• Les essais rassemblés ici cherchent à esquisser ce que l'on aimerait appeler une critique de science. Non pas une critique de la science où elle serait d'emblée mise en accusation, mais plutôt un questionnement sur ses tenants et aboutissants, qui aide à en comprendre, sans les séparer, les contenus, la nature et les enjeux.

    Le titre de ce livre, s'il trouve son origine dans le paradoxe qui permet d'assigner à l'ombre une vitesse supérieure à celle de la lumière, renvoie surtout à la crise du projet des Lumières et à la sombre perspective d'une technoscience qui ne délivrerait plus que d'obscures clartés.

    La stratégie suivie dans ces études consiste, pour mieux comprendre l'activité scientifique, à en explorer les limites, à partir de questions singulières mais éclairantes: pourquoi les physiciens, depuis quatre siècles, s'intéressent-ils à l'Enfer? d'où vient le mythe des sept couleurs de l'arc-en-ciel? quelle est la portée des lettres de l'alphabet dans les formules (cabalistiques, effectivement) de la physique? que nous disent de la science les anecdotes qui courent sur les grands savants, et sur Einstein au premier chef? la science a-t-elle une universalité transculturelle? le partage du savoir ne demande-t-il pas aussi celui de l'ignorance? y a-t-il une Muse de la science?

  • Ce que la science sait est une chose, ce que la science est en est une autre.
    Un physicien, amateur d'histoire et de philosophie des sciences, répond aux questions perspicaces de sa petite-fille en s'attardant sur ce qu'elle est : Pourquoi y a-t-il plusieurs sciences différentes ? Que font vraiment les chercheurs dans leurs laboratoires ? La science pourra-t-elle tout expliquer ? À quoi sert la science ? Quel rapport a-t-elle avec la vie ?
    Car, les écoliers et les collégiens ne le savent pas assez, l'activité scientifique est reliée aux autres pratiques humaines ! L'auteur évoque donc ce que la science a de particulier, comment elle a évolué au cours des siècles, les échanges qu'elle entretient (ou pas) avec la culture littéraire et artistique, ses rapports avec la technique, la politique, voire le sport.
    Ce dialogue, vif et ouvert, à contre courant des idées reçues, nous fait partager les questionnements, les difficultés mais aussi les grands plaisirs que peuvent procurer les sciences.

  • Ce livre rhapsodique réunit des essais sur l'histoire, la culture, la philosophie, la littérature, la langue, des sciences modernes. Il s'agit, comme dans une éprouvette de chimiste, de provoquer des réactions entre ces diverses matières de pensée, dans l'espoir de voir se produire des combinaisons inédites et stimulantes.
    La science aujourd'hui est trop complexe quant à son travail propre, trop impliquée dans les rapports sociaux, trop liée aux formes idéologiques dominantes, pour n'être analysée qu'en termes épistémologiques, sociologiques ou historiques séparés. C'est de tous côtés à la fois qu'il s'agit de la comprendre - et, peut-être, de la transformer.
    De la confrontation entre une histoire de la science à venir, une analyse du réel selon la physique, une réflexion sur les rapports de Simone Weil ou de Bergson avec la science, une relecture moderne de Lucrèce, un apologue sur l'ignorance savante, une visite au chat de Schrödinger, une lettre à Marie Curie et une autre à Gustave Flaubert, un éloge des controverses, une lecture critique de la culture scientifique, un divertissement sur la chute des astronomes dans les puits, un scénario de science-friction, etc., on souhaite que se dégage une certaine effervesc(i)ence.

  • L'atome : tant de questions autour d'une si petite chose !
    C'est que, derrière les connaissances enseignées dès le collège et le lycée - structure, taille, propriétés, etc. - se cachent bien des surprises. Quels rapports entre l'atome et l'électricité, l'atome et la lumière, l'atome et la guerre, voire l'atome et la religion, et même, l'atome et les ornithorynques ? Il fallait l'habileté et l'humour de l'auteur, physicien et grand-père, pour nous inciter à relier joyeusement ces éléments et à secouer une fois encore nos certitudes. Au fil du dialogue, nous apprivoisons électrons et nucléons, bosons et fermions, quarks et gluons et plongeons au coeur même de la matière !

  • Est-il possible d'apporter quelques touches de couleur inédites au portrait convenu de Marie Curie ? Tel est le pari de ce recueil de lettres, qui lui sont adressées par diverses personnalités d'aujourd'hui, appartenant aux mondes des sciences, des humanités et de l'art.

    Certaines missives rendent un hommage intime à l'icône féministe, au double Nobel, ou discutent savamment avec elle, d'autres prennent quelque distance avec l'aura symbolique qui l'entoure. Cette occasion d'abolir le temps, et même d'oublier les limites des identités et des sexes, a démultiplié la force et l'inventivité des messages.

    On lira, entre autres, les conseils bienveillants mais prudents de Marie Pasteur, une lettre d'amour posthume de Pierre Curie, une méditation sur la condition des femmes dans le monde arabe, une proposition d'affaires quasi mafieuse, une demande d'éclaircissements de Marcel Proust...

    Auteurs des Lettres : Françoise Balibar, Bernadette Bensaude-Vincent, Isabelle Bergoënd, Elisabeth Bouchaud, Faouzia Charfi, Catherine Cle´ment, Irène Frain, Etienne Guyon, Ghada Hatem-Gantzer, Eva Hemmungs Wirte´n, Emmanuelle Huisman-Perrin, Renaud Huynh, Ioanna Kubar, Edouard Launet, Michèle Leduc, Jean-Marc Le´vy-Leblond, Rémy Mosseri, Clara Delabrouille & Nathalie Palanque-Delabrouille, Hubert Reeves, Marjane Satrapi, Elz?bieta Sikora, SMITH & Jean-Philippe Uzan, Pierre Verschueren

  • Pourquoi le ciel est-il bleu ? Qu'est-ce que le rayon vert ? Et quelle est la couleur du ciel sur Mars, Vénus ou Titan ? Y a-t-il des arcs-en-ciel de Lune ?
    Entre la physique et l'astronomie, le grand physicien épistémologue Jean-Marc Lévy-Leblond explique, avec le talent d'un conteur, les phénomènes célestes qui nous entourent et mettent de la couleur dans notre monde.
    Il évoque les phénomènes physiques et aussi les savants tels que Galilée qui pour lui a apporté d'essentiel : l'idée que le monde céleste et le monde terrestre ne font qu'un et que les lois physiques y sont les mêmes, à l'encontre de la tradition aristotélicienne qui séparait le monde terrestre, le nôtre, monde de l'imperfection et du changement, du monde céleste, monde de la perfection et de l'immuabilité.

    Un formidable texte sur les interrogations mais aussi des plaisirs que peuvent susciter les sciences.

  • La gloire ne s'est emparée de la figure de Turing que vers la fin du vingtième siècle, bien longtemps après sa mort.
    Il aura fallu attendre le développement de l'informatique quotidienne, la divulgation de ses activités de décryptage durant la Seconde guerre mondiale et la levée des tabous sur l'homosexualité pour qu'un tel génie mathématique déploie enfin toutes ses dimensions scientifiques, culturelles et personnelles.
    Ses recherches très variées, et notamment sa célèbre « machine », sont pourtant loin d'avoir donné tous leurs fruits. Nous vivons désormais en partie dans une sorte d'« espace de Turing » mal connu, que les lettres rassemblées ici explorent avec humour, savoir et affection.

  • à quoi, pour la pensée, la science, lui demeure notre idéal de connaissance, peut-elle aujourd'hui servir? le temps est venu d'une réflexion sur les rapports entre théories scientifiques et pensée commune, analysant et critiquant le transfert inconsidéré de concepts (ou, plus souvent de simples formules) des unes vers l'autre.
    Plutôt que de fournir des idées toutes faites, ne peut-on demander à la science - et particulièrement à la physique - de nous montrer la difficulté d'une pensée ferme?
    La plupart des efforts aujourd'hui déployés afin de partager les savoirs émergents sont d'ailleurs peu efficaces, tant leurs soubassements classiques demeurent mal assurés: comment expliquer au profane la nature des quarks quand l'organisation du noyau atomique reste mystérieuse, celle des quasars quand la constitution des galaxies est méconnue? au lieu d'estomper par une pédagogie simplificatrice les difficultés conceptuelles des avancées modernes, il convient de les affronter.
    Ce plaidoyer pour la pensée dans la science se construit sur quelques grands couples antinomiques du langage naturel - droit/courbe, continu/discontinu, absolu/relatif, certain/ incertain, élémentaire/composé, déterminé /aléatoire, rigoureux/intuitif, etc. - à partir desquels la physique structure sa réflexion, mais, par le même mouvement, ébranle ces vieilles oppositions et brouille leur polarité.

    Ainsi la science pourra-t-elle répondre au souhait qu'exprimait merleau-ponty: par ses "découvertes philosophiques négatives", elle détruira certains préjugés de la pensée, elle invalidera des certitudes implicites, elle ouvrira, enfin, des nouveaux espaces à l'intelligence du monde.

  • Il semble aller de soi qu'un rapport direct et consubstantiel existe entre le développement de connaissances fondamentales sur le monde - la science -, et notre capacité à agir sur lui - la technique. De fait, c'est bien grâce à la théorie quantique que nous pouvons fabriquer des lasers et à la biologie moléculaire que se développe la bio-ingénierie. Mais cette connexion est toute récente dans l'histoire de l'humanité - à peine plus de deux siècles ; elle n'a pas toujours existé, et pourrait bien se rompre dans un proche avenir.

  • « L'idée la plus courante aujourd'hui, parfois explicite, mais le plus souvent implicite, sur la nature des rapports entre les arts d'un côté, les sciences et les techniques de l'autre, est de considérer le problème à l'ordre du jour comme celui d'une réconciliation : il s'agirait de favoriser la convergence de la création artistique et de la recherche technoscientifique, afin d'atténuer, ou d'abolir une coupure douloureuse. Mais l'histoire de l'humanité, dans sa dimension culturelle en particulier, n'est-elle précisément pas celle de la séparation de ses divers champs d'activité, de leur autonomisation ? L'idée d'une réunification oecuménique, des grandes retrouvailles de l'art et de la science, me paraît relever d'une nostalgie naïve plus que d'un projet informé, fut-il utopique. Et puis, je dois l'avouer, cette séparation ne m'est nullement pénible. Peut-être est-ce une affaire de tempérament personnel, mais je me trouve fort bien de la différence essentielle entre l'Art et la Science -et de leurs diversités propres (les arts et les sciences) au surplus. Si, scientifique professionnel, mon intérêt pour l'art aboutissait à m'y faire retrouver des attitudes et des oeuvres semblables à celles que je connais (trop) bien, cet intérêt s'émousserait vite... L'art, et l'art contemporain en particulier, m'attire en raison directe de ses différences avec la science, et non pas de leurs éventuelles similarités. Je n'ai aucunement la nostalgie d'une Unité perdue de la création - pas plus naturelle (c'est la diversité du monde des pierres, des fleurs, des oiseaux qui en fait la beauté) qu'humaine. » JEAN-MARC LÉVY-LEBLOND

  • La science, on la connaît surtout à travers des applications techniques de plus en plus présentes dans notre vie quotidienne.
    Mais elle est aussi le fruit d'une volonté de savoir, d'un désir de connaissance et de reconnaissance du monde. entre ces deux faces - celle de l'utilité pratique et celle de la curiosité et de l'éveil - y a-t-il complémentarité ou conflit ? est-ce que les logiques de rendement et d'efficacité ne vont pas à l'encontre d'un destin plus fondamental ou plus rêveur ? a quoi sert la science ? et qui sert-elle vraiment ? ce ne sont pas là des questions abstraites mais des questions qui orientent notre avenir

  • Cet ouvrage reprend trois conférences, données au Collège de la Cité des sciences et de l'industrie, sur les conceptions que la science moderne se fait de la matière. Il traite plus particulièrement de l'impact sur ces conceptions des révolutions quantiques et relativistes qu'a connues la physique au 15
    début du XXe siècle. L'accent y est mis sur la nouveauté et l'originalité des idées plutôt que sur les détails de la connaissance des objets ou sur le travail expérimental qui a révélé ces objets et permis d'élaborer ces idées. La visée de l'ouvrage est donc à la fois culturelle évitant tout recours au formalisme et privilégiant les concepts, il s'adresse à un lectorat cultivé mais nullement
    spécialisé , et épistémologique il entend fournir à ce lectorat une vision originale des concepts de la physique moderne, plus claire que les présentations usuelles trop souvent prisonnières de contingences historiques dépassées. La première partie expose les bouleversements apportés par la théorie à notre représentation des objets physiques élémentaires, qui ne peuvent plus être considérés comme des « particules », ni d'ailleurs comme des ondes. La seconde partie traite de la façon dont la relativité einsteinienne, transformant radicalement nos idées sur l'espace et le temps, modifie aussi les notions dynamiques que nous attribuons aux objets physiques, notamment celles de masse et d'énergie. La troisième partie montre comment, dans un cadre quantique et relativiste, les interactions entre objets matériels acquièrent une complexité et une plasticité très supérieures à la description classique en termes de forces. On examine en conclusion les limitations imposées à la physique fondamentale contemporaine par son contexte social et économique.
    Le texte de ces conférences, quoique largement repris à partir de leur enregistrement, garde la trace de cette origine, de façon à conserver, on l'espère, quelque chose de la vivacité qui a animé la présentation orale.

  • Les questions de la science et de la technique apparaissent, dans l'actuel contexte, comme plus décisives que jamais. C'est pourquoi Jean-Marc Lévy-Leblond a jugé opportun d'apporter sa contribution au grand débat national qui doit se dérouler sur l'organisation et les finalités de la recherche, en rassemblant différentes études écrites à partir de son expérience de la science, tant au laboratoire qu'en amphithéâtre et dans l'édition.
    Le débat sera fécond s'il échappe à deux pièges symétriques: se limiter aux questions purement scientifiques, se consacrer aux seules priorités politiques et économiques. D'où les trois confrontations que propose ici l'auteur, afin d'ouvrir la discussion à tous: science et science, science et culture, science et politique.
    L'urgence des mesures à prendre ne doit pas nuire aux réflexions sur le long terme. Tout en commençant à élaborer les réponses de circonstance, il faut donc continuer de poser les questions de fond. C'est dire le rôle de l'esprit de sel, cet acide au pouvoir décapant.

    Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien théoricien, est professeur à l'université de Nice. Il dirige les collections Science ouverte et Points-Sciences aux Editions du Seuil.

  • La théorie quantique validée par l'expérience.
    La naissance mouvementée de la théorie quantique a marqué la première moitié du XXème siècle. Validée par l'expérience, elle est aujourd'hui une théorie universelle qui régit les phénomènes physiques aux différentes échelles.
    Révolutionne notre vision du monde.
    Ses aspects radicalement nouveaux défient le sens commun et nous obligent à reconsidérer les rapports de la matière avec l'espace et le temps.
    J-M. Lévy-Leblond présente avec clarté et profondeur d'analyse l'histoire, les principes fondamentaux et la portée de cette révolution intellectuelle.

  • La matière

    Jean-Marc Levy-Leblond

    Si, dans lusage courant, le mot matière renvoie aux idées de massivité, de solidité, de consistance bref, de substance , la physique a depuis longtemps étendu lusage du vocable à des objets physiques que le profane peine à considérer comme des corps matériels. Les gaz impalpables déjà autrefois, la lumière au vingtième siècle, voire même le vide maintenant se trouvent dotés par la physique de propriétés matérielles. Mais le haut degré dabstraction de ces propriétés, par exemple dans la théorie quantique, justifie-t-il lusage dun mot courant aussi chargé dassociations mentales ? Certains ont même prétendu quen un certain sens, la matière aujourdhui disparaît de la science, au profit dentités conceptuelles échappant à toute intuition. Mais paradoxalement, cest à partir de ces entités ésotériques que se conçoivent et se fabriquent de nouveaux matériaux, bien réels et concrets ceux-là, qui transforment notre technologie (des composants électroniques aux matière plastiques). Aussi la science seule ne suffit-elle pas à rendre compte de lévolution de ses propres conceptions de la matière, si elle ne saccompagne pas dune auto-réflexion culturelle et historique .

  • Au début du 17e siècle, Galilée est le fondateur emblématique de la science moderne. Par ses observations astronomiques, il nous fait passer du monde clos et géocentrique hérité de l'Antiquité à l'Univers pluri-centrique et infini d'aujourd'hui.
    C'est aussi le premier physicien véritablement expérimentateur, qui posera les bases de la mécanique moderne et de la théorie de la résistance des matériaux. Bien avant Einstein, il avancera l'idée de la relativité du mouvement. 
    Jean-Marc Lévy Leblond, physicien et essayiste, raconte ici la vie et l'oeuvre scientifique révolutionnaire dun homme profondément nourri par la culture artistique et littéraire de son temps, autant que marqué par ses tensions idéologiques et politiques.

  • Pour définir la matière, des Grecs à nos jours, deux conceptions se sont opposées. Pour Démocrite, la matière est faite d'atomes qui circulent dans le vide ; pour Aristote, on ne peut séparer la matière de sa forme, l'ensemble, appelé « substance », excluant l'idée du vide.
    Le XXème siècle vient bouleverser toutes ces conceptions. L'espace-temps d'Einstein et la découverte du monde microscopique avec la mécanique quantique, remettent en cause notre appréhension du monde. Ce petit livre nous révèle les secrets de cet Univers qui nous entoure et que nous connaissons si mal.
    Et pourquoi les étoiles brillent-elles ? De quel feu brûlent-elles ? Quel message nous envoie leur lumière ? Comment expliquer la variété et la répartition des atomes ? Quand et comment ont-ils été formés ? Le secret des secrets n'est plus la fabrication de l'or mais l'émergence de toute la matière, dans les débris des étoiles explosées. Ne sommes-nous pas tous faits de « poussières d'étoiles » ?

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