P.I.E-Peter Lang S.A., Éditions Scientifiques Internationales

  • Longtemps occulté par l'omniprésent intertexte, l'arrière-texte, quasi contemporain, fait aujourd'hui l'objet d'un regain d'intérêt et d'attention. Avancée et développée par un couple d'écrivains français réfléchissant sur le mécanisme de création à la fin des années 1960, la notion permet d'appréhender de façon plus précise le rôle, dans la littérature, des contextes au sens large du terme (historique, géographique, culturel, personnel), le rapport entre texte et image et l'implication dans l'oeuvre du sujet écrivant ou lisant. Nourri d'apports multiples, l'ouvrage propose de reconfigurer la théorie littéraire en envisageant l'arrière-texte comme corollaire de l'intertexte. La relation esthétique - et donc synthétique - fondant l'appréciation littéraire des textes à l'époque moderne invite à penser les articulations complexes de données hétérogènes. Elle prend acte de l'inconscient multiforme qui travaille le fait littéraire et met au jour ses résultats dans un texte de lecture attentif aux projections individuelles et aux mécanismes collectifs et institutionnels. À l'époque de la mondialisation des échanges, les analyses s'ouvrent à des corpus variés, d'Europe, d'Amérique ou d'Afrique, voire d'Indonésie, conduisant à un nouveau regard sur la relation entre littérature et études culturelles.

  • Intégrant les essais et le théâtre, mais portant une attention particulière aux poèmes et aux récits, Émilienne Akonga démontre et démonte l'emprise des figures, situations et hantises qui se retrouvent tout au long de la production du poète d'Heureux les Déliants. Elle en montre la présence et la permanence, l'évolution et les variations jusqu'à la composition de l'oeuvre qui incarne par excellence, chez Bauchau, la réhabilitation, la reconnaissance et la transformation du personnage déchu, apparemment perdu : OEdipe sur la route invention qui permit ensuite l'émergence en majesté d'une figure féminine singulière, Antigone. Sans nier ni leur enracinement ni leur origine, ce livre met la focale sur ce qu'apportent aujourd'hui les textes d'Henry Bauchau, mais aussi sur ce que fut et ce qui fit leur creuset : le long travail d'engendrement d'un au-delà de l'Histoire bancale de l'Occident. Consacré aux formes du passage de la déchirure à la réhabilitation dans cet univers fictionnel, le parcours critique de ce livre dans les diverses facettes de l'oeuvre aide à comprendre en quelles profondeurs plonge cette très contemporaine odyssée. Analyse minutieuse nouée dans un renvoi-enracinement constant au vécu d'une femme africaine née à l'heure de la décolonisation, cet essai illustre l'attention portée par la critique congolaise à la figure d'Antigone telle que l'écrivain belge l'a réinventée. Sans jamais dériver vers les formes d'annexion ou de plaquage qui ont hypothéqué certains travaux engagés, ce livre essentiellement consacré au corpus des années 1950-2000 rappelle la condition dépendante et mutilée qui découle de la colonisation, dont Bauchau parle dans Le Régiment noir, comme la confrontation contemporaine aux certitudes patriarcales.

  • La thématique générale de la Didactique du français langue étrangère et seconde dans une perspective plurilingue et pluriculturelle est apprendre, enseigner et travailler avec le français et en français dans un environnement plurilingue et pluriculturel. Cet ouvrage a pour objectif de définir et délimiter la place du français langue étrangère et des échanges francophones dans les sociétés plurilingues et pluriculturelles du XXIème siècle, dans le domaine académique et dans le domaine professionnel. Les différents articles proposent donc à la fois les fondamentaux de la didactique du FLE/FLS, une réflexion sur les contextes d'enseignement du FLE/FLS et sur les aspects socioculturels liés à l'enseignement/apprentissage du FLE/FLS. Il s'adresse aux enseignants de langue, formateurs en langues, formateurs de formateurs (HEP), conseillers pédagogiques, inspecteurs pour la langue ... et médiateurs linguistiques et culturels, dans des structures de formation nationales et internationales, du secteur public, privé et parapublic.

  • La Belgique ? Une entité pas comme les autres en Europe. La révolution de 1830 accouche d'un pays moderne. Il ne correspond pas à l'équation Langue/État/Nation.De cette particularité surgit, en un demi-siècle seulement, la première littérature francophone consciente d'elle-même et porteuse de chefs-d'oeuvre dans lesquels s'inventent des Formes issues de cette Histoire singulière.Cette jeune littérature, qui émerge dès les années suivant la bataille de Waterloo et le Congrès de Vienne, se révèle très vite d'une grande richesse.Dans ce premier tome d'une série de cinq, on comprendra combien les textes littéraires belges du XIXe siècle se démarquent subtilement ou ouvertement des modèles français : transgénérique et carnavalesque chez De Coster, mais aussi première fiction coloniale chez Nirep ; hantise du pictural chez Verhaeren ; questionnement de la langue chez Maeterlinck ; persistance du mythe nordique dans le dernier Eekhoud, dix ans après l'armistice de 1918 ; recours à la science-fiction chez Rosny.Les mythes, les hantises, les singularités de cette littérature trament une cohérence que ce livre restitue ; une plongée nouvelle dans l'Histoire et l'historiographie littéraire, au-delà de l'approche canonique traditionnelle.
    Les deux premiers volumes de la série Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone ont été récompensés en 2017 du prix Lucien Malpertuis.

  • Un « petit homme seul » arpente les fictions de Jean Muno (1924-1988) depuis sa pièce radiophonique éponyme. Sous son apparence d'anti-héros, plus belge que nature, il détient un étonnant pouvoir de subversion. Elle est le fruit d'une subtile ironie polyphonique qui permet à l'écrivain bruxellois d'atteindre ses cibles, sans s'épargner lui-même, ce qui est tout aussi caractéristique d'une certaine Belgique. S'appuyant sur le concept socratique d'ironie autant que sur la réinterprétation romantique et les recherches innovatrices des linguistes à propos de ce concept et ses modalités, Isabelle Moreels élabore une méthode d'analyse qui l'amène à cerner trois types d'ironie à l'oeuvre dans les textes de Jean Muno. Diégétique, énonciatif ou métanarratif, cet art subtil de la distance, voire de la dérision, tisse en effet romans, nouvelles et récits de l'auteur - en amont comme en aval de la proclamation de la belgitude (1976). Ses tenants reconnurent d'ailleurs une certaine parenté de son approche avec l'être-au-monde qu'ils explicitaient et légitimaient. Identitaire, idéologique et esthétique, le questionnement munolien se voit en outre abordé à partir de son ancrage dans la société petite-bourgeoise des années d'abondance, dites « les Trente Glorieuses ». L'étude de nombreux documents inédits ou méconnus, aussi bien sonores qu'écrits, constitue un apport supplémentaire de ce livre qui décrit par ailleurs le Fonds Jean Muno des Archives et Musée de la Littérature dans lequel ils figurent pour la plupart.

  • Cet ouvrage se propose d'évaluer l'imprégnation de l'Extrême-Orient dans la littérature française d'après-guerre par l'étude de l'esthétique poétique de trois écrivains emblématiques de leur génération : Henry Bauchau, Christian Dotremont et Yves Bonnefoy. On observera comment leurs oeuvres relèvent d'un imaginaire sino-japonais syncrétique, qui leur permet d'interroger une certaine pratique de l'écriture afin de développer un usage performatif du langage. En particulier, cet imaginaire permet de saisir différents aspects du rayonnement de l'Extrême-Orient relatifs à la place du corps dans la création. Il invite à considérer l'impact des arts martiaux orientaux - progressivement intégrés dans la culture européenne - à l'égard des représentations et des valeurs associées à l'Asie. L'enjeu de cette étude est alors de comprendre la spécificité de ces oeuvres majeures de la production poétique française contemporaine, marquées par cette culture éloignée, en regard de la pensée de la création comme geste et comme présence, telle qu'un art martial les met en oeuvre en son propre lieu. L'analyse comparative et différentielle des trois oeuvres fera apparaître, outre leur singularité, un horizon commun concernant une requalification des enjeux de l'écriture poétique pouvant ouvrir à un enrichissement de l'existence et, ainsi, à un mieux-être.

  • L'auteure de cet ouvrage avance des hypothèses nouvelles à propos d'une figure du discours particulièrement répandue, l'ironie, étudiée à partir d'exemples authentiques issus pour l'essentiel de la presse satirique. Une riche discussion critique de l'ensemble des théories rhétoriques, sémantiques, pragmatiques développées sur la question de l'ironie permet de tisser des ponts entre les époques et les approches, de mettre en perspective les outils et les cadres théoriques qui ont été échafaudés pour cerner cet objet labile, dont la compréhension a intrigué tant les rhétoriciens de l'antiquité que les linguistes contemporains. L'hypothèse défendue par l'auteure consiste à faire de l'ironie un phénomène bidimensionnel, comportant une facette énonciative et une facette argumentative. L'analyse minutieuse de chacune de ces deux facettes, à l'aide des outils de la théorie argumentative de la polyphonie et de la théorie des blocs sémantiques, lui permet de trancher les débats qui divisent la communauté des pragmaticiens ironologues.

  • Les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) sont omniprésentes dans nos sociétés. Elles amènent à échanger des données tout le temps, où on se trouve et comme jamais. Ce constat justifie à lui seul cet ouvrage collectif qui se propose d'interroger la communication électronique. Vingt-neuf chercheurs ont ainsi participé à la rédaction des vingt-trois chapitres en français et en anglais de ce volume, que Christian Licoppe préface en se questionnant logiquement : Peut-on mettre la communication électronique en question ? Les chapitres ne constituent pas des réponses mais des éclairages regroupés en quatre parties. Celles-ci correspondent à des domaines qui recourent à la communication électronique avec des objectifs communicationnels initiaux variés et divers.

  • La liaison est un phénomène phonologique typiquement français, qui consiste à prononcer la consonne finale d'un mot lorsque celui-ci précède un mot comportant une voyelle initiale (les [z] écrans). Dans bien des cas cependant, il est possible de prononcer aussi bien avec liaison que sans liaison (ainsi dans mais [z] enfin). Cela confère à la liaison un caractère variable et hétérogène, dont la complexité, depuis les années 40, ne cesse d'intriguer les chercheurs. À date récente, la constitution de grands corpus oraux, tel PFC (Phonologie du Français Contemporain) a relancé l'étude de la liaison. Le présent ouvrage propose une revue à la fois large et précise des dernières recherches dans le domaine, d'un point de vue aussi bien linguistique que psycholinguistique et sociolinguistique. Il rend compte d'études nouvelles sur le traitement de la liaison dans la communication orale, mais aussi en production écrite ou chez des personnes atteintes de pathologies du langage. Il s'adresse tant aux spécialistes qu'aux étudiants en sciences du langage désireux de s'instruire à propos de ce phénomène phare de la phonologie du français.

  • A l'heure d'une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu'il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd'hui, par-delà l'opposition de l'étranger et de l'indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d'appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous. Ce recueil d'essais se propose de cerner dans des oeuvres de factures et d'origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l'épreuve des identités, tension vers l'autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d'approches, il joint à l'appréciation esthétique l'interrogation de la teneur éthique et politique de l'oeuvre - des conditions de sa genèse et de sa production jusqu'à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d'échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l'ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels oeuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l'humain et de ses possibles futurs.

  • En tant qu'un cas particulier de synonymie, la paraphrase joue un rôle crucial en langue - les locuteurs savent comment exprimer un même contenu sémantique de façons différentes et sont capables de dire si deux expressions de leur langue expriment un même contenu sémantique. La linguistique se doit donc de décrire ce phénomène langagier, qui a d'ailleurs d'importantes répercussions dans le domaine de traitement automatique de la langue naturelle, notamment en génération et en traduction automatiques de textes. Ce livre propose une théorisation et une modélisation formelle de la paraphrase dans le cadre de la théorie linguistique Sens-Texte. Il se concentre, notamment, sur les règles de production de paraphrases. Deux types principaux de règles de production de paraphrases sont considérés : règles sémantiques, traitant des sémantèmes, et règles lexico-syntaxiques, traitant des lexies au sein de constructions syntaxiques.

  • La parataxe associe des constructions en l'absence de tout marqueur explicite de dépendance : Vous m'appelez, je viens ; Aide-toi, le ciel t'aidera ; Il y a un souci, c'est que la robe est trop large, ou encore : Tu le verrais, il est adorable. Les modèles grammaticaux traditionnels rencontrent leurs limites face à ces tours binaires, à cheval entre micro- et macro-syntaxe. Faut-il y voir des juxtapositions de phrases ou de sous-phrases ? des coordinations sans marqueurs ou des subordinations implicites ? Les enjeux théoriques sont ici très importants : définition des unités pertinentes, rôles de l'intonation, conditions des coalescences entre clauses... Issu des réflexions lancées lors du Colloque international de Neuchâtel (12-15 février 2007), cet ouvrage de synthèse procède à un large bilan critique, allant des acquis de la philologie classique aux avancées récentes de la recherche en syntaxe de l'oral, en prosodie, en sémantique, en linguistique diachronique. Le tome 2 Structures, marquages et exploitations discursives étudie une série de constructions semi-ritualisées du français (hypothétiques, corrélatives, structures « à dispositif », etc.), que ce soit d'un point de vue syntaxique, sémantique ou prosodique. Deux chapitres sont en outre consacrés à la traduction des parataxes ainsi qu'à leur pertinence interactionnelle.

  • Les traditions philosophiques et rhétoriques de l'époque antique ont alternativement abordé l'usage technique du langage comme un moyen d'accès au progrès moral ou comme un instrument dangereux de manipulation. A l'époque classique, certains philosophes des Lumières ont préconisé une thérapie du langage visant à nous rendre conscients de notre usage des mots. Plus récemment, le renouveau de la rhétorique, qu'on observe depuis plusieurs décennies, semble inséparable d'une réflexion éthique. Fruit d'un colloque international et interdisciplinaire (Montpellier, avril 2011), cet ouvrage collectif s'attache à mettre en relation le questionnement éthique et les usages publics du langage dans une perspective historique et prolonge ces analyses par des investigations contemporaines. Il rassemble les réflexions théoriques et les analyses pratiques d'éminents spécialistes autour de trois périodes majeures (rhétorique antique, âge classique, époque contemporaine), en croisant les regards méthodologiques français et anglo-saxon. Ce livre contient des contributions en français et en anglais.

  • Expédition à la fois scientifique, chronologique et géographique, cet ouvrage tente de faire le point sur les natures, les fonctions et les valeurs couramment assignées à l'article, perçu tantôt comme un apport, tantôt comme un support du nom, et ce depuis 1980, date qui marque un tournant symbolique en grammaire. De loin la plus empruntée, la voie de l'article-apport nominal est remarquée dans chacune des cinq écoles linguistiques sélectionnées (la grammaire scolaire, la linguistique énonciative, la psychomécanique du langage, la linguistique cognitive et quelques-unes des grammaires formelles). La deuxième tendance, d'essor tardif, ne parait être adoptée aujourd'hui encore que par certaines grammaires de constituants et quelques psychosystématiciens. Les conceptions de l'article sont donc multiples, et les discours sont hétérogènes en cette aube du XXIe siècle. Cet ouvrage dresse ainsi le bilan des recherches et retrace les théories contemporaines, souvent hétérogènes, sur l'article en français.

  • Prenant en compte les données fournies par les dictionnaires en ligne et en libre accès de langue anglaise soumis à un métamoteur de recherche ultraperformant, cet ouvrage propose une analyse diachronique et synchronique systématique des affixes anglais, y compris de ceux que l'on peut qualifier de « strictement savants ». L'examen du corpus particulièrement volumineux constitué dans le cadre de cette étude permet aussi bien de rendre compte de la productivité des constituants morphologiques hérités des fonds germanique et roman et de leur contribution respective à la formation de néologismes que de cerner leurs contraintes combinatoires. Dans une approche qu'il a voulue résolument interdisciplinaire, l'auteur confronte ses conclusions aux principes énoncés par les écoles de morphologues les plus représentatives, notamment par les tenants de la stratification lexicale, de la phonologie cyclique et de l'ordonnancement par degré de complexité.

  • Cette étude alliant l'épistémologie du vieux continent à la pragmatique américaine présente une vaste synthèse des recherches et des solutions industrielles dans l'ensemble des médias informatisés. Elle se base sur une hypothèse immersive qui postule le parallélisme entre l'évolution des médias et celle des périphériques d'ordinateurs. Ce livre réactualise l'épistémo-praxéologie cybernétique à l'aune de la neurophysiologie. Les médias sont une externalisation de l'auto-coévolution bio-culturelle où le sujet coévolue avec l'environnement issu de sa propre création. Leur progrès actuel n'est pas le perfectionnement des dispositifs mais l'élaboration de l'ergonomie sensorielle apte à produire des effets cérébraux de l'adhésion aux figures narratives et fictionnelles. Cette tendance technologique culmine dans le phénomène de ré-analogisation.

  • Le point de départ de cet ouvrage est un Congrès international qui s'est tenu à Oviedo en septembre 2008 (VIIIe Congrès International de Linguistique Française, VIII CILF). On y trouvera, mises en commun, les propositions d'un certain nombre de chercheurs, enrichies par le débat qui s'est ensuivi. Les textes réunis illustrent une réflexion sur les rapports qui existent entre les divers composants linguistiques mis en oeuvre lors de la production de la parole. L'originalité de ce livre réside dans le fait que, pour la première fois dans la littérature linguistique, ces composants sont considérés non pas de façon indépendante mais dans les relations qu'ils entretiennent. Le sujet est abordé à partir de diverses positions théoriques et méthodologiques, plusieurs domaines étant par ailleurs explorés : la réflexion prend naissance à partir d'une marque morphologique visible, d'un fonctionnement syntaxique saillant, d'un comportement sémantique curieux, d'une particularité textuelle ou discursive, et même à l'occasion de manifestations prosodiques. Les auteurs ont tenu à ajouter un épilogue en hommage à Ivan Evrard, tragiquement disparu, et qui faisait partie des chercheurs ayant conçu, il y a déjà trois ans, le sujet de réflexion abordé dans ce texte.

  • Ce volume réunit vingt trois textes conçus en hommage à Etienne Pietri, ancien directeur de l'Institut de Linguistique et de Phonétique Générales et Appliquées de l'Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, décédé en 2002. Les auteurs, amis, collègues, étudiants avancés, ont voulu rendre hommage à l'homme qui les a aidés, soutenus, encadrés, qui les a accueillis à Paris, ou qui a collaboré à leurs recherches. Ils sont français ou étrangers, jeunes ou moins jeunes. Certains livrent des travaux scientifiques originaux actuels, d'autres relatent l'évolution de la linguistique contrastive, de la linguistique appliquée, de la sociolinguistique au cours du dernier quart de siècle et les controverses qui ont agité le cercle scientifique auquel appartenait Etienne Pietri. Le lecteur trouvera de l'anglais, du grec ancien, du hongrois, du roumain, du serbe, du français de spécialité, du français des médias, et bien d'autres variétés de langues traitées de façons théorique et générale ou analysées d'après un corpus précis. Tous ont la préoccupation de mettre en contraste les langues entre elles avec un objectif de traduction ou d'enseignement de langue étrangère.

  • Dans cet ouvrage, l'auteur dresse un bilan des différentes hypothèses émanant des publications portant sur l'interface prosodie/syntaxe au cours de ces trente dernières années. Sur la base d'un échantillon de plus d'un millier de séquences extraites de larges corpus de français parlé authentique, il se propose ensuite de tester empiriquement la couverture des hypothèses en présence, afin de les valider ou de les reformuler, le cas échéant. Les données sont traitées semi-automatiquement avec des outils d'annotation prosodique développés à dessein, et l'analyse s'appuie sur les outils de la statistique en vue d'évaluer de façon détaillée le poids des indices syntaxiques et prosodiques influant sur le phrasé de configurations que l'on appelle dislocations, incises et asyndètes en français.

  • En étudiant via une approche ethnolinguistique le langage injurieux en milieu rwandophone, l'auteure examine les implications socioculturelles de la communication agressive en s'appuyant sur l'analyse grammaticale et l'interprétation sémantique de l'expression tant verbale qu'extra-verbale. La mise en évidence de la rythmique et de la stylistique dans un choix d'illustrations représentatives vise à montrer que la littérature agressive issue de la tradition orale ne déroge pas aux règles usuelles de la création artistique. En dévoilant l'âme du peuple rwandais, avec son vécu traditionnel et ses préoccupations existentielles, l'ouvrage vise notamment à interroger la société sur les inégalités sociales traditionnelles qui se traduisent par le langage agressif.

  • Personne ne sait pourquoi Gustave Flaubert a rajouté de sa main, sur la première page du manuscrit définitif de Madame Bovary, celui du copiste, le sous-titre Moeurs de Province. A quelques rares exceptions près, la recherche flaubertienne ne s'est guère penchée sur la question, et depuis la mort du romancier normand, la plupart des éditeurs du roman a tout simplement supprimé le sous-titre, pourtant si significatif notamment pour une compréhension approfondie des intentions critiques de Flaubert vis-à-vis de la société bourgeoise de son époque. Pour l'auteur de cet essai, le premier de longue haleine à étudier le sens et la signification du sous-titre, les moeurs provinciales visées par l'écrivain dans son premier roman publié sont avant tout des moeurs langagières. La langue et les langages sont au centre de ce livre, où le personnage le plus troublant, la protagoniste Emma Bovary, est clairement victime de ces moeurs langagières bien que, à certains moments, elle arrive à sortir de leur contrainte et paraître une voix à part entière, tels les personnages romanesques polyphoniques de Dostoïevski vus par Bakhtine.

  • Longtemps limitée à une simple perspective textualiste, l'anaphore a, ces vingt dernières années, été l'enjeu de nombreux travaux influencés par les forts courants de la linguistique du discours ainsi que par les approches cognitives, pragmatiques et, plus récemment encore, interactionnelles de la référence. Phénomène discursif éminemment complexe, l'anaphore met en jeu des mécanismes informationnels, mémoriels et inférentiels variés, que de nombreux modèles, linguistiques et psycholinguistiques, ont cherché à capter. Le propos du présent ouvrage est double : proposer un bilan épistémologique mettant au jour, parmi les modèles et approches proposés, ceux qui ont résisté au temps (et aux modes) ; pointer les aspects du phénomène anaphorique qui nécessiteraient des investigations complémentaires. En abordant l'anaphore de manière interdisciplinaire, ce livre vise aussi à décloisonner des domaines de recherche qui trop souvent s'ignorent : il rétablit le dialogue entre approches linguistiques, psycholinguistiques et acquisitionnelles, tout en faisant place aux perspectives orientées vers la logopédie et le TAL (Traitement Automatique du Langage).

  • La thématique du rebut, de l'ordure, du déchet est envisagée dans sa dimension symbolique et ne se réduit pas à la problématique environnementale : le volume rend compte des discours non pragmatiques ou décalés portés sur le sujet. Il explore cet envers du décor, cette part d'ombre qui raconte la condition humaine. Les objets, en tant que traces mémorielles sont envisagés comme des formes de prolongements du corps et donc « animés », les corps, sous la forme du produit résiduel, du fragment corporel ou du cadavre, subissent un processus de réification. Voilà pourquoi des champs de recherche très différents ont été mobilisés. Des chercheurs d'horizons divers ont été réunis, qui ont échangé et confronté points de vue et démarches. Cet ouvrage témoigne de cette entreprise atypique, entre divergences, nuances et convergences. Ces « obscurs objets du refus » se profilent dans un clair-obscur caractéristique de nos sociétés contemporaines : à la fois visibles, inévitables, ostentatoires mais paradoxalement ignorés, délaissés, cachés. Ils oscillent entre des statuts radicalement différents, se faisant tour à tour objet de consommation, objet d'art, objet de dégoût ou objet littéraire. Cet ouvrage contient huit articles en français, un en italien ainsi que deux cahiers iconographiques.

  • La recherche entreprise dans cet ouvrage est une étude des oeuvres romanesques de Luigi Pirandello, dont le fil conducteur est le rapport inextricable entre ordre et désordre. Prisonniers d'une forme, les personnages pirandelliens tentent de se libérer à travers un questionnement existentiel sans fin qui leur fait prendre conscience des limites de leur être, mais aussi de leur difficulté à communiquer. Confrontés au regard de l'« Autre », ils apparaissent toujours porteurs d'un masque, ce qui leur dénie toute identité stable et définitive. Et il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que chaque personnage soit tout à la fois « un, personne et cent mille ». En effet, pour Pirandello la réalité est multiple et changeante en fonction des points de vue. De plus, elle est souvent le résultat d'une série de hasards qui la mettent à l'épreuve du chaos, ce qui induit, chez les personnages, doute, incertitude et mal-être. Entre désir de fuite et retours en arrière, leur vie sera - quelle qu'en soit la forme - illusoire.

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