Lyrique

  • Au quatrième mois de l'année 1819, le poète Issa, natte en paille sur le dos et sac de moine mendiant accroché autour du cou, quitte son ermitage de montagne et part en voyage de temple en temple. Nous suivons avec lui un chemin de poésie à travers les paysages du Japon, les rencontres avec les amis et inconnus de passage, les histoires étranges qu'on lui rapporte... Cette année-là voit aussi sa petite fille de deux ans, ce rayon de soleil épanoui dans le rire, mourir subitement de la variole.
    Il m'est difficile de ne pas songer à ce lien d'amour, dévoile Issa. Sur ce monde inconstant où les tristesses sont aussi nombreuses que les noeuds du bambou, le poète garde un regard confiant et émerveillé. Un regard de printemps".

  • En 1857, dans une Angleterre victorienne patriarcale, William Morris, poète de 23 ans proche du mouvement préraphaélite, s'empare de la légende arthurienne qui connaît alors une popularité croissante.
    Mais, au lieu de célébrer les exploits des chevaliers, l'auteur décide de donner pour la première fois la parole à la reine Guenièvre. Reprenant l'un des épisodes les plus célèbres du mythe du Camelot durant lequel la souveraine est accusée d'adultère avec Lancelot, William Morris place Guenièvre au centre de son récit et lui laisse le champ libre pour qu'elle présente seule sa défense devant un parterre de juges : tous des chevaliers, tous des hommes. La reine développe alors ses arguments, défend son amour et montre qu'elle a aussi été contrainte dans une condition qu'elle n'a pas voulue.

  • Dans ces deux recueils de poèmes dédiés l'un et l'autre à un ami paysan, le narrateur dit l'amour qui le porte vers cet homme autant que la distance qui l'en sépare, avant son retour inexorable à la solitude. Pour le poète romand, l'approche du paradis est une quête à recommencer sans cesse. Le second recueil a reçu le prix Rambert 1941.

  • Plus qu'une autobiographie, ce livre central dans l'oeuvre de Charles Reznikoff est un art poétique. Il y a là une forme de résurgence, ou de permanence de la vie naturelle, une capacité d'émerveillement intacte quoique jamais naïve, presque une innocence dans le regard posé sur la ville. Reznikoff arpente les rues de New York avec le passé en écho, en observateur de cette civilisation nouvelle, effervescente, bâtie sur le souvenir ou le mythe lointain des légendes disparues : aussi bien grecques qu'hébraïques.
    Cette superposition de la réalité et de la fable donne son épaisseur au poème, qui transcende la réalité sans pourtant jamais s'écarter du réalisme le plus simple, le plus proche. Car ce sont les êtres les plus familiers qui peuplent ces pages, des concierges, des serveurs, des mendiants, des blanchisseurs, tous ceux qui ont un travail - ou une vie - visible à même la rue. Petites scènes de discordes, de discrètes complicités, une famille modeste revenant de la plage, l'histoire d'une lettre d'amour, une dispute conjugale, un mari ivre, des empoignades dans le métro, des infirmières qui sortent du travail au petit matin : nous lisons la chronique d'une époque de crise économique, de migration, de précarité, d'emplois mal payés, de racisme et de ghettos.
    Et dans ce processus tumultueux et naturel se construit l'image d'un pays, avec des hommes venus de Russie, d'Italie, d'Irlande ou de Hongrie, au milieu des voitures, trams, charrettes à bras, des camions et des chevaux, au fond des quincailleries et des épiceries ouvertes la nuit. L'identité est une chose poreuse et souvent éclatée, qui se définit de façon collective, dans la confrontation d'altérités vivant dans le même espace humain.
    C'est un livre qui avance vers le passé, et après avoir traversé de son regard d'adulte ce creuset vivant, Reznikoff en vient à se raconter lui-même. L'enfance de quartier en quartier, de Brownsville le ghetto juif, puis Harlem, et enfin Brooklyn à mesure de la modeste ascension sociale des parents. Une croissance dans un univers désordonné, chaotique, coloré, sale et bruyant, fait de solitude, de découvertes, mais aussi de violences antisémites.
    Les premières lectures à la bibliothèque publique, les camaraderies houleuses, les persécutions enfantines, les vieux immeubles sombres, la vie des grands-parents en Russie, la sagesse juive et les sermons, les études de droit qui auront un impact si important par la suite, la découverte de l'écriture, de la poésie jusqu'à cette décision d'en faire sa vie. Et soudain on oublie qu'on lit un livre, on finit par voir la vie véritable par les yeux d'un petit enfant juif dans les rues de New-York en 1915, dans une intrication totale des souvenirs et du présent.
    Une vie, unique et ordinaire, déracinée sans cesse, qui a trouvé à croître avec des racines mobiles et a fini par trouver sa liberté dans cette mobilité. Livre en forme de vie, livre qui donne ce sentiment étrange de gagner un ami, et d'assister, dans les dernières pages, après tout et non avant tout, à la naissance d'un poète.

  • Qu'il soit platonique ou sensuel, déçu ou sublime, éphémère ou éternel, l'amour constitue une source d'inspiration poétique inépuisable.
    Ce recueil se propose de faire découvrir, à côté des vers amoureux de nos plus grands poètes - Ronsard, Hugo, Baudelaire... -, d'autres oeuvres peut-être moins connues, mais tout aussi remarquables. Ainsi réunis, ces poèmes d'amour nous montrent la variété de l'expression de ce sentiment si mystérieux, et pourtant si universellement partagé.

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  • « L'Évangile selon Marie », « L'Apocalypse selon Lilith » et « L'Arche de Noréa ». Ces trois textes s'inscrivent formellement dans la tradition liturgique chrétienne qu'ils mettent à distance de manière subversive et critique. S'entrechoquent ainsi parole religieuse et discours politique, dans la société moldave patriarcale qui est celle où Nicoleta Esinencu a grandi, où le rôle créatif des femmes se cantonnait à la procréation et aux tâches ménagères. Elle évoque l'oppression subie par les corps féminins, violences, viols, et fait s'élever un chant païen de libération à travers la parole. Détrônant Père et pères, elle célèbre la libération de la parole féminine, mêlant souvenirs d'enfance, détournement de prières traditionnelles et écriture de nouveaux versets parodiant la parole biblique. Elle déconstruit ainsi les piliers religieux et sociaux d'un monde occidental essoufflé en faveur de la reconstruction poétique du monde.

  • L'Autobiographie du rouge est un « roman en vers » d'Anne Carson, inspiré de la figure mythologique de Géryon, présente dans les fragments lyriques du poète grec Stésichore. Traversé par un profond souffle épique, ce « roman en vers » est tout à la fois matière épique, rhapsodie, roman initiatique, journal intime, épopée lyrique et carnet de voyage amoureux.
    Géryon, jeune garçon et monstre rouge ailé, livre les tourments de son âme dans ce récit autobiographique, qu'il commence à l'âge de cinq ans.
    Autobiographie d'un être hors norme, à l'apparence monstrueuse et aux fêlures si profondément humaines. En grandissant, Géryon échappe à l'emprise d'un frère abusif, et trouve du réconfort derrière l'objectif de son appareil photo et dans les bras d'un jeune homme nommé Héraclès, un cavalier vagabond, qui embrase son coeur et l'abandonne à son désespoir. Lorsqu'Héraclès resurgit dans sa vie des années plus tard, Géryon s'embarque dans un voyage en Amérique du Sud à ses côtés. Tout à la fois érudite et d'une accessibilité immédiate, l'Autobiographie du rouge est un livre dont Alice Munro a dit :
    « Je n'ai pas découvert d'écriture depuis des années si merveilleusement troublante. »

  • Le mot « destin » que Gérard Macé fait figurer dans le titre énigmatique de son livre appartient tout autant à la mythologie qu'à la cartomancie, et par conséquent définit la double inquiétude d'un poète qui de longue date, entre fatalité et prédication, s'est enjoint d'ausculter par bribes l'enchaînement des scènes de l'enfance en même temps que leur inexorable déformation dans la boule, plus ou moins magique, du rêve. Ce faisant, il nous fait mieux comprendre aussi que l'écriture de soi ne peut être pour le poète qu'une projection fantasmée de la mémoire du monde, de ses rites et de ses fables.

    Au seuil du livre, Macé s'impose de parler « comme on répond au sphinx » et publie quarante « mots de passe ». En les disposant chacun en quatrain de façon à associer en miroir des images présentant entre elles le plus grand écart, le poète semble avoir cherché, dans le sillage du surréalisme, à résoudre poétiquement les contradictions du réel. Et cela l'a conduit à établir comme poreuse la frontière entre les deux pans cardinaux de la vie humaine, l'éveil et le songe. Il s'est agi ensuite pour lui d'essayer de formuler « ici » la clé de l'énigme, qui tout en neutralisant la sentinelle du Temps lui permettrait de rouvrir un accès harmonieux vers le royaume des morts : « Une porte à tambour / pour entrer dans les rêves /L'esprit toujours léger /mais l'inquiétude au coeur. » L'un des charmes de ce recueil tient à la reprise de certains vers d'un poème à l'autre : des bribes de souvenirs, modulées discrètement comme autant de mirages, circulent des premières pages du livre vers les poèmes plus longs des deux dernières parties : « Images de la caverne » et « Sous les nuages de Magellan ». Signe de l'intense et mystérieuse combinatoire entre les éléments du réel, cette dernière section est la transcription d'un rêve quasi-nervalien que fit l'auteur « au cours d'une nuit d'octobre », et dans lequel il a justement rêvé avoir mis en vers un de ses propres livres paru chez Gallimard en 1995, L'autre hémisphère du temps. Mais à la différence des grands Voyants de la fin du dix-neuvième siècle, la poésie ne tombe pas dans la prose, c'est au contraire une certaine prose qui revient chanter là, apurée, dans le poème.

  • L'oeuvre - comme la vie - d'Avrom Sutzkever est exemplaire à plus d'un titre. Elle traverse le siècle et porte l'espoir paradoxal de la poésie qui, en plusieurs occasions, lui a littéralement sauvé la vie, quand, ayant dû traverser un champ de mines sous la neige dans la forêt de Narotch, il a accordé ses pas au rythme d'un poème récité à voix basse. C'est également avec la poésie qu'il affrontera la ville secrète des égouts de Wilno et la mort d'un enfant, et c'est avec la poésie qu'il renaîtra sur la terre spirituelle de sa langue, le yiddish, flammèche vacillante sur une bougie orpheline, qu'il gardera vissée au corps. Figurent dans cette anthologie des poèmes de tous ses ouvrages publiés, depuis Sibérie (1936) jusqu'à Murs effondrés (1996), et si une partie importante est consacrée à l'écriture quotidienne du ghetto et de sa résistance, l'ensemble de près de 400 poèmes en vers et prose, extraits de 22 recueils, résonne au-delà de la seule réalité politique à laquelle Sutzkever fut confronté. On peut parler alors d'un véritable engagement poétique visant à garder mémoire des visages et des mots de ceux que la barbarie a voulu effacer, les inscrivant en lettres plus éternelles que le temps dans le livre de la vie.

  • Dans ce petit livre, Philippe Denis a réuni les poèmes que lui ont inspiré sa fréquentation, depuis les années 70 des poètes japonais réunis dans les quatre volumes de la célèbre anthologie de Haiku publiée en 1949-52 aux Etats-Unis par R. H. Blyth. N'ayant pas accès à la langue d'origine, l'auteur avoue humblement que "traduire une traduction c'est à peu près emprunter la canne d'un aveugle pour saisir ce qu'il ne peut voir" , d'où le titre, Inventions, qui dit à quel point ces textes - qui sont à l'origine des haiku de Matsuo Nachô, de Yosa Buson, de Kobaiashi Issa, et, pour les Notes sur des pivoines de Masoka Shiki -, ont été réinventés par Philippe Denis avec tout l'art qui est né de sa pratique personnelle de la poésie.
    Les poètes japonais du Haïku sont des maîtres dans l'art de "la saisie de l'instant dans son intégralité et dans son imperceptibilité, sans aucune fioriture" . C'est donc bien parce que, comme l'écrit Florian Rodari, Philippe Denis n'a lui-même jamais cessé de recueillir au vol et sans impatience les innombrables aspects du réel pour les distiller ensuite dans le confinement de la chambre "comme une eau qui soit enfin de vie" , qu'il a pu ainsi acquérir la précision du regard et la concision verbale qui lui permettent de nous offrir aujourd'hui, par delà l'ignorance de la langue de départ, ces poèmes de ses auteurs de chevet, comme autant de "pures merveilles" : Allume la bougie, je te montrerai pure merveille, une poignée de neige !

  • Cette édition rassemble sept ensembles de poèmes de Christian Dotremont, d'Ancienne éternité, texte éblouissant écrit en 1940 à seulement 17 ans et qui le fera intégrer immédiatement les groupes surréalistes belges puis français, jusqu'à Les trois forêts, écrit au sanatorium d'Eupen en 1953 où il soignait sa tuberculose. Ces poèmes, la plupart écrit sous la forme « dialogique » si particulière à Dotremont, dans laquelle questions et réponses se confondent, filent dans une oralité joyeuse, où l'évocation féminine est une amulette et l'amour une magie. Prestidigitateur du langage, Dotremont suit à la fois une silhouette qui s'échappe et le fil de ses pensées, par-delà les villages, par delà les forêts bavardes, au coin d'une rue floue : réinvoquant d'une main ce qui a disparu sous l'autre, échafaudant sur un fil des associations d'idées fulgurantes, sans jamais tomber. Des hommes brisés qui se recollent, des vêtements empruntés au bonheur, des enfances attachées aux réverbères, des rafales de vies, des fleurs de cimetière ; un ensemble de mots de passe pour ouvrir le présent, de combinaisons pour ouvrir le coffre des choses perdues. Christian Dotremont prend la « mort légère et tiède » dans sa main, et lui raconte des histoires, des histoires infinies à la poursuite du bonheur, dresse entre elle et lui des illusions de poèmes, des jeux aériens, des incendies sous la neige. Il détourne son attention au fil de dialogues où il parle à son ombre, répond à ses propres questions, change de masque entre rire et grimace, comme les grands magiciens savent détourner notre regard vers l'invisible, avant de « s'écrouler sous les applaudissements de la vie ».

  • Troisième volet de la Divine Comédie achevée il y a désormais 700 ans le cantique du Paradis relate le voyage de Dante, conduit par Béatrice, à travers les sphères célestes jusqu'à l'Empyrée où le poète s'abîme dans la contemplation de la lumière divine.

  • À côté de George et de Hofmannsthal, Rilke (1875-1926) est, dans le monde germanique, le poète-phare du début du XXe siècle.
    Polyglotte, esprit cosmopolite (on se souvient de son voyage en Russie avec Lou Andréas Salomé), il fut très attaché au monde latin et spécialement à la France. Un temps secrétaire de Rodin à Paris ? il dédia à l'artiste une passionnante monographie en 1903 ?, traducteur de Paul Valéry notamment, il composa des poèmes français (Vergers) en 1926.

  • La guerre des chats

    Félix Lope De Vega

    • Circe
    • 22 Avril 2021

    Transports ardents, rixes, jalousie féroce, ruses, tourments, prostration et révolte de l'amant délaissé, La Gatomaquia (1634), titre original de l'oeuvre, passe en revue toutes les sauvages turbulences du sentiment amoureux. Parodie de l'épopée classique, depuis l'Illiade jusqu'au Roland furieux, ce poème narratif héroï-comique, qui joue avec un humour burlesque sur les ressorts de la comedia du Siècle d'or, témoigne aussi d'un regard passionné : celui de son auteur, le célèbre dramaturge Lope de Vega, sur la réalité des errances félines par les toits et dans les cuisines, au point du jour ou au coeur des nuits étoilées de la Villa y Corte, le Madrid populaire et pittoresque du XVIIe siècle.

  • Comment mieux définir l'auteur des Petits poèmes en prose ou de Mon coeur mis à nu, de celui qui disait que « le principe de la poésie est dans un enthousiasme, un enlèvement de l'âme » ? Un étonnant portrait, souvent contraire aux idées reçues, d'un calme étonnant quand on sait qu'il est écrit au seuil de la mort.
    La raison principale de cette réédition est l'accessibilité du texte. En effet, la dernière édition de Baudelaire et l'expérience du gouffre, préfacée par Patrice Beray, parue aux Éditions Complexe en 1994, est épuisée.
    Nous espérons qu'en rééditant cet ouvrage, ce texte essentiel suscitera de nouvelles lectures, de nouveaux travaux.

  • La contraction de la pierre dans la main refermée. La dilatation inverse de la pierre dans le poing tremblant de l'enfant sur le seuil de lui-même, l'abandon inverse de l'enfant. L'ouvert. L'abandon à l'ouvert de l'enfant qui ne voulait pas. Soudain plus grand que son corps l'enfant comme si l'étincelle de sa chair avait pris. L'enfant ne veut pas cela mais il l'accepte, de toutes ses forces il ferme le poing sur le caillou brûlant et il accepte.

  • Recueil d'une soixantaine de poèmes d'amour, classés de manière thématique, parmi les plus connus du répertoire de la langue française, des oeuvres de P. Ronsard à celles d'A. Samain, en passant par A. de Musset, T. Gautier, V. Hugo, P. Verlaine, S. Mallarmé ou C. Baudelaire.

  • Une cause dansée tresse les éléments d'une traversée géographique et intellectuelle sur les traces de l'écrivain et historien de l'art Aby Warburg. Écrit dans une langue à la fois évocatrice et précise, Une cause dansée entend une nouvelle fois explorer les attendus et les effets de ce que Pierre Parlant a nommé l'« autobiographie d'un autre » - venant ainsi clore un cycle composé de Les courtes habitudes, Nietzsche à Nice (Nous, 2014) et Ma durée Pontormo (Nous, 2017). Pour chacun de ces ouvrages, la « méthode » n'a pas varié. Partant de la lecture d'écrits latéraux au regard de l'oeuvre la plus connue - ici le texte d'une conférence prononcée par Warburg en 1923, intitulée « Le rituel du serpent » -, l'auteur s'est rendu sur place afin de s'y installer provisoirement, d'y trouver d'éventuelles traces et d'éprouver les particularités et quelquefois l'étrange familiarité des lieux.
    Alors que le premier livre avait été conçu à partir d'extraits de la correspondance de Nietzsche, que le deuxième s'intéressait à l'oeuvre et au journal du peintre maniériste Pontormo, Une cause dansée trouve son origine dans l'expérience relatée par l'historien de l'art Aby Warburg à l'occasion du voyage qu'il fit chez les Hopis en 1895- 1896. Sa composition a été amorcée lors d'un séjour au Nouveau-Mexique (Santa Fe et sa proche région) puis dans le Nord-Est de l'Arizona, une zone aride de mesas où sont bâtis les pueblos des Indiens Hopis. Le texte s'est nourri de divers éléments empruntés à la biographie de Warburg, du contenu de sa conférence « Le rituel du serpent » et de ce que la présence et les déplacements accomplis dans les espaces démesurés de l'Ouest américain ont su produire sur le narrateur. On se doute par ailleurs que les rencontres effectuées et que le jeu du hasard n'ont pas été sans effets. Mêlant les bribes d'un journal de voyage à des remarques et observations d'ordre plus réflexif, Une cause dansée renoue avec ce genre hybride qu'Hubert Lucot, ayant lu Les courtes habitudes, avait désigné comme relevant de l'« essai-poème ».

  • Marie dit la vie la vie tu n'as que ce mot aux lèvres c'est vrai j'avoue la vie est le seul refuge, je ne sais plus trop à force si "j'écris sur vous au lieu de mourir" ou pour rejoindre un verbe au présent "et me sentir mille choses heureuses à la fois" ayant atteint "la bienveillance du réel" du genre ces bras entre nous respirés alors c'est gagné la vie la vie

  • Beaupré

    Eric Sautou

    Quelque chose.
    De ton souvenir.
    N'est déjà plus le même.
    Entendre.
    Ma voix tu ne l'entendras plus que ne l'as-tu.
    écrite.
    Et quand je pense à toi il n'y a plus que des mots.
    Perdue.
    Noyée dans le seul mot qui reste.
    Beaupré.

  • Première fois qu'on se rencontre, on s'embrasse.
    Deuxième fois qu'on se voit, on fait l'amour.
    Troisième fois qu'on se retrouve, on se sépare... déjà ?
    Petits instantanés d'une vie amoureuse, ces fragments décrivent des rencontres d'un point de vue féminin. Entre les décalages, les déconvenues, les ratages et les espoirs, survient parfois une rencontre inattendue qui ébranle et laisse une marque.
    J'essaie d'être toutes ces femmes que je pense avoir en moi.
    Toutes en même temps, toutes à la fois.
    Cela provoque en moi des séismes :
    Pensées contradictoires, clairs obscurs, ratures à mes phrases, En filigrane se profilent quelques questions : dans l'océan moderne des réseaux toujours plus abondants, comment rencontrer l'autre ? comment se confronter à la quête d'une rencontre vraie ?
    Avec des bribes poétiques, Sara Gréselle propose des éléments de réponse au travers d'un regard bienveillant sur les rencontres amoureuses d'aujourd'hui. Les relations sont décrites pour ce qu'elles sont, sans hiérarchie ni jugement, et l'on passe avec bonheur des rencontres fugitives aux trajectoires qui se croisent, se séparent ou se retrouvent, des relations complexes aux rencontres empreintes de douceur.
    Le ton oscille entre humour et légèreté, justesse et tendresse, simplicité, naïveté, vulnérabilité. Un ton renforcé par les dessins qui eux aussi nous parlent de ces corps qui s'ajustent dans l'espace et le temps, solitaires, mais reliés.

  • De la poésie sonore jusqu'au numérique en passant par le rap, Poet Against The Machine raconte l'histoire politique des machines, des médias et de la technologie dans la poésie hors du livre. À l'heure du tout-numérique, cet essai revient sur les contre-cultures poétiques sur scène, dans les festivals et les communautés alternatives et interroge la prétendue neutralité des médiums. Que ce soit avec un magnétophone ou un algorithme, l'humain et la machine sont en constante interaction dans une lutte créative et symbolique. Dans cet état de modernité technique avancée où le média a autant de place que le texte, les hiérarchies sont bousculées, laissant la possibilité d'une néolittérature libérée du livre et de ses canons.

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