Archipoche

  • Un classique de nouveau disponible.
    « Qui aura lu ce livre ne sera pas en état de conduire une ruche, mais connaîtra à peu près tout ce qu'on sait de certain, de curieux, de profond et d'intime sur ses habitants », écrit Maurice Maeterlinck en préambule de cet ouvrage (1901), plus poétique que naturaliste, où il est moins question d'abeilles que de vie.
    Apiculteur éclairé, l'auteur de Pelléas et Mélisande, qui a tout lu sur les « bondes avettes » de Ronsard, n'a pas cherché à produire un traité scientifique. Mais il est parti de ses propres observations pour décrire avec rigueur les incroyables prouesses architecturales des abeilles, leur sens inné du sacrifice, la construction mathématique de la ruche, la division du travail, les parades nuptiales, etc.
    « Aucune créature vivante, pas même l'homme, n'a atteint au centre de sa sphère ce que l'abeille a réalisé », écrit-il encore, analysant le fonctionnement de la ruche, qu'il confronte à l'agencement des sociétés humaines. Ayant renoncé « à chercher en ce monde une merveille plus intéressante et plus belle que la vérité ou du moins que l'effort de l'homme pour la connaître », c'est donc dans un esprit philosophique, esthétique, voire politique, que Maeterlinck observe l'apis mellifica ligustica fasciata.

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