P.i.e. Peter Lang

  • On sait bien ce qu'on appelle « norme », en linguistique : une pratique de prescription des comportements langagiers. Cette pratique, la linguistique s'est depuis longtemps habituée à la remiser dans un espace qui n'était pas le sien. Il a été une fois pour toutes entendu qu'il existait, aisément repérable, un certain usage normatif de la « grammaire », qu'on connaissait, et qu'il fallait bien distinguer de la linguistique. Ainsi, la possible normativité du discours linguistique a souvent fait l'objet d'une soigneuse dissimulation. Alors, la norme « tabou » de la linguistique moderne ? Quinze linguistes affrontent ici le problème, en partant de ses enjeux épistémologiques, historiques, sociolinguistiques, et, pour finir, grammaticaux. Cet ouvrage s'organise en deux parties. La première analyse cette présence paradoxale de la notion de norme dans le discours des linguistes. La seconde approfondit les résonances de la problématique dans le domaine qui s'y prête le plus, à savoir la syntaxe. Attachement, affect ; lois, règles ; double relation au langage : autant de paramètres desquels le linguiste ne peut pas se permettre de détourner son regard.

  • À la fin de l'Ancien Régime, les relations entre la France et la Turquie ottomane sont essentiellement fondées sur le commerce maritime. Les négociants marseillais en ont le monopole et leurs établissements au Levant prospèrent à la faveur des capitulations signées avec le sultan, et d'un réseau consulaire hiérarchisé que l'État monarchique a progressivement mis en place. Les consuls sont ainsi devenus avec les corps de négociants les instruments d'une politique économique ambitieuse. Mais celle-ci a ses limites imposées par les Turcs et par le roi lui-même puisque la résidence de ses sujets dans les Échelles n'est pas libre. La Révolution va-t-elle bouleverser cette organisation économique et sociale, ces microsociétés de Français implantés dans les ports de la Méditerranée orientale ? Que se passe-t-il entre l'arrivée de Choiseul-Gouffier, dernier ambassadeur du roi à Constantinople (1784), et l'expédition d'Égypte (1798) ? Les sources consulaires mettent en lumière ruptures et continuités, et cet équilibre si fragile, tributaire des communications maritimes que remet en cause, à partir de 1793, la guerre avec l'Angleterre. Victimes de l'arbitraire des potentats locaux, soumis à la concurrence des autres puissances et coupés de la métropole, les résidents français au Levant deviennent les « oubliés » de cette liberté naissante et certains d'entre eux vont pousser le Directoire à intervenir militairement pour sauver leurs intérêts sans bien percevoir les conséquences de cette politique aventureuse. Après Les Consuls de France au siècle des Lumières et Aux origines d'une alliance improbable, le ministère des Affaires étrangères poursuit avec Les oubliés de la liberté, l'étude de la présence consulaire française au XVIIIe siècle.

  • Longtemps occulté par l'omniprésent intertexte, l'arrière-texte, quasi contemporain, fait aujourd'hui l'objet d'un regain d'intérêt et d'attention. Avancée et développée par un couple d'écrivains français réfléchissant sur le mécanisme de création à la fin des années 1960, la notion permet d'appréhender de façon plus précise le rôle, dans la littérature, des contextes au sens large du terme (historique, géographique, culturel, personnel), le rapport entre texte et image et l'implication dans l'oeuvre du sujet écrivant ou lisant. Nourri d'apports multiples, l'ouvrage propose de reconfigurer la théorie littéraire en envisageant l'arrière-texte comme corollaire de l'intertexte. La relation esthétique - et donc synthétique - fondant l'appréciation littéraire des textes à l'époque moderne invite à penser les articulations complexes de données hétérogènes. Elle prend acte de l'inconscient multiforme qui travaille le fait littéraire et met au jour ses résultats dans un texte de lecture attentif aux projections individuelles et aux mécanismes collectifs et institutionnels. À l'époque de la mondialisation des échanges, les analyses s'ouvrent à des corpus variés, d'Europe, d'Amérique ou d'Afrique, voire d'Indonésie, conduisant à un nouveau regard sur la relation entre littérature et études culturelles.

  • Intégrant les essais et le théâtre, mais portant une attention particulière aux poèmes et aux récits, Émilienne Akonga démontre et démonte l'emprise des figures, situations et hantises qui se retrouvent tout au long de la production du poète d'Heureux les Déliants. Elle en montre la présence et la permanence, l'évolution et les variations jusqu'à la composition de l'oeuvre qui incarne par excellence, chez Bauchau, la réhabilitation, la reconnaissance et la transformation du personnage déchu, apparemment perdu : OEdipe sur la route invention qui permit ensuite l'émergence en majesté d'une figure féminine singulière, Antigone. Sans nier ni leur enracinement ni leur origine, ce livre met la focale sur ce qu'apportent aujourd'hui les textes d'Henry Bauchau, mais aussi sur ce que fut et ce qui fit leur creuset : le long travail d'engendrement d'un au-delà de l'Histoire bancale de l'Occident. Consacré aux formes du passage de la déchirure à la réhabilitation dans cet univers fictionnel, le parcours critique de ce livre dans les diverses facettes de l'oeuvre aide à comprendre en quelles profondeurs plonge cette très contemporaine odyssée. Analyse minutieuse nouée dans un renvoi-enracinement constant au vécu d'une femme africaine née à l'heure de la décolonisation, cet essai illustre l'attention portée par la critique congolaise à la figure d'Antigone telle que l'écrivain belge l'a réinventée. Sans jamais dériver vers les formes d'annexion ou de plaquage qui ont hypothéqué certains travaux engagés, ce livre essentiellement consacré au corpus des années 1950-2000 rappelle la condition dépendante et mutilée qui découle de la colonisation, dont Bauchau parle dans Le Régiment noir, comme la confrontation contemporaine aux certitudes patriarcales.

  • La thématique générale de la Didactique du français langue étrangère et seconde dans une perspective plurilingue et pluriculturelle est apprendre, enseigner et travailler avec le français et en français dans un environnement plurilingue et pluriculturel. Cet ouvrage a pour objectif de définir et délimiter la place du français langue étrangère et des échanges francophones dans les sociétés plurilingues et pluriculturelles du XXIème siècle, dans le domaine académique et dans le domaine professionnel. Les différents articles proposent donc à la fois les fondamentaux de la didactique du FLE/FLS, une réflexion sur les contextes d'enseignement du FLE/FLS et sur les aspects socioculturels liés à l'enseignement/apprentissage du FLE/FLS. Il s'adresse aux enseignants de langue, formateurs en langues, formateurs de formateurs (HEP), conseillers pédagogiques, inspecteurs pour la langue ... et médiateurs linguistiques et culturels, dans des structures de formation nationales et internationales, du secteur public, privé et parapublic.

  • Instaurée par une conception homogène de la nation, l'école est trop souvent adepte de la langue unique et magistrale et le plurilinguisme y trouve rarement une place légitime. Dans de nombreux pays toutefois, plusieurs langues se côtoient et s'entrechoquent, jusque dans la salle de classe. Ces territoires qui, de fait, embrassent des normes plurielles, fondent alors des contextes éducatifs sensibles, car les élèves n'y comprennent pas toujours la langue du maître. Or le monde est en train de découvrir et de légitimer la multiplicité de ses langues. Poser que la diversité linguistique dans la salle de classe ne doit plus être un facteur d'échec est urgent. Enseigner en admettant la grammaire et les mots de l'autre est une nécessité. En février 2004, une vingtaine de chercheurs spécialistes des îles de l'Océan Indien, des Antilles et de la Guyane, mais aussi d'Europe et d'Amérique, se sont retrouvés à l'Université de La Réunion pour envisager comment gérer le plurilinguisme à l'école. La présente publication rend compte de l'originalité de leurs travaux sur les politiques linguistiques et les démarches éducatives que ces situations requièrent, dans l'attention la plus pointilleuse aux enjeux du présent.

  • Le premier semestre de l'année 1972 est marqué par des événements ou des gestes spectaculaires qui sont autant de tournants dans les relations internationales. Il s'agit de deux phénomènes transnationaux : l'environnement et le terrorisme, et de deux phénomènes dans le domaine des relations inter-étatiques. C'est en particulier le cas de la première Conférence mondiale sur l'environnement tenue à Stockholm en juin avec plus de mille participants représentant 132 États. Bien que chacun d'entre eux ait ses propres revendications, le vrai critère de division sépare les pays industrialisés des pays en voie de développement qui refusent d'entraver leur industrialisation sous couvert de défense de l'environnement. Dans l'article 21 de la déclaration adoptée à l'unanimité, il est fait implicitement référence aux dommages que pourraient causer les armes de destruction massive. Et c'est la France qui est visée parce qu'elle a repris ses expériences nucléaires dans l'atmosphère en Polynésie depuis 1966. L'opposition des États du Pacifique est virulente, les tentatives d'amadouer les Péruviens sont vaines et la campagne de l'ONG Greenpeace, qui envoie un bateau dans la zone d'expérimentation, embarrasse les autorités françaises. L'autre phénomène transnational est le terrorisme, qui sévit en Allemagne fédérale depuis 1968, à l'initiative de la Fraction Armée rouge connue aussi sous le nom de bande à Baader; mais surtout au Proche-Orient avec l'attentat spectaculaire à l'aéroport de Lod (30 mai 1972) à l'arrivée de l'avion d'Air France, occasion pour les Israéliens de mettre en cause les autorités françaises qui s'ajoute au catalogue de reproches faits par Tel Aviv à Paris, dressés avec doigté par l'ambassadeur F. Huré. Enfin, deux phénomènes importants sur le plan inter-étatique : la naissance d'un nouvel État qui n'est pas le fruit de la décolonisation. Cet événement inédit embarrasse la diplomatie française qui reconnait le Bangla-Desh, mais ne veut pas que ce geste soit interprété comme « un geste hostile » à l'égard d'Islamabad, tout en souhaitant maintenir de bonnes relations avec New Delhi. Et l'ambassadeur de France à Dacca plaide pour une aide économique rapide et intelligente pour sortir ce pays de la misère. L'autre événement stupéfiant, quand on sait l'animosité des relations entre Pékin et Washington depuis 1949, est la visite du président Nixon en Chine (21-28 février), malgré la guerre du Vietnam et le problème de Taïwan, au point que notre ambassadeur à Pékin dit éprouver « le malaise naturel d'une rencontre gênante ».

  • La Belgique ? Une entité pas comme les autres en Europe. La révolution de 1830 accouche d'un pays moderne. Il ne correspond pas à l'équation Langue/État/Nation.De cette particularité surgit, en un demi-siècle seulement, la première littérature francophone consciente d'elle-même et porteuse de chefs-d'oeuvre dans lesquels s'inventent des Formes issues de cette Histoire singulière.Cette jeune littérature, qui émerge dès les années suivant la bataille de Waterloo et le Congrès de Vienne, se révèle très vite d'une grande richesse.Dans ce premier tome d'une série de cinq, on comprendra combien les textes littéraires belges du XIXe siècle se démarquent subtilement ou ouvertement des modèles français : transgénérique et carnavalesque chez De Coster, mais aussi première fiction coloniale chez Nirep ; hantise du pictural chez Verhaeren ; questionnement de la langue chez Maeterlinck ; persistance du mythe nordique dans le dernier Eekhoud, dix ans après l'armistice de 1918 ; recours à la science-fiction chez Rosny.Les mythes, les hantises, les singularités de cette littérature trament une cohérence que ce livre restitue ; une plongée nouvelle dans l'Histoire et l'historiographie littéraire, au-delà de l'approche canonique traditionnelle.
    Les deux premiers volumes de la série Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone ont été récompensés en 2017 du prix Lucien Malpertuis.

  • Un « petit homme seul » arpente les fictions de Jean Muno (1924-1988) depuis sa pièce radiophonique éponyme. Sous son apparence d'anti-héros, plus belge que nature, il détient un étonnant pouvoir de subversion. Elle est le fruit d'une subtile ironie polyphonique qui permet à l'écrivain bruxellois d'atteindre ses cibles, sans s'épargner lui-même, ce qui est tout aussi caractéristique d'une certaine Belgique. S'appuyant sur le concept socratique d'ironie autant que sur la réinterprétation romantique et les recherches innovatrices des linguistes à propos de ce concept et ses modalités, Isabelle Moreels élabore une méthode d'analyse qui l'amène à cerner trois types d'ironie à l'oeuvre dans les textes de Jean Muno. Diégétique, énonciatif ou métanarratif, cet art subtil de la distance, voire de la dérision, tisse en effet romans, nouvelles et récits de l'auteur - en amont comme en aval de la proclamation de la belgitude (1976). Ses tenants reconnurent d'ailleurs une certaine parenté de son approche avec l'être-au-monde qu'ils explicitaient et légitimaient. Identitaire, idéologique et esthétique, le questionnement munolien se voit en outre abordé à partir de son ancrage dans la société petite-bourgeoise des années d'abondance, dites « les Trente Glorieuses ». L'étude de nombreux documents inédits ou méconnus, aussi bien sonores qu'écrits, constitue un apport supplémentaire de ce livre qui décrit par ailleurs le Fonds Jean Muno des Archives et Musée de la Littérature dans lequel ils figurent pour la plupart.

  • Cet ouvrage se propose d'évaluer l'imprégnation de l'Extrême-Orient dans la littérature française d'après-guerre par l'étude de l'esthétique poétique de trois écrivains emblématiques de leur génération : Henry Bauchau, Christian Dotremont et Yves Bonnefoy. On observera comment leurs oeuvres relèvent d'un imaginaire sino-japonais syncrétique, qui leur permet d'interroger une certaine pratique de l'écriture afin de développer un usage performatif du langage. En particulier, cet imaginaire permet de saisir différents aspects du rayonnement de l'Extrême-Orient relatifs à la place du corps dans la création. Il invite à considérer l'impact des arts martiaux orientaux - progressivement intégrés dans la culture européenne - à l'égard des représentations et des valeurs associées à l'Asie. L'enjeu de cette étude est alors de comprendre la spécificité de ces oeuvres majeures de la production poétique française contemporaine, marquées par cette culture éloignée, en regard de la pensée de la création comme geste et comme présence, telle qu'un art martial les met en oeuvre en son propre lieu. L'analyse comparative et différentielle des trois oeuvres fera apparaître, outre leur singularité, un horizon commun concernant une requalification des enjeux de l'écriture poétique pouvant ouvrir à un enrichissement de l'existence et, ainsi, à un mieux-être.

  • La vie professionnelle de Jean Herbette se confond avec les relations intereuropéennes de trois décennies du XXe siècle. De 1907 à 1937, comme journaliste spécialiste de politique étrangère puis comme ambassadeur de France, il a été un observateur et un acteur de la diplomatie. Les recherches qui ont abouti à ce livre ont tenté de définir dans quelle mesure et de quelles manières il a pu l'influencer. La vision des relations internationales qui détermine l'analyse et l'action de Jean Herbette est tout entière dominée par le souci exclusif de l'intérêt de la France. La période de la Grande Guerre et du règlement de la paix est à cet égard tout à fait significative. D'où, l'engagement du journaliste pour la reconnaissance de la Russie soviétique malgré son antibolchevisme; d'où, la proposition de l'ambassadeur en Espagne de reconnaître le général Franco après avoir soutenu pendant cinq ans la gauche républicaine espagnole. Ce pragmatisme, poussé jusqu'à l'abandon de certains principes, et sa conséquence logique - son rappel d'Espagne en 1937 - ont contribué à maintenir Jean Herbette dans les zones d'ombre de l'histoire diplomatique. L'en faire sortir, c'est éclairer d'un nouveau jour les grandes questions internationales et la politique étrangère de la France de l'Entre-deux-guerres. C'est aussi faire connaissance avec un homme dont le parcours atypique, les relations et la personnalité si singulière font un personnage d'histoires en même temps qu'un acteur de l'histoire.

  • L'auteure de cet ouvrage avance des hypothèses nouvelles à propos d'une figure du discours particulièrement répandue, l'ironie, étudiée à partir d'exemples authentiques issus pour l'essentiel de la presse satirique. Une riche discussion critique de l'ensemble des théories rhétoriques, sémantiques, pragmatiques développées sur la question de l'ironie permet de tisser des ponts entre les époques et les approches, de mettre en perspective les outils et les cadres théoriques qui ont été échafaudés pour cerner cet objet labile, dont la compréhension a intrigué tant les rhétoriciens de l'antiquité que les linguistes contemporains. L'hypothèse défendue par l'auteure consiste à faire de l'ironie un phénomène bidimensionnel, comportant une facette énonciative et une facette argumentative. L'analyse minutieuse de chacune de ces deux facettes, à l'aide des outils de la théorie argumentative de la polyphonie et de la théorie des blocs sémantiques, lui permet de trancher les débats qui divisent la communauté des pragmaticiens ironologues.

  • Dans notre société de communication, de connaissances mobiles et d'incertitude, la production et la diffusion des savoirs scientifiques connaissent une accélération particulièrement marquée. Les savoirs s'entrecroisent en dépassant les frontières entre les disciplines des sciences humaines et sociales et des sciences naturelles, de la vie et des technologies. Comment des concepts, des théories ou des méthodes circulent, s'échangent, s'empruntent, se transfèrent et se transforment dans le passage d'une discipline à l'autre ? En quoi cette pratique interdisciplinaire est-elle une plus-value créative dans la production de connaissances nouvelles pour comprendre des problèmes impossibles à résoudre à partir d'un seul regard discipliné ? Ce livre est un appel au dépassement des frontières arbitraires entre les communautés disciplinaires, un appel à la créativité scientifique sous contrainte de rigueur et une heureuse contribution à un nouveau style de pensée interdisciplinaire.

  • La liaison est un phénomène phonologique typiquement français, qui consiste à prononcer la consonne finale d'un mot lorsque celui-ci précède un mot comportant une voyelle initiale (les [z] écrans). Dans bien des cas cependant, il est possible de prononcer aussi bien avec liaison que sans liaison (ainsi dans mais [z] enfin). Cela confère à la liaison un caractère variable et hétérogène, dont la complexité, depuis les années 40, ne cesse d'intriguer les chercheurs. À date récente, la constitution de grands corpus oraux, tel PFC (Phonologie du Français Contemporain) a relancé l'étude de la liaison. Le présent ouvrage propose une revue à la fois large et précise des dernières recherches dans le domaine, d'un point de vue aussi bien linguistique que psycholinguistique et sociolinguistique. Il rend compte d'études nouvelles sur le traitement de la liaison dans la communication orale, mais aussi en production écrite ou chez des personnes atteintes de pathologies du langage. Il s'adresse tant aux spécialistes qu'aux étudiants en sciences du langage désireux de s'instruire à propos de ce phénomène phare de la phonologie du français.

  • Comment l'espace médiatique (presse, télé, web) façonne-t-il la définition et l'attribution de valeurs pour des entités de toutes sortes ? Au moment où abondent les instruments d'évaluation fondés sur la quantification - des indicateurs aux classements, des hit-parades aux baromètres, des mégadonnées au like, des commentaires aux notes - et que concours, prix ou récompenses font florès, ce livre entend éclairer les logiques, les processus et les discours médiatiques à l'oeuvre dans la production, la circulation et la publicisation de l'évaluation. How does the media space (press, television, web) shape the definition and assignment of values to various entities? While evaluative tools based on quantification proliferate - from indicators to rankings, from charts to barometers, from big data to like, from comments to notes - and contests, prizes or awards are flourishing, this book aims to shed light on the media logics, processes and discourses at work in the production, circulation and publicization of evaluation.

  • A l'heure d'une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu'il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd'hui, par-delà l'opposition de l'étranger et de l'indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d'appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous. Ce recueil d'essais se propose de cerner dans des oeuvres de factures et d'origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l'épreuve des identités, tension vers l'autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d'approches, il joint à l'appréciation esthétique l'interrogation de la teneur éthique et politique de l'oeuvre - des conditions de sa genèse et de sa production jusqu'à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d'échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l'ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels oeuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l'humain et de ses possibles futurs.

  • En tant qu'un cas particulier de synonymie, la paraphrase joue un rôle crucial en langue - les locuteurs savent comment exprimer un même contenu sémantique de façons différentes et sont capables de dire si deux expressions de leur langue expriment un même contenu sémantique. La linguistique se doit donc de décrire ce phénomène langagier, qui a d'ailleurs d'importantes répercussions dans le domaine de traitement automatique de la langue naturelle, notamment en génération et en traduction automatiques de textes. Ce livre propose une théorisation et une modélisation formelle de la paraphrase dans le cadre de la théorie linguistique Sens-Texte. Il se concentre, notamment, sur les règles de production de paraphrases. Deux types principaux de règles de production de paraphrases sont considérés : règles sémantiques, traitant des sémantèmes, et règles lexico-syntaxiques, traitant des lexies au sein de constructions syntaxiques.

  • La parataxe associe des constructions en l'absence de tout marqueur explicite de dépendance : Vous m'appelez, je viens ; Aide-toi, le ciel t'aidera ; Il y a un souci, c'est que la robe est trop large, ou encore : Tu le verrais, il est adorable. Les modèles grammaticaux traditionnels rencontrent leurs limites face à ces tours binaires, à cheval entre micro- et macro-syntaxe. Faut-il y voir des juxtapositions de phrases ou de sous-phrases ? des coordinations sans marqueurs ou des subordinations implicites ? Les enjeux théoriques sont ici très importants : définition des unités pertinentes, rôles de l'intonation, conditions des coalescences entre clauses... Issu des réflexions lancées lors du Colloque international de Neuchâtel (12-15 février 2007), cet ouvrage de synthèse procède à un large bilan critique, allant des acquis de la philologie classique aux avancées récentes de la recherche en syntaxe de l'oral, en prosodie, en sémantique, en linguistique diachronique. Le tome 2 Structures, marquages et exploitations discursives étudie une série de constructions semi-ritualisées du français (hypothétiques, corrélatives, structures « à dispositif », etc.), que ce soit d'un point de vue syntaxique, sémantique ou prosodique. Deux chapitres sont en outre consacrés à la traduction des parataxes ainsi qu'à leur pertinence interactionnelle.

  • La parataxe associe des constructions en l'absence de tout marqueur explicite de dépendance : Vous m'appelez, je viens ; Aide-toi, le ciel t'aidera ; Il y a un souci, c'est que la robe est trop large, ou encore : Tu le verrais, il est adorable. Les modèles grammaticaux traditionnels rencontrent leurs limites face à ces tours binaires, à cheval entre micro- et macro-syntaxe. Faut-il y voir des juxtapositions de phrases ou de sous-phrases ? des coordinations sans marqueurs ou des subordinations implicites ? Les enjeux théoriques sont ici très importants : définition des unités pertinentes, rôles de l'intonation, conditions des coalescences entre clauses... Issu des réflexions lancées lors du Colloque international de Neuchâtel (12-15 février 2007), cet ouvrage de synthèse procède à un large bilan critique, allant des acquis de la philologie classique aux avancées récentes de la recherche en syntaxe de l'oral, en prosodie, en sémantique, en linguistique diachronique. Le tome 1 Entre dépendance et intégration dresse un état de la question : sur quelles définitions reposent les notions de parataxe et d'asyndète ? quels types de dépendance sont mis en jeu ? quels liens convient-il d'établir entre subordination, coordination et parataxe ? Enfin, comment se présente la parataxe dans les langues de l'antiquité classique et en indo-européen ?

  • Cette étude radiographie la situation difficile de la papauté qui, incapable de s'adapter aux aspirations libérales dans la première moitié du XIXe siècle, fait face à une vague de contestation. La diplomatie française, pour sa part, hésite sur la conduite à tenir vis-à-vis des États pontificaux. Aux considérations géopolitiques traditionnelles s'ajoutent en effet l'antagonisme entre idéologies libérale et conservatrice, exacerbé dans le contexte péninsulaire, et sa traduction dans la société française. À l'attachement des catholiques français à la figure du Souverain pontife répond en effet l'attention que portent les libéraux aux revendications démocratiques et nationales du peuple romain. Ces intérêts géopolitiques, religieux ou idéologiques français divergents déterminent la conception et la mise en oeuvre de la politique française. Afin d'évaluer leur importance respective, cet ouvrage analyse le rôle temporel du pape, les relations entre la France et les groupes libéraux italiens, les projets de réformes du régime pontifical, la marche vers l'unité italienne et l'intervention militaire française dans les États romains. Les archives du ministère des Affaires étrangères et la presse de l'époque constituent les principales sources de cette étude.

  • Cet ouvrage réunit les transcriptions d'une série d'entretiens avec des linguistes francisants invités en Italie, à l'Université de Bari « Aldo Moro », pour un cycle de leçons. Auteurs de manuels, spécialistes reconnus des parties du discours, représentants de différentes écoles, ils ont accepté de répondre à des questions au sujet de la grammaire française. Reprenant les thématiques de ces leçons, les interviewés ont illustré certains résultats de leurs recherches ainsi que leurs choix méthodologiques, les insérant dans un contexte plus large qui rend compte des développements les plus féconds de la linguistique française contemporaine. Ces linguistes - Pierre Cadiot, Jean-Claude Chevalier, Benoît de Cornulier, Gaston Gross, Georges Kleiber, Jean René Klein, Jacques Labelle, Eric Laporte, Salah Mejri, Martin Riegel, Marc Wilmet - sont présentés dans des notes bio-bibliographiques. Les listes complètes de leurs travaux sont réunies en annexe. Une perspective de ces dialogues concerne les applications didactiques à travers lesquelles se concrétise, dans « la salle de cours », toute réflexion sur la grammaire française.

  • La prosodie contribue à la construction du sens du discours. Cependant, pour le français parlé, peu de recherches ont montré comment la prosodie participe à l'interprétation du discours et à son appréhension comme expérience vécue. Cet ouvrage s'attache à décrire les différents sous-systèmes de la prosodie du français (accentuation, intonation, rythme). La structuration prosodique des énoncés est mise en relation avec différents niveaux de l'organisation du discours, depuis les unités textuelles minimales jusqu'aux interventions complexes. Le rôle de la prosodie pour indiquer le statut informationnel de certains constituants (focus, topique) ou les relations entre les unités discursives est ainsi analysé. Les données orales traitées sont fournies sous forme sonore et transcrite, dans une base de données accessible sur Internet.

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