Sciences politiques & Politique autre

  • Fin des animaux sauvages dans les cirques, remise en cause de l'élevage (émissions de gaz à effet de serre et déforestation), prise en compte des risques sanitaires liés à l'exploitation animale (zoonoses), vidéos dénonçant la réalité des abattoirs... tout ceci donne du crédit au mouvement dit « antispéciste ».
    Le mot « spécisme » n'est entré dans les dictionnaires que récemment, mais son usage se répand rapidement pour désigner des discriminations fondées sur l'espèce. Une des conséquences de l'antispécisme est le véganisme, vu comme refus de participer à l'exploitation d'animaux sensibles, capables d'une expérience subjective de la vie.
    Cet ouvrage concis et percutant permet de comprendre les liens de ce mouvement avec des courants de pensée comme le socialisme, l'anarchisme et le féminisme. Il appréhende son rapport avec l'écologie, les religions et la critique du capitalisme, et finalement aborde la question de la convergence des luttes, mais aussi d'une redéfinition de la place de l'humain sur notre planète.

  • « Je ne peux plus regarder s'envoler un avion sans mauvaise pensée, ni regarder une vidéo en ligne sans mauvaise conscience. Pour rester crédible et intègre, j'ai renoncé aux soldes d'hiver, au foie gras, aux taxis, aux enceintes connectées, au thermomix, à la 5G. Faire les courses au supermarché est devenu un calvaire. Un voyage au pays des infidèles. Comme aurait dit Mac Mahon : que de plastique, que de plastique. Tout y est sous blister. La littérature n'est même plus un refuge. Pour peu qu'on y croise un petit coin de nature, le moindre roman devient vision- naire. Germinat n'est plus un livre sur la condition ouvrière, mais une prophétie sur la fin du charbon. J'ai expulsé Le Rouge et te Noir de ma bibliothèque : ça manquait de vert. » Dans ce recueil, Hervé Gardette raconte, en gardant une distance critique, son apprentissage de la transition écologique. Il dévoile, à travers une sélection de chroniques, ses réflexions, ses doutes et ses progrès, pointe du doigt les aberra- tions de l'époque et partage, avec enthousiasme, ses découvertes.

  • L'urgence écologique interpelle à la fois la société de consommation et la démocratie libérale. Les responsables politiques, y compris les libéraux, expliquent désormais qu'ils doivent « reprendre la main sur l'économie » et « changer de logiciel ». Or ils ne pourront y parvenir que s'ils disposent de leur propre cadre de pensée, affranchi des notions de PIB, de croissance et de pouvoir d'achat.
    C'est ce cadre conceptuel que Jean Haëntjens nous propose avec « l'économie des satisfactions ».
    Comment fonctionne cette économie ? Quelles sont ses lois ? Comment pourrait-elle renouveler la réflexion politique et économique ?
    Au-delà de son apport théorique, cet essai propose aussi une méthode politique pour faire advenir une société compatible avec les limites de la planète.

  • Ce livre est le récit d'une longue enquête.
    Depuis la fin des années 1960 jusqu'à aujourd'hui, des vagues migratoires successives touchent tous les pays d'Europe occidentale.
    Pour en mesurer l'impact, tant démographique que culturel, Douglas Murray a voyagé pendant deux ans dans la quasi-totalité des pays de l'Union. De Malmö à Lampedusa et de Londres aux îles grecques, il a rencontré et interrogé migrants, policiers, juges, médecins, responsables politiques et humanitaires.
    D'ici la moitié de ce siècle, il est plus que probable que la Chine ressemblera encore à la Chine, l'Inde à l'Inde... Mais, au rythme auquel elle change, l'Europe ne pourra plus ressembler à ce qu'elle a été il y a encore quelques décennies.
    Douglas Murray pose donc la question :
    Faut-il faire de l'Europe le seul endroit au monde qui appartienne à tout le monde ? Est-ce la volonté des Peuples et est-ce raisonnable du point de vue du « bien commun » ?
    Le compte-à-rebours a commencé.

  • Chaque soir, huit années durant, le Président Barack Obama s'est fait remettre une sélection de dix lettres envoyées par des Américains ordinaires, auxquelles il répondait personnellement. Elles étaient l'expression sans fard de la nation ; elles lui en donnaient le pouls. Cette correspondance a affecté non seulement le président, contribuant à façonner ses deux mandats à la tête des États-Unis, mais aussi les personnes chargées de lire et de traiter les millions de requêtes, diatribes, témoignages, mots de remerciement et lettres d'excuses atterrissant au service du courrier de la Maison-Blanche.

    Jeanne Marie Laskas a entrepris d'enquêter sur cette correspondance exceptionnelle : elle a retrouvé certains auteurs des lettres, interrogé le personnel de la Maison-Blanche qui passait au crible la bouleversante histoire intime de l'Amérique d'Obama, et s'est entretenue avec le Président. Parmi les courriers et témoignages rassemblés, on découvre celui de Kelli, dont les grands-pères ont pu se marier après trente-cinq ans de vie commune ; de Heba, une réfugiée syrienne qui rêvait d'oublier le jour où les chars sont entrés dans son village ; de Vicki, dont la famille s'est déchirée entre ceux qui ont voté pour Trump et les autres.

    Ils ont écrit à Obama pour exprimer leur gratitude ou leur désespoir, parfois dans des moments de grande détresse, à la recherche d'une oreille bienveillante. Ils ont écrit sous le coup de la colère, poussés par la peur, inspirés par le respect.

    Monsieur le Président lève le voile sur le dialogue ininterrompu qu'entretint Barack Obama avec le peuple américain à une époque charnière de son histoire, quand la politique n'excluait pas l'empathie à la Maison-Blanche.

  • Plusieurs textes majeurs de cet anthropologue qui s'est fixé pour but de sauver la nation du nationalisme et le socialisme du bolchevisme. Ces textes composent une réflexion sur le politique dans les sociétés modernes qui a inspiré des penseurs tels que Bataille, Derrida ou Bourdieu.

  • Il n'y a qu'un problème littéraire vraiment sérieux : c'est la transmission des textes à la postérité.
    Le reste : les modalités de renouveau d'un genre, les singularités d'un style comme le dialogue entre les oeuvres, il sera toujours temps de s'y intéresser lorsque les contradictions impliquées par la quête d'approbation d'un public virtuel auront été comprises. C'est à cette tâche que se consacrent Les Paradoxes de la postérité. En démontrant l'échec ultime de toute recherche d'immortalité symbolique par l'entremise de la littérature, ce livre avance qu'il importe de trouver une réponse nouvelle à la question : « pourquoi écrit-on ? ».

  • «  Si le système dans lequel nous vivons nous empêche de nous préoccuper de la planète, c'est qu'il ne fonctionne pas. Et qu'il nous faut le changer. Nous n'avons qu'une planète, nos destins sont liés. Ce qui est naïf, c'est de ne pas comprendre cela. Ensemble, gouvernement et citoyens, nous pouvons commencer aujourd'hui à faire en sorte de nous diriger vers un avenir meilleur. Cela vous semble idéaliste  ? Parfait, dans ce cas, nous sommes des idéalistes. Nous voulons que notre idéalisme et notre réalisme deviennent contagieux. Tous ensemble, nous sommes le climat.  »   En décembre dernier, à l'issue de la COP 24, les jeunes Belges Anuna et Kyra apprennent que, faute de consensus, les représentants de leur pays n'ont pas pu approuver deux directives européennes sur l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. En s'inspirant des actions de la Suédoise Greta Thunberg, elles décident d'organiser une première manifestation pour le climat le 10 janvier 2019 à Bruxelles. Trois mille jeunes se mobilisent, une semaine plus tard, ils sont 12  500, la suivante, 35  000. Le 27 janvier, le mouvement culmine en une «  Marche pour le climat  » qui regroupe 70  000 personnes.
    Anuna et Kyra deviennent alors le visage d'une génération qui refuse de se laisser endormir par les discours rassurants des politiques. Nous sommes le climat est une main tendue aux politiciens, aux décideurs politiques mais aussi à chacun d'entre nous. Avec un objectif : agir, tous ensemble, avant qu'il ne soit trop tard. 

  • Un an après les attentats terroristes de janvier 2015, la mère du premier soldat assassiné par Mohammed Merah à Toulouse répond aux questions des collégiens qu'elle a rencontrés.
    Un dialogue vif et sans tabou qui aide les adolescents à sortir de l'exacerbation de la haine pour apprendre à pratiquer la tolérance, le respect, la paix.
    Comment éviter qu'à l'image de Mohammed Merah, des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly les jeunes soient aspirés par la spirale de la violence au nom de la religion ? Après avoir raconté dans son premier livre Mort pour la France (Flammarion) ce qui l'a conduit à se battre après l'assassinat de son fils Imad par Mohammed Merah en avril 2012 à Toulouse, Latifa Ibn Ziaten n'a cessé de parcourir la France à la rencontre de plusieurs milliers de personnes : collégiens, parents d'élèves, détenus et leurs proches, éducateurs. Un an après les attentats terroristes du 7, 8 et 9 janvier, elle livre à Laetitia Saavedra le fruit de ces dialogues.
    La spirale de la violence au nom de la religion n'est pas une fatalité. Il est possible de relever le défi d'un vivre ensemble qui propose une place et un avenir aux jeunes des quartiers populaires et à leur familles. Il est possible de vivre sa foi dans la paix et le respect des convictions de l'autre. Parents, professeurs, élèves, chacun à leur place, peuvent s'unir pour gagner ce défi.

  • «  La vie m'a donné, depuis quarante ans, l'opportunité de me trouver au carrefour de plusieurs mondes  : économique, politique, médiatique, intellectuel. Ils constituent, à eux quatre, l'essentiel de ce que les populistes baptisent «  le système  » afin de mieux le vomir et de ce qu'ils nomment avec hostilité «  les élites  » afin de les vouer à la vindicte publique. Aussi la tentation m'est-elle venue de décrire «  le système  » de l'intérieur, tel qu'il m'est apparu et que je l'ai vu se métamorphoser.
    C'est sans doute, de ces quatre mondes, le politique qui a le plus persévéré dans son être et l'univers médiatique qui a été le plus bouleversé. La vie capitalistique et la sphère intellectuelle se sont contentées de muter sans que leurs fondamentaux aient volé en éclats.  »A.M.Analyses, portraits, récits, souvenirs, confidences: ce livre bref est certainement la meilleure introduction au fonctionnement réel de quatre piliers du pouvoir français et de leur évolution dans les dernières décennies, par un «  frontalier  » qui les connait tous de l'intérieur et qui n'a pas peu contribué à les rapprocher.

  • Longtemps, les femmes artistes ont travaillé en coulisse, le plus souvent anonymement. À partir des années 60, non sans efforts et provocations, elles ont commencé à gagner le devant de la scène, participant largement à l'exploration de nouvelles formes d'expression et à l'extension du territoire de l' art hors de ses fr ontières traditionnelles. Aujourd'hui, elles sont nombreuses à choisir une formation et une carrière artistique, mais les relais institutionnels peinent à suivre le mouvement et à assurer leur reconnaissance ou même leur visibilit é. Réunir sous la notion d'engagement une série d'études consacrées à des artistes femmes de l'époque contemporaine revient avant tout à insister sur la détermination dont celles-ci ontdû ou doivent faire preuve pour oeuvrer et faire connaître leur travail. Mais l'engagement prend divers visages selon qu'il s'agit de mettre en question des préjugés et des prescriptions, d'interroger la définition de l'art et la construction des savoirs, d'inventer d'autres figures de l'i maginaire ou d'autres formesd'expérience sociale. Tour à tour, les artistes s'exposent, mettent leur corps à l'épreuve, se confrontentavec l'histoire de l'art, portent témoignage, font mémoire ou dénoncent, accomplissant autant d'actions audacieuses, porteuses d'une volonté d'émancipation et de transformation politique

  • Le concept de « biens communs » est apparu des centaines d'années avant l'arrivée d'internet, pourtant il est toujours aussi révolutionnaire qu'à ses débuts. Aujourd'hui, les villes ont besoin de modèles innovants pour faire face aux nouveaux problèmes urbains. Alors, comment créer des villes intelligentes où le partage est valorisé ? La réponse se trouve dans les réseaux d'innovation en milieu urbain. Des modèles qui se développent un peu partout dans le monde...
    Ce guide pratique a sélectionné 137 initiatives et dispositifs innovants à travers le monde qui prouvent qu'une ville gérée par ses habitants n'est pas seulement possible, mais qu'elle existe déjà. De la gestion participative des budgets au Brésil aux espaces publics gérés par les résidents en Italie, en passant par les taxis coopératifs aux États-Unis, on ne trouve presque aucun service qui ne puisse être administré démocratiquement par et pour les citoyens. Citons en France de belles actions, telles la maison des Babayagas à Montreuil ou Défi citoyen zéro déchet à Roubaix. Les initiatives présentées montrent ce que des personnes ordinaires peuvent faire quand elles s'engagent dans des projets où les intérêts personnels et le bien commun marchent de concert. Refusons le mythe qui voudrait nous faire croire qu'« il n'y a pas d'alternative », alors qu'en réalité, « il y a beaucoup d'alternatives ».

  • Après un demi-siècle de dictature militaire, la Birmanie s'ouvre enfin au monde dans un contexte d'euphorie et de grands bouleversements. À l'issue d'élections historiques, le parti d'Aung San Suu Kyi, l'icône de la résistance, a été propulsé à la tête d'un nouveau gouvernement entré en fonction en avril 2016. Malgré cette victoire fulgurante, l'armée continue de peser lourdement sur la vie politique et économique. Guérillas ethniques, discours de haine de bonzes extrémistes et tragédies humanitaires fragilisent les bases d'une démocratie balbutiante.
    Bravant divisions et enjeux, des hommes, et surtout des femmes, de milieux différents, innovent dans tous les domaines - lutte contre la montée des intégrismes, justice sociale, égalité des genres, préservation des cultures, etc. - pour transformer une société traumatisée et construire une paix durable. C'est à travers leurs regards incisifs et leurs actions courageuses que Sylvie Brieu, grand reporter reconnue pour son travail en immersion avec les peuples autochtones du monde, s'est engagée à découvrir leur pays méconnu, riche de potentiels devenus objets de convoitises internationales. Son récit captivant nous fait partager le quotidien de ces résistants qui, tout en embrassant des problématiques universelles, nous confronte à nos responsabilités. Entre doute et espoir, tous rêvent de liberté.

  • Antiracisme et syndicalisme

    Collectif

    Quelle articulation peut-il y avoir entre action syn- dicale et lutte contre les discriminations raciales ?
    C'est la question centrale à laquelle cette huitième livraison des Utopiques sera pour l'essentiel consacrée.
    Les débats au sein du mouvement social sont ces dernières années particulièrement vifs au sujet de l'antiracisme, et plusieurs épisodes récents sont venus nous le rappeler.
    Nous faisons le pari qu'il est possible d'avoir un débat argumenté dès lors qu'il s'appuie sur des expé- riences concrètes.
    C'est sous ce prisme que nous avons choisi de trai- ter cette question du lien, nécessaire, entre antiracisme et syndicalisme.
    Ainsi, nous reviendrons sur des exemples de luttes où ce lien s'est matérialisé dans l'action collective :
    Qu'il s'agisse des grèves chez Talbot à Poissy en 1984 à celles des travailleurs et travailleuses sans-papiers des années 2000.
    Nous verrons également comment des équipes syndicales arrivent à mener des campagnes de longue haleine, comme celle pour la réparation du travail for- cé, impulsée suite aux mobilisations des personnels antillais·es, guyanais·es, réunionnais·es des PTT no- tamment.
    Mais nous parlerons aussi des luttes contre les vio- lences policières, en donnant la parole aux premier·es concerné·es.
    Les différentes expressions et interprétations de la laïcité seront également discutées dans ce numéro, tout comme sera interrogée la question du « racisme d'État ».
    Si le racisme plonge ses racines dans les inquiétudes culturelles et les peurs identitaires, il a aussi partie liée avec l'exploitation économique et sociale. Discrimi- nations et inégalités se confondent-elles pour autant ?
    Tantôt le combat pour le respect de la diversité et la lutte contre les dominations sociales vont de pair, tantôt ils s'ignorent, voire s'opposent, dans les prin- cipes, comme dans la pratique.
    Enfin, il n'est pas possible de parler de racisme et de syndicalisme sans revenir sur la campagne inter- syndicale contre l'extrême droite et les résistances des équipes syndicales qui doivent subir la « gouver- nance » de mairies FN ou assimilées.

  • Une féministe et un imam ! Dans leur entretien, voire leur confrontation, ils ont abordé tous les sujets qui agitent et divisent depuis des mois la société française : voile, burqa, mixité, laïcité, contraception, IVG, homosexualité, mariage pour tous, antisémitisme, formation des imams, réforme de la lecture des textes religieux... Marie-Françoise Colombani a travaillé au magazine Elle qui a été notamment à l'origine d'une pétition poussant au vote de la loi contre les signes religieux à l'école. Tareq Oubrou, lui, a encouragé pendant des années les musulmanes à se couvrir la tête.
    Et pourtant, aujourd'hui, le grand imam de Bordeaux les appelle à une visibilité discrète leur expliquant que le voile ne repose sur aucun fondement religieux incontestable.
    Interrogé sans concession sur ce revirement, la place de la femme dans sa religion, son appartenance à l'UOIF, sa fi délité à Hassan el-Banna (fondateur des Frères musulmans), les suspicions de double jeu qui pèsent sur lui, il répond avec cette franchise qui fait sa force et lui a valu de nombreuses condamnations à mort émanant d'islamistes extrémistes dont Daech.
    Reste à savoir si l'imam aura convaincu la féministe.

  • L'auteur opte ici pour l'analyse pluridisciplinaire de l'autorité dans la société française et ses institutions éducatives. À quoi sert l'autorité militaire ? Loin de la réduire à son pouvoir rigide ou à ses savoir-faire, cette réflexion plaide pour l'exercice d'une autorité didactique. Car l'autorité didactique se place quant à elle sur la situation d'apprentissage et devient alors une des conditions de la réalisation de l'insertion socioprofessionnelle du jeune.

  • Fondée en 1932 par Emmanuel Mounier, la revue Esprit continue d'orienter ses lecteurs dans les débats du temps, poursuit son enquête sur la forme de vie démocratique et maintient son engagement en faveur de la justice. Personnaliste à ses origines, la revue a participé aux luttes anticoloniales, accompagné l'expérience de la « deuxième gauche » et mené le combat antitotalitaire. Université sauvage, elle réunit ceux qui cherchent à proposer à un public large un éclairage critique de notre modernité. Chaque numéro est composé d'un éditorial, d'un journal « à plusieurs voix » sur l'actualité politique internationale, d'un dossier thématique, d'articles divers, et de recensions de l'actualité culturelle et éditoriale. Indépendante, ouverte sur le monde et engagée dans la cité, la revue est aujourd'hui dirigée par Antoine Garapon et Jean-Louis Schlegel.

    Présentation du numéro :
    Les violences politiques commises au nom de l'Islam ces dernières années ont laissé nos sociétés meurtries. Face à cette menace, les démocraties libérales ont développé un imaginaire de la peur qui appuie les mesures sécuritaires et attise les antagonismes. En leur sein, de jeunes gens aspirant à une transcendance sont tentés par la radicalisation, promesse de reconnaissance individuelle sous couvert du référentiel islamique. Répondant aux débats parfois schématiques sur la nature religieuse ou non de ce phénomène, le dossier, coordonné par Antoine Garapon, s'efforce d'analyser le phénomène djihadiste dans sa complexité, au-delà du sentiment d'incompréhension qu'il peut susciter.

  • Les phénomènes migratoires occupent aujourd'hui une place essentielle dans les agendas politiques. Moins connus sont leurs effets sur les équilibres socioéconomiques des territoires d'origine et d'accueil, dans un contexte climatique déjà préoccupant. Composante première des mouvements de population, la migration des campagnes vers les villes est une stratégie d'amélioration de vie pour les ménages grâce aux transferts matériels et immatériels de la part des migrants et constitue un des leviers de développement local, mais elle compromet aussi l'attractivité des territoires ruraux, notamment aux yeux des plus jeunes.
    Elle prive en outre les secteurs agricoles et agro-alimentaires d'un capital humain nécessaire. A l'heure où resurgissent les crises alimentaires et où s'aggravent les tensions liées aux ressources naturelles dans l'espace afro-méditerranéen, les migrations peuvent également fragiliser la sécurité alimentaire et hydrique des territoires les plus pauvres. Qu'ont été et que sont les tendances migratoires en Méditerranée ? Comment intégrer ces mobilités internes et internationales comme facteur de développement territorial ? Comment aborder les migrations des jeunes et des femmes ? Quels sont les liens entre migrations et environnement ? Quels rôles jouent les innovations et le secteur privé? Quelles réponses peuvent apporter les acteurs de la coopération et du développement ? La nouvelle édition du rapport Mediterra, codirigée par le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) et l'Agence française de développement (AFD), donne la parole à des experts et à des institutions partenaires afin de mieux comprendre cette thématique complexe, d'identifier des solutions durables et pérennes.

  • Difficile, aujourd'hui, de passer à côté d'un documentaire ou d'un article de presse mettant en cause des situations de maltraitance affectant les personnes dites vulnérables, âgées ou handicapées essentiellement. Cette médiatisation croissante a conduit les pouvoirs publics à renforcer leurs exigences à l'égard des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS).

    Les directeurs et cadres sont davantage interpellés sur la nécessité de développer une politique de bientraitance de leurs usagers. Or cette démarche demeure complexe, du fait notamment de la notion elle-même dont une définition doit d'ailleurs émaner prochainement d'une commission nationale, à la demande du gouvernement.

    En appui aux professionnels, cette troisième édition intègre les dernières orientations officielles. Les auteurs y proposent par ailleurs des pistes d'actions pour intégrer la bientraitance au fonctionnement habituel des structures. Enfin, des fiches pratiques facilitent la mise en oeuvre de certains aspects méthodologiques du cadre de la bientraitance.

     

  • "J'ai voulu montrer dans mon précédent ouvrage Déchiffrer 1848 comment les Modernes selon Benjamin Constant, adeptes de la liberté privée dans le désordre public, avaient conçu la réalité comme l'être de l'existence sociale. De cet absolu résulta la hantise des ennemis. Dire la société inique de ce temps, dirigée par des maîtres sans scrupules fut nommé anarchie, terrorisme, destruction sociale. Ici, il s'agit de faire voir la République inopinée, proclamée en 1848, délibérément assassinée par ceux qui ne l'avaient pas acceptée, ceux qui n'en voulaient que l'intitulé et pis encore ceux qui se proclamant républicains n'étaient que des ambitieux déçus dont les dépossédés étaient l'instrument supposé passif. Cette République n'eut pas d'existence ; lorsque vint le coup d'État, depuis longtemps l'antagonisme au sein de la société était salué comme remède contre l'avenir. Inventant le spectre rouge du communisme, les possédants et gens de pouvoir parièrent sur l'éternel présent et chassèrent la République malpropre à leur dessein."

  • "Pour l auteur, la nomination apparaît comme un acte décisif car c est d elle que dépend en partie l efficacité d un système administratif et, au-delà, d une organisation étatique. Après avoir évoqué les enjeux forts que soulève son sujet, Gustave Nguéda Ndiéfouo tente de décrypter en mettant en lumière les critères objectifs et formels de l acte de nomination, ses pesanteurs informelles et subjectives et les supports juridiques ainsi que la nature propre de l acte de nomination."

  • « Que se passerait-il dans l'économie mondiale si chaque vie humaine valait au minimum un million d'euros ?
    L'idée qu'il y ait un prix à la vie choque. C'est indigne ! C'est l'esclavage ! De fait, le trafic des êtres humains est une réalité quotidienne pour des millions d'entre nous et les prix sont très variables : il en coûte ainsi 45.000 euros pour passer clandestinement d'Asie en Europe. Un enfant soldat se négocie autour de 400 dollars en Afrique. Un bébé kidnappé se revend 7.000 euros en Chine, pour un garçon et 4.000 euros pour une fille. Une prostituée nigériane se négocie autour de 40.000 euros en Italie ou en France, un enfant esclave vaut 45 dollars en Inde...  Tout le monde a aussi en tête la grille des prix des esclaves sexuelles publiée par DAESH ou les tarifs des passeurs qui promettent l'Amérique ou l'Europe aux miséreux du monde entier.
    Mais sait-on qu'à côté de ces mafias, dans les économies modernes, la vie a aussi un prix ? C'est d'abord un prix de la mort : dans les décisions de justice de compensation des victimes.  Lors d'un crash aérien, la famille d'un passager américain recevra 4 millions d'euros, celle d'un passager européen 500.000 euros et celle d'un passager chinois ou indien beaucoup moins.
    C'est aussi une pratique courante des systèmes de santé que d'arrêter les frais pour des malades en phase terminale, euthanasie qui suscite beaucoup de débats, alors que l'euthanasie qui frappe des millions d'êtres humains qui n'ont aucun accès aux soins est bien plus silencieuse.
    Tous les biens et services que nous consommons intègrent un seuil de sécurité qui est calculé à partir d'un prix statistique de la vie. Des prix de la vie sont ainsi fixés chaque jour par les marchés officiels ou souterrains, publics et mafieux. Dès lors, penser que la vie n'a pas de prix est angélique ou hypocrite. Au contraire, accepter et fixer une norme mondiale d'un prix minimum de la vie humaine serait une amélioration pratique pour beaucoup. Un prix minimum de la vie humaine à un million d'euros, par exemple ne consisterait pas à donner un million d'euros à chaque être humain, mais cette norme obligerait des politiques économiques et des stratégies d'entreprise cohérentes avec le souci de préserver et de développer la vie.
    Un prix minimum de la vie humaine est plus que compatible avec le fonctionnement de l'économie et des marchés et bien entendu, rien n'interdit d'aller au-delà comme le font déjà les opérateurs publics et privés dans le monde développé. Ce socle serait une condition préalable au revenu minimum et permettrait de tirer tout le profit des technologies : une harmonie entre l'humanité et l'économie qui vient, celle des robots...»              François-Xavier Albouy 

  • Pourquoi est-il si facile d'augmenter les dépenses de l'État mais si difficile de les baisser ? Pour quelles raisons le domaine de l'intervention publique s'étend-il sans cesse ? Dans quelle mesure les responsables politiques sont-ils influencés par les groupes de pression et déterminés par des objectifs à court terme ? L'administration est-elle au service des populations ou d'elle-même ?

    Autant de questions que se posent la plupart des citoyens, frappés par l'inaptitude de l'État à se réformer en même temps que par son incapacité à améliorer la situation économique. Confrontés à un alourdissement constant des prélèvements qui ne parviennent ni à juguler les déficits et l'endettement, ni à enrayer le chômage, ni enfin à rétablir la croissance, les Français soupçonnent confusément l'existence d'un lien entre cette impuissance et les dérives les plus scandaleuses des pouvoirs publics : clientélisme, fonctionnement autarcique des institutions, utilisation du pouvoir et des fonds publics au profit d'intérêts particuliers, décisions absurdes ou inefficaces. Ils ont raison.

    Loin du « politique bashing » simpliste, cet essai expose de façon pédagogique les mécanismes des multiples défaillances de l'État et du système démocratique que les sciences politiques et économiques ont su mettre en évidence avec rigueur. A l'heure où la défiance vis-à-vis du système politique est à son maximum en France, il est urgent d'ouvrir les yeux sur la réalité du fonctionnement de la sphère publique. Décrypter ses dérives permet d'esquisser ensuite des réponses concrètes à l'horreur politique qui mine notre démocratie.

  • Qu'elle soit politique, économique, sociale, ou aujourd'hui migratoire, la notion de crise est depuis des années à l'agenda politique et médiatique. Elle est mobilisée pour donner du sens et légitimer des décisions prises par des acteurs gouvernementaux ou économiques. Mais qu'est-ce qu'une crise du point de vue de la science politique ? Comment les politologues analysent-ils, les « politiques de crise », les « crises du politique » et les liens entre ceux réalités contemporaines ? Pour activer la compatibilité avec le lecteur d'écran, appuyez sur raccourci Ctrl+Alt+Z. Pour connaître les raccourcis clavier, appuyez sur raccourci Ctrl+barre oblique.

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