Essais / Réflexions / Ecrits sur la BD

  • Bien qu'issu d'un milieu aux convictions étroites, Georges Remi dit Hergé (1907-1983) est parvenu à donner naissance à une oeuvre ouverte et universelle. Pour Hergé, la bande dessinée ne fut jamais un art mineur. Il voulut tout faire entrer dans Les Aventures de Tintin : ses curiosités et ses angoisses, ses passions et ses rêves, sa sensibilité au siècle. Quelques semaines avant sa mort, il déclarait y avoir mis toute sa vie. Il y avait mis en tout cas la plus belle part de lui-même. Benoît Peeters, spécialiste de l'oeuvre d'Hergé qu'il connaît mieux que personne évoque dans ce texte passionnant, plein d'anecdotes révélées pour la première fois, l'itinéraire complexe de ce créateur et cet art de la bande dessinée qu'il a porté au plus haut.

  • Hergé est né en même temps que le cinéma. Dès son plus jeune âge, il se passionna pour le 7e art, et ses « expériences cinématographiques » le marquèrent pour toute son oeuvre. Il affirma plus tard : « Je considère mes histoires comme des films », en précisant ses acteurs favoris : Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, les Marx Brothers, etc., et en mentionnant plusieurs influences cinématographiques précises.Bob Garcia a mené l'enquête pendant plus de vingt ans et visionné des centaines d'heures de films. Après s'être intéressé aux origines de la culture cinématographique du jeune Hergé, puis aux genres, acteurs et réalisateurs qui l'ont inspiré, il a recherché les films qui furent déterminants dans la création de chacun des albums et livre ici de nombreuses références et influences inédites et stupéfiantes.Autant d'invitations, pour les cinéphiles et les tintinophiles, à jeter un nouveau regard sur le travail d'Hergé.
    Passionné de littérature populaire, de musique et de bande dessinée, Bob Garcia a publié une dizaine de romans et nouvelles policières, d'études tintinophiles et d'essais et articles sur le monde du jazz. Il a publié en 2018 Tintin, le diable et le bon Dieu chez le même éditeur.

  • Si tout semble avoir été dit et écrit sur René Goscinny, son oeuvre cinématographique et télévisuelle a trop souvent été survolée. Après avoir  débuté comme gagman, Goscinny est devenu producteur de ses films, à la tête d'un important studio d'animation européen (avec Uderzo). On lui doit trois films, trois téléfilms, cinq dessins animés et une série télévisée, sans compter des participations à des scénarios et des projets non aboutis.  Collaborant régulièrement avec Pierre Tchernia et une équipe de comédiens fidèles (Roger Carel, Michel Serrault, Micheline Dax, Michel Galabru, Rosy Varte, Jean-Marc Thibault...), il a écrit des scénarios qui lui ressemblent, et qui ont dans son oeuvre une place aussi importante que les albums d'Astérix ou les livres du Petit Nicolas.
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    Cet ouvrage  donne un coup de projecteur sur la carrière audiovisuelle de René Goscinny, 40 ans après sa mort, et à l'occasion d'une rétrospective «  Goscinny et le cinéma  » organisée par  la Cinémathèque française à l'automne 2017.

  • Tintin est né dans le monde très catholique de la bande dessinée franco-belge de l'entre-deux guerres. C'est donc tout naturellement qu'Hergé a distillé de multiples allusions aux grandes valeurs du christianisme, fondamentalement ancrées en lui, au fil des albums qu'il a créés. Incarnées par son héros, elles sont omniprésentes dans une oeuvre qui témoigne également d'un intérêt très documenté et respectueux du dessinateur pour les autres croyances.Après avoir resitué chaque bande dessinée dans son contexte de création, Bob Garcia s'attache à répertorier les références aux religions, mythes ou superstitions qui apparaissent dans l'oeuvre hergéenne. Il nous démontre ainsi que, contrairement aux procès d'intention dont elles ont pu faire l'objet, les Aventures de Tintin nous enseignent la tolérance, le respect et l'ouverture sur le monde.
    Passionné de littérature populaire, de musique et de bande dessinée, Bob Garcia a publié une dizaine de romans et nouvelles policières, d'études tintinophiles et d'essais et articles sur le monde du jazz. Son dernier roman aux éditions du Rocher, Les Spectres de Chicago, est paru en 2016.

  • L'ascension du 9e Art :
    Nathalie Heinich, L'artification de la bande dessinée
    Benoît Mouchart, Le festival d'Angoulême, instrument de légitimation
    Philippe Dagen, Sens dessus dessous. Art contemporain et bande dessinée
    Pascal Ory, Une vie avec la BD (entretien)

    La conquête d'une place :
    Fabrice Piault, Naissance d'un marché
    Antoine Torrens, La bande dessinée en bibliothèque. La constitution d'une géographie inconsciente

    Éléments d'une histoire :
    Thierry Groensteen, 1833-2000 : une brève histoire de la bande dessinée
    Jean-Pierre Mercier, La bande dessinée américaine, entre mass media et contre-culture
    Benoît Mouchart, 2000-2017 : les mutations de la bande dessinée
    Jean-Marie Bouissou, Le manga en douze questions
    Benoît Mouchart - Jacques Tardi, Abattre les jours (entretien)

    L'écriture et l'image :
    Benoît Peeters, Une écriture spécifique
    Tristan Garcia, Enfance de la bande dessinée. L'art des images et des âges
    J. M. G. Le Clézio, Un enthousiasme d'enfance

    La folie Tintin :
    Pierre Assouline, Hergé sacré, sacré Tintin!
    Rémi Brague, Tintin, ce n'est pas rien!
    Jean-Luc Marion, Tintin comme système. Esquisse d'une interprétation
    Hubert Védrine, BD, histoire et géopolitique

    La BD à l'école :
    Cécile Gonçalves, La BD a sauvé mes cours de philo
    Vincent Marie, Fragments d'une guerre dessinée. La BD historique et la Grande Guerre
    Lucie Servin, La mémoire de la Shoah et sa représentation dans la BD
    David Vandermeulen, La BD et la transmission du savoir

  • "Mieux vaut exercer son intelligence à des conneries que sa connerie à des choses intelligentes." Les Shadocks
    Nous aimons tous les Schtroumpfs. Leur univers fait partie intégrante de notre enfance. Pas question, pour l'auteur, d'en casser la magie ou d'en rompre le charme ; mais bien au contraire de prolonger le plaisir autrement...
    Les Schtroumpfs peuvent être étudiés sous une infinité d'angles : culturel, esthétique, marketing, économique, juridique, historique, sociologique, psychologique, psychanalytique. Pédagogique également : ils s'adressent en priorité à un public d'enfants. Une telle approche explique certains traits saillants du monde des Schtroumpfs, comme l'absence de sexualité. Le village des Schtroumpfs peut apparaître comme la métaphore d'une classe d'école.
    Mais allons plus loin dans l'analyse :
    Les petits lutins de Peyo se ressemblent tous : bonnet blanc, collant blanc, corps bleu, petite schtroumpf bleue, excepté le grand Schtroumpf, ils vivent en collectivité et travaillent tous à une cause commune : réparer le village après le passage d'un méchant, bâtir un pont sur la rivière Schtroumpf... l'initiative privée est rarement récompensée, elle est même la plupart du temps réprimée, ils prennent leur repas tous ensemble dans une salle commune, ils ont un chef unique, ils sortent très rarement des limites de leur petit pays...
    Cela ne vous évoque rien ? Une dictature politique par exemple ?
    Antoine Bueno, professeur à l'IEP de Paris, nous propose une étude intéressante autant que divertissante émaillée d'exemples divers pris dans l'oeuvre de Peyo. Son raisonnement étayé en étonnera plus d'un, et livrera aussi toutes les réponses aux questions fondamentales que pose la série, comme la taille réelle des Schtroumpfs.
    A l'issue de la lecture, nous espérons qu'il vous aura convaincu d'une chose : Le monde des Schtroumpfs semble bien un archétype d'utopie totalitaire. Alors, cela change-t-il pour autant le regard que nous portons dessus ? En aime-t-on moins les petits lutins de Peyo ? Sans doute pas. Faut-il s'en inquiéter ? C'est toute la question...

  • Aujourd'hui la bande dessinée est partout au point que l'on ne prête guère attention à la singularité de sa présence. À la une des magazines, dans les manuels scolaires, sur les murs des villes, l'image bédéiste a colonisé l'imaginaire des sociétés contemporaines. Qu'ils soient férus de littérature graphique, simples amateurs, indifférents, voire hostiles, les contemporains, face à cette débauche d'images, ne peuvent ignorer des personnages devenus familiers. Lecteurs et lectrices, de tous les âges et de toutes conditions, peuvent avec ravissement se plonger dans les univers de la BD, découvrir des mondes improbables, suivre des reportages, prendre la mesure des connaissances scientifiques. Ainsi se déploie une douce accoutumance à toutes les formes de narrations graphiques. Revues, festivals, rencontres contribuent à maintenir ou à accroître la dépendance aux bulles et aux cases. Mais, miroir déformant, la bande dessinée offre aussi un panorama des addictions à l'alcool, au tabac ou au sexe.

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