Editions L'Harmattan

  • L'écriture de Matthieu Limosino s'attache à l'intime, l'infime, d'humbles Contemplations comme autant d'instantanés. Henri Meschonnic disait qu'« on n'écrit ni pour plaire ni pour déplaire, mais pour vivre et transformer la vie », Prémices d'un après propose une immersion sensible au coeur du quotidien. Une langue simple, mise à nue, qui invite au voyage vers les terres de l'expérience affective. Ses poèmes semblent faire mentir le précepte selon lequel le bonheur ne serait pas source d'inspiration. « Cette envie d'écrire alors que tout va bien » comme le note François de Cornière dans l'un de ses poèmes. Écrire. Garder trace. Témoignage d'un moment que la mémoire déjà estompe. Journal de sensations que seuls les corps conservent, et qui se laissent conter du bout des doigts, menant le lecteur dans un espace inconnu, et pourtant si familier.

  • Avec ce nouveau recueil, La fierté des bannis, Christian Dumotier poursuit son chemin d'écriture, ancré dans son exploration des marges humaines de nos sociétés insensibles, rendant dignité et grâce aux « gens de peu », convoquant nos consciences par-delà nos accoutumances. On a ainsi pu parler de « poèmes du temps présent ». Puissance des évocations, images surgies de la juxtaposition et du mélange des mots, choc des sonorités, à-plats calculés et fulgurances qui claquent, tableaux précis et perçants traversés par les émotions les plus secrètes, chaque portrait, nourri des ressources d'une langue poétique très personnelle, atteint à l'évidence. « La poésie, insolite, sème ses planètes dans le ciel intérieur de l' homme. » (René Char)
    Michel Pinault

  • Cent poèmes avant l'aube se compose de quatre pièces poétiques longues, « La nuit j'ai peur », « Le chant des belles-de-nuit » et « De pétales et d'épines » qui succèdent la section éponyme « Cent poèmes avant l'aube ». Dans la deuxième section, le sujet lyrique met en scène son geste littéraire, ses craintes et ses doutes. La troisième section emprunte son nom à celui d'une fleur élégante. La quatrième et dernière section reprend l'image rhétorique végétale qui associe les bonheurs de la vie aux pétales d'une rose, et les malheurs aux épines. Après la prose poétique viennent des poèmes plus brefs, en vers libres, qui, bien qu'ils évoquent un certain marasme, laissent espérer un lendemain qui chante.

  • Lame

    Michel Cassir

    La mort frôlée fait bondir les papillons. Le souffle qui ne tient qu'à une lame devient alors éveil.
    je pourrais tout aussi bien disparaître ou
    revivre mais je suis là en pyjama d'étoiles jouant
    de la flûte basse dans l'aigu d'une école traversière

    ...nous sommes des morceaux de rêve
    qui ont heurté le sol depuis le lointain
    nous mimons l'humain
    nous mimons l'arbre
    pour l'enfant solitaire...

  • Il n'y a pas de poésie hors sol. « Ici » désigne le lieu, le monde, d'où le poème, à lui lié, parle. Où le proche et le lointain, l'en-dehors et l'en-dedans s'entrelacent, s'entre-choquent, se répondent. Plongé dans le courant d'un temps venu de loin, pris dans la toile d'une époque en surchauffe et en désarroi, le poème tente, au plus fort de l'éloignement du Sens, d'en recueillir des échos, quelques miettes d'horizon ...

  • Omar Emilio Sposito pratique un humour aussi subtilement que simplement roboratif. Un humour d'expatrié-intégré qui se moque du Cocorico d'un petit coq au vin fraîchement naturalisé. Un humour-en-amours souvent contrariées : il y en a / un qui en a et l'autre / quinoa. Un humour sensible aux violences du réel et à ses incertitudes quand on ne sait comment distinguer les saluts-bonjours des appels au secours. Et toujours un humour-en-mots qui ravive avec à-propos le sens d'expressions toutes faites : « Ce n'est pas ma tasse de thé», «Vous ne croyez pas si bien dire», «chercher midi à quatorze heures». Des bonheurs d'expression malgré tout, malgré les rendez-vous manqués. Une écriture d'une sobre et vive élégance.
    Christian Cavaillé

  • Embrasser l'horizon, emprunter ses ailes, s'envoler à la quête de l'homme au confluent des cultures et des traditions, sous l'hymne mélodieux de ses murmures, vainquant les frontières factices... Le recueil puise son inspiration dans l'histoire humaine, ancienne et contemporaine, d'ici et d'ailleurs, comme dans l'expérience personnelle du Poète. Ces poèmes nous révèlent l'étendue de l'horizon, son pouvoir libérateur, sa magie éternelle, aussi éternelle que l'homme lui-même qui l'admire et s'y réfugie.

  • Avec ce recueil, j'ai voulu revenir sur mes pas jusqu'à l'origine de ce besoin de marcher qui n'a cessé de me mettre en mouvement. J'assume ainsi l'héritage que m'a transmis ma mère : cette impulsion et cette énergie me viennent d'elle mais il m'a fallu creuser l'empreinte de mes propres pas. C'est aussi une tentative de traverser le temps qui a été celui de ma génération : un long temps de paix ponctué de récits de guerre. Marchant, je déambule dans le confort de murs droits et intacts, archéologue en quête de ruines, de vestiges tombés en poussière dans un fracas dont l'écho nous est désormais à peine audible.

  • Gertrud Kolmar (1894-1943), Juive berlinoise assassinée à Auschwitz, exprime dans des poèmes d'une rare intensité sa révolte contre la civilisation patriarcale, l'asservissement des femmes et la démonisation de la sexualité féminine, contre la dictature nazie et son racisme meurtrier, et contre l'antisémitisme millénaire. Dans ce choix de 45 poèmes écrits de 1927 à 1937, sauvés de la censure et de la destruction, la traductrice met en évidence à la fois la souffrance de Gertrud Kolmar en tant que femme et Juive dans une société guerrière et mortifère, et sa résilience, qui font de son oeuvre un témoignage humain, poétique et historique poignant, et d'une extrême modernité.

  • "Le temps, qu'on a nommé en cette année 2020 « confinement », fut comme il se doit subjectivement perçu. Temps de pause, temps de lenteur, de recentrement pour certains, temps de perte cruelle,
    d'absence ultime pour d'autres, temps de pression anxiogène, d'effort, d'auto-persuasion, de sacrifice pour tous. [...] Marianne Auricoste avec la tendresse des mots qui veillent les profondeurs de l'Être, nous invite à entrer nouvellement au pays de NOUS, à découvrir son temps propre en dehors de tout concept de gain comme de perte. Il ne s'agit plus d'un temps consommé, mais d'un temps créé dans la matière même d'une existence amoureuse de son devenir."
    Philippe Tancelin

  • Intrications de rythmes et brisures de rythme pour une mise en jeu du langage entière et rompue au réel : une aimantation interrogative
    danse la
    danse pressant
    pieds nus le
    raisin pour ce
    vin de la
    montagne noire
    bu à la
    régalade d'un
    trait son
    tempo est-il
    passé en
    poème passé à
    l'arythmie hors-
    chant maintenant
    dans quelle mesure
    sommes-nous

  • Dans ce recueil, la voix poétique surgit parfois comme sous la forme d'un véritable réquisitoire contre ceux qui, ancrés de plein pied dans l'univers de la mondialisation, semblent bel et bien privilégier le projet et la rentabilité comme le projet de Conga au détriment de la bienveillance et de la protection de la Planète qui nous fait vivre et de ceux qui subsistent à travers elle et ses bienfaits.

  • Les jours gris durent trop longtemps. Les jours gridurent. La lumière elle-même, que pourtant rien n'arrête, n'a pu s'y frayer un chemin. La lumière n'a pu sifreiller. Les jours gris sont comme un vase cassé. Nous sommes tous des vases cassés. Nous sommes tous des jours gris. Recollés, la lumière passe. Il décida de recoller les jours gris. Et les jours ne gridurent plus. La lumière put alors sifreiller. N'analysez pas vos raisons de pleurer. Vivez. N'étudiez pas vos larmes. Vivez-les. Les mains qui fredonnent le pain qu'elles inaugurent.

  • Ces poèmes ont été écrits durant la vie d'étudiant en médecine de l'auteur à Dakar, celle d'un médecin exerçant auprès de ses malades et vivant sa foi de disciple du Christ tant dans son milieu familial, social que professionnel. La vie, c'est le rire, la souffrance, l'amour, la douleur, la maladie, la guérison et la mort. Mais par-dessus tout, c'est cette espérance certaine d'une vie après celle d'ici-bas.

  • Ce recueil traite des questions les plus diverses et actuelles de l'existence des hommes en société d'une manière générale, et en particulier dans une société malienne. Y figure l'image, la représentation d'un monde, d'une société malienne, d'une Afrique de souffrance, de violence, d'hypocrisie. Y sont évoqués bien d'autres maux encore qu'infligent les gouvernants. On y croise des cultivateurs, des enfants d'un Sahara en proie aux guerres, des prostituées, des migrants... Mais heureusement, il y a un temps de douceur et quelques leçons de vie données.

  • Les temps sont incertains. Un mal planétaire a envahi avec éclat nos vies. Notre survie semble inéluctablement en jeu. L'inspiration du poète est féconde, quand les certitudes empruntent une nuance des plus brumeuses. Tout semble sclérosé et les sourires abandonnent nos visages et nos vies. Soudainement, frénétiquement tout se heurte et les illusions prennent leur envol. Ces textes s'inspirent en partie du contexte particulier qui bouleverse notre monde et nos existences. L'espoir s'écrit telle une ritournelle qui arpente une descente hasardeuse imbue de rêves et d'espérances.

  • L' écho des marigots est un ensemble de vers libres qui, sans être obnubilé par le panafricanisme et sans vouloir plonger les hommes dans un abandon ou une inquiétude, traduit des ressentis, des injustices, des douleurs, des cris que l'on retrouve dans différentes sociétés, puis valorise la nature et l'homme.

  • Qu'ils soient vécus, rêvés ou simplement inventés, ces quelques petits textes courent comme autant de vignettes issues du grand récit de l'existence. Joyeux air de flûte ou basse qui bourdonne, ils tiennent grand ouvert l'éventail des émotions pour écouter, le nez en l'air, les paroles familières dans les allées et venues du quotidien. Mais dans une histoire, il y a ce que l'on raconte et il y a ce qui n'est pas dit, ce qui reste quand l'histoire est finie et le silence est là, dans sa clarté troublante. Le récit de notre existence, nous le construisons jour après jour avec l'aide de l'oubli et c'est sur le timbre de nos émotions que tintent dans l'instant les sonorités de la vie.

  • Qu'est-ce que La nuit abolie ?
    Un lyrisme dévolu d'abord à la figuration du monde ; un lyrisme qui s'atténue, se fait plus fragmentaire, évoquant une sorte de « Mal » (celui, inexorable, de vivre à travers l'écrit) - un lyrisme qui s'éprend, pour finir, d'une métrique qui canalise un ordre arbitraire et lui offre des rives.

  • Ce recueil relate une expérience de vie qui met en exergue le combat que chaque homme peut mener pour pousser les limites du possible. Une tentative de tremper l'expression poétisée dans des couleurs de l'amour, de l'humanité, de l'humilité et de la spiritualité. Ainsi, une mise au point sur les rencontres qui ne sont pas toujours souriantes pour ceux qui pratiquaient la vague et l'inspiration.

  • Ce recueil de poèmes plaide pour la rupture, pour toutes les ruptures indispensables, garantissant la valeur de la liberté. Laquelle liberté rendra les nouveaux citoyens capables de se dégager du joug des ex puissances coloniales. Ce livre est donc une invite à une véritable catharsis mentale et culturelle de la part des élites et des peuples du continent africain. Il leur faut se libérer de leurs propres pesanteurs qui les clouent au sol. Pour l'auteur, c'est à ce prix que s'ouvrira la sortie de tunnel de la misère morale, spirituelle et sociale qui condamne la Côte d'Ivoire et l'Afrique au statut de terroirs habités par des sous-hommes.

  • Sébastien Vondoly a suivi les péripéties de la crise ivoirienne provoquée pour satisfaire les ambitions néocolonialistes de la France. Depuis le 11 Avril 2011, date qui a vu la chute du régime de Laurent Gbagbo, le regard rivé sur la côte d'Ivoire, l'auteur s'est donné la tâche de suivre les épreuves du peuple ivoirien et de son président, d'abord fait prisonnier, puis conduit à La Haye, et de consigner tous ces faits dans un carnet, publié ici sous la forme d'un recueil de poèmes.

  • À travers montagnes, landes et marais, les poèmes de ce recueil vagabondent au fil des ruisseaux et des rivières, déroulant d'autres thèmes sur leurs rives : l'enfance, l'amour, la nostalgie... Toutes les eaux sont traversières, pénétrantes, façonnant les paysages, siècle après siècle. Ainsi, avec le temps, des relations particulières se créent entre elles et nous. Ayant porté la vie première, elles se confrontent inévitablement à notre être par des échanges le plus souvent inconscients. Poésie d'émotion sincère, de douleur ou de joie, son langage se veut simple, clair, au plus près de la transparence des sources
    vives.

  • L'unité de ce recueil est fondée sur un cheminement dont les jalons sont des événements à la fois extérieurs et intérieurs : l'incendie de Notre-Dame de Paris, en ouverture, la pandémie de Covid-19, la maladie qui s'abat sur l'auteur en veine de poésie, la conjonction opportune de paysages et de visions artistiques... Cet ensemble où la catastrophe de la pandémie et l'amour se mêlent, où la saison du printemps, conjuguée avec le malheur, prend une dimension eschatologique, conduit au vide, jusqu'à la montagne mystique.

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