Lyrique

  • Avec ce livre, au titre qui a tout d'un énoncé manifeste, François Cheng ose de déroutants alliages : l'âpreté et la joie, le silence et la lucidité, la mort et les nuages, les oiseaux et les larmes, l'émoi et les étoiles... C'est qu'à force d'avoir mordu la poussière d'ici-bas les mots n'en finissent plus de renaître. Des âmes errantes ou du phénix, on ne sait qui mène la danse. Mais il suffit de la splendeur d'un soir pour que l'univers entier résonne soudain. Il suffit de la sincérité d'un seul coeur brisé pour que la fulgurante beauté délivre de la fragilité humaine :

    Car tout est à revoir,
    Tous les rires, tous les pleurs,
    Toute la gloire...

    Il y a dans ces pages un souffle de vie qui prend à la gorge. Sans doute parce qu'il provient d'une voix sans autre exemple. D'une voix qui éperonne la pensée, avec une acuité foudroyante et douce. La parole de François Cheng est bien celle d'un penseur, d'un poète, d'un sage passionné qui ne craint rien, pas même d'affirmer que "la vraie gloire est ici".

  • Au quatrième mois de l'année 1819, le poète Issa, natte en paille sur le dos et sac de moine mendiant accroché autour du cou, quitte son ermitage de montagne et part en voyage de temple en temple. Nous suivons avec lui un chemin de poésie à travers les paysages du Japon, les rencontres avec les amis et inconnus de passage, les histoires étranges qu'on lui rapporte...
    Cette année-là voit aussi sa petite fille de deux ans, ce rayon de soleil épanoui dans le rire, mourir subitement de la variole. Il m'est difficile de ne pas songer à ce lien d'amour, dévoile Issa. Sur ce monde inconstant où les tristesses sont aussi nombreuses que les noeuds du bambou, le poète garde un regard confiant et émerveillé. Un regard de printemps."

    Kobayashi Issa (1763 - 1827) est un poète majeur de la fin de l'époque d'Edo. Né dans une famille de fermiers, il souffre du remariage de son père et quitte à 14 ans la maison familiale pour Edo. Il y suit l'enseignement d'un poète de l'école Katsushika.
    Il vit de la poésie dans une extrême pauvreté. En 1813, il se marie. Ses enfants et sa femme mourront peu après. Deux remariages n'apportent guère plus de bonheur. Sa maison brûle. A moitié paralysé, vivant dans une remise, il meurt à 65 ans.

  • En 1857, dans une Angleterre victorienne patriarcale, William Morris, poète de 23 ans proche du mouvement préraphaélite, s'empare de la légende arthurienne qui connaît alors une popularité croissante. Mais, au lieu de célébrer les exploits des chevaliers, l'auteur décide de donner pour la première fois la parole à la reine Guenièvre. Reprenant l'un des épisodes les plus célèbres du mythe du Camelot durant lequel la souveraine est accusée d'adultère avec Lancelot, William Morris place Guenièvre au centre de son récit et lui laisse le champ libre pour qu'elle présente seule sa défense devant un parterre de juges : tous des chevaliers, tous des hommes. La reine développe alors ses arguments, défend son amour et montre qu'elle a aussi été contrainte dans une condition qu'elle n'a pas voulue.

    William Morris (1834-1896), poète, romancier, imprimeur, penseur libertaire, est l'auteur des Nouvelles de nulle part (nouvelle édition à paraître chez Libertalia en 2022). Il est considéré comme l'un des précurseurs de la pensée écologique radicale.

  • Essai pour un paradis (1933) et Pour un moissonneur (1941) constituent deux jalons majeurs dans l'oeuvre du poète Gustave Roud (1897-1976). Ils sont réunis ici pour la première fois et ponctués de photographies de l'auteur. Dédiant l'un et l'autre recueil à un ami paysan, le narrateur dit autant l'amour qui le porte vers lui que la distance qui l'en sépare, avant le retour inexorable a la solitude : pour le poète, l'approche du paradis est une quête qu'il doit sans cesse recommencer.

    Poète, Gustave Roud (1897-1976) est l'auteur d'une oeuvre rare. Les trois volumes d'Écrits, publiés par Philippe Jaccottet en 1978, qui rassemblent l'ensemble de son oeuvre poétique, sont de plus en plus lus. Ses textes poétiques répondent à des préoccupations contemporaines via une écriture d'une grande pureté classique : L'imaginaire roudien séduit les amateurs de poésie mais intéresse aussi les champs suivants : écocritique, géographie littéraire, études sur le paysage, ou encore queer studies.

  • Marie dit la vie la vie

    tu n'as que ce mot aux lèvres



    c'est vrai j'avoue la vie est le seul

    refuge, je ne sais plus trop à force



    si « j'écris sur vous au lieu de

    mourir » ou pour rejoindre un verbe au présent



    « et me sentir mille choses heureuses à la fois »

    ayant atteint « la bienveillance du réel »



    du genre ces bras entre nous respirés

    alors c'est gagné la vie la vie

    Stéphane Bouquet, scénariste, danseur, critique, traducteur, a publié plusieurs livres de poésie ou autour de la poésie (les derniers en date, Les Amours suivants et Vie commune, Champ Vallon, 2013 et 2016, et La Cité de Paroles, Corti, 2018). Les Amours suivants et Vie commune sont traduits aux Etats-Unis.

  • De la poésie sonore jusqu'au numérique en passant par le rap, Poet Against The Machine raconte l'histoire politique des machines, des médias et de la technologie dans la poésie hors du livre. À l'heure du tout-numérique, cet essai revient sur les contre-cultures poétiques sur scène, dans les festivals et les communautés alternatives et interroge la prétendue neutralité des médiums. Que ce soit avec un magnétophone ou un algorithme, l'humain et la machine sont en constante interaction dans une lutte créative et symbolique. Dans cet état de modernité technique avancée où le média a autant de place que le texte, les hiérarchies sont bousculées, laissant la possibilité d'une néolittérature libérée du livre et de ses canons.

    Née entre les générations X et Y, élevée avec des ordinateurs, Magali Nachtergael entretient des liens étroits avec son smartphone.Maîtresse de conférences en littérature et arts, elle a publié Les Mythologies individuelles, récit de soi et photographie au 20e siècle (Rodopi, 2012), Roland Barthes contemporain (Max Milo, 2015) et édité un collectif sur les littératures expérimentales. Elle est également commissaire d'exposition et critique d'art.

  • Langue à corps prenant le réel, qui se cache sous nos mots perdus. Comme si la parole poétique et toute la littérature étaient passées au tamis : ce qui accroche à gros grains est retenu pour mieux laisser la fluidité d' une parole possible. Il y a de la hargne, un tranchant net dans le vers. Mais surtout ce manuscrit forme un ouvrage concerté, Matuszewski coordonne ses élans et les fait tenir sur la ligne de fond qui mène le lecteur au creux du courant de sa parole.

  • Mon pays, c'est l'amour

    Pascal Dague

    "L'amour n'attend pas le nombre des années Pour t'émoustiller ou t'apprendre à aimer À tout donner, sans rien recevoir en retour L'amour, taillé au cordeau Fusionne entre tout corps, mais il ne fait jamais de cadeau Pour nous il était peut-être trop tôt ? Et notre amour, sûrement trop beau ? Pour qu'il puisse survivre, sur le bout de nos lèvres" Vous vous apprêtez à embarquer pour une excursion très spéciale dont Pascal Dague est aux commandes. Attachez vos ceintures car à travers ce livre, ce dernier vous promet un voyage rempli d'émotions en tous genres qui vous conduira à la rencontre de ses souvenirs et ressentis tantôt heureux, tantôt tragiques. Plusieurs escales émotionnelles sont à prévoir, pour à terme atteindre son pays : l'amour. L'auteur nous confie, dans cet ouvrage, ses propres chansons écrites d'une main de maître qui retracent les nombreux instants qui ont marqué sa vie. La mélodie de ses mots n'a rien à envier aux plus grands paroliers et le message dont ces derniers sont porteurs, est composé d'amour, de vérité et de tolérance.

  • Composé deux ans après le Mortifiement de Vaine Plaisance, le Cuer d'amour espris est un récit à la fois romanesque et allégorique qui raconte, sous la forme d'un songe, les aventures du Coeur. Sorti de la poitrine du narrateur par Amour, il devient un chevalier qui part à la conquête de Douce Merci, sa bien-aimée. Après bien des tribulations, il parvient dans l'île du dieu Amour, où il réussit à donner un unique baiser à Douce Merci. Mais il est grièvement blessé par ses ennemis. Douce Merci est contrainte de retourner en captivité et le Coeur va finir ses jours en prières à l'Hôpital d'Amour. Dans l'épilogue, René espère qu'il ne sera plus tourmenté par le dieu Amour, qui embrase les coeurs d'un désir douloureux. Le jeu parodique et l'humour confèrent au récit une tonalité particulière et une expression singulière et originale, qui ne manquent ni de charme ni de poésie. Le texte est illustré par la reproduction des seize miniatures de Barthélemy d'Eyck.
    Gilles Roussineau est professeur émérite à Sorbonne Université.


  • L'au-delà de l'eau de là délie le chant des phrases qui s'enchaînent, comme toute blessure, je pense. Mens-je ?

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Comme l'indique le titre de son recueil de poèmes Dans un mouchoir de poche, Patrick A. Bonvin s'attache aux petits riens qui jalonnent l'existence, indispensables à qui sait les apprécier. Le souffle d'une respiration, une larme qui perle, la lumière du matin. Le poète livre une incessante relecture de soi dans cette confession sincère servie par un style limpide et intelligible. Sensible à l'art d'aimer, matière première de la poésie, Patrick A. Bonvin se reconnaît sans doute dans le vers d'Aragon « L'avenir de l'homme est la femme ». L'écriture reste la seule échappatoire face au tourment amoureux, à la fuite du temps et des sentiments. Elle s'impose alors comme la meilleure manière de palier les imperfections de l'existence et de saisir l'ineffable :
    « Et j'écris
    Et je respire
    Un peu plus
    Un peu enfin
    Un peu mieux
    Enfin un peu mieux.»
    Son lyrisme intime trouve les mots justes pour dire l'absence insupportable de l'être aimé, le cruel instant de solitude qui semble durer une éternité. Cette parole poétique résonnera encore longtemps dans l'oreille du lecteur une fois le livre refermé, telle une chanson mélancolique.

  • Bien qu'accidentellement testamentaire, le dernier recueil de Louis MacNeice (1907-1963), The Burning Perch, dont la publication accompagna la mort brutale du poète, fut rapidement reconnu comme majeur dans son oeuvre. Cela s'explique par son équilibre remarquable entre un univers symbolique empreint de classicisme et un réel souci du détail contemporain, entre un substrat autobiographique et une critique sociale proche de la satire, entre les thèmes de l'exil et de l'enfance et celui de l'aliénation du sujet dans l'après-guerre, entre la vision de cauchemar et le clin d'oeil de l'ironie. Souvent dotés d'une armature dramaturgique particulièrement efficace, poussant parfois jusqu'à la parabole, les poèmes de The Burning Perch hésitent entre la précision de simples ritournelles et le prosaïsme dissonant d'odes paradoxales. Le présent ouvrage explore pas à pas ce recueil en quête d'un renouveau qu'il n'ose promettre qu'à mi-voix et comme en sourdine, créant cependant ainsi les conditions de son avènement comme seul mode possible d'un chant désaccordé.

  • «Lettres ouvertes à mon amoureux: j'écris l'amour, je dévoile ici mes émois. L'amour avec un grand A. Ici, ma joie, c'est un être cher que j'ai connu et qui pour moi est impossible à rencontrer.
    Donc, je me retourne sur moi-même et me dis que, finalement, ce que je recherche, peut-être que je le trouverai un jour. Tout en sachant que les tournants qu'ont pris ma vie n'ont pas été un long fleuve tranquille. Comme je vous le dis, j'aime la vie ! Oh oui, j'aime la vie. »

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