• La joie est au désir ce que la vérité est à la raison : une nécessité et une exigence.
    En la plaçant au centre de sa réflexion, Nicolas Go ne fuit pas les tourments du monde, bien au contraire, puisque la joie assume à la fois la finitude, la barbarie et le mal, dressant devant les déchaînements de la violence sa puissance silencieuse, rappelant la perfection dont l'homme est capable. C'est qu'elle est liberté et sagesse, rire aussi, source enfin de toute création. Loin de tout repli nihiliste, de tout quiétisme égoïste, de toute lamentation impuissante, se dessine alors une authentique voie d'humanité.

  • La valeur que nous attribuons habituellement à un récit est celle que celui-ci tire allègrement de l?organisation des éléments qui le structurent. La valeur poétique d?un récit est celle qui se dégage de l?organisation des éléments à la fois linguistiques et, surtout, prosodiques qui le composent. Le sens qui apparaît dans l'analyse structurale d?un récit poétique s?appréhende à cette organisation. C?est donc au niveau du récit qu?il faut savoir s?élever pour prendre toute la mesure des principales unités, de leur agencement, de leur cohérence. Le texte littéraire possède déjà, lorsqu?on s?amuse à examiner ses unités, une grande complexité. Le texte poétique, qui obéit à une normative prosodique bien complexe, possède ses propres unités et une manière de les organiser, il va introduire à la complexité littéraire une complexité d?ordre poétique.
    L?unité ordonnée la plus connue, celle qui permet d?apprécier un texte poétique, est le vers. Or, le vers poétique, même s?il peut quelquefois se confondre avec la phrase, même s?il a une fâcheuse tendance au relâchement, se distingue par ses propres attributs. Le vers est structuré de manière à offrir les attributs de mesure, de sonorité, de rythme et, quelques fois aussi, de pause, qui vont déterminer ses corrélations avec d?autres unités et imprimer un sens général au texte de poésie. Ainsi, le sens général d?un discours poétique se dégage du sens de toutes les unités linguistiques et prosodiques parfaitement intégrées et non pas simplement hiérarchisées.
    Pour réussir l?analyse d?un texte poétique, il nous faut non seulement réussir l?analyse structurale linguistique de ses différentes unités, mais aussi ajouter à cette analyse linguistique, l?analyse structurale des unités poétiques qui le composent. Autrement dit, il faut savoir considérer chaque niveau de structure comme instance de cette analyse globale, pour enfin l?envisager dans une « perspective intégrative ».

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