanité, la mise à mal d'idées toutes faites et bien pensantes qui ont, ces dernières décennies, envahi l'espace idéologico-politique, et le dévoilement de quelques réalités économiques et sociales que le conformisme, y compris médiatique, a trop longtemps réussi à camoufler.
    Idées fausses, idées reçues, et idées politiquement correctes sont mises à mal dans cette trilogie décapante !

  • L'ineffaçable trahison

    Jean-François Kahn

    • Plon
    • 3 Septembre 2015

    Quand la gauche trahit ce qu'elle avait annoncé et que la droite combat ce qu'elle avait jusque-là défendu, la trahison est à son comble.

    On a rarement à ce point trompé les électeurs.
    Il arrive qu'à une trahison assumée, ainsi le Général de Gaulle du « Je vous ai compris », l'Histoire rende hommage comme à une preuve courageuse de lucidité.
    Mais François Hollande n'assume pas. « J'ai tenu mes promesses », clame-t-il. Dès lors, à sa trahison, flagrante, unanimement constatée, s'en ajoute-t-il une autre, la trahison de la trahison.
    Guy Mollet, lui, assumait.
    Cette volteface aurait pu avoir une conséquence : l'approbation par la droite de ce qu'elle n'avait cessé de préconiser et même d'exiger. Mais non : dès lors qu'on lui piquait ses présumées convictions, elle se retourna contre elle-même. Elle brûla ce qu'elle avait jusque là adoré. Alors la trahison fut totale. Et son souvenir laissera dans les consciences une trace ineffaçable. Dont les conséquences seront lourdes. Très lourdes.

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