• Régulièrement embauchés en CDD, souvent assujettis à la saison sportive, fréquemment mobilisés sur des horaires atypiques, les salariés du monde sportif souffrent durablement de conditions de travail précaires.
    Ils sont depuis 2005 protégés par une convention collective supposée améliorer leur sort. Pour autant, est-ce véritablement un mieux ? Comment en est-on arrivé à cette convention ? Qui sont les acteurs ?
    L'auteur nous fait rentrer dans les coulisses des accords collectifs entre organisations professionnelles et l'État et à la naissance d'une convention collective, celle qui prévaut dans le monde sportif.

  • L'année 2002 célèbre la 100e édition de la course cycliste Paris-Roubaix. Une équipe de chercheurs en sciences sociales s'est saisie de l'occasion pour explorer les multiples facettes d'un événement populaire parfois malmené. Autrefois conspuée en raison des pavés peu favorables aux exploitants agricoles, parfois discréditée pour l'image négative d' enfer du Nord qu'elle véhicule, l'épreuve fait aujourd'hui l'objet d'une attention particulière de la part des collectivités publiques comme des organisateurs de courses. Les auteurs se sont efforcés de restituer La reine des classiques dans toutes ses dimensions tant historiques que sociales ou encore économiques, et de rendre compte des multiples manières d'appréhender l'événement selon que l'on soit organisateur, sponsor, coureur, représentant politique, journaliste ou enfin spectateur. Regroupés en trois parties, Histoire et patrimoine, Valeurs et représentations, Promotions et communications, les articles des auteurs viennent ainsi rythmer la longue histoire d'une course cycliste qui parvient à s'élever au rang de véritable patrimoine régional.Labellisé Jeune Equipe par le Ministère de l'Education Nationale (Janvier 2002), le laboratoire Sport, identité, culture (SIC) de la faculté des sciences du sport et de l'éducation physique, université de Lille 2, est actuellement dirigé par Claude Sobry, maître de conférences HDR. Il accueille huit enseignants chercheurs statuaires et neuf chercheurs associés inscrits en doctorat. Les deux principaux axes de recherches portent sur Les Sports et la formation des identités locales ainsi que sur La Communication et les médias dans le monde sportif. L'ouvrage sur la course Paris-Roubaix est une contribution au premier axe.Ont contribué à cet ouvrage:Corinne Delmas Maître de conférences en sociologie à la Faculté des Sciences du sport; Membre du laboratoire Sport, identité, culture, université de Lille 2; Christian Dorvillé Maître de conférences en socio-psychologie à la Faculté des Sciences du sport; Membre du laboratoire Sport, identité, culture, université de Lille 2; Sébastien Fleuriel Maître de conférences en sociologie à la Faculté des Sciences du sport; Membre du laboratoire Sport, identité, culture, université de Lille 2; Karl Joly Chargé d'étude dans le domaine du tourisme; Nicolas Pénin Doctorant en STAPS; membre du laboratoire CRESS, université de Paris-Sud Orsay; Michel Raspaud Sociologue; professeur des universités en STAPS à l'UFR-APS; Membre du laboratoire EROS, université Joseph Fourier - Grenoble 1; Pascal Sergent Spécialiste de l'histoire du cyclisme et auteur d'une douzaine d'ouvrages sur ce thème dont Charles Crupeland, le champion des brumes, édition de Eecloonaar, 1999 (récompensé par le Prix Louis-Nucéra) et Un siècle de Paris-Roubaix, 1896-1996, édition de Eecloonaar, 1996; Claude Sobry Maître de conférences HDR en économie à la Faculté des Sciences du sport; Membre du laboratoire Sport, identité, culture, université de Lille 2; Fabien Wille Maître de conférences en science de la communication à la Faculté des Sciences du sport; Membre du laboratoire Sport, identité, culture, université de Lille 2

  • Préface de Daniel Costantini « Champions du monde de football (1998), champions du monde de handball (2001), 38 médailles aux Jeux olympiques de Sydney (2000). Le sport de haut niveau évoque à coup sûr médailles et titres glorieux français, et les performances sportives ont, de ce point de vue, quelque chose à voir avec la magie : c'est un monde merveilleux et enchanté.


    Pourtant, au-delà de cette représentation onirique de la performance, le sport de haut niveau est aussi une production rationnelle dans laquelle sont engagés tout à la fois un travail de définition légale de l'athlète de haut niveau qui se démarque de la seule élite sportive, une bureaucratie d'Etat associée à un ensemble de corps professionnels (médecins, journalistes) (dé-)voués à la performance, un dispositif institutionnel de formation de l'élite, un système de croyance. Là où la performance semble spontanée en tant que résultat d'une prouesse physique pour le spectateur, l'observation de ce qui pourrait constituer en quelque sorte l'envers du décor du sport de haut niveau vient rappeler le caractère hautement élaboré d'une activité éminemment sociale.

  • Les auteurs de ce numéro 27 de la revue Marché et Organisations discutent de la fragilité des emplois liés au sport et des relations sociales toujours en quête de sens. Le marché du travail sportif ne va pas de soi : comme pour les artistes, il renvoie à un domaine réputé singulier dérogeant par nature au droit commun du travail. A l'exception culturelle des premiers, correspondrait une spécificité sportive pour les travailleurs du sport.

  • Cet ouvrage à plusieurs voix entend rendre compte de ce qu'incorporer veut dire, en inscrivant la réflexion à l'interface de la philosophie et de la sociologie. C'est en tenant ensemble ce double mouvement de réflexion qu'il propose un horizon d'investigation permettant de mieux appréhender la façon dont le social habite dans les corps, s'incarne en eux.

  • " sportifs en danger " ? la formule peut surprendre au regard des fortunes amassées par les champions les plus connus.
    Ils font pourtant figures d'exception. la plupart de ceux qui sacrifient leur vie à la pratique compétitive sont confrontés, en effet, à l'insécurité permanente. mais, plus que l'incertitude des résultats, c'est le refus de les considérer comme des travailleurs à part entière qui crée les conditions de leur précarité. les dirigeants fédéraux contribuent à cette situation en encensant les vertus du sport amateur et désintéressé.
    Dénonçant les dérives de l'argent, ils appréhendent les athlètes dans une vision paternaliste, fermée à l'idée même de travail sportif. a l'inverse, ceux qui s'efforcent de promouvoir et de vendre le sport comme un spectacle déplorent le conservatisme des fédérations et participent, sous couvert de modernité, à l'instauration de pratiques libérales. pris dans l'alternative " paternalisme/libéralisme ", les sportifs font figure de prolétaires de la performance.
    Tant qu'ils ne parviendront pas à faire reconnaître collectivement leurs conditions de travail spécifiques, ils devront supporter seuls les risques d'une carrière courte et aléatoire.

  • Qu'est-ce qui fait l'excellence sportive ? Que faut-il pour réaliser des performances dans des disciplines aussi diverses que l'athlétisme, le cyclisme, l'équitation, le football, la gymnastique, le rugby et la voile. Les enquêtes rassemblées dans ce livre mettent en évidence un " droit d'entrée " propre à chacune d'elles et étudient les modalités d'acquisition du "capital spécifique " requis, les formes d'incorporation des compétences et des habiletés corporelles et sociales qui le définissent. Elles analysent, par ailleurs, la dynamique des luttes incessantes dans l'espace des sports qui ont pour objet la définition du "capital sportif ", tantôt amateur, tantôt professionnel, selon l'état de développement de chaque discipline. Elles étudient enfin les possibilités et les modalités de conversion ou de reconversion du capital sportif à l'issue d'une carrière, mettant en évidence sa faible convertibilité. Il apparaît ainsi que, si les champions sont célébrés pour leurs exploits, les titres et les records accumulés contribuent surtout au prestige des institutions sportives.

empty