• " Qui aurait imaginé, au début du XXe siècle, qu'en France une force politique qu'on qualifie d'extrême droite ou, de façon réductrice, de "populiste', mais représente la forme spécifiquement française d'un néofascisme de notre temps, serait en mesure de gagner l'élection présidentielle et donc de parvenir au pouvoir ? Qui ?
    Comment en est-on arrivé là ?
    Quelles erreurs, nombreuses, redondantes, colossales parfois, a-t-il fallu commettre pour que soit devenu, non pas encore probable au moment où j'écris ces lignes, mais concevable ce qui était jugé radicalement impensable il y a encore quelque temps ?
    C'est, terrifié par cette perspective, convaincu qu'il faut absolument désigner et analyser ces errements pour cesser de les reproduire et exorciser le spectre du désastre qui en serait la conséquence, c'est décidé à consacrer ce qui me reste d'existence possible à déconstruire ça pour éviter ça, que j'ai entrepris cette exploration. Ce décryptage, non seulement des racines et des ailes de nos erreurs d'aujourd'hui confrontées au risque de réédition des catastrophes d'hier, mais également des dimensions intériorisées et historicisées, idéologiques et psychiques de l'erreur en général. "

  • « L'écrivain Georges Perec a osé cette "disparition" : retirer une lettre de ce tout qu'est l'alphabet.
    Je propose ici l'expérience inverse : affronter un tout à partir d'une seule lettre.
    La lettre M. "M la maudite" qui m'a permis d'ouvrir toutes les portes et de tout oser. Trop ?
    Cet ouvrage est à la fois le concentré des expériences d'une vie et le reflet de ce kaléidoscope qu'est la vie.
    Concentré des expériences d'une vie car, ce que j'y ai investi, c'est tout ce que j'ai eu l'occasion d'expérimenter, de connaître, de découvrir. Tout ce à quoi j'ai été confronté et amené à réfléchir, tout ce qui a été l'objet, de ma part, de quêtes et d'enquêtes, motifs parfois de combats ou d'adhésions, tout ce dont j'ai été témoin et éventuellement acteur, mes pérégrinations à travers les crises et les guerres de notre monde, mes engagements et mes batailles.
    Reflet de ce kaléidoscope qu'est la vie, car celle-ci n'est pas univoque. Elle intègre le complexe, le sérieux, le savant, le descriptif et le synthétique, le polémique et l'empathique, mais aussi le léger, le déconnant, le vachard et je l'admets... des bêtises. Autrement dit, le grave et le drolatique, le pointu, l'arrondi et le dérisoire. Calembours et calembredaines compris.
    Mélange des genres poussé ici à son paroxysme. La vie comme on l'M ! »


  • Les Français ont rejeté la fatalité de la catastrophe mais ils sont désormais confrontés à celle de la désillusion.

    Le 6 mai 2012, les Français ont majoritairement exprimé leur ferme volonté de tourner la page du sarkozysme.
    D'où l'élection d'un président socialiste.
    Mais cette victoire fut une victoire d'apparence.
    Derrière, c'est une tout autre réalité qui se profile, s'affirme, est en mesure demain de s'imposer.
    Réalité terrible, angoissante, effrayante même, qui risque de précipiter notre pays dans un cauchemar.
    Tout ce qu'a fait Sarkozy n'est pas condamnable. Mais la situation qu'il a créée et qu'il nous laisse en héritage est une véritable bombe atomique à retardement.
    Le scrutin du 6 mai en a été le révélateur.
    En ce sens, il fut catastrophique.
    Jean-François Kahn a été professeur puis journaliste (Le Monde, L'Express, Europe 1, Antenne 2), avant de créer et de diriger L'Evénement du jeudi. Il a fondé le journal Marianne. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont Esquisse d'une philosophie du mensonge (Flammarion,1989), Tout change parce que rien ne change. Introduction à une théorie de l'évolution sociale (Fayard,1994), Dictionnaire incorrect (Plon, 2005), Philosophie de la réalité (Fayard, 2011). Son dernier ouvrage Menteurs !, paru chez Plon, a été un immense succès.


  • S'en sortir, se redresser et aller de l'avant, c'est possible ! Jean-François Kahn nous propose les solutions pour agir et reconstruire la France.

    " Tout va mal et, si on continue comme ça, cela ira de plus en plus mal. A un bilan calamiteux risque de succéder un bilan épouvantable avec, à la clé, non pas une explosion pour le meilleur, mais une implosion pour le pire. Sauf si... sauf si la France emprunte le chemin qui lui a toujours permis, même aux heures les plus sombres de son Histoire, de rebondir et même de bondir. Sauf si, renversant les barrières, sortant de leurs tranchées, bravant des clivages de guerre civile, les forces vives de la République convergent, pour imposer, porter et réaliser ensemble, oui ensemble, le projet de salut public qui permettrait à la nation de s'en sortir. Car nous pouvons nous en sortir. Ça dépend de vous. Ça dépend de nous. Voilà comment... "
    J.-F. Kahn
    Jean-François Kahn a été professeur puis journaliste (Le Monde, L'Express, Europe 1, Antenne 2), avant de créer et de diriger L'Evénement du jeudi. Il a fondé le journal Marianne. Essayiste de talent, il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont Esquisse d'une philosophie du mensonge (Flammarion,1989), Tout change parce que rien ne change. Introduction à une théorie de l'évolution sociale (Fayard,1994), Dictionnaire incorrect (Plon, 2005), Philosophie de la réalité (Fayard, 2011). Ses derniers ouvrages Menteurs ! et La Catastrophe du 6 mai, parus chez Plon, ont été des immenses succès.


  • Sous prétexte de faire barrage au Front national, notre classe politique ne cesse de faire son jeu et de le nourrir. De Fillon et Copé à Mélenchon en passant par BHL et Moscovici, on nous sert le même discours culpabilisant. Comment mieux pousser les classes moyennes dans les bras de Marine Le Pen ?" En juin 2012, je publiais un ouvrage intitulé La Catastrophe du 6 mai 2012. J'y montrais, au vu du résultat d'une élection témoignant d'une radicalisation droitière de l'électorat, de la dérive quasi pétainiste du discours sarkozyen d'entre-deux-tours, de l'absence totale de charisme hollandais, que, si on jouait aux cons, l'hypothèse Marine Le Pen n'était plus à écarter. Je persiste et signe.
    Quel plus beau cadeau peut-on faire au Front national que de lui livrer sur un plateau, comme l'on fait des cohortes mortifères d'intellos-gauchos, les idées de nation, de laïcité et de République.
    Comment peut-on faire plus objectivement le jeu du Front national qu'en transformant tout fait divers en occasion d'appâter le chaland.
    Peut-on rendre à l'extrême droite un plus évident service qu'en instrumentalisant la nécessaire résistance antifrontiste de façon tellement caricaturale et politicienne.
    Qui peut croire qu'on donnera le moindre complexe à un électeur tenté par le vote lepéniste en lui proposant comme seul substitut une néopétainisme des beaux quartiers rebaptisé " droite décomplexée ". JF Kahn

  • Idées fausses, idées reçues, et idées politiquement correctes sont mises à mal dans ce dernier tome d'une trilogie décapante.
    Complément au Dictionnaire incorrect et à L'Abécédaire mal-pensant, ces Dernières Salves viennent clore une manière d'encyclopédie de combat qui se voulait instrument d'interpellation et de subversion de ce qu'on a appelé la " pensée unique ".
    Cinq dimensions participent de cette contre-offensive : chansonnière, pamphlétaire, démystificatrice, pédagogique et philosophique. Montrer, en somme, qu'on peut réfléchir et s'instruire en se fendant largement la pipe.
    Outre un entrelacs de miniportraits, saillies, vannes, lazzis ou brèves de comptoir, quatre dominantes dans ce volume : le démontage de quelques grands mensonges historiques ; le détricotage des discours propagandistes dont la grande crise de 2008 a démontré l'inanité ; la mise à mal d'idées toutes faites et bien pensantes qui ont, ces dernières décennies, envahi l'espace idéologico-politique ; et le dévoilement de quelques réalités économiques et sociales que le conformisme, y compris médiatique, a trop longtemps réussi à camoufler.
    Des salves pour rire... non pour tuer, mais pour permettre de vivre !

  • Les craquements qui se font entendre dans les soutes de notre société en panne ne permettent pas de croire qu'un simple époussetage suffirait à faire tolérer plus longtemps les mensonges déclamés et les injustices subies. Comme hier, plus encore qu'hier même, il s'agit, au-delà des clivages d'un autre temps et des phraséologies paravents, de favoriser l'émergence d'un réformisme rénové, moderne, social et européen, une autre voie en somme. Mais, alors qu'il y a dix ans il fallait préalablement dénoncer un certain climat de guerre civile froide, nous sommes confrontés aujourd'hui au phénomène tout aussi pervers de la tendance à la pensée unique. Que constatons-nous en effet ? Que le champ du pluralisme de l'information ne cessant de se rétrécir, que l'oligarchie capitalistique pénétrant de plus en plus au coeur du système audiovisuel, la chape de plomb du conformisme tend peu à peu à aplatir toute velléité de dire autrement ce que l'on pense différemment. Plus de place pour une autre ligne dans cet univers confiné où la contestation, voulue évidemment caricaturale, n'est introduite que comme faire-valoir d'un consensus objectivement conservateur. Et pourtant, ils sont nombreux ceux qui n'entendent ni se laisser enliser dans cet immobilisme de confort, qui justifie un nihilisme de rancoeur, ni se laisser couler dans le moule d'un prêt-à-penser démissionnaire, dût-il se draper des couleurs d'une gauche de convenance ; ceux qui refusent de capituler face à l'impérialisme des clans et des castes. Mais, comment le dire, où le dire ? Nous le savons aujourd'hui : la désertion du terrain des valeurs, le travail méprisé, la laïcité trahie, le largage de la morale et le bradage de la raison, la soumission à tous les oukases culturels d'une nomenklatura autoproclamée, la restauration d'une aristocratie possédante, légitimée par une cléricature cooptée, font immanquablement le jeu des néostalinismes et des néofascismes. Il s'agit donc de réapprendre à penser librement.


  • Les idées reçues, fausses, de la sottise et des préjugés qui ont jalonné notre époque sont passées au crible de la sévérité et de l'humour.
    Une vraie leçon d'antiterrorisme intellectuel.

    Comment mener un combat en utilisant toutes les armes à la fois ? La forme de dictionnaire qu'adopte ce livre est une réponse.
    L'auteur pourrait reprendre à son compte, au fond, la dernière tirade du Cyrano d'Edmond Rostand quand, rapière au poing, le bretteur défie ses éternels ennemis : la bêtise, le mensonge, la lâcheté, la courtisanerie. On y ajoutera la bienpensance et les nouveaux conformismes.
    Sauf que ce livre est, justement, à l'image de la guerre qu'il mène : c'est-à-dire que les longues offensives y côtoient les rapides coups de main, les actions de commando les manoeuvres d'encerclement, les pilonnages d'artillerie les opérations de guérilla, mais s'y intègrent également - car la guerre c'est aussi cela - les permissions, les théâtres aux armées, les fiestas arrosées à la caserne, les sorties en ville, les parties de belote et les distractions plus libertines.
    Quatre armes sont ici utilisées : la satire chansonnière, dérision blagueuse et farce drolatique d'abord ; puis le fouet du pamphlet politico-social ; ensuite la méthode encyclopédiste - au sens XVIIIe siècle du terme - qui consiste à démystifier en parlant de tout et donc à travers toutes les approches possibles ; et enfin, le dictionnaire philosophique voltairien qui permet de passer au crible, de façon iconoclaste, les idéologies dont nous continuons à être les héritiers ou les victimes.
    Feu sur le quartier général ! Cet ouvrage (d'autant qu'il n'épargne pas le pouvoir intello-médiatique), fera grincer des dents. Fortement. C'est fait pour.

  • Nouvelle ère politique, idéologique, économique, sociale : un nouvel assaut contre les bien-pensants et les conformistes s'imposait. Par le maître ès incorrection.
    "Ce livre est un complément du Dictionnaire incorrect, mais il n'est pas que cela : plus politique, sa chaudière plus largement alimentée par le charbon des circonstances, ce livre est aussi un acte." J.-F. K Il participe, au nom des valeurs qui fondent l'humanisme républicain, du combat éternel contre une restauration impérialo-monarchique toujours recommencée. Pour ce faire, l'auteur utilise toutes les armes : l'humour, la dérision, la verve pamphlétaire, mais aussi l'Histoire, la philosophie, la littérature, la réflexion économique qu'une tradition encyclopédiste et voltairienne met à sa disposition. Avec en filigrane, cette question : tout cela, a-t-on encore le droit de l'écrire ou de le dire ?

  • Impartiale la presse française ? Jean-François Kahn n'en est pas si sûr et nous le dit.
    Quand Jean-François Kahn a publié La Catastrophe du 6 mai 2012, beaucoup de journaux lui ont téléphoné pour le féliciter mais aussi pour lui faire comprendre qu'ils n'en parleraient pas parce qu'il avait, un jour, dit du mal de leur patron. Etre gentil avec un rédacteur en chef compterait-il plus aujourd'hui que le contenu d'un livre ? Jean-François Kahn est consterné de voir la presse nationale aussi peu impartiale et essaie de rester objectif. Quand il était à Marianne, il a lui-même diffusé des feuillets entiers qui le traînaient dans la boue. Depuis son livre La Pensée unique, l'ex-directeur de Marianne parle du manque de pluralisme dans la presse. Il remarque que pour le vote du référendum européen, 95% des journaux étaient pour le OUI et n'étaient pas du tout en adéquation avec l'avis général. A l'issue des votes, ces mêmes journaux se sont indignés et ont traité les français de " fachos "... Aujourd'hui, avec l'émergence d'Internet et des nombreux réseaux sociaux, c'est toute la carte des médias qui est remodelée. L'accès à de l'information immédiate, sans analyse ni recul, ne va-t-elle pas accentuer " l'horreur médiatique " ?

  • L'ineffaçable trahison

    Jean-François Kahn

    • Plon
    • 3 Septembre 2015

    Quand la gauche trahit ce qu'elle avait annoncé et que la droite combat ce qu'elle avait jusque-là défendu, la trahison est à son comble.On a rarement à ce point trompé les électeurs.
    Il arrive qu'à une trahison assumée, ainsi le Général de Gaulle du " Je vous ai compris ", l'Histoire rende hommage comme à une preuve courageuse de lucidité.
    Mais François Hollande n'assume pas. " J'ai tenu mes promesses ", clame-t-il. Dès lors, à sa trahison, flagrante, unanimement constatée, s'en ajoute-t-il une autre, la trahison de la trahison.
    Guy Mollet, lui, assumait.
    Cette volteface aurait pu avoir une conséquence : l'approbation par la droite de ce qu'elle n'avait cessé de préconiser et même d'exiger. Mais non : dès lors qu'on lui piquait ses présumées convictions, elle se retourna contre elle-même. Elle brûla ce qu'elle avait jusque là adoré. Alors la trahison fut totale. Et son souvenir laissera dans les consciences une trace ineffaçable. Dont les conséquences seront lourdes. Très lourdes.

  • Qui peut croire des dirigeants prêts à combler la dette grecque tout en craignant que nos banques soient en quasi-faillite ? N'y aurait-il que des menteurs dans la classe politique ?
    - Il n'y aura pas de suppression d'emplois chez Areva. - Martine Aubry souhaite de toutes ses forces la victoire de François Hollande, le volontarisme fait homme. - Fastoche : on largue l'euro, on revient au franc. Ainsi on dissout la crise, et dix sous, en franc, c'est pas cher. - Les rétrocommissions de Karachi : une fable ! - Les hausses d'impôts ? Jamais tant que je serai président. Jamais, sans doute, depuis l'établissement de notre démocratie républicaine, les plus hauts responsables politiques n'avaient aussi systématiquement, effrontément et cyniquement menti aux Français. Dès lors que la tromperie vient de la tête de l'Etat, mais aussi des dirigeants de l'opposition, plus personne ne peut l'endiguer. On respire comme on ment, et on ment comme on soupire. La gauche a le mensonge timide, embarrassé, emberlificoté. Le centre l'a mielleux, un peu fl asque, et honteux de lui-même. Sarkozy, lui, l'a brut de décoffrage. On pourrait dire, au reste, qu'il est franc du mensonge comme on dit de quelqu'un qu'il est franc du collier.Jean-François Kahn a été professeur puis journaliste (Le Monde, L'Express, Europe 1, Antenne 2), avant de créer et de diriger L'Evénement du jeudi. Il a fondé le journal Marianne. Essayiste de talent, il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont Tout change parce que rien ne change. Introduction à une théorie de l'évolution sociale (Fayard,1994), Philosophie de la réalité (Fayard, 2011), Esquisse d'une philosophie du mensonge (Flammarion,1989). Son Dictionnaire incorrect, paru chez Plon en 2005, a été un immense succès.

  • « Les Français piègent le manichéisme en lui émoussant ses armes, sèment ici et là quelques clous vicieux sur l'autoroute de la bipolarisation. Ils rusent, bricolent, bidouillent, corrigent comme ils peuvent le totalitarisme binaire de la logique majoritaire. Ils arrondissent les angles, taillent les arêtes trop aiguës, érodent les certitudes partisanes, réveillent les contradictions endormies, aiguisent les ambitions défaillantes, calment les ardeurs doctrinales, et, regardez-les bien, écoutez-les bien, citoyens exemplaires aux intuitions fulgurantes empêcheurs redoutables de guerroyer civilement en rond, artistes intelligents et minutieux qui renvoient systématiquement dans les cordes les croisés exaltés et hargneux de l'éternelle contre-réforme et les chevaliers bardés de discours de fer, prêchant comme par habitude l'impossible révolution, admirez-les. Oui, les Français sont formidables ! » Jean-François Kahn le prouve : il puise dans l'Histoire ou s'inspire des événements récents. Doués d'un sens extraordinaire de l'équilibre les Français s'en sortent, malgré les attentats qui se multiplient, les grèves qui se prolongent, les manifestations qui se succèdent et les conflits de tous ordres qui s'éternisent. L'aventure de la création de « l'Événement du jeudi » en apporte, pour lui, une preuve supplémentaire. Avec la verve qu'on lui connaît, Jean-François Kahn n'épargne personne, polémique avec tout le monde et rend hommage au Français qui ont choisi de penser autrement.

  • Invité par Françoise Siri à revisiter son parcours de ces quarante dernières années, et qui peut apparaître comme une grande réussite professionnelle, Jean-François Kahn surprend et provoque doublement : «

  • Les évangiles, canoniques ou apocryphes, écrivent quelque chose que le maître n'avait pas l'intention d'écrire. Ce sont des témoignages à la fois de l'intérieur et de l'extérieur. François Kahn fait la même chose avec Jerzy Grotowski, l'un des plus grands maîtres du siècle passé. Témoignage : martyr (auto-exposition totale) et trahison. C'est son vécu qui accueille l'écho d'une présence et la trace d'une transmission ; c'est la contradiction sans solution entre un sens, saisissable et transmissible seulement à travers la vie des corps, et une écriture qui voudrait le représenter. Une aide, pas un texte sacré ni un manuel de recettes, encore moins un guide de tourisme culturel, mais un savoir qui met en évidence la complexité de la question essentielle : comment devenir soi-même. Par un choix scrupuleux des paroles et une composition colorée et fluide, Kahn a créé ce que suggérait l'enseignant : un jardin, un beau jardin, pas un engin insensé de l'ego. Il n'est pas difficile de prévoir que ce Jardin aura, au cours du temps, de nombreux et passionnés lecteurs

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