• Ces Contes & Nouveaux contes de la montagne sont le chef-d'oeuvre de Miguel Torga et un des grands livres de la littérature portugaise du xxe siècle. Les 45 nouvelles de ce recueil ont été écrits et revus entre 1939 et 1980. Elles dépeignent la forte réalité rurale portugaise, celles des montagnes du Nord du Portugal, de la misère et de la solitude de ses paysans. L'auteur ausculte les hommes et les femmes de ce monde âpre, hostile et silencieux, à l'écoute de leurs quelques joies et de leurs nombreuses peines.

  • Cette oeuvre autobiographique, rédigée sur près d'un demi-siècle en six chapitres successifs, évoque le monde des paysans et le quotidien d'une vie refusant toute compromission.

  • Senhor ventura

    Miguel Torga

    • Corti
    • 14 Novembre 2005


    senhor ventura est écrit à cent à l'heure.
    depuis la pérégrination de fernao mendes pinto et les lusiades de luis de camoes, classiques fondateurs de la littérature portugaise, les récits n'ont pas manqué dans ce pays, qui racontent " des existences frappées d'ubiquité, divisées, perturbées. ". senhor ventura s'inscrit dans cette lignée. dès le début de cette fable menée à un train d'enfer (on pense au mandarin d'eça de queiroz), miguel torga affirme qu'il met dans son héros " la réalité de ce qu'[il est] et la nostalgie de ce qu'[il aurait] pu être.
    " antoine de gaudemar, libération. ce récit vif et enlevé raconte les tribulations d'un jeune paysan de l'alentejo entre la chine, oú il va chercher la fortune et l'amour - il n'y trouve que le contraire de l'une et de l'autre - et son village de penedono, oú il tentera de se retrouver. mais derrière ces épisodes, derrière " la soumission des instincts et des sens aux voies de l'aventure ", c'est la figure emblématique de l'emigrant, que détaille torga, c'est la fable éternelle de l'exil et du retour qu'il écrit, superbement.
    patrick kéchichian, le monde.

  • Vendange

    Miguel Torga

    " senhor angelo connaissait le théâtre humain et ses marionnettes.
    Le versant qui s'élevait en face lui fournissait l'image d'une scène gigantesque oú se jouait la comédie de la vie. tout en bas, la pauvreté piétinée et affamée ; au milieu, ceux qui s'étaient élevés avec le temps, obscènes d'impatience et d'insensibilité ; en haut, l'élite dont il faisait partie, jouissant des derniers privilèges hérités. irréconciliables, les trois mondes se haïssaient et se combattaient.
    Celui d'en bas avait la raison du nombre et l'arme puissante du travail ; celui du milieu, plastique et tentaculaire, traçait son chemin à coup d'audace et de ténacité ; celui d'en haut brandissait les armes immaculées de la culture et du goût en se prévalant de la légitimité de privilèges ancestraux. seul le premier avait besoin d'une victoire totale et retentissante. parce qu'il sortait des brumes, il voulait la clarté totale.
    Aux autres, le maintien de l'équilibre suffisait (. ). le combat des trois ennemis aurait-il une fin prochaine ?".
    Nous sommes dans les terres chaudes du douro, la région oú s'élabore le porto, le temps d'une récolte. si les trois forces en présence se combattent, elles-mêmes sont parcourues par toutes les tensions humaines, dans l'ordre de la sensibilité, de l'affectivité et de la sexualité. certains gardent leur dignité, d'autres la perdent, d'autres encore se mettent en chemin pour la trouver.

    On peut s'étonner que ce roman subversif, écrit au début des années 40 et publié pour la première fois en 1945, n'ait pas été saisi par la censure, comme le quatrième jour de la création du monde l'avait été en 1939 et les contes de la montagne en 1941. serait-ce parce qu'il ne s'agit pas ici de subversion politique ou religieuse, mais de subversion sociale, et qu'il importait peu à " l'etat nouveau " salazariste qu'on mette en scène la lutte entre les grands, les gros et les petits ? quoi qu'il en soit, en raison des saisies précédentes, l'urgence pèse sur ce livre, dont le style et le rythme sont marqués par la compulsion.
    Comme s'il devait être le dernier, tous les thèmes que développeront les nombreux ouvrages à venir se bousculent dans ce roman.
    C. c.

  • Rua

    Miguel Torga

    • Corti
    • 23 Janvier 1997
  • En chair vive

    Miguel Torga

    " Durer longtemps - écrit Miguel Torga le jour de son soixante-douzième anniversaire -, seule façon de pouvoir efficacement mettre en perspective les hauts et les bas de la vie.
    De savoir que la raison atteint où elle peut, que les sentiments ont plusieurs facettes, que derrière chaque apparence se cache une inapparence, qu'il est de bons défauts et des vertus mauvaises, que tout est complexe et vain.
    Certes, celui qui part prématurément laisse de lui un espoir frustré, et celui qui dure s'expose à être une frustration manifeste. Mais ça vaut la peine de courir le risque.
    Même si l'on échoue complètement, on emporte dans la tombe un inestimable trésor : la soumission à nos limites, la connaissance désabusée de la réalité. Que de choses j'aurais perdues si je n'avais pas tant aimé, tant vu, souffert tant de désillusions, connu tant de controverses, lu tant de livres, et si manquaient à mon expérience émotive et mentale les guerres, les découvertes, les catastrophes auxquelles j'ai assisté ! Durer longtemps.
    Durer assez pour n'avoir pas de peine à quitter le savoir et la pratique du monde. " Ce long temps " en chair vive " est jalonné par les disparitions de J. Rostand, Chaplin, Brel, Hergé, Sartre, Yourcenar, Dali, Borges, Beckett, Garbo, La Passionara, etc. , dont Miguel Torga écrit les incisifs " tombeaux " ; des régimes s'effondrent, des idéologies se succèdent, des guerres camouflées ou spectaculaires se déroulent, une Europe bancale s'édifie, sous son oeil clinicien.
    Et finit de se réaliser un souhait précocement exprimé (23. 3. 1942) : " Ce que je demande à la vie, c'est assez de santé pour pouvoir continuer à constituer, avec mes livres, un bon oreiller sur lequel, un de ces jours, je pourrai appuyer ma tête et mourir " : 15 recueils de poèmes, 4 pièces de théâtre, 2 volumes de discours et conférences, 16 volumes de Journal, 2 romans, 94 nouvelles, les 6 jours de sa Création du Monde et un visionnaire Portugal.

  • Orphée rebelle

    Miguel Torga

    " J'élève ainsi la voix, par défi ", proclame Miguel Torga (1907-1995), poète-né, poète-né rebelle. Dans des poèmes aux titres lapidaires (" Exhortation ", " Dénonciation ", " Examen ", " Biographie "...), Orphée rebelle restitue son art poétique, sa mythologie personnelle et son " humanisme prométhéen et lyrique ".
    Certains ont vu en Torga " un peu la conscience du Portugal ". Son oeuvre à portée universelle incarne la rectitude, la franchise, la solitude de l'homme, poings serrés, entièrement nu sur le globe terraqué.
    Ce recueil, constitué par Torga lui-même, fut publié pour la première fois en 1958. La présente édition, inédite en français, est basée sur l'édition complète de ses poèmes parue à Lisbonne en 2000.

empty