• La France représente pour l'histoire sociale de l'industrie en Europe occidentale un objet d'étude central.
    C'est après une crise sanitaire (l'épidémie de choléra de 1832), sociale et politique profonde, celle des années 1830, que les travailleurs de l'industrie imposent leur présence dans la société contemporaine. Cette présence s'affirme pendant un siècle et la question ouvrière se confond bientôt avec la question sociale. C'est ce qu'illustre les grèves de 1936 qui sont en grande partie la réponse des travailleurs de l'industrie (et des services) à la grande crise économique des années 1930.
    A partir d'une double relecture - celle de la question du développement industriel et celle de l'histoire des catégories sociales -, ce livre s'appuie sur les avancées de l'historiographie dans les domaines de l'histoire des entreprises, des mobilités sociales et géographiques, des territoires, des risques sanitaires et industriels, de l'environnement et du genre, pour proposer une nouvelle vision de cette période de l'histoire sociale de l'industrie.

  • «Puissant Alcinoos, très remarquable parmi tous les hommes, Oui, cela est beau, écouter un chanteur Comme celui-ci, pareil aux dieux par la voix».

    Qui est Homère? A-t-il seulement existé? Il y a ses poèmes, l'Iliade et l'Odyssée, composés sous une première forme en Grèce d'Asie Mineure au VIIIe siècle avant J.-C. Mais lui? Les Anciens, qui croyaient en son existence, ont multiplié les récits sur sa vie, sa naissance (de père inconnu, ou est-ce un fleuve, ou Apollon?), son apprentissage, sa cécité, ses voyages, sa gloire et aussi ses faiblesses : il meurt de ne pas avoir su résoudre une énigme enfantine qui portait sur des poux. Un mythe s'est créé, très tôt, étonnant, enjoué et magnifique. Le livre en suit les lignes en partant de l'idée que ce mythe qui parle d'un artiste sans patrie, mutilé mais créateur de merveilles, comme le dieu Héphaïstos, nous en apprend beaucoup sur le choc poétique et religieux qu'a provoqué l'apparition des poèmes homériques. Non pas un auteur, mais un événement révolutionnaire.

  • Comment devenir loup, ou fleur, ou cygne, tempête, feu, eau, ou pierre ? Les déesses et les dieux de l'Antiquité le peuvent sans peine et savent aussi obliger les humains à changer de forme. Zeus, le grand dieu souverain, est le maître de ces transformations. Il en joue comme il veut. Qu'est-ce que cela dit de nous- mêmes, de notre condition ? Avons-nous ces pouvoirs, ou n'est-ce que du rêve ? Poésie, jeux, films et science se posent ces questions.
    Pierre Judet de la Combe, qui est déjà venu au sujet d'Achille et d'Ulysse, revient pour nous parler de métamorphoses.

  • Dans cette petite conférence très vivante et pleine de fantaisie, Pierre Judet de La Combe présente deux personnalités bien différentes.
    Deux héros, deux destins, deux manières d'être, de vivre. Le premier est en colère, affronte ses ennemis, bouscule les dieux, les hommes et gagne.
    Sans méfiance aucune, il aime passionnément ses amis, souffre pour eux, et laisse un souvenir lumineux, mais il meurt. L'autre ruse, fuit, invente mille tours, se méfie de tout le monde, s'échappe toujours et parvient à revenir chez lui, mais à quel prix ? Faut-il choisir entre ces deux voies ?

    Une formidable réflexion sur ce que dit de nous la mythologie.

  • Tirés à part n. m.
    Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Pierre Judet de La Combe partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "Le métier de philologue" de Heinz Wismann.

  • Les Grecs anciens ne sont pas nos ancêtres. Ils sont devenus nos pères quand, au Moyen Âge, il a fallu rendre compatibles la Bible et Aristote. Les Romains ont fait notre langue, mais avaient décidé que leur culture serait grecque. Que faire aujourd'hui de ces lointains parents d'adoption ?
    La question est d'actualité avec la réforme des collèges, qui repose sur une idée simplificatrice de la culture : se contenter de la présentation rapide de contenus. Or l'enseignement des grands textes antiques et de leurs langues à l'école est un étonnant outil d'émancipation et de démocratisation. Langues muettes, langues égalitaires qui n'appartiennent à personne, le latin et le grec ouvrent à une expérience personnelle et créative du langage et de l'histoire.
    Les mots anciens que nous reprenons tous les jours, « démocratie », « empire », « dieu », « technique », ne sont pas seulement des vocables. Ils se sont imposés dans l'Antiquité parce que leur sens, leur valeur ont été argumentés, disputés dans des textes. Aller voir du côté de l'antique, c'est reprendre ces arguments, ces chemins de langage - et c'est passionnant. Lire est une école de liberté.

  • Alors que des discours catastrophistes et misérabilistes ne cessent de prédire une planète surpeuplée, affamée et irrémédiablement endommagée, Pierre Judet propose de prendre du recul.
    Bien sûr, de trop nombreux pays d'Afrique subsaharienne ou d'Amérique latine peinent encore à relever la tête, mais l'auteur l'affirme - données chiffrées et humaines à l'appui : historiquement, le tiers-monde est sur une pente ascendante. " Dans cette perspective d'une poursuite de l'aventure humaine, l'analyse du développement prend un sens. Il n'est pas question de l'idéaliser comme le déroulement sans heurt d'un long fleuve tranquille, mais de repérer les étapes et les avancées d'un processus parfois chaotique et cruel où rien n'est jamais acquis, où les retours en arrière ne sont pas exclus, mais qui ne cesse d'avancer depuis plusieurs siècles.
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