Philosophie

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La Praxis est le point de départ et le point d'arrivée du matérialisme dialectique. Ce mot désigne philosophiquement ce que le sens commun appelle : la vie réelle, cette vie qui est à la fois plus prosaïque et plus dramatique que celle de l'esprit spéculatif. Le but du matérialisme dialectique n'est autre que l'expression lucide de la Praxis, du contenu réel de la vie et, corrélativement, la transformation de la Praxis actuelle en une pratique sociale consciente, cohérente et libre. Le but théorique et le but pratique - la connaissance et l'action créatrice - sont inséparables.

  • La réflexion morale s'est donné un nouvel objet : l'environnement. Au début des années 70, le besoin d'une éthique environnementale a été formulé et tout un débat s'est développé sur ces problèmes : différentes tendances philosophiques s'y sont exprimées, des questions critiques ont été déterminées. L'éthique environnementale existe, comme une réflexion philosophique qui a su associer les questions morales classiques et les problèmes contemporains qui font de la nature l'objet d'un débat philosophique. Ce débat affecte plus particulièrement la communauté de langue anglaise : la crise environnementale y a été entendue comme une incitation à redéfinir les rapports de l'homme et de la nature, à ne plus voir dans celle-ci un simple réservoir de ressources, à remettre en question l'anthropocentrisme moral, à développer, donc, une nouvelle éthique. Ce livre a pour objet de présenter les principaux thèmes débattus : la question de la valeur intrinsèque, celle du bien-être animal, la conception de la communauté, celle de la wilderness, le problème du pluralisme moral.

  • L'histoire du concept de champ en physique, depuis son élaboration (liée à la notion d'éther) jusqu'au moment où, en 1905, Einstein l'a rendu tel qu'en lui-même, tout en posant, avec l'hypothèse des quanta de lumière, les bases de sa modification, lui conférant ainsi son sens actuel.

  • Quant à l'avenir de la psychologie scientifique, et des autres sciences touchant de près ou de loin aux problèmes de l'esprit, on ne saurait s'inquiéter à son sujet car, non seulement leur développement est irréversible, mais encore il est, comme en toutes les sciences, d'une irréversibilité d'un type particulier : ainsi qu'aime à le dire R. Oppenheimer, celle-ci repose sur la conscience des erreurs qu'on ne fera plus car, en science, il n'est pas possible de se tromper deux fois de la même façon. Tant l'ouverture indéfinie de ces sciences jeunes sur de nouveaux problèmes, que cette capacité d'autocorrection irréversible, sont donc les gages assurés de leur vitalité.

  • Comment disposer d'un pouvoir politique suffisamment dégagé de toute entrave pour pourvoir, en toutes circonstances, de la communauté des lois dont elle a besoin ? Comment instituer ce pouvoir pour que, dans le même temps, sa liberté ne se tourne pas en moyen d'oppression ? Telles sont les deux questions auxquelles le concept bodinien de souveraineté tente de répondre, sans les séparer. Parce qu'il faut un pouvoir qui ne soit jamais paralysé, c'est à une souveraineté indivisible et sans partage qu'il appartient de faire la loi et de pourvoir à son exécution. Mais parce que cette souveraineté n'existe que pour la défense de la république et de ses membres, l'arbitraire en est nécessairement exclu. En imaginant une combinaison possible entre l'efficacité du pouvoir et la garantie des sujets, l'oeuvre politique de Jean Bodin (1529-1596) se situe donc aux origines de la réflexion moderne sur le droit de l'État.

  • Le thème de la sexualité est présent dans l'oeuvre de Rousseau de façon insistante, qu'il s'agisse de donner à l'amour et à la jalousie la charge d'engendrer les premiers liens sociaux et langagiers, d'imposer à la vertu la tâche de surmonter les désirs, de justifier la domination des hommes sur les femmes, ou même de confesser impudiquement quelques manies et fantasmes érotiques. Mais ce thème paraît d'abord marginal et décoratif, lié surtout au caractère passionné et romanesque de l'auteur, voire à son exhibitionnisme morbide. L'étude présente établit, au contraire, le statut théorique de la sexualité, sa fonction explicative à l'intérieur de la philosophie de Rousseau. Il apparaît, en effet, que le philosophe conçoit une nouvelle forme de causalité à partir de la réflexion qu'il mène sur la révolution pubertaire de l'adolescent et sur la psychologie féminine, dans les Livres IV et V d'Émile. Cette nouvelle conception associe le mécanisme et le finalisme, et propose la figure d'une causalité énigmatique. Mais cette causalité nouvelle ne se borne pas à expliquer les émois du désir humain, elle concerne l'humanité dans son histoire et devient le modèle du passage de la nature à la civilité ; du coup, la misogynie rousseauiste prend une dimension inattendue, car c'est au nom de sa différence insurmontable (y compris ses vices incorrigibles) que la femme devient l'avenir de l'homme, chargée de la mission d'humaniser l'humanité.

  • Qu'est-ce qui, d'Aristote, émerge face aux questions d'aujourd'hui ? Aristote est le paradigme du phénoménologiquement correct. Car correct non seulement dans l'aisance ontologique à dire le monde comme il est : phénoménologie où les choses, les affections de l'âme et les sons de la voix coïncident naturellement. Mais correct aussi pratiquement, parce que les hommes qu'il nous dépeint vivent dans un monde commun et, y compris poétiquement et politiquement, présentable, au sens cette fois de respectable. Le livre interroge cette belle image à partir des inconsistances et des hiatus qu'Aristote, trop honnête, ne cherche jamais à cacher. Dire le monde ? Mais on s'aperçoit qu'il y a un saut entre ce qu'on sent et ce qu'on dit, entre la logique de la sensation et celle de la phrase. Parler en homme ? Mais il y a des hommes, les sophistes, les esclaves, les femmes, pour qui cela ne va pas de soi. En prenant le logos comme fil conducteur, on voit Aristote travailler à la fois avec et contre les sauts et les passages qu'autorise la langue grecque, elle qu'on dit un peu vite toujours déjà phénoménologique. Aristote permet ainsi de s'en laisser moins conter par les contes de la phénoménologie ordinaire.

  • Contre les simplifications, plus ou moins habituelles, du récit de la querelle du vide qui s'est déroulée en France de 1645 à 1648, cet ouvrage s'efforce d'en souligner le foisonnement. Il analyse aussi bien la diversité des prises de position adoptées par ses différents protagonistes, Pascal tout le premier, que les recompositions majeures qu'elle a permis d'opérer dans le champ de la philosophie. Souvent oubliée et exclue de ce récit, l'oeuvre de Gassendi a joué, en outre, et il a paru indispensable de le rappeler, un rôle déterminant dans cette entreprise de recomposition. La complexité historique du processus de constitution de la science moderne, au confluent d'une configuration sociale et d'une configuration intellectuelle spécifiques, en apparaît avec d'autant plus de force.

  • Dans quelle mesure s'éclairent mutuellement la définition de l'animal et celle de l'homme ? C'est à cette question proprement philosophique que s'attache cet ouvrage, en proposant une réflexion sur le rapport entre les discours zoologiques et anthropologiques dans la philosophie antique, de Platon jusqu'à Augustin.

  • La liberté d'expression, forme fondamentale de la liberté, doit être entendue en un sens fort. Elle n'est point en question lorsqu'il s'agit de jeux de l'imaginaire, du libre cours accordé à la fantaisie de chacun. En revanche, chaque fois que la liberté affecte le monde du vrai et du faux, elle participe efficacement du monde des relations humaines. Il devient alors nécessaire de situer la liberté d'expression par rapport au vrai et au faux. Mais, ce faisant, on a trop oublié qu'il n'y a pas une seule et unique forme de Vérité affublée d'une majuscule, mais autant de types de vérités qu'il y a de domaines spécifiques de la pensée. En partant de ce point de vue, on délivre la liberté d'expression du carcan de l'universalité et de la nécessité. On condamne les prétentions à l'orthodoxie. On réhabilite les légitimités variables de la tolérance essentielle à la liberté d'expression dans la vie en commun, en justifiant du même coup, en chaque domaine, en chaque cas, ses droits, mais aussi ses limites.

  • La philosophie de tradition analytique, née à la fin du siècle dernier des critiques de l'idéalisme en Allemagne et en Grande-Bretagne, a connu des développements très variés au vingtième siècle, du réalisme à l'empirisme logique et à la philosophie linguistique. Aujourd'hui, elle semble avoir éclaté, aussi bien dans ses méthodes que dans ses doctrines, en de multiples tendances. Le but de cet ouvrage est de présenter cette diversité, non seulement dans les domaines classiques, comme la philosophie de la logique et du langage, la philosophie des mathématiques ou la théorie de la connaissance, mais aussi dans ceux où la contribution de la philosophie analytique est moins connue, en métaphysique, en philosophie de la religion, en philosophie de l'esprit, en éthique, en esthétique, en philosophie politique ou en histoire de la philosophie. Mais il s'agit aussi de révéler, à travers ces développements, la continuité d'une tradition et d'un style, qui incarne, au sein de l'espace pluriel de la philosophie contemporaine, l'une des figures du rationalisme.

  • En séparant la politique de la morale pour l'inscrire dans le champ des purs rapports de force - la fin justifie les moyens -, Machiavel aurait inventé la raison d'État. On a oublié que le premier traité sur la raison d'État, écrit en 1589 par G. Botero, était dirigé contre Machiavel et que, pendant un siècle, s'affrontèrent deux concepts de la raison d'État. Mais peut-on prendre au sérieux l'antimachiavélisme ? Plus précisément : peut-on concevoir une politique antimachiavélienne qui ne soit pas un simple retour à la prédication édifiante ou une apologie déguisée de la domination ? Débat crucial où se jouent les grandes stratégies des États modernes. Ce livre se propose de montrer que, contrairement au schéma trop facile de la rupture machiavélienne, un tel débat prend racine dans la pensée médiévale (doctrines de la ratio status et de la necessitas), et qu'à travers lui s'opposent deux types de rationalité étatique : l'une fondée sur la guerre, l'autre sur l'économie. Une sélection de textes introuvables ou inédits en français (J. de Salisbury, Thomas d'Aquin, Botero, Naudé, etc.) complète l'ouvrage.

  • Le discours philosophique négro-africain de ce siècle a d'abord réfléchi sur son existence, ensuite sur l'état de la culture africaine, l'enseignement, les langues africaines, les religions et enfin l'État. Toutes ces réflexions tournaient autour du paradigme de la refondation d'une histoire africaine.

  • L'exégèse des "Pensées" se contente d'ordinaire, conformément au dessein de Pascal qui est de « prouver absolument Dieu », de privilégier deux approches de l'argumentation référant le désir de savoir la vérité à la certitude de la religion dont dépend pour l'homme la connaissance de sa nature. On insiste d'une part sur le nécessaire dépassement de la philosophie humaine par la vérité, irréductible à la raison naturelle enfermée dans l'interminable dispute entre le dogmatisme et le pyrrhonisme, d'autre part sur l'inanité des preuves de Dieu procédant à la façon des démonstrations géométriques, physiques ou même métaphysiques. Mais c'est là négliger que la spécificité des Pensées, tant à l'égard des livres des philosophes que par rapport aux autres écrits de Pascal, tient à l'identification dans cet écrit de la recherche de la vérité à un impératif de caractère absolu, imposé par la fin de la nature humaine. En faisant de cet impératif le principe d'une relecture des fragments de Pascal, on éclaire d'un jour nouveau l'impuissance de la philosophie, qui repose sur l'illusion selon laquelle la vérité serait l'objet d'un simple enjeu théorique, quand elle doit être uniquement celui d'un désir engageant la destination même de l'homme.

  • Si l'oeuvre de saint Bernard passionne médiévistes, théologiens, historiens de l'art ou de la mystique, les philosophes la négligent trop souvent. Elle contient pourtant de quoi nourrir la pensée contemporaine, dégageant une conception particulière de l'h

  • "Le but de cet ouvrage est d'analyser, de Platon à Heidegger, en passant par Kant, Sartre, Bergson et Wittgenstein, les apories de l'ontologie et leur dépassement par la thématisation du questionnement, la problématologie. Car qu'est-ce que la philosophie sinon un questionnement radical, à questionner enfin comme tel, et non plus au travers de l'Être ou du sujet ?"

  • Tous semblent courir après la vérité, mais peu l'atteignent et la saisissent (Siris, 368). Même si Berkeley, au printemps de sa vie, avait vu qu'exister c'est être perçu ou percevoir, il a dû, pour en avoir une pleine intelligence, y consacrer encore les fruits de son automne. Tôt, il s'était évertué à dissiper les ténèbres qui faisaient croire le principe extravagant ; mais des voiles s'interposaient pour en brouiller la vue. Pour les ôter, Berkeley recourt à l'idée de la Nature, raffine son analyse du langage, précise le sens métaphysique de la langue visuelle naturelle, chasse les fantômes éthérés des physiciens pour, enfin, élaborer dans la Siris une philosophie de la vie. Si l'action de Dieu s'exprime en ce monde comme lumière solaire et force de vie, elle agit dans la perception. L'oeil voit clair et vrai, grâce à quoi l'esprit peut connaître.

  • En interrogeant les rapports entre philosophie et politique à l'âge classique, de la fin du XVIe siècle à la fin du XVIIIe, ce livre entend mettre en évidence la teneur philosophique des concepts politiques qui émergent à cette époque, ou y font l'objet d'une définition renouvelée. Cette démarche consiste à réactiver une interrogation sur les présuppositions et les implications métaphysiques de ces concepts. Une question ne peut dès lors manquer de surgir : en quoi la politique a-t-elle besoin de la métaphysique ? C'est en vue de répondre à cette question qu'Y.C. Zarka examine le cadre métaphysique explicite ou implicite dans lequel s'inscrit la réflexion politique. Il aborde ensuite certains des concepts majeurs de la pensée politique de l'âge classique, dans un parcours qui mène du renouvellement de l'idée de république à la philosophie de la liberté, en passant par la fondation philosophique de la notion de tolérance. Ce livre relève d'une historiographie philosophique où l'érudition n'est plus une simple conservation du patrimoine culturel, mais se trouve animée d'un ressort nouveau qui associe, au souci de l'exactitude historique, celui de la spéculation philosophique.

  • La littérature moderne s'est édifiée sur les ruines de la vieille crédulité.

  • La théorie de la reconnaissance est la reprise par Hegel d'un problème largement élaboré avant lui, par Kant déjà, mais surtout par Fichte. De plus les luttes pour la reconnaissance n'ont cessé de hanter notre modernité post-hégélienne et un retour aux textes de Fichte et Hegel autorise une relecture de ce thème de l'Anerkennung qui ne coupe pas ceux-ci des enjeux de notre monde contemporain.

  • La philosophie ne peut défendre sa légitimité que si elle l'établit sur l'universalité de l'interprétation; cette théorie est l'affaire de l'herméneutique. Ce livre se propose d'en reconstruire l'histoire, afin de préparer une conception herméneutique de la philosophie, qui ne renonce ni à l'être, ni à l'a priori, ni à l'universalité.

  • Le but du présent ouvrage est d'introduire à la philosophie de Charles Sanders Peirce (1839-1914), à travers une question longtemps restée mystérieuse : celle de la logique du vague. Ce thème semble assurer l'unité de cette oeuvre complexe et multiforme, dont on commence à entrevoir la portée. Il a été longtemps impossible d'écrire en philosophe sur Peirce : celui-ci, considéré comme pionnier de la sémiotique, réduit au rôle de précurseur, de la logique contemporaine ou du positivisme logique, est en fait l'auteur d'un système ambitieux qu'il tenta toute sa vie d'édifier. La présente enquête, fondée sur un examen précis de ces textes méconnus, consiste à aborder la théorie générale du signe et de la signification, en liaison avec les problématiques de Husserl, de Frege ou de Russell. Le départ en est fourni par l'examen de la part assignée dans la sémiotique à la grammaire pure : celui-ci mène, par la dérobade du sens, à la pragmatique de la proposition, puis à l'invention du sujet logique, pour aboutir à la théorie de la quantification qui permet de nommer le vague. Le lecteur français peut dès lors disposer d'une entrée dans un projet philosophique d'envergure, dont l'inventivité logique et la profondeur métaphysique évoquent Leibniz. Sa contribution à la philosophie analytique contemporaine apparaît à travers ce thème du vague qui en fournit l'accès privilégié.

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