Points

  • Mieux vaux enseigner les vertus que condamner les vices. La morale n'est pas là pour nous culpabiliser, mais pour aider chacun à être son propre maître, son unique juge. Dans quel but ? Pour devenir plus humain, plus fort, plus doux.
    De la Politesse à l'Amour en passant par le Courage et la Tolérance, André Comte-Sponville, en s'appuyant sur les plus grands philosophes, nous fait découvrir dix-huit de ces vertus qui nous manquent et nous éclairent. À pratiquer sans modération.

  • Dans le premier cours qu'il a professé au Collège de France, en 1970-1971, Michel Foucault inaugure le projet d'une histoire de la vérité qu'il déploiera treize années durant. Il commence ici avec la Grèce ancienne, articulant figures de la vérité et institutions qui les autorisent, depuis l'invention de la monnaie jusqu'à la naissance des pratiques judiciaires de l'enquête. Convoquant les figures de Solon, oedipe, Aristote, il construit une véritable généalogie du discours philosophique et de la figure du sage, qui ne peuvent prétendre à la contemplation du vrai objective, universelle, éternelle qu'en occultant les luttes politiques et les partages économiques qui ont permis leur émergence. Au-delà de l'irénisme d'Aristote qui enracinait la volonté de vérité dans un pur désir de connaissance, Foucault approfondit la vision tragique de la vérité inaugurée par Nietzsche, dans un dialogue souterrain avec des sources plus contemporaines : Gilles Deleuze, Martin Heidegger, Marcel Detienne.

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  • À travers la relation minutieuse de la répression par Richelieu de la révolte des Nu-pieds (1639-1640), Foucault montre comment le dispositif de pouvoir élaboré à cette occasion par la monarchie rompt avec l'économie des institutions juridiques et judiciaires du Moyen Âge et ouvre sur un « appareil judiciaire d'État », un « système répressif » dont la fonction va se centrer sur l'enfermement de ceux qui défient son ordre.

    Foucault étend ensuite son analyse à l'économie des institutions juridiques et judiciaires depuis le droit germanique jusqu'au seuil de la modernité. Ce cours développe sa théorie de la justice et du droit pénal.

    Édition établie sous la direction de François Ewald et Alessandro Fontana, par Bernard E. Harcourt, Elisabetta Basso et Claude-Olivier Doron, et revue par Elisabetta Basso pour la présente édition.

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  • Publié initialement en 1995, cet « essai d'autocompréhension » constitue une remarquable initiation à la pensée et à l'oeuvre de Paul Ricoeur. Analysant les limites du genre de l'autobiographie, Ricoeur définit son projet en tant qu'autobiographie intellectuelle, en lien étroit avec le développement de son travail philosophique. L'évocation de son enfance à Rennes, sa découverte de la philosophie, ses années de captivité en Allemagne ou encore des événements à l'université de Nanterre en 1968, etc., chaque épisode est l'occasion de mettre au jour le fil conducteur d'une pensée qui s'articule autour de thématiques majeures : la question du mal et de la volonté ; la place de l'autre dans le rapport au monde ; l'implication du sujet dans le langage ; la philosophie de l'action et sa relation au temps et au récit ; et enfin la finalité de l'herméneutique qui vise à expliquer plus pour mieux comprendre.

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  • La nature : cours du Collège de France (1956-1960) Nouv.

    De 1956 à 1960, Maurice Merleau-Ponty, alors professeur au Collège de France, a consacré trois années de ses cours à explorer et interroger l'histoire du concept de Nature depuis l'Antiquité d'Aristote au xxe siècle de Freud, en passant par les sciences du vivant. Cet ouvrage, issu de la retranscription de notes prises par ses auditeurs, restitue sa pensée - et sa parole - à l'oeuvre.

    « Peut-on valablement étudier la notion de Nature ? N'est-elle pas autre chose que le produit de l'histoire au cours de laquelle elle a acquis une série d'acceptions qui ont fini par la rendre inintelligible ? ». Il s'agit, pour Merleau-Ponty, non seulement de comprendre pourquoi l'idée de Nature a été délaissée par ses contemporains, fascinés par l'Histoire - et en écho, pour nous, pourquoi cette même Nature est devenue omniprésente aujourd'hui -, mais aussi de rompre radicalement avec une tradition philosophique qui la réduit à une puissance extérieure et transcendante à l'homme.

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  • Si, à la suite du mouvement #MeToo, la prise de parole des femmes s'est exprimée avec une ampleur inattendue, aujourd'hui à qui incombe concrètement tant la charge matérielle que mentale du « service domestique » ?

    Cette nouvelle édition de l'ouvrage précurseur de Geneviève Fraisse retrace la généalogie de la notion de service - de la domesticité au paradigme du care, de la question de l'emploi et de la hiérarchie sociale entre femmes à celle de la solidarité, du service « à la personne » à la construction d'une société commune aux deux sexes.

    Rendre au mot de « service » toute sa polysémie, analyser l'histoire du travail des femmes et de leur émancipation à travers une pensée de l'égalité et de la justice, telle est la grande originalité de ce livre.

  • Disons les choses d'emblée : la condition anarchique ici n'a rien à voir avec l'anarchisme qui intéresse la théorie politique. Lue étymologiquement, comme absence de fondement, an-arkhé, elle est le concept central d'une axiologie générale et critique. Générale parce qu'elle prend au sérieux qu'on parle de « valeur » à propos de choses aussi différentes que l'économie, la morale, l'esthétique, ou toutes les formes de grandeur, et qu'elle en cherche le principe commun. Critique parce qu'elle établit l'absence de valeur des valeurs, et pose alors la question de savoir comment tient une société qui ne tient à rien.

    Aux deux questions, une même réponse : les affects collectifs. Ce sont les affects qui font la valeur dans tous les ordres de valeur. Ce sont les affects qui soutiennent la valeur là où il n'y a aucun ancrage. Dans la condition anarchique, la société n'a que ses propres passions pour s'aider à méconnaître qu'elle ne vit jamais que suspendue à elle-même.

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  • On le sait depuis Aristote : ce qui distingue la fiction de l'expérience ordinaire, ce n'est pas un défaut de réalité mais un surcroît de rationalité. Elle dédaigne en effet l'ordinaire des choses qui arrivent les unes après les autres pour montrer comment l'inattendu advient, le bonheur se transforme en malheur et l'ignorance en savoir.

    Cette rationalité fictionnelle a subi à l'âge moderne un destin contradictoire. La science sociale a étendu à l'ensemble des rapports humains le modèle d'enchaînement causal qu'elle réservait aux actions d'êtres choisis. La littérature, à l'inverse, l'a remis en cause pour se mettre au rythme du quotidien quelconque et des existences ordinaires et s'installer sur le bord extrême qui sépare ce qu'il y a de ce qui arrive.

    Dans les fictions avouées de la littérature comme dans les fictions inavouées de la politique, de la science sociale ou du journalisme, il s'agit toujours de construire les formes perceptibles et pensables d'un monde commun. De Stendhal à João Guimarães Rosa ou de Marx à Sebald, en passant par Balzac, Poe, Maupassant, Proust, Rilke, Conrad, Auerbach, Faulkner et quelques autres, ce livre explore ces constructions au bord du rien et du tout.

    En un temps où la médiocre fiction nommée « information » prétend saturer le champ de l'actuel avec ses feuilletons éculés de petits arrivistes à l'assaut du pouvoir sur fond de récits immémoriaux d'atrocités lointaines, une telle recherche peut contribuer à élargir l'horizon des regards et des pensées sur ce qu'on appelle un monde et sur les manières de l'habiter.

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  • L'impérialisme fit son entrée sur la scène mondiale en Afrique. Voici venu le temps de la race comme fondement du corps politique, de la bureaucratie comme principe de domination. Aucune considération éthique ne doit entraver la domination blanche.

    L'expansionnisme continental, l'éveil des minorités, les mouvements de réfugiés consécutifs à la Première Guerre mondiale achèvent de saper l'État-nation. Mépris de la loi, éclatement des partis : l'Europe travaille avec acharnement à l'avènement du système totalitaire.

    L'Impérialisme est la deuxième partie de l'oeuvre magistrale de Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme (New York, 1951), qui inclut aussi Sur l'antisémitisme (« Points Essais » n° 360) et Le Système totalitaire (« Points Essais » n° 307).

  • Nous demandons à la pensée qu'elle dissipe les brouillards et les obscurités, qu'elle mette de l'ordre et de la clarté dans le réel, qu'elle révèle les lois qui le gouvernent. Le mot de complexité, lui, ne peut qu'exprimer notre embarras, notre confusion, notre incapacité à définir de façon simple, à nommer de façon claire, à ordonner nos idées. Sa définition première ne peut fournir aucune élucidation : est complexe ce qui ne peut se résumer en un maître mot, ce qui ne peut se ramener à une loi ni se réduire à une idée simple. La complexité est un mot problème et non un mot solution.
    Edgar Morin propose ici un nouveau mode de pensée pour affronter la complexité du monde qui nous entoure.

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  • « Si les outils ne sont pas dès maintenant soumis à un contrôle politique, la coopération des bureaucrates du bien-être et des bureaucrates de l'idéologie nous fera crever de «bonheur». La liberté et la dignité de l'être humain continueront à se dégrader, ainsi s'établira un asservissement sans précédent de l'homme à son outil. » Dans ce texte phare, Ivan Illich amplifie et radicalise sa critique de la société industrielle. Dénonçant la servitude née du productivisme, le gigantisme des outils, le culte de la croissance et de la réussite matérielle, il oppose à la « menace d'une apocalypse technocratique » la « vision d'une société conviviale ». Ce n'est que par la redécouverte de l'espace du bien-vivre, qu'Illich appelait la convivialité, que les sociétés s'humaniseront.

  • Érasme disait qu'on ne naît pas homme mais qu'on le devient. Un véritable art de vivre est requis pour tenir debout, maintenir le cap et trouver la joie là où elle se donne. Ce sont ces grands chantiers de l'existence qu'Alexandre Jollien explore ici.
    Il revisite ainsi quelques-unes des grandes questions de la philosophie : le sens de la souffrance, l'art de la rencontre, le goût de l'autre pour tenter d'esquisser un chemin de liberté et de légèreté. Et il puise avec humour et sincérité dans son expérience de personne handicapée comme dans la tradition philosophique des outils pour savourer l'existence avec gourmandise.
    Le texte est suivi d'un entretien inédit avec Bernard Campan : « La pratique spirituelle, un autre nom pour le métier d'homme ».

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  • Comment vivre plus librement la joie quand les passions nous tiennent ? Comment oser le détachement sans éteindre un coeur ? Éprouvé dans sa chair, Alexandre Jollien tente de dessiner un art de vivre qui assume ce qui résiste à la volonté et à la raison. Le philosophe se met à nu pour ausculter la joie, l'insatisfaction, la jalousie, l'amour ou la tristesse, bref ce qui est plus fort que nous... Convoquant Sénèque, Montaigne, Spinoza ou Nietzsche, il explore la difficulté de pratiquer la philosophie au coeur de l'affectivité. Loin des recettes, avec Houei-neng, patriarche du bouddhisme chinois, il découvre la fragile audace de se dénuder, de se dévêtir de soi. Dans l'épreuve comme dans la joie, il nous convie à renaître à chaque instant à l'écart des regrets et de nos attentes illusoires.

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  • Étonnamment méconnue en France, l'écosophie d'Arne Næss, philosophe majeur du XXe siècle, est ici présentée à travers dix textes accessibles et sensibles. On y apprend ce qu'est véritablement l'écologie profonde (deep ecology) par opposition à l'écologie superficielle : née d'une relation intime avec la montagne, cette pensée restitue à tous les êtres vivants et à la nature une valeur intrinsèque, indépendamment de leur utilité pour les êtres humains. Prolongeant la pensée de Spinoza, Næss montre que l'affection pour tout ce qui est vivant ou « écosophie » - et non le rapport objectivant, gestionnaire ou dominateur sur la nature - est au coeur du développement personnel, de la formation de l'identité sociale... et d'une société plus juste.

  • Tenu pour le réfléchi de toutes les personnes grammaticales - comme dans l'expression le souci de soi -, le soi renvoie immédiatement à la question de son identité : Qui est le locuteur du discours ? Qui est l'agent ou le patient de l'action ? Qui est le personnage du récit ? Qui porte la responsabilité d'un acte ? Cette interrogation sur l'identité conduit à renouveler l'ancienne dialectique du Même et de l'Autre, puisque l'autre se dit de multiples façons et que le soi peut aussi être considéré en tant qu'autre.
    Les dix études qui composent cet ouvrage sont une réflexion sur le sens et le destin des philosophies du sujet.

    Paul Ricoeur (1913-2005) :
    Philosophe, auteur d'une oeuvre considérable, il a consacré sa réflexion à l'analyse du sujet, de son action et de son rapport au temps, et a noué un dialogue constant avec les sciences humaines.

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  • Existe-t-il une voie de salut en dehors des dogmes et des rituels de l'Église chrétienne ? La quête de la vérité est-elle compatible avec la religion chrétienne ? Telles sont les interrogations vitales qui habitent, en 1941, la femme de pensée et d'action que fût Simone Weil à propos de sa vocation chrétienne, et qui font obstacle à sa pleine adhésion à l'Église. Rédigée au coeur de la guerre, adressée au père dominicain Couturier, cette Lettre à un religieux expose les questionnements et les réserves qui accompagnent sa quête spirituelle, sa conversion au christianisme. Or son esprit radical, nourri de philosophie grecque, exige des réponses fermes, une clarté absolue sur les points de contradictions de fond et de forme du christianisme. Simone Weil entreprend ici l'examen de conscience de ses valeurs spirituelles.

  • La Construction de soi rassemble une série de lettres qui dessinent un usage de la philosophie envisagée comme un mode de vie, une thérapeutique de l'âme.
    Ici, les philosophes sont interpellés et mis à l'épreuve. Tour à tour, le lecteur côtoie Boèce, Epicure, Schopenhauer, Spinoza ou Etty Hillesum. Ces guides présentent des voies pour se dégager du passé, des regrets ou de la haine de soi. Ils invitent à se libérer du regard d'autrui et ouvrent au risque de l'acceptation. Alexandre Jollien propose un dialogue intérieur qui prend la forme d'une correspondance adressée à Dame Philosophie, cette figure allégorique dont Boèce imagina recevoir la visite alors qu'il attendait dans sa prison d'être exécuté.
    Dans cet itinéraire, l'auteur esquisse le portrait de Dame Frayeur et de la Mort, avec lesquelles il faut bâtir une vie. Ces lettres entendent dépeindre un état d'esprit qui tente de répondre à l'invite de Spinoza : " Bien faire et se tenir en joie ".

  • Ce volume est un petit traité de sagesse pratique pour atteindre la félicité. Comment se fait-il que le maître du pessimisme moderne, Arthur Schopenhauer, ait entrepris une telle aventure ? C'est que la philosophie théorique est une chose, la sagesse vécue une autre : on ne doit pas abandonner tout espoir et se priver de maximes et de conseils pour contrer les difficultés dont l'existence n'est pas avare. La conviction pessimiste que la vie de l'homme oscille entre douleur et ennui invite à la lucidité pour vivre au mieux. Il importe de trouver des règles de vie pour écarter les maux de l'existence, supporter les coups du sort, atteindre sinon le bonheur parfait, du moins un bonheur relatif, celui qui consiste en l'absence de souffrance.

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  • Si l'histoire de la philosophie a donné lieu à quelques monuments éditoriaux, très rares ont été les entreprises synthétiques, accessibles aux néophytes comme aux initiés, et retraçant en un unique volume plus de deux millénaires de débats intellectuels. C'est le défi de la présente Histoire de la philosophie, qui offre une présentation didactique de l'ensemble de la tradition occidentale, des origines à nos jours. Le lecteur y est guidé parmi la pensée et les oeuvres des principaux philosophes, depuis les premiers penseurs de l'Antiquité grecque jusqu'aux auteurs qui réfléchissent aujourd'hui à notre connaissance de la nature, des nouvelles technologies ou au gouvernement de la cité. Il pénètre au coeur des grandes controverses à travers lesquelles la philosophie ne cesse de poursuivre son questionnement.

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  • Voilà que les sciences sociales contemporaines se prennent de passion pour les « émotions ». Mais le risque est grand que ce « tournant émotionnel » les fasse tomber dans un individualisme sentimental qui porte à son comble l'abandon des structures, des institutions et des rapports sociaux, par construction coupables de ne pas faire de place aux choses vécues.
    Comment articuler les affects et les désirs des hommes avec le poids de détermination des structures ? Comment penser ensemble ces deux aspects également pertinents - et manifestement complémentaires - de la réalité sociale, que rien ne devrait opposer en principe ? Tel est le projet d'un « structuralisme des passions », à travers lequel Frédéric Lordon s'attelle à la destruction du socle métaphysique de la pensée libérale.

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  • « L'ouvrage comporte trois parties nettement délimitées par leur thème et leur méthode. La première, consacrée à la mémoire et aux phénomènes mnémoniques, est placée sous l'égide de la phénoménologie au sens husserlien du terme. La deuxième, dédiée à l'histoire, relève d'une épistémologie des sciences historiques. La troisième, culminant dans une méditation sur l'oubli, s'encadre dans une herméneutique de la condition historique des humains que nous sommes.

    [...] Je reste troublé par l'inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d'oubli ailleurs, pour ne rien dire de l'influence des commémorations et des abus de mémoire - et d'oubli. L'idée d'une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués ».
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    Paul Ricoeur.

  • Notre temps est, dit-on, celui des catastrophes. Face aux crises sanitaires, écologiques ou à la menace nucléaire, la croyance dans le progrès a cédé la place à l'angoisse. Cette résurgence des thèmes apocalyptiques est plus qu'un symptôme. La dissolution moderne des hiérarchies traditionnelles a provoqué une nouvelle inquiétude : devoir vivre « après la fin du monde ».
    Les théories de la catastrophe ne se soucient plus de savoir quel monde mérite d'être défendu. Le plus urgent n'est pas d'éviter l'apocalypse à venir, mais de réinvestir le monde après sa disparition comme ordre hiérarchique. En ce sens, le fait que la fin du monde a déjà eu lieu est une bonne nouvelle qui nous place face à une alternative : perpétuer la vie ou édifier un espace pour le possible.

  • Ce qui s'écrit ici différence marque l'étrange mouvement, l'unité irréductiblement impure d'un différer (détour, délai, délégation, division, inégalité, espacement) dont l'économie excède les ressources déclarées du logos classique.
    C'est ce mouvement qui donne unité aux essais ici enchaînés. Qu'ils questionnent l'écriture littéraire ou le motif structuraliste (dans les champs de la critique, des " sciences de l'homme " ou de la philosophie), que par une lecture configurante ils en appellent à Nietzsche ou à Freud, à Husserl ou à Heidegger, à Artaud, Bataille, Blanchot, Foucault, Jabès, Levinas, ils n'ont qu'un lieu d'insistance : le point d'articulation dérobée entre l'écriture et la différence. À peser sur cette articulation, ils tentent de déplacer les deux termes.

  • Pourquoi la prise en compte des enjeux écologiques n'a-t-elle pas transformé la démocratie ni conduit à des changements majeurs dans nos modes de consommation et de production ? Selon Corine Pelluchon, il est nécessaire, pour sortir de cette impasse, d'articuler l'écologie à une philosophie de l'existence.

    Tel est l'enjeu de sa phénoménologie du « vivre de » qui part de notre condition corporelle et terrestre. En envisageant tout ce dont nous vivons non comme des ressources, mais comme des nourritures, l'auteur insiste sur le plaisir attaché originairement au fait de vivre et montre que nous sommes en rapport avec tous les vivants dès que nous mangeons ou occupons l'espace. La force de ce livre consiste à tirer les conséquences politiques de cette philosophie de l'habitation de la Terre en proposant un nouveau contrat social.

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