Anthropologie

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Incantations, proverbes, contes, chants épiques, chansons rituelles saisonnières, chansons historiques, lamentations et chansons de mariage, ballades et chansons lyriques, chants religieux, théâtre et farce populaire, chansons de brigands ou de prisonniers... la tradition orale russe est si riche, si vaste qu'il est impossible d'en faire le tour. À travers les traductions d'Afanassiév et de Propp, les contes populaires russes sont connus en France depuis une quinzaine d'années. Mais la forêt du conte et de Propp ne doit pas cacher la taïga de la tradition orale et des folkloristes russes. L'entreprise semblerait impossible à réaliser si de grandes régularités ne se faisaient heureusement jour dans ce vaste ensemble et ne permettaient d'y opérer une sélection représentative. C'est ce à quoi l'auteur s'est appliquée, incluant de plus dans le livre la traduction de morceaux choisis. Après avoir posé des jalons concernant l'histoire de la folkloristique russe, après s'être efforcée de mettre en évidence cet enjeu national que représente la tradition orale pour les Russes de tous bords, l'auteur retrace la grande aventure scientifique que fut la recherche de chants épiques et de contes dans les régions reculées de la Russie au siècle dernier. Puis, un chapitre est consacré à chacun des genres les plus célèbres du folklore verbal russe (incantations, contes, chansons rituelles, chants épiques, chansons historiques, ballades, chansons lyriques). Un deuxième volume resterait à écrire.

  • Ce que je propose ici est une anthropologie de l'adolescence définie comme un entre-deux à explorer à travers les pratiques et les discours des jeunes d'ici et d'ailleurs : entre puberté et maturité, entre rites et mythes, entre désir et agir, entre sentiments et jugements, autant de balises qui indiquent les quatre parties de ce livre. Mais on peut continuer la liste : entre féminin et masculin, entre joies et peines, entre dépendance et autonomie, entre solitude et solidarité, entre peur et audace, entre pudeur et provocation, entre passé et futur, entre amour et amitié, entre vie et mort, etc. Une des questions que pose ce livre est celle-ci : symboliser à la fois la mort et la reproduction, c'est-à-dire la succession des générations, ne serait-il pas une condition pour s'inscrire dans une identité sexuelle et un devenir adulte ?

  • Quelle place occupe aujourd'hui la France dans le monde? Quelle est son influence au-delà de ses frontières, son audience et sa compétitivité internationale? Un constat du présent laissant apparaître quelques aperçus sur le futur.

  • Le chevet d'un malade est le lieu d'un rassemblement extraordinaire de personnages : on y voit défiler le médecin et ses aides, la famille, les parents éloignés, les amis et, de façon moins visible, d'autres individus qui apportent leur secours sous forme de tisanes, de prières ou d'exorcismes. Sur cette étroite scène une société fait affluer des acteurs qui symbolisent toutes ses forces, depuis les pouvoirs officiels de la science jusqu'aux échos troubles des traditions magiques, en passant par les relations d'affection, d'intérêt ou d'alliance qui parcourent les voies de la parenté. Aussi, ce qui se déroule autour du malade et de la maladie dit-il, mieux que tout autre discours, les réalités d'une société. Dans les pays créoles, issus de la rencontre de civilisations multiples, ce sont les héritages culturels, les contradictions et les conflits qui se retrouvent à ce carrefour que sont la maladie et le soin. Or, loin de s'affronter, ils s'ajustent dans des synthèses inattendues, où religions, techniques, empirisme et science se relaient. Dans cet ouvrage, il est surtout question de ce qui se passe à l'île de la Réunion, mais ce cas particulier est l'image extrême d'un mouvement très général dans les sociétés modernes. Les sociétés créoles ont préfiguré les grands télescopages de civilisations qui ébranlent notre monde. Les rencontres de médecines, les itinéraires des malades entre hôpitaux, cultes, plantes et guérisseurs sont un fait courant, bien que souvent masqué, dans notre société ; on le comprend mieux grâce à l'exemple de cet univers clos, à l'histoire dense et riche. Il nous offre les clés d'une anthropologie de la santé et de la maladie, et finalement du malheur. Par leurs rencontres, les médecines donnent des formes nouvelles à leurs réponses et poursuivent leur tâche essentielle, qui n'est pas seulement de prendre en charge le corps, mais de restaurer autour de la personne malade le monde que son tourment ébranle.

  • Les premiers Européens qui découvrirent le Brésil et ses cannibales y consacrèrent de nombreux écrits. Cet abondant matériel, qui fut aussi à la source des images contradictoires du bon et du mauvais sauvage, permet une reconstruction détaillée du rituel cannibale tupi-guarani et de ses significations.

  • A la fin des années soixante-dix, la France accueillit quelque dix mille Hmong, représentants d'une minorité du Laos. Comment cette population montagnarde a-t-elle vécu ce choc de cultures inscrit dans les prolongements de la guerre d'Indochine ? Une contribution à la manière dont les individus et les groupes répondent symboliquement et pratiquement à un contact de culture.

  • Quelle perception des faits de maladie les gens de la Grande Terre ont-ils de nos jours, quelles explications en donnent-ils ? Le champ de la maladie constitue le lieu d'interprétations et de pratiques beaucoup plus larges que les seules affections physiques et mentales. Il s'agit à la fois de corps social, de religion et de métaphysique.

  • Aborde le sujet dans ses dimensions historiques et européennes. 1936, date-symbole certes, n'est pas le vrai début. Les Trente Glorieuses (1945-1975) ont vu le bond en avant du tourisme de masse, mais ce n'est pas toujours le tourisme pour tous...

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  • Ces Exercices d'ethnologie, ouvrage posthume de Robert Jaulin, ont pour champ plus particulier l'Afrique, du Tchad à la Casamance, d'un projet de développement au Sénégal à un récit initiatique des pasteurs peul. Mais ils sont aussi, et plus largement, une réflexion sur les fondements et le sens de ces sujets d'art que sont les cultures et sur ce qui peut tendre à les étouffer. Ils invitent, en conséquence, à l'exercice d'une ethnologie aussi soucieuse de connaissance et rigoureuse dans ses méthodes, que consciente de ses responsabilités ; une ethnologie qui, témoignant de et pour la liberté des hommes dans l'invention quotidienne de leur monde, soit elle-même, dans sa démarche cognitive et ses engagements, un acte de liberté.

  • Sociétés sans chefs, les Warlpiri et leurs compatriotes australiens célèbrent par des mises en scène rituelles des ancêtres mythiques et des sites sacrés. Derrière des traditions millénaires, transparaît dans la perception et les pratiques aborigènes une logique en réseau incroyablement actuelle.

  • Quel est l'impact de la colonisation sur les modes de pensée des peuples colonisés ? C'est, pour l'historien comme pour l'anthropologue, une question difficile à résoudre car la réponse exige à la fois une approche comparée des cultures mises en contact, et la définition d'un champ d'investigation qui relève souvent de l'implicite, ou même de l'inconscient, et qui échappe aux procédures habituellement développées dans ces disciplines. Les auteurs de ce livre ont choisi le terrain du comparatisme, en multipliant des va-et-vient à travers l'Atlantique, entre l'Europe colonisatrice - l'Espagne et l'Italie - et l'Amérique conquise - le Mexique et les pays andins. À l'aube du XVIe siècle, le phénomène visionnaire s'impose sur les deux rives de l'océan, parce qu'il y est présent massivement, et parce que son interprétation constitue un enjeu d'importance pour les pouvoirs en place et pour ceux qui les contestent. On a pu reconstituer les logiques à travers lesquelles les cultures méditerranéenne, mexicaine et andine, ont appréhendé la vision et l'information que celle-ci véhiculait, et suivre le lent processus d'occidentalisation qu'elles ont subi en Amérique. L'imprégnation des consciences indiennes par le modèle européen, fut longue à s'imposer. Des formes de compromis, dans lesquelles des éléments appartenant aux deux cultures se sont mélangés avec plus ou moins de bonheur, témoignent de la vigueur de ce métissage culturel au cours du XVIe et du XVIIe siècle, et la persistance de thèmes pré-hispaniques dans les visions andines contemporaines en souligne les limites.

  • Si la géopolitique reconstruit les configurations géographiques et économiques, démographiques et culturelles, la géostratégie les génère en fonction des possibilités techniques. Mais que seraient les détroits de Gibraltar ou d'Ormuz, s'ils ne séparaient pas des civilisations et des nationalismes hétérogènes ? De simples points de passage entre mer ouverte et mer intérieure, entre deux masses continentales. Les contraintes géographiques sont donc subordonnées à la géosociologie (répartition des stratifications sociales), aux mobiles élémentaires exprimant les vouloir-vivre antagonistes ou convergents des groupes humains. L'anthropostratégie rend compte des acculturations tactiques et des apprentissages stratégiques, qui engendrent les unions ou les exclusions géopolitiques (frontières, souverainetés...) s'exaltant en philosophies de l'histoire, à leur tour génératrices de conflits...

  • À quoi tiennent les archaïsmes de la société andalouse qui ont, tour à tour, enchanté les folkloristes et indigné les sociologues ? On les impute volontiers à l'emprise de la bourgeoisie urbaine : au lieu d'investir dans l'industrie, elle a racheté les grands domaines vendus comme Biens nationaux à partir de 1836. Mais ce bourgeois qui a délogé le noble et le chanoine des campagnes de Séville, quel était son système de valeurs ? Rentier ou entrepreneur, latifundiaire ou agriculteur ? L'auteur concentre ici ses efforts sur la plus fortunée des familles bourgeoises de Séville, les Vazquez Gutierrez. En dépit d'une agitation sociale endémique, des aléas démographiques et d'une norme de partage très égalitaire, elle parvint à accumuler une immense fortune le long du Guadalquivir. Archives notariales et archives privées, cadastre et presse agricole, permettent d'en suivre le destin depuis la fin du XVIIIe siècle. La fortune familiale est le fruit d'investissements de tous ordres : économique, éducatif, matrimonial, politique, religieux ou onomastique, dont la cohérence devient visible dès qu'on observe le patrimoine plus que la propriété, le réseau de parenté plus que l'individu. Moment décisif de l'histoire andalouse, le basculement de la grande propriété dans la logique du marché donne encore prise à une anthropologie historique qui éclaire le présent.

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  • Saisir l'autre en tant qu'autre : toute l'ambition paradoxale de l'ethnologie et ses difficultés ne sont-elles pas incluses dans cette formule ? On ne peut saisir que soi, suggèrent les différentes formes actuelles de nominalisme. Et pourtant, l'autre existe, qui nous surprend, nous dérange, ou nous comble. C'est au nom de cette expérience, que sont ici refusés les extrêmes du trouble narcissique, de l'impuissance culpabilisée, de la scolastique négativiste, de l'inexactitude péremptoire, de la confusion du style, où se complaisent trop souvent certains de nos meilleurs esprits contemporains. Car, dans le sillage des grands fondateurs, nombre de recherches modestes et scrupuleuses présentent ce qu'on attend en fait de l'ethnologie, une vraie rencontre de l'autre, une plus profonde saisie de l'homme. Mais ceci ne suppose-t-il pas que le dialogue, au lieu d'être considéré comme second, se révèle comme d'origine ?

  • Les indiens Otomi du Mexique rendent compte du fonctionnement de l'univers par une constante référence à l'image du corps, grâce à un jeu d'opposition entre une partie haute, céleste, affiliée à la religion catholique, et une partie basse, autochtone, gouvernée par le diable. Dans les rituels, un acte symbolique se répète : la coupure d'un phallus cosmique par un vagin denté.

  • Comment l'alcoolisme est-il pensé et vécu par les alcooliques et leur famille ? Comment ces derniers réorganisent-ils leur existence en vue de lutter contre la rechute ? Comment se donnent-ils les moyens de choisir entre la liberté et la mort, pour reprendre leur formule. Grâce à la fréquentation assidue d'une association d'anciens buveurs, qu'elle a étudiée sur une période de cinq ans, Sylvie Fainzang répond à ces questions, en proposant une analyse des systèmes symboliques dans lesquels est intégrée la maladie alcoolique. S'interrogeant sur les pratiques observées (des plus quotidiennes aux plus ritualisées), sur les rapports sociaux qui se nouent autour des anciens buveurs, et sur ce que représente et symbolise l'alcool à leurs yeux, elle met au jour les logiques qui gouvernent les comportements des individus et les mécanismes de l'efficacité de ce type d'association, sans en occulter, toutefois, les échecs. En conclusion, elle montre en quoi ce mouvement, le discours qu'il diffuse et les conduites sociales qu'il favorise procèdent d'une véritable culture, avec son mode de pensée et son système de valeurs propre.

  • Il s'agit d'une recherche collective, rédigée par des anthropologues et des épistémologues, portant sur l'état actuel de la discipline ethnologique. À partir d'études de terrain empiriques, et d'une relecture de grands textes fondateurs (le Naven de Bateson, Les Syste`mes politiques des hautes terres de Birmanie de Leach, Les Argonautes du Pacifique Occidental de Malinowski...), les auteurs s'efforcent de repenser la théorie ethnologique à la lumière de nouveaux questionnements. À quelles conditions peut-on construire une lecture critique de l'histoire des fondements de cette discipline ? Comment reformuler le problème de l'objet anthropologique ? Comment dépasser, éventuellement en les englobant, les modèles positivistes et relativistes, tout en maintenant les exigences d'une théorisation de la discipline ? Sont proposées de nouvelles pistes sous forme d'hypothèses : la schématisation, la fiction, la métaphore, le voir, le style, l'altérité, le métissage conceptuel. Ce collectif est destiné tout autant aux étudiants de second et troisième cycle, qu'aux enseignants-chercheurs intéressés par le destin de leur discipline.

  • En 1947, le communisme s'est définitivement installé en Roumanie, pays agricole aux coutumes vivantes et fortes, gouverné par une monarchie constitutionnelle. Bucarest, la capitale, était à l'époque une ville cosmopolite, pittoresque, étonnante, un merveilleux carrefour de races, de figures, de moeurs, d'aventures (Paul Morand). C'était comme si le ciel était tombé sur la tête des Roumains. L'expérience Pitesti est considérée comme le modèle de l'installation de ce régime. Elle a été conçue comme une méthode spéciale de rééducation par la torture. On l'appelait : l'arrachement des masques. Le but : une métamorphose de l'identité pour obtenir l'homme nouveau, un type d'humain fabriqué en série, une sorte de créature sans ancêtres, sans dieu, parlant une langue de bois et dépourvue de toute spontanéité. L'arrachement des masques est Un livre sur le communisme, certes, mais sur le communisme au quotidien, celui réellement vécu dans les pays communistes. (...). Un livre sur la nature de l'humain, aussi ; un livre explorant les extrémités où peut conduire l'illusion démiurgique. Jusqu'où peut-on fabriquer le membre d'un groupe social, le citoyen, l'homme ? Car il semble bien que, durant les années cinquante, le régime communiste roumain ait, délibérément, décidé de fabriquer des hommes nouveaux, selon une méthode aussi répugnante qu'efficace, à partir d'un laboratoire : la prison pour étudiants de Pitesti. [...] C'est un livre de psychanalyste, aussi - et c'est là une bonne part de son originalité. [...] Un livre sur la Roumanie, surtout ! - actuel, vivant, complexe, paradoxal... à l'image du pays. La Roumanie de demain se fera avec les Roumains d'hier, tous rescapés de la rééducation communiste, tous marqués au fer, tous traumatisés au sens fort du mot, je veux dire : au sens clinique du mot [...] (Tobie Nathan, préface). Cette vaste expérience d'idéologie totalitaire n'a laissé aucun héritage, seulement des profondes cicatrices assez laides au souvenir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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