Psychologie / Psychanalyse

  • L'interprétation du rêve

    Sigmund Freud

    • Seuil
    • 7 Janvier 2010

    Traduction inédite et introduction de Jean-Pierre Lefebvre.Alors que, 70 ans après sa mort, les textes de Freud tombent dans le domaine public, les éditions du Seuil ont entrepris de retraduire les plus grands d'entre eux.

  • La musique peut nous émouvoir jusqu'au tréfonds de notre être, nous arracher à la dépression, nous inciter à danser, ou nous rendre triste et nostalgique. Quand on est un neurologue aussi compétent qu'Oliver Sacks, et ouvert, comme lui, à bien d'autres disciplines, comment peut-on comprendre et décrire ce pouvoir ? Plus d'aires cérébrales sont affectées au traitement de la musique qu'à celui du langage : l'homme est donc véritablement une espèce musicale.Bien des exemples le montrent, évoqués par Sacks avec la force et le talent qu'on lui connaît (voir L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau), depuis ce chirurgien frappé par un éclair qui devient soudain pianiste à l'âge de quarante-deux ans jusqu'au frère manchot de Wittgenstein, en passant par les familiers de la synesthésie ou les arriérés mentaux mélomanes.La musique est souvent médicalement bienfaisante : elle anime les parkinsoniens incapables de se mouvoir, améliore l'élocution des victimes d'accidents vasculaires, apaise les patients atteints de la maladie d'Alzheimer ou restitue des souvenirs à certains amnésiques.L'homme a donc une véritable dimension musicale. Oliver Sacks la décrit dans toute son étendue, d'un point de vue scientifique, philosophique, et spirituel.

  • Paul watzlawick nous avait enseigné, dans faites vous-même votre malheur, les moyens les plus raffinés pour parvenir à se rendre malheureux.
    Le voici maintenant qui tente de comprendre et d'approfondir les recettes qui mènent infailliblement à l'échec.
    Comment réussir à échouer ? c'est simple. a chaque problème, il suffit de trouver l'ultrasolution. qu'est-ce qu'une ultrasolution ? " une solution qui se débarrasse non seulement du problème, mais de tout le reste - un peu comparable à cette vieille plaisanterie de carabin : opération réussie, patient décédé.
    " il existe beaucoup d'ultrasolutions, étudiées et répertoriées dans ce livre : elles s'appliquent tout autant aux conflits conjugaux qu'aux relations internationales. la règle est simple : il faut que le jeu que l'on joue avec l'autre soit toujours à somme nulle, c'est-à-dire que vous ne puissiez gagner que s'il perd, et vice versa. il est donc impossible que les deux gagnent, et coutumier que les deux perdent.
    Chacun trouvera facilement des ultrasolutions dans sa vie et celle de ses proches, en lisant le journal ou en écoutant les informations, mais leur mécanisme est ici minutieusement démonté, mis à la portée de tous.

  • Il ne faut pas confondre l'image du corps avec le schéma corporel.
    Le schéma corporel spécifie l'individu en tant que représentant de l'espèce : il est, en principe, le même pour tous. l'image du corps, par contre, est propre à chacun : elle est liée au sujet et à son histoire. support du narcissisme, elle est éminemment inconsciente.
    C'est l'incarnation symbolique du sujet désirant. sur la base de ce concept, et en s'appuyant à chaque instant sur l'expérience analytique, françoise dolto suit l'élaboration de l'image du corps, phase après phase, en montrant que, chaque fois, le pas est franchi par une castration.
    Ce qui l'amène aussi à décrire la pathologie de l'image du corps, laquelle est, chaque fois, un échec de la symbolisation : autant dire une insuffisance du langage adressé à l'enfant et un manquement de l'interdit.
    Car c'est bien le paradoxe de ce que l'élaboration de françoise dolto enseigne : le moi se supporte de l'image du corps, mais celle-ci, à son tour, ne s'élabore que par une série de castrations dont il ne faut pas hésiter à dire qu'elles sont symboligènes.
    C'est la clé de l'humanisation.

  • Ce livre n'est pas un essai de technique analytique et ne contient pas de cas cliniques - mais tout ce que j'y avance est fondé sur mon expérience clinique.

    Des parents, dont certains avaient gâché leur vie conjugale - parfois plusieurs vies conjugales successives -, ont pu analyser avec moi le retour de refoulements de leur enfance, liés à la séparation de leurs propres parents et au silence imposé à ces épreuves. c'est pourquoi ce livre est écrit et pour les parents et pour leurs enfants.
    Il se présente comme une longue interview dont une part concerne aussi tous ceux et celles qui "administrent les procédures de la justice" à travers les différents "corps de métiers" de cet appareil institutionnel et en dehors de celui-ci.

    C'est en quelque sorte un livre de citoyenne, psychanalyste de métier qui, on le sait, s'intéresse à ce que peut être la prévention des difficultés dues aux souffrances inconscientes des enfants; souffrances toujours articulées au non-dit ou à un mensonge implicite, fussent-ils maintenus au nom du "bien" de l'enfant.

  • Des centaines d'ouvrages ont été écrits de par le monde sur le médecin viennois, fondateur de la psychanalyse (1856-1939), et quelques dizaines de biographies lui ont été consacrées. Pourquoi proposer aujourd'hui une nouvelle lecture de sa vie et de son oeuvre ?
    D'abord parce que, depuis la dernière en date de ces biographies, celle de Peter Gay (Hachette, 1991), de nouvelles archives ont été ouvertes aux chercheurs (sur ses patients, notamment) et l'essentiel de sa correspondance est désormais accessible. Mais aussi, surtout, parce qu'il restait beaucoup à dire sur l'homme et son oeuvre. Et d'abord ceci : l'invention de la psychanalyse est profondément liée à la critique de la famille traditionnelle, que Freud aura éprouvé dans sa propre enfance, lui, l'aîné des huit enfants d'Amalia et de Jacob Freud, né à Freiberg en Moravie.
    Et encore ceci : le fondateur de la psychanalyse est d'abord un Viennois de la Belle-Epoque, sujet de l'Empire austro-hongrois, héritier des Lumières allemandes et juives. Quant à la psychanalyse elle-même, elle est le fruit d'une entreprise collective, d'un cénacle romantique au sein duquel Freud aura donné libre cours à sa fascination pour l'irrationnel, les sciences occultes, la part obscure de nous-mêmes, transformant volontiers ses amis en ennemis, à la fois Faust et Mephisto en quelque sorte. Toujours au nom de la raison et des Lumières.
    Que Freud, encore, penseur de la modernité, mais conservateur éclairé en politique, n'aura cessé d'agir en contradiction avec son oeuvre.
    Le voici en son temps, dans sa famille, en son cénacle, entouré de ses collections, de ses femmes, de ses enfants, de ses chiens, le voici enfin en proie au pessimisme face à la montée des extrêmes, pris d'hésitations à l'heure de l'exil londonien, où il finira sa vie.
    Le voici dans notre temps aussi, nourrissant nos interrogations de ses propres doutes, de ses échecs, de ses passions.

  • Des psychothérapeutes posent à Françoise Dolto des questions relatives à des cas précis qui leur posent problème. Sur le simple exposé du cas, Françoise Dolto intervient avec une maîtrise saisissante : établissant des analogies avec des cas semblables, repérant les résistances du thérapeute lui-même et donnant des indications sur la marche à suivre.

    L'analyse d'enfants requiert l'écoute d'un langage qui n'est pas toujours verbal. Pour comprendre un enfant, il faut lui faire représenter par des dessins ou des modelages ce qu'il a à dire.

    Françoise Dolto éclaire ces questions et guide les jeunes psychanalystes dans ce travail particulièrement difficile : comment amener les enfants à s'exprimer ? Comment respecter la relation de l'enfant avec ses parents tout en poursuivant la cure qui, pour ces derniers aussi, est souvent éprouvante ?

    L'on comprend alors qu'un enfant, même très jeune, a déjà un long passé : le sien, plus celui de ses parents.

  • La Guerre des étoiles, Titanic, l'imaginaire des contes et légendes, le spectacle des cruautés humaines, le rêve, le comportement des animaux : Elisabeth Roudinesco mobilise bien des supports "concrets" pour permettre aux adolescents (et à leurs parents...) d'accéder à ce continent sans rivages ni localisation dans l'être humain : l'inconscient.Chemin faisant, et parce que l'intelligence de son jeune interlocuteur est stimulée dans son propre système de référence, on accède sans douleurs à la complexité du psychisme humain, où l'inconscient impose la vérité.Une grande réussite pédagogique.

  • Le second volume de ce séminaire extraordinairement vivant rassemble les éléments d'une éthique de la psychanalyse d'enfants.
    Françoise dolto n'a cessé, durant son enseignement, de recentrer toutes les questions qu'on voit psychothérapeutes et analystes lui poser, vers cette exigence: respecter l'enfant comme sujet.
    Cette exigence oriente toute la clinique: repérer la place du sujet dans son dire, qu'il parle juste ou "pas vrai", écouter oú "ça parle" de lui dans son symptôme, dans le discours de ses parents, voire dans la cacophonie généalogique.
    Ne jamais céder aux refoulements, aux résistances de ceux qui traitent l'enfant comme objet partiel ou objet transitionnel, quand ce n'est pas tout simplement comme déchet.
    Chacun sait que, par son expérience, françoise dolto a fait reculer les limites de la clinique en psychanalyse d'enfants. on verra avec quelle sûreté ou quelle audace analytique elle "accroche" le désir d'un enfant dans sa demande ou son symptôme; ne serait-ce qu'en lisant, dans le regard d'une petite psychotique, l'émotion sexuelle qui prive celle-ci de ses jambes; ou en reconnaissant, dans la phobie du pointu qui terrorise un jeune schizophrène, le souvenir de la menace de mort qui pesa sur lui, dans le ventre de sa mère.

    En psychanalyse, il n'y a que des cas, dit souvent françoise dolto, et elle en présente ici de mémorables. en faire la somme ne saurait donner un tout. mais c'est par les voies qui donnent accès à tel d'entre eux que chacun peut découvrir, dans le saisissement, ce qu'est l'ouverture à l'inconscient. c'est en cela que, de toute évidence, l'expérience de françoise dolto est un enseignement.

  • Que se passe-t-il quand un livre a rendez-vous avec son lecteur ?
    Comment "lire" a-t-il une répercussion sur nos états d'âme ? sur notre santé ?
    Comment le bibliothérapeute, par le livre, son interprétation et le dialogue qu'il provoque, dénoue-t-il les noeuds du langage puis les noeuds de l'âme, obstacles puissants àla vie et à la force créatrice ?
    Travail de libération et d'ouverture, la bibliothérapie consiste à rouvrir les mots à leurs sens multiples et éclatés, permettant ainsi à chacun de sortir de tout enfermement, de toute lassitude, pour s'inventer, vivre et renaître à chaque instant.

    En introduisant la notion de mouvement dans le langage, marc-alain ouaknin, virtuose de la lecture talmudique et biblique, excellent connaisseur des théories contemporaines de la lecture, explore les nombreuses harmoniques de la bibliothérapie et nous fait découvrir ce qu'il appelle la "force" du livre.

  • La plus libre des disciples de Freud, cette Lou Andreas-Salomé (1861-1937) qu'il appelle par son prénom et à laquelle il a confié la formation analytique de sa fille Anna, adresse au maître en hommage d'affection pour son soixante-quinzième anniversaire cette lettre ouverte. L'amie de Nietzsche et de Rilke, l'écrivain qui a laissé sur chacun d'eux la plus lucide des études, touche au cœur de l'analyse comme de l'écriture. Thérapeute, elle est du sérail. Freud n'hésite pas : il publie le livre aux Éditions psychanalytiques.

  • Quand j'ai résolu d'aborder cette année devant vous la question du Witz ou du Wit, j'ai commencé un petite enquête. Il n'y a rien d'étonnant à ce que je l'aie commencée en interrogeant un poète. C'est un poète qui introduit dans sa prose comme aussi bien dans des formes plus poétiques, la dimension d'un esprit spécialement danseur qui habite son oeuvre, et qu'il fait jouer même quand il parle à l'occasion de mathématiques, car il est aussi un mathématicien. J'ai nommé ici Raymond Quencau. Alors que nous échangions là-dessus nos premiers propos, il m'a raconté une histoire. C'est une histoire d'examen, de baccalauréat si vous voulez. Il y a le candidat, il y a l'examinateur.

    - Parlez-moi, dit l'examinateur, de la bataille de Marengo.

    Le candidat s'arrête un instant, l'air rêveur - La bataille de Marengo...?

    Des morts ! C'est affreux... Des blessés ! C'est épouvantable...

    - Mais, dit l'examinateur, ne pourriez-vous me dire sur cette bataille quelque chose de plus particulier ?

    Le candidat réfléchit un instant, puis répond - Un cheval dressé sur ses pattes de derrière, et qui hennissait.

    L'examinateur surpris, veut le sonder un peu plus loin et lui dit - Monsieur dans ces conditions voulez-vous me parler de la bataille de Fontenoy ?

    - La bataille de Fontenoy ?... Des morts ! Partout... Des blessés ! Tant et plus, une horreur...

    L'examinateur intéressé, dit - Mais monsieur, pourriez-vous me dire quelque indication plus particulière sur cette bataille de Fontenoy ?

    - Ouh ! dit le candidat, un cheval dressé sur ses pattes de derrière, et qui hennissait.

    L'examinateur, pour manoeuvrer, demande au candidat de lui parler de la bataille de Trafalgar. Celui-ci répond - Des morts ! Un charnier... Des blessés ! Par centaines...

    - Mais enfin monsieur, vous ne pouvez rien me dire de plus particulier sur cette bataille ?

    - Un cheval...

    - Pardon, monsieur, je dois vous faire observer que la bataille de Trafalgar est une bataille navale.

    - Ouh ! Ouh ! dit le candidat, arrière cocotte !

    La valeur de cette histoire est à mes yeux de permettre de décomposer, je crois, ce dont il s'agit dans le trait d'esprit.

    (Extraits du chapitre VI)

  • - L'homme continue à faire l'objet des interprétations les plus extravagantes, tantôt idole tantôt démon. Mais le contexte, lui, a changé : l'époque héroïque de la psychanalyse a pris fin, nous vivons l'éclosion des psychothérapies, mille et une façons d'apaiser les souffrances contemporaines en vertu de pratiques toujours plus réglementées par l'Etat. Rappeler, dans ces conditions, ce que fut la geste lacanienne, c'est se souvenir d'abord d'une aventure intellectuelle et littéraire qui tint une place fondatrice dans notre modernité : liberté de paroles et de moeurs, essor de toutes les émancipations (les femmes, les minorités, les homosexuels), l'espoir de changer la vie, l'école, la famille, le désir. Car si Lacan se situa à contre-courant de bien des espérances de l'après-68, il en épousa surtout les paradoxes, au point que ses jeux de langage et de mots résonnent aujourd'hui comme autant d'injonctions à réinstituer la société.Retour sur sa vie, son oeuvre, ce qu'elle fut, ce qu'il en reste, avec pour guide sa meilleure spécialiste.

    - Historienne (Université de Paris - Diderot), Elisabeth Roudinesco est l'auteur, au Seuil puis chez Fayard, de plusieurs livres qui ont fait date, notamment Histoire de la psychanalyse en France, 2 vol. (rééd. " Pochothèque ", Hachette, 2009), Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée (1993, rééd. " Pochothèque ", Hachette, 2009), Dictionnaire de la psychanalyse (en coll. avec Michel Plon, 1997, 2000, et rééd. " Pochothèque ", Hachette, 2011), Pourquoi la psychanalyse (1999), La Famille en désordre (2002) et, avec Jacques Derrida, De quoi demain... Dialogue (2001). Chez Albin Michel, La Part obscure de nous-mêmes (2007) et Retour sur la question juive (2009). En 2010, au Seuil, Mais pourquoi tant de haine ?

  • Cette mère inassouvie, insatisfaite, autour de laquelle se construit toute la montée de l'enfant dans le chemin du narcissisme, c'est quelqu'un de réel, elle est là, et comme tous les êtres inassouvis, elle cherche ce qu'elle va dévorer, quaerens quem devoret. Ce que l'enfant lui-même a trouvé autrefois pour écraser son inassouvissement symbolique, il le retrouve possiblement devant lui comme une gueule ouverte. [...] Voilà le grand danger que nous révèlent ses fantasmes, être dévoré. [...] il nous donne la forme essentielle sous laquelle se présente la phobie. Nous rencontrons cela dans les craintes du petit Hans. [...] Avec le support de ce que je viens de vous apporter aujourd'hui, vous verrez mieux les relations de la phobie et de la perversion. [...] J'irai jusqu'à dire que le cas du petit Hans, vous l'interpréterez mieux que Freud n'a pu le faire. (Extrait du chapitre XI) La castration, ce n'est pas pour rien qu'on s'est aperçu, de façon ténébreuse, qu'elle avait tout autant de rapport avec la mère qu'avec le père. La castration maternelle - nous le voyons dans la description de la situation primitive - implique pour l'enfant la possibilité de la dévoration et de la morsure. Il y a antériorité de la castration maternelle, et la castration paternelle en est un substitut. (Extrait du chapitre XXI) [Dans le cas du petit Hans,] la transformation qui s'avérera décisive [est] celle de la morsure en dévissage de la baignoire. D'ici à là, le rapport des personnages change du tout au tout. Ce n'est pas pareil, que de mordre goulûment la mère, appréhension de sa signification naturelle, voire de craindre en retour cette fameuse morsure qu'incarne le cheval - ou de dévisser la mère, de la déboulonner, de la mobiliser dans cette affaire, de faire qu'elle entre elle aussi dans l'ensemble du système, et, pour la première fois, comme un élément mobile et, du même coup, équivalent aux autres.

    (Extrait du chapitre XXIII)

  • Qu'est-ce qu'un obsessionnel ? Quelqu'un comme vous et moi, peut-être ? Oui, mais qui doute. Non parce qu'il ne serait pas sûr de lui. Mais parce que ce doute lui est nécessaire pour désirer. Pour vivre. Ou, plutôt, pour ne pas mourir tout à fait.
    Alors il « procrastine », s'interdit de réaliser la plupart de ses désirs, ou s'en fait au contraire un devoir - ce qui revient presque au même. Alors il vit le sexe comme un embarras, l'amour comme son évitement, la répétition comme un refuge, la mort comme un recours, et la pensée (parce qu'il ne peut s'empêcher de croire en sa toute-puissance magique) comme une menace. Dont il lui faut donc se protéger. En se faisant débile, par exemple. En se sentant coupable de tout, quand bien même n'accepte-t-il d'être responsable de rien. En ruminant, en priant, en étant en dette pour la vie - et seul pour toujours.
    Et en n'achevant jamais rien. Pas même son propos. Parce que c'est toute la vérité qu'il veut dire, et tout d'un coup, et que c'est ainsi qu'il rencontre le mieux l'impossible qui soutient son existence.
    Nous donnant ainsi une magistrale leçon sur le fonctionnement psychique ordinaire, et sur le monde en général.
    Ce qui, certes, nous écarte beaucoup des propos habituels des traités de psychopathologie, des opuscules de pleine conscience et des guides de recettes de vie.
    Mais nous fraye une voie d'accès royale à la psychologie - la vraie !

  • « L'angoisse ne semble pas être ce qui vous étouffe, j'entends comme psychanalystes. Et pourtant, ce n'est pas trop dire que ça devrait. » Le Séminaire, livre X, est consacré à l'angoisse et s'est tenu en 1962-1963. C'est, parmi les Séminaires de Lacan, l'un des plus importants (Lacan lui-même y voyait le « point de rendez-vous » de sa réflexion), l'un des plus attendus donc, et pas simplement chez les psychanalystes.
    L'édition en a été assurée par Jacques-Alain Miller avec un souci appuyé de lisibilité.
    Comment s'arrange-t-on avec l'angoisse ? L'un des Séminaires les plus fondamentaux de Lacan.
    Comme pour les précédents volumes, l'édition est assurée par Jacques-Alain Miller, très médiatisé depuis quelques mois, et qui devrait lui-même accompagner cette parution par un livre (Bonheur à vendre) qui prolonge les analyses de Lacan sur l'angoisse.

  • Des noms-du-pere

    Jacques Lacan

    • Seuil
    • 21 Janvier 2005

    Texte établi par Jacques-Alain Miller.
    Ce volume réunit deux conférences fameuses de Lacan qui encadrent les deux parties de son enseignement. Dans la première, prononcée en juin 1953 (peu avant son Rapport de Rome et le début de son Séminaire publié), il présente sa trinité « symbolique-réel-imaginaire » qui restera le fil directeur de sa réflexion jusqu'à sa mort. La seconde est la première et unique leçon du Séminaire Les-Noms-du-Père que Lacan renonça à donner en raison de son conflit avec l'association internationale de psychanalyse (IPA) en novembre 1963. Il commencera, à la place, en janvier 1964, le Séminaire sur Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse.

  • Du même auteur, le Seuil a publié en 2005 : Des yeux pour guérir : la thérapie pour surmonter l'angoisse, le stress et les traumatismes, qui s'est vendu à 8 400 exemplaires. Ce texte présente l'origine de la découverte de l'EMDR, donne des interprétations scientifiques possibles de cette thérapie dont l'efficacité reste en partie énigmatique, et de nombreux cas exemplaires, essentiellement liés à des traumatismes puissants et violents : guerre, viol, phobies et crises d'angoisse, terreurs nocturnes, addictions.
    Avec ce nouveau titre, F. Shapiro étend l'EMDR à des souffrances moins bouleversantes et moins intenses, plus courantes, mais tout aussi persistantes et répétitives : déprime, peurs et phobies légères, anxiété, complexe d'échec, etc. La perspective de ce livre est la restauration de l'estime de soi. Le principe d'explication de ces conduites douloureuses est le même que celui des « grands traumas » : des souvenirs pénibles, qui ne remontent pas nécessairement à la petite enfance mais peuvent appartenir à un passé récent, n'ont pas été correctement traités par la mémoire et semblent définitivement associés à un ensemble de manifestations émotionnelles, corporelles, psychiques négatives qui se répètent désormais automatiquement.
    Le livre se situe explicitement dans le registre du self-help, et en a toutes les caractéristiques : outre son accessibilité et son didactisme, il propose des outils très précis et concrets au lecteur.
    Illustré de très nombreux exemples, ce livre ne peut remplacer une thérapie EMDR mais vient en soutien ou en préparation, et peut suffire dans certains cas puisque les nombreux exercices proposés permettent de mettre et tenir à distance les réponses automatiques, d'apaiser voire de supprimer les sur-réactions émotives. Il constitue un autre volet, utile, de synthèse et de vulgarisation de l'EMDR.

  • Il convient que nous nous arrêtions à ce défilé, à ce passage étroit oú freud lui-même s'arrête, et recule avec une horreur motivée.
    Tu aimeras ton prochain comme toi-même, ce commandement lui paraît inhumain.
    Ne peut-on dire que sade nous enseigne une tentative de découvrir les lois de l'espace du prochain comme tel ? - ce prochain en tant que le plus proche, que nous avons quelquefois, et ne serait-ce que pour l'acte de l'amour, à prendre dans nos bras. je ne parle pas ici d'un amour idéal, mais de l'acte de faire l'amour.
    Nous savons très bien combien les images du moi peuvent contrarier notre propulsion dans cet espace.

    De celui qui s'y avance dans un discours plus qu'atroce, n'avons-nous pas quelque chose à apprendre sur les lois de cet espace en tant que nous y leurre la captivation imaginaire par l'image du semblable ?.

  • - Le Séminaire XIX fait couple avec le précédent, le Séminaire XVIII ( D'un discours qui ne serait pas du semblant, 2007) : même formalisation pour structurer le même rapport sexuel, qui n'existe pas dans l'espèce humaine. En fait, les hommes et les femmes sont comme deux races distinctes, ayant chacune son mode de jouir et sa façon d'aimer. Du côté femme, pas de limite : l'infini est là. Du côté homme, il y en a toujours au moins un qui dit non : une exception fonctionne, moyennant quoi il y a, corrélativement, un tout : il y a le " tous les hommes ", le règne de l'universel, l'univers de la règle, le respect de la loi, la solidarité des tous pareils, la révérence pour le chef (lui non châtré), la mise en ordre, en rangs, l'armée, " je ne veux voir qu'une seule tête ", l'uniforme et l'uniformité, la bureaucratie, ennui, obsession, " je suis maître de moi comme de l'univers ", dépression... Côté femme, le divin " pas-tout " : il n'y a pas " toutes les femmes ", elles se prennent une par une, elles s'énumèrent, " mille e tré ", chacune est Autre, aucune n'est toute, toutes sont folles (ne respectent rien), pas folles du tout (pas obnubilées par les semblants), l'Éternel Féminin n'attire nullement vers en-haut, mais vous plaque ici-bas, au service de sa jouissance, insituable, insatiable...Texte établi par Jacques-Alain Miller - Jacques Lacan (1901-1981) est une figure incontournable de la psychanalyse, qui a marqué le paysage intellectuel français et international. Son oeuvre, en grande partie constituée par son enseignement - le Séminaire -, est publiée aux Editions du Seuil.

  • dix fois, un vieillard aux cheveux blancs paraît sur la scène.
    dix fois souffle et soupire. dix fois dessine lentement d'étranges arabesques multicolores qui se nouent entre elles et aux méandres et volutes de sa parole tour à tour embarrassée et déliée. ils sont une foule à contempler médusés l'homme-énigme, et à recevoir l'ipse dixit en espérant une illumination
    qui se fait attendre. non lucet, il ne fait pas clair là-dedans, et les théodore cherchent des allumettes.
    pourtant, se disent-ils, cuicumque in sua arteperito credendum est, qui a prouvé être habile en son art mérite créance. a partir de quand quelqu'un est-il fou ? le maître lui-même pose la question. c'était jadis. c'étaient les mystères de paris il y a trente ans.
    tel dante prenant la main de virgile pour s'avancer dans les cercles de l'enfer, lacan prenait celle de james joyce, l'illisible irlandais, et, à la suite de ce fluet commandeur des incroyants, entrait d'un pas lourd et trébuchant dans la zone incandescente où brûlent et se tordent femmes-symptômes et hommes-ravages.
    une troupe équivoque l'assistait cahin-caha : son gendre ; un écrivain ébouriffé, alors jeune et tout aussi illisible ; deux mathématiciens dialoguant ; et un professeur lyonnais attestant le sérieux de toute l'affaire. quelque pasiphaé discrète s'employait derrière le rideau. riez, braves gens ! je vous en prie. moquez-vous ! notre illusion comique est là pour ça. ainsi ne saurez-vous rien de ce qui se déroule sous vos yeux écarquillés : la mise en question la plus méditée, la plus lucide, la plus intrépide, de l'art sans pareil que freud inventa, et que l'on connaît sous le pseudonyme de psychanalyse.
    (jacques-alain miller)

  • Ceci est un livre sur l'écriture. Mais d'écrit, il y en a plus d'un.
    Ce que l'on remarque d'abord, ce sont les caractères chinois qui parsèment plusieurs chapitres. Lacan préparait ainsi un voyage en Chine avec Barthes et Sollers. Il y renonça, pour une virée au Japon, dont on a ici le journal, conceptuel plutôt qu'anecdotique. Un autre mode d'écriture est encore sollicité : les formules logiques de la quantification, traduisant « tous », « aucun », « quelques-uns qui... », quelques-uns qui... ne ...pas ». Il en ressort que le « rapport sexuel », lui, n'est pas susceptible d'être écrit. Et il y a enfin les cris. « Un homme et une femme peuvent s'entendre. Ils peuvent s'entendre crier ». Un pessimisme joyeux imprègne cette sagesse, qui arrive toute fraîche de l'année 1970-1971. Elle pousse à conclure qu'il n'y a aucun discours qui ne prenne son départ d'un semblant porté à la fonction de maître-mot (« le signifiant-maître »).

  • [on peut] trouver à justifier avec mes petits schémas, que l'étudiant n'est pas déplacé à se sentir frère, comme on dit, non pas avec le prolétariat, mais avec le sous-prolétariat.

    Le prolétariat, il est comme la plèbe romaine - c'étaient des gens très distingués. la lutte de classe contient peut-être cette petite source d'erreur au départ, que ça ne se passe absolument pas sur le plan de la vraie dialectique du discours du maître - ça se place sur le plan de l'identification. senitius populusque romanus. ils sont du même côté. et tout l' empire, c'est les autres en plus.
    Il s'agit de savoir pourquoi les étudiants se sentent avec les autres en plus.
    /> Ils ne semblent pas du tout voir clairement comment en sortir.
    Je voudrais leur faire remarquer qu'un point essentiel du système est la production - la production de la honte. cela se traduit - c'est l'impudence.
    C'est pour cette raison que ce ne serait peut-être pas un très mauvais moyen que de ne pas aller dans ce sens-là.

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