Libretto

  • Ce recueil de contes irrévérencieux, oeuvre d'un des plus grands prosateurs de langue arabe, nous introduit par une porte dérobée dans l'univers des intentions cachées, des ruses ourdies dans l'ombre, des apparences masquées que le « malin » s'ingénie à déjouer en mettant à nu la suffisance des gens en place, l'hypocrisie des dévots qui campent à tous les étages du labyrinthe social.

    Ce malin se nomme Abou-Zayd chez qui le goût de la crapule et du travestissement est poussé à si haut degré qu'il semble incarner à lui seul toute la canaille de Bagdad et d'ailleurs.

    Ce livre vaut toujours d'être lu, d'autant qu'il nous permet de découvrir, avec un étonnement émerveillé, un visage insoupçonné de l'islam, lequel professait alors à l'ombre des minarets une philosophie amie de la beauté et des plus douces des libertés.

  • Ce recueil de contes - qui date de la première moitié du xvii e  siècle - puise aux mêmes sources que les Mille et Une Nuits. L'auteur a rassemblé en un volume tous les récits extraordinaires que l'imagination arabe colportait depuis des siècles.
    Le lecteur se trouve transporté dans les rues du Caire ou de Bagdad où le prodige est monnaie courante. En effet, pour Qalyoûbî, comme pour tous les grands prosateurs arabes, la vraie merveille n'est-elle pas simplement d'exister sous le soleil, dans un monde où, pour peu qu'on veuille s'abandonner au courant de la vie, tout peut arriver ?
    Avec les Histoires étranges et merveilleuses, on se retrouve en présence d'un des représentants majeurs de ce courant immémorial, venu du plus lointain Orient, qui conjugue, pour le plus grand bonheur du lecteur, à la fois divertissement et enseignement.

  • Désespéré de ne pas avoir d'héritier pour lui succé- der, un sultan turc quitte son palais pour se retirer des affaires du monde. Peu de temps après, il fait la connaissance de quatre derviches, trois princes et un riche marchand, en route pour la Turquie, guidés par une force surnaturelle qui avait prophétisé leur rencontre. Les cinq hommes vont alors passer toute une nuit à se raconter des histoires plus étonnantes les unes que les autres : histoires d'amour perdu ;
    Histoires nous conduisant dans les contrées les plus lointaines et fantastiques ; histoires pleines de féeries et de créatures étonnantes dans lesquelles les djinns jouent un rôle essentiel ; histoires qui nous mènent dans les jardins les plus luxuriants et merveilleux ;
    Histoires prenant pour cadre les fêtes les plus somp- tueuses...
    Élaborées au XIV e siècle, ces aventures ont été pro- fondément remaniées en ourdou (langue de l'Inde musulmane et du Pakistan) en 1803 par un érudit du nom de Mir Amman.
    Ce livre est aujourd'hui l'un des plus importants héritiers de l'univers des contes fantastiques orien- taux. Peut-être même est-ce là le premier témoignage d'un genre littéraire aujourd'hui en vogue : la fantasy.

  • Neh Manzer, que l'on peut traduire par Les Neuf Pavillons, fut composé entre les XVe et XVIe siècles et fut porté à la connaissance des lecteurs français en 1808 grâce à la traduction du baron Daniel Lescallier.
    Ce livre, qui rassemble neuf historiettes, prend pour point de départ un argument similaire aux Mille et Une Nuits, à savoir, une condamnation à mort différée de jour en jour grâce à une série de contes. L'imminence de la mort est donc l'élément déclencheur de la création, sauf que, dans l'histoire qui nous intéresse, ni la vie de la conteuse n'est menacée ni même sa condition de première reine. Ce qu'elle entend sauver par ses histoires est la vie de son père contre lequel le roi a de grands griefs : « Vous savez que votre père a fait périr ma mère ; d'après la loi du talion il a mérité la mort, et je ne puis me dispenser de lui faire subir cette juste loi. »

empty