Littérature traduite

  • Au quatrième mois de l'année 1819, le poète Issa, natte en paille sur le dos et sac de moine mendiant accroché autour du cou, quitte son ermitage de montagne et part en voyage de temple en temple. Nous suivons avec lui un chemin de poésie à travers les paysages du Japon, les rencontres avec les amis et inconnus de passage, les histoires étranges qu'on lui rapporte... Cette année-là voit aussi sa petite fille de deux ans, ce rayon de soleil épanoui dans le rire, mourir subitement de la variole.
    Il m'est difficile de ne pas songer à ce lien d'amour, dévoile Issa. Sur ce monde inconstant où les tristesses sont aussi nombreuses que les noeuds du bambou, le poète garde un regard confiant et émerveillé. Un regard de printemps".

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  • En 1857, dans une Angleterre victorienne patriarcale, William Morris, poète de 23 ans proche du mouvement préraphaélite, s'empare de la légende arthurienne qui connaît alors une popularité croissante.
    Mais, au lieu de célébrer les exploits des chevaliers, l'auteur décide de donner pour la première fois la parole à la reine Guenièvre. Reprenant l'un des épisodes les plus célèbres du mythe du Camelot durant lequel la souveraine est accusée d'adultère avec Lancelot, William Morris place Guenièvre au centre de son récit et lui laisse le champ libre pour qu'elle présente seule sa défense devant un parterre de juges : tous des chevaliers, tous des hommes. La reine développe alors ses arguments, défend son amour et montre qu'elle a aussi été contrainte dans une condition qu'elle n'a pas voulue.

  • Essart

    Gabriela Mistral

    • Unes
    • 20 Août 2021

    Quelle est cette terre que Gabriela Mistral cherche à essarter, à défricher ? Celle de son Chili natal, de la Cordillère des Andes, des légendes Mayas ? Ou la terre des exils et des ombres ? Essart est un livre mystérieux ; on lit ces poèmes comme on marche sur une terre ouverte, dont on embrasse les sommets du regard, cheminant au plus près d'une parole dense et profonde, rustique et mystique. Gabriela Mistral hisse ses poèmes vers la fable, au moyen d'une langue bruissante d'hommes et de dieux, de traditions et de légendes, de dialectes archaïques. Nous sommes séparés, Mistral nous rassemble dans la circulation interne d'un pouls, d'un sang à la pulsation puissante qui a le mouvement d'un fleuve. On se perd dans un « hallali de pierres roulées », au milieu des iguanes et des tortues, des cerfs et des colombes, avec cette étrange impression d'être « toujours blessé, jamais chassé ». Essart opère une transfiguration de l'enfance en odeurs, des fantômes en brumes, des hommes en paysages, des visages en fables, des peuples en fleuves, des corps en zodiaques et des dieux en rêves, en une lumière qui mystifie tout. Dans ces poèmes où vivre et mourir, dans cette confession plus vaste que soi, des profusions de monde aux « quarante points cardinaux » tiennent dans un mot, dans une langue habitée, c'est à dire peuplée de souvenirs, de charmes, de fleuves, d'oiseaux et de fleurs, de disparitions et d'esprits, vaste comme un horizon ou un ciel étoilé. Cette voix qui nous soulève vers la liberté, nous berce entre les épiphanies et les pleurs avec « le pur rythme tranquille des vieilles étoiles » semble ne jamais vouloir interrompre son chant, ne jamais briser le sortilège et c'est ce qui nous tient, nous emmaillote à ces lignes : la crainte d'une magie dissipée, le retour brutal sur la terre vide et nue, inconsolables de la fable. Aussi nous ne quittons ni les anges, ni le rêve de cette poésie qui « regarde le monde aussi familièrement que si elle l'avait créé. »

  • Monument de la poésie universelle, oeuvre fondatrice du lyrisme amoureux qui inspira si intensément les poètes français de la Pléiade et au-delà influença toute la littérature européenne de la psychologie amoureuse, le Canzoniere de Pétrarque (1304-1374), demandait assurément pour que le lecteur moderne accède à sa beauté formelle et à son chant profond la nouvelle et magnifique traduction en vers de René de Ceccatty, aussi érudite qu'alerte et fluide. Écrit tout au long de sa vie, sans cesse augmenté, composé et recomposé par le poète italien, le Canzoniere qui rassemble 366 poèmes, sonnets, chansons, madrigaux, ballades et sextines, s'il fait entendre la passion sublime et désespérée du poète pour Laure de Noves, son amour impossible, est aussi une longue méditation sur les contradictions en l'homme entre la pulsion du désir et la raison, la sensualité et l'idéalisation, la précarité du corps et l'éternité du sentiment. La mort de Laure, intervenant comme une césure au mitan de l'oeuvre, ouvre par ailleurs une réflexion sur la mort et l'absence, alliée au sentiment de solitude, à la conscience de la fragilité du destin humain et donc de la vanité de la gloire et peut-être même de l'écriture.
    On saura gré à René de Ceccatty de nous avoir rendu proches ces préoccupations en sauvant par sa traduction franche et rythmée la poésie de Pétrarque du maniérisme dont on l'a souvent affublée.

  • Plus qu'une autobiographie, ce livre central dans l'oeuvre de Charles Reznikoff est un art poétique. Il y a là une forme de résurgence, ou de permanence de la vie naturelle, une capacité d'émerveillement intacte quoique jamais naïve, presque une innocence dans le regard posé sur la ville. Reznikoff arpente les rues de New York avec le passé en écho, en observateur de cette civilisation nouvelle, effervescente, bâtie sur le souvenir ou le mythe lointain des légendes disparues : aussi bien grecques qu'hébraïques.
    Cette superposition de la réalité et de la fable donne son épaisseur au poème, qui transcende la réalité sans pourtant jamais s'écarter du réalisme le plus simple, le plus proche. Car ce sont les êtres les plus familiers qui peuplent ces pages, des concierges, des serveurs, des mendiants, des blanchisseurs, tous ceux qui ont un travail - ou une vie - visible à même la rue. Petites scènes de discordes, de discrètes complicités, une famille modeste revenant de la plage, l'histoire d'une lettre d'amour, une dispute conjugale, un mari ivre, des empoignades dans le métro, des infirmières qui sortent du travail au petit matin : nous lisons la chronique d'une époque de crise économique, de migration, de précarité, d'emplois mal payés, de racisme et de ghettos.
    Et dans ce processus tumultueux et naturel se construit l'image d'un pays, avec des hommes venus de Russie, d'Italie, d'Irlande ou de Hongrie, au milieu des voitures, trams, charrettes à bras, des camions et des chevaux, au fond des quincailleries et des épiceries ouvertes la nuit. L'identité est une chose poreuse et souvent éclatée, qui se définit de façon collective, dans la confrontation d'altérités vivant dans le même espace humain.
    C'est un livre qui avance vers le passé, et après avoir traversé de son regard d'adulte ce creuset vivant, Reznikoff en vient à se raconter lui-même. L'enfance de quartier en quartier, de Brownsville le ghetto juif, puis Harlem, et enfin Brooklyn à mesure de la modeste ascension sociale des parents. Une croissance dans un univers désordonné, chaotique, coloré, sale et bruyant, fait de solitude, de découvertes, mais aussi de violences antisémites.
    Les premières lectures à la bibliothèque publique, les camaraderies houleuses, les persécutions enfantines, les vieux immeubles sombres, la vie des grands-parents en Russie, la sagesse juive et les sermons, les études de droit qui auront un impact si important par la suite, la découverte de l'écriture, de la poésie jusqu'à cette décision d'en faire sa vie. Et soudain on oublie qu'on lit un livre, on finit par voir la vie véritable par les yeux d'un petit enfant juif dans les rues de New-York en 1915, dans une intrication totale des souvenirs et du présent.
    Une vie, unique et ordinaire, déracinée sans cesse, qui a trouvé à croître avec des racines mobiles et a fini par trouver sa liberté dans cette mobilité. Livre en forme de vie, livre qui donne ce sentiment étrange de gagner un ami, et d'assister, dans les dernières pages, après tout et non avant tout, à la naissance d'un poète.

  • « L'Évangile selon Marie », « L'Apocalypse selon Lilith » et « L'Arche de Noréa ». Ces trois textes s'inscrivent formellement dans la tradition liturgique chrétienne qu'ils mettent à distance de manière subversive et critique. S'entrechoquent ainsi parole religieuse et discours politique, dans la société moldave patriarcale qui est celle où Nicoleta Esinencu a grandi, où le rôle créatif des femmes se cantonnait à la procréation et aux tâches ménagères. Elle évoque l'oppression subie par les corps féminins, violences, viols, et fait s'élever un chant païen de libération à travers la parole. Détrônant Père et pères, elle célèbre la libération de la parole féminine, mêlant souvenirs d'enfance, détournement de prières traditionnelles et écriture de nouveaux versets parodiant la parole biblique. Elle déconstruit ainsi les piliers religieux et sociaux d'un monde occidental essoufflé en faveur de la reconstruction poétique du monde.

  • L'Autobiographie du rouge est un « roman en vers » d'Anne Carson, inspiré de la figure mythologique de Géryon, présente dans les fragments lyriques du poète grec Stésichore. Traversé par un profond souffle épique, ce « roman en vers » est tout à la fois matière épique, rhapsodie, roman initiatique, journal intime, épopée lyrique et carnet de voyage amoureux.
    Géryon, jeune garçon et monstre rouge ailé, livre les tourments de son âme dans ce récit autobiographique, qu'il commence à l'âge de cinq ans.
    Autobiographie d'un être hors norme, à l'apparence monstrueuse et aux fêlures si profondément humaines. En grandissant, Géryon échappe à l'emprise d'un frère abusif, et trouve du réconfort derrière l'objectif de son appareil photo et dans les bras d'un jeune homme nommé Héraclès, un cavalier vagabond, qui embrase son coeur et l'abandonne à son désespoir. Lorsqu'Héraclès resurgit dans sa vie des années plus tard, Géryon s'embarque dans un voyage en Amérique du Sud à ses côtés. Tout à la fois érudite et d'une accessibilité immédiate, l'Autobiographie du rouge est un livre dont Alice Munro a dit :
    « Je n'ai pas découvert d'écriture depuis des années si merveilleusement troublante. »

  • L'oeuvre - comme la vie - d'Avrom Sutzkever est exemplaire à plus d'un titre. Elle traverse le siècle et porte l'espoir paradoxal de la poésie qui, en plusieurs occasions, lui a littéralement sauvé la vie, quand, ayant dû traverser un champ de mines sous la neige dans la forêt de Narotch, il a accordé ses pas au rythme d'un poème récité à voix basse. C'est également avec la poésie qu'il affrontera la ville secrète des égouts de Wilno et la mort d'un enfant, et c'est avec la poésie qu'il renaîtra sur la terre spirituelle de sa langue, le yiddish, flammèche vacillante sur une bougie orpheline, qu'il gardera vissée au corps. Figurent dans cette anthologie des poèmes de tous ses ouvrages publiés, depuis Sibérie (1936) jusqu'à Murs effondrés (1996), et si une partie importante est consacrée à l'écriture quotidienne du ghetto et de sa résistance, l'ensemble de près de 400 poèmes en vers et prose, extraits de 22 recueils, résonne au-delà de la seule réalité politique à laquelle Sutzkever fut confronté. On peut parler alors d'un véritable engagement poétique visant à garder mémoire des visages et des mots de ceux que la barbarie a voulu effacer, les inscrivant en lettres plus éternelles que le temps dans le livre de la vie.

  • Troisième volet de la Divine Comédie achevée il y a désormais 700 ans le cantique du Paradis relate le voyage de Dante, conduit par Béatrice, à travers les sphères célestes jusqu'à l'Empyrée où le poète s'abîme dans la contemplation de la lumière divine.

  • À côté de George et de Hofmannsthal, Rilke (1875-1926) est, dans le monde germanique, le poète-phare du début du XXe siècle.
    Polyglotte, esprit cosmopolite (on se souvient de son voyage en Russie avec Lou Andréas Salomé), il fut très attaché au monde latin et spécialement à la France. Un temps secrétaire de Rodin à Paris ? il dédia à l'artiste une passionnante monographie en 1903 ?, traducteur de Paul Valéry notamment, il composa des poèmes français (Vergers) en 1926.

  • La guerre des chats

    Félix Lope De Vega

    • Circe
    • 22 Avril 2021

    Transports ardents, rixes, jalousie féroce, ruses, tourments, prostration et révolte de l'amant délaissé, La Gatomaquia (1634), titre original de l'oeuvre, passe en revue toutes les sauvages turbulences du sentiment amoureux. Parodie de l'épopée classique, depuis l'Illiade jusqu'au Roland furieux, ce poème narratif héroï-comique, qui joue avec un humour burlesque sur les ressorts de la comedia du Siècle d'or, témoigne aussi d'un regard passionné : celui de son auteur, le célèbre dramaturge Lope de Vega, sur la réalité des errances félines par les toits et dans les cuisines, au point du jour ou au coeur des nuits étoilées de la Villa y Corte, le Madrid populaire et pittoresque du XVIIe siècle.

  • Cantique des cantiques

    Andre Barbe

    Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche?!
    Tes caresses sont plus douces que le vin ;
    Quand elles se mêlent à l'odeur de tes parfums exquis?;
    Ton nom est une huile épandue?;
    C'est pourquoi les jeunes filles t'aiment...

    Le Cantique des cantiques, écrit vers 450 avant Jésus-Christ, d'une sensualité toute orientale, multiplie les métaphores érotiques et se prête à de nombreuses interprétations. Somptueusement illustré par André Barbe, le chant des deux amants rejoint ici le mythe de l'amour total.

  • David Herbert Lawrence (1885-1930). Touffue, nombreuse, souvent éclatante, son oeuvre lyrique demeure voilée par lesgrands romans. Mais on y retrouve les thèmes de L'Amant deLady Chatterley ou ceux du Serpent à plumes. Les poésiesde Lawrence chantent le panthéisme d'une vie d'erranceet d'incertitudes, une soif du sacré capable d'accueillirles figures de l'Évangile et les dieux précolombiens, unetentative de sacralisation de la sexualité dont on n'a pasoublié combien elle fit scandale en son temps.

    Choix de poèmes traduits de l'anglais par Lorand Gaspar et Sarah Clair. Postface de Claude Michel Cluny.

  • Après deux maîtres spirituels (Eckhart et Thérèse d'Avila), deux philosophes (Sénèque et Lulle) et un écrivain (Shakespeare), ce 6e ouvrage de la collection « Ainsi parlait » est consacré à un écrivain américain majeur. Emily Dickinson n'a rien publié de son vivant, mais les 1789 poèmes, 1049 lettres et 124 fragments publiés après sa mort constituent une oeuvre ample et inépuisable où est frappant le contraste entre une sensibilité d'écorchée vive et une intelligence puissamment libre et lucide.
    T. W. Higginson, le seul à qui elle confia ses textes, fait à sa femme Mary un portrait fascinant de celle qu'il nomme « mon excentrique poétesse » : « un trottinement pareil à celui d'une enfant », « une femme petite et quelconque avec deux bandeaux lisses », « une voix douce, effrayée et haletante d'enfant », « disant bien des choses que tu aurais trouvées folles et moi sages. » « J'ai bien peur, écrit-il à ses soeurs, qu'une remarque de Mary : «Oh, pourquoi les fous s'attachent-ils tant à toi ?» ne soit vraie. » Folle ? Sage ? Bien plus :
    Emily Dickinson est une visionnaire, qui parle d'un lieu qui n'est ni vie ni mort.
    Une sibylle dont les paroles elliptiques livrent des vérités aussi foudroyantes que les fragments d'Héraclite auxquels elles font penser ou à ce Shakespeare qui, disait-elle, lui a « apporté plus de connaissances qu'aucun être vivant ».

  • Dans ce troisième volume de l'oeuvre poétique de Du Fu (712-770), celui que les Chinois considèrent depuis le XIe siècle comme le plus grand et le plus sage des poètes, figurent 95 poèmes composés entre le printemps et l'hiver 759. Cette année est charnière dans la vie du poète : elle le vit renoncer à sa carrière gouvernementale et prendre la route de l'exil vers la province occidentale du Gansu.
    Tout au long de cette pérégrination, marquée par des conditions de vie extrêmement précaires et des sentiments lancinants d'errance, Du Fu chante l'abandon, l'indignation, la souffrance, l'ironie, la tristesse et parfois la consolation. Déterminé à préserver son intégrité morale face aux turpitudes des temps, il recherche aux confins de l'Empire un sanctuaire où se mettre à l'abri et, du moins l'espère-t-il avant de réaliser l'inanité de son entreprise, une situation lui permettant de faire vivre sa famille.
    Mais, dans ce "bout du monde" qu'il découvre à Qinzhou, la dernière métropole chinoise à l'ouest au croisement des espaces ouighours et tibétains, non seulement nul ne vient à son aide, mais de plus le poète est le témoin de l'incapacité du pouvoir impérial à contenir la pression croissante des " barbares " sur cette frontière dont la défense a été affaiblie par la guerre civile. Ses poèmes manifestent une dimension personnelle jamais atteinte jusqu'ici : le lettré confucéen, qui avait tant espéré éclairer le règne de son souverain, trouve dans les ressorts les plus intimes de ses émotions l'expression du désenchantement et de la solitude.
    Nombre de ces vers continuent d'inspirer aujourd'hui les intellectuels chinois, en raison de la puissance avec laquelle ils incarnent un humanisme forgé dans l'adversité. Abandonné de tous, il conduit femme et enfants affamés sur des corniches vertigineuses au fin fond du pays, à la recherche d'un logis qui se dérobe à chaque étape, et qui ne survit au bord des précipices que par la magie de ses chants : "la littérature honnit un destin accompli", dit Du Fu, "les démons se régalent des gens qui s'égarent...
    Jette-donc un poème ! "

  • "Dans ce recueil, la voix poétique surgit parfois comme sous la forme d'un véritable réquisitoire contre ceux qui, ancrés de plein pied dans l'univers de la mondialisation, semblent bel et bien privilégier le projet et la rentabilité comme le projet de Conga au détriment de la bienveillance et de la protection de la Planète qui nous fait vivre et de ceux qui subsistent à travers elle et ses bienfaits."

  • ""Issa Hassan Al-Yasiri revient avec lucidité sur sa propre consumation de la vie dans un regard plein de compassion sur l'écoulement indicible du temps. L'éloignement de la femme et l'absence, sublimés par la pureté de l'amour primordial, viennent célébrer le silence et la solitude finale propices à ce grand chant d'espoir. La colombe blanche porteuse de tendresse chasse l'oiseau noir dans le royaume des mots aux accents de prière soufi. Le poète nous offre le plus beau chant du cygne qu'il nous soit donné de lire en son écrin de lumière."" - Louis Bertholom"

  • "Dans son recueil de poèmes, Oswaldo Guerra Sánchez, poète espagnol originaire des Canaries, retrace un voyage initiatique. Après un court périple (réel) en Iran qui débute à Shiraz, en 2014, le poète devient une figure itinérante qui pénètre subrepticement dans les arcanes de la spiritualité persane et s'imprègne de la mystique soufie. Le décalage spatio-temporel s'impose d'emblée à lui et le dépaysement va stimuler son imaginaire. Introduits sous forme d'épigraphes, les vers des classiques persans égrènent leur semence dans la poésie du poète canarien qui se dessaisit de la matérialité du monde tangible pour intégrer une sphère impalpable toute en images sensorielles d'une grande luminosité."

  • "Graciela Rincón Martínez est connue pour être la poétesse de la nature - dix de ses livres ont les arbres comme sujet poétique central - Transparence marque un réel tournant dans son écriture. Ici ce n'est plus le règne végétal qui domine mais le devenir de l homo sapiens qui l'emporte. La tonalité est donnée d'entrée de jeu, avec la dédicace : - Al amanecer del hombre nuevo / À l aube du nouvel homme - « La poésie de Graciela Rincón Martínez ouvre le grand théâtre des incertitudes de notre condition humaine, parcourant le labyrinthe de notre existence afin de trouver peut-être la clef de son énigme. Cette poésie existe comme un besoin aigu de donner du sens à notre passage, de combler la main vide de l'univers. » - (Grégory Huck, préface) - "

  • "Un recueil où se rencontrent oedipe et Hamlet, les Sirènes de l'Odyssée homérique et les Sirènes silencieuses de Franz Kafka, le mythe du Jardin d'Éden et l'allégorie de la caverne de Platon. D'après les critiques grecs, Stavros Zaphiriou est un cas à part, une voix poétique à caractéristiques uniques, qui mobilise une foule de données intertextuelles afin de dévoiler le tragique de la condition humaine."

  • "Quelle est, après tout, l'idée centrale de cet ouvrage ? En termes généraux, la condition humaine, le desasosiego - mot de Pessoa que Guillermo Pilía fait sien -, l'inquiétude, l'inquiétude existentielle, l'état de précarité de la vie, et en particulier de la création poétique. L'auteur recrée, à partir de l'image de Rimbaud, le climat d'ennui, de spleen, voire de vide vital qui a accablé certains grands artistes du XIXe siècle, et qui les a conduits vers la quête de paradis artificiels ou réels, respectivement, mais surtout à l'évasion de la réalité et de la société dans laquelle ils ont dû vivre. Loin de le considérer dans une perspective historique, Guillermo Pilía transplante cet état de précarité au XXIe siècle, en l'universalisant. Car il n'y a pas d'échappatoire possible, ni dans le temps ni dans l'espace."

  • "«J'écris avec l'ultime lumière présente. Ce n'est pas simple. Sa rêche rumeur escalade les murs, fait décroitre la lune et les miroirs. J'ai toujours eu peur de la nuit double, de sa mer d'ombres; de la poigne qui serre la gorge... J'écris pour donner une forme à la mort, mais aussi aux oiseaux qui traversent le ciel en lentes migrations.» Dans la mythologie grecque, une catábasis était, le plus souvent, une descente aux enfers. Le recueil de proses poétiques de Lucía Estrada, qui porte ce titre, est une exploration des mondes souterrains de l'être jusqu'aux confins du langage, un creusement vertigineux des mots et des rythmes, une expérience poétique vitale."

  • Poèmes chan

    Collectif

    Ces poèmes de moines du bouddhisme chan (zen en japonais) sont comme les facettes d'un seul joyau. Ils transmettent une expérience qui ne peut se livrer que par la musique, la peinture ou la poésie, celle de l'Eveil à sa véritable nature. Ils évoquent la vie de ces ascètes retirés dans des huttes accrochées à flanc de montagne, proches des nuages, du vent et de la lune.
    Leur beauté intemporelle résonne longuement à notre coeur, et leur simplicité apparente est une tentation pour l'esprit. « Le bouddhisme n'est pas ailleurs qu'en chacun de nous », dit Jacques Pimpaneau, qui les a traduits avec un rare bonheur.

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