Presses Universitaires de France

  • L'espérance de vie aux États-Unis a récemment baissé : du jamais-vu en Occident depuis 1918. Durant les deux dernières décennies, les morts par suicide ou dues à la consommation de drogue ou l'alcoolisme n'ont cessé d'augmenter. Anne Case et Angus Deaton ont été les premiers a tiré la sonnette d'alarme face à ce phénomène qui affecte la classe ouvrière blanche. Ils expliquent comment le système économique et sociale ruine les espoirs de ces Américains, autrefois portés par l'« American Dream » qui leur promettait réussite et prospérité.
    Ce livre dresse le portrait d'une Amérique désormais exclusivement préoccupée de l'enrichissement toujours plus grand des riches, qui abandonne à leur sort les non-diplômés, condamnés à mourir de souffrance et de désespoir. La fin d'un rêve à laquelle ont conduit les excès du capitalisme. Des pistes aussi pour enrayer cette spirale mortifère.

    Publication originale : Princeton University Press, 2020
    Traduit de l'anglais par Laurent Bury.

  • Avec ce premier livre en français visant un large public, le prix Nobel d'économie 2014 nous fait partager sa passion pour la discipline. Il défend une certaine vision de l'économie, science qui fait le pont entre la théorie et les faits au service du bien commun, et de l'économiste chercheur et homme de terrain. Ce faisant, le lecteur pénètre dans l'atelier d'un économiste, et voyage à travers les sujets affectant notre quotidien : économie numérique, innovation, chômage, changement climatique, Europe, État, finance, marché... En dressant un panorama des grandes problématiques de l'économie d'aujourd'hui, Jean Tirole nous fait entrer au coeur des théories dont il est le père.

  • À partir des outils conceptuels légués par Michel Foucault, il s'agit d'établir l'existence de la guerre économique, un concept rejeté jusqu'à présent par le monde académique et médiatique. Mais depuis l'élection de Trump en 2016, - un président américain qui aime la guerre commerciale -, le Brexit et les impacts économiques de la crise du Covid, les élites politiques et économiques ne peuvent plus nier son existence. L'auteur s'appuie sur l'un des plus grand intellectuel français du XXe siècle, Michel Foucault, pour montrer la généalogie de la guerre économique dans l'Histoire, sa pertinence face au concept de pouvoir et sa prolongation dans le champ civil et économique en temps de paix. Mais il analyse également comment Michel Foucault n'a pas perçu qu'une société où tous les individus sont les entrepreneurs de leur propre vie entraîne une concurrence féroce qui ne se règle pas uniquement dans les prétoires mais aussi sur les champs de bataille économique.

  • 13e édition mise à jour. Définir, après les avoir identifiés, les termes juridiques de la langue française, tel est l'objet de ce Vocabulaire juridique. S'appuyant sur un premier travail réalisé par Henri Capitant en 1936, Gérard Cornu a développé « une oeuvre nouvelle par ses entrées, sa méthode, ses auteurs... L'éminente vocation du Vocabulaire juridique est de saisir, dans les définitions, les catégories du droit. » Plus qu'une série de définitions de termes et d'expressions, ce Vocabulaire est un outil de consultation et de recherche indispensable aux juristes, mais aussi un instrument de culture générale nécessaire à la compréhension de notre société, dans laquelle le rôle du droit ne cesse de croître. Depuis sa première édition en 1987, son succès ne s'est jamais démenti. Il s'explique non seulement par la pertinence des définitions, mais aussi par les mises à jour régulières, car le droit est une discipline vivante. Une liste explicative des maximes et adages de droit français, dont certains en latin, complète l'ouvrage.

  • Le droit sans l'espace ? justice digitale II Nouv.

    Le droit se structurait autour de découpages fondateurs ayant pour fondement une répartition spatiale (droit interne/droit international, espace public/espace privé par exemple). Or le numérique substitue à ces divisions spatiales porteuses de légalité une nouvelle division plus radicale qui oppose la totalité de l'espace d'une part et une nouvelle écriture du droit fondée sur le calcul ne relevant pas de l'espace de l'autre : la révolution numérique envisage l'espace comme un tout uniformisé, sans localité ni diversité à partir d'un point de vue extérieur, celui d'un fonctionnement algorithmique hors de tout espace. La légalité qui émane de ce nouveau partage est d'un tout autre ordre que l'ancienne, d'autant plus difficile à saisir qu'elle est en cours de construction et qu'il s'agit encore d'une proto-légalité. Ce nouveau « partage du monde » prend de court le droit comme le politique, en redéfinissant la plus-value économique, en offrant de nouvelles armes à la contestation sociale, en renouvelant les instruments de contrôle politique et en disqualifiant les récits collectifs au profit du calcul ; sans toutefois parvenir à éliminer le partage de l'espace qui reste l'acte fondateur des communautés humaines et de leur droit, seul moyen d'éviter la propagation de la violence.

  • Aujourd'hui, chacun a le loisir de comparer la société qui se dessine à la société orwellienne de Big Brother. Tel Janus, le progrès présente deux visages : l'un, rassurant, d'une technologie améliorant la sécurité quotidienne, tandis que l'autre, plus inquiétant, révèle l'image d'une technologie pouvant être dévoyée ou mal maîtrisée. En réalité, les innovations numériques constituent une rupture stratégique douce dont les effets apparaissent avec le temps. En particulier, s'agissant des fonctions de sécurité et de justice, l'intelligence artificielle révolutionne progressivement les approches traditionnelles de l'ordre public, de l'enquête ou du jugement. Cette tendance traduit notre entrée dans une société du refus des risques, qui nous conduit à les prévenir et les prédire sur le modèle assurantiel d'un univers « probabilisable ». Désormais, l'ensemble des informations disponibles (OpenData) sont collectées, triées et analysées afin de nous garantir des aléas. L'enjeu réside alors dans la régulation de ces nouveaux outils par les autorités publique et judiciaire.

  • Pourquoi les loyers sont-ils si élevés ? Les immigrés nous volent-ils nos emplois ? Qu'est-ce qu'un marché ? Quels sont les ressorts d'une vente aux enchères ? Pourquoi payez-vous votre café si cher ? Pourquoi les taux d'intérêt font-ils le yoyo ? Et à qui profite le crime ?
    Ces questions, et beaucoup d'autres, trouvent ici une réponse dans un style enlevé, accessible et ludique. À l'issue de cette lecture, l'économie n'aura plus de secret pour vous.
    L'économie est un jeu d'enfant, traduit dans plus de trente langues, s'est vendu à près d'un million d'exemplaires à travers le monde. « Un livre à savourer. » The New York Times

  • Cinq siècles avant notre ère, les Romains ont dessiné les traits d'une forme première du droit nommée ius. Fondatrice, des siècles d'histoire n'altèreront pas ses particularités : autonomie à l'égard du religieux, du sacré et dans une certaine mesure, du pouvoir politique. De même, le temps n'altèrera pas sa capacité à créer pour elle-même de nombreuses figures institutionnelles - la filiation, la paternité, la propriété, le contrat - distinctes des réalités sociales auxquelles elles correspondent. Mais on est encore très loin du développement d'un droit écrit. Longtemps, le ius ne s'est référé qu'à la loi des Douze Tables, premier corpus de lois romaines écrites qui prenait la forme d'une collection de brèves phrases proverbiales, ou à des recueils de formules rituelles. Aussi a-t-on cherché, en quête d'une anthropologie universelle de la parole comme fondatrice de la norme, une voie d'accès à la naissance du droit dans l'étude des sociétés sans écriture. Cette démarche redonne tout son sens à une évidence longtemps négligée et incomprise par l'historiographie : le ius fut d'abord une parole jurée, une parole de paix. Autour de cette parole première en gravitent d'autres : celles de la loi, de l'interprète, du magistrat, du titulaire d'offices sacerdotaux ou encore du citoyen. Robert Jacob reconstitue par là un ensemble rituel cohérent, dont l'analyse permet de poser un regard neuf sur les commencements de la culture juridique occidentale.

  • Série de tous les records, Game of Thrones met en scène un Moyen Âge à la fois fictif et largement inspiré de faits et de personnages historiques, de thématiques politiques, sociales ou religieuses bien réelles. Ce Moyen Âge imaginaire, sombre et tragique, véritable envers de la civilisation, est bien éloigné de la réalité historique qu'étudient les médiévistes. Car la série ne décrit pas tant le Moyen Âge lui-même que la façon dont nous imaginons aujourd'hui cette période, en lien avec nos fantasmes, nos craintes et nos désirs les plus actuels. C'est ce rapport à l'histoire, à ce que nous pensons être la marche de l'histoire, les passions qui la nourrissent, les pulsions secrètes qui la motivent, hier comme aujourd'hui, que ce livre tente de mettre au jour. Le Moyen Âge apparaît alors comme l'envers effrayant et fantasmé de la civilisation, la face sombre de l'histoire.

  • Corruption, blanchiment, évasion fiscale, contournement des sanctions internationales... Les autorités de régulation américaines traquent ces pratiques chez les entreprises transnationales qui, si elles sont avérées, peuvent entraîner des sanctions considérables : procès à rallonges, mises en causes personnelles, pénalités astronomiques et, plus grave encore, préjudice porté à la réputation de l'entreprise. Devant ces menaces et la perspective de se voir interdire l'accès au marché américain, mieux vaut souvent coopérer en mettant en oeuvre une nouvelle logique. L'entreprise suspectée doit alors renoncer à se défendre judiciairement, pratiquer elle-même des enquêtes internes poussées, s'acquitter d'amendes colossales et mettre en place des processus de compliance lourds et coûteux ; en bref : acheter la paix avec les autorités américaines. Cette justice sans la Justice n'a-t-elle pas le mérite de l'efficacité ? Ne préfigure-t-elle pas aussi un nouveau mode de régulation globale ? N'annonce-t-elle pas un nouveau régime d'obéissance mondialisée où l'on demande à chacun - sujet ou entreprise - de se faire le juge et le dénonciateur de lui-même ? Avec une préface inédite pour l'édition « Quadrige ».

  • Le Conseil constitutionnel occupe une place majeure au sein des institutions constitutionnelles françaises. Par ses décisions, il infléchit fortement la direction du droit français, d'où son importance dans un environnement qui évolue rapidement. Ici sont présentées une jurisprudence actualisée des contentieux du Conseil constitutionnel ainsi qu'une présentation de l'institution, de son organisation et des enjeux qui l'entourent.

  • Le nouvel esprit du salariat est une forme de mobilisation de la main-d'oeuvre favorisant l'avènement d'un travailleur autonome et responsable qui constitue le foyer central de diffusion de valeurs individualistes et méritocratiques qui irriguant l'ensemble de la société. Le pari de cet ouvrage est d'ancrer l'analyse du nouvel esprit du salariat dans l'étude empirique des évolutions des rémunérations. Il apparaît alors que ce qui est présenté par les employeurs comme un dépassement du salariat n'est en réalité qu'un déni du lien de subordination mis au profit des performances de l'entreprise et potentiellement risqué pour les salariés. Sous couvert d'établir des inégalités « justes », le développement des primes variables génère ainsi de profondes injustices. L'enquête nous conduit auprès de populations hétérogènes : des non-diplômés jusqu'aux titulaires de bac+5, des employés jusqu'aux cadres supérieurs.

  • Les sciences de gestion et la pratique managériale sont aujourd'hui profondément remises en question. Leur réévaluation s'appuie sur le constat de la « stupidité fonctionnelle » des organisations ou de la « gouvernance par les nombres », mais elle bute sur deux obstacles : d'une part l'incapacité à reposer la question du sens de l'action collective au sein des organisations post-tayloriennes, et d'autre part la difficulté de repenser le management à l'heure des transitions technologiques et écologiques. Des lectures critiques et philosophiques éclairent d'une manière singulière les limites du negotium (commerce). Ni les discours convenus sur le leadership, encore moins le « dataïsme » ambiant, ne pourront répondre aux enjeux. Réintroduire un humanisme pourrait à l'inverse constituer une autre manière d'affronter les défis socio-économiques et écologiques du futur.

  • Dans le contexte d'une mondialisation qui tourne à la guerre économique, l'intelligence économique est devenue un outil incontournable pour les entreprises et les administrations. Aussi s'est-elle imposée comme une discipline à part entière enseignée dans les écoles de gestion comme dans les universités.
    Cet ouvrage réunit pour la première fois l'ensemble des experts de la communauté française d'intelligence économique et stratégique, fondateurs de la discipline, experts militaires, avocats, auteurs des réformes nationales d'intelligence économique et consultants en veille stratégique pour des groupes internationaux.
    - Les champs de connaissances définis officiellement en 2004 par Alain Juillet, alors haut responsable pour l'intelligence économique en France dans le référentiel de l'intelligence économique.
    - Une approche théorique et pratique apportée à la fois par les meilleurs enseignants et par les professionnels les plus expérimentés.
    - De nombreux cas pratiques inédits tirés de l'actualité récente.
    - Tout ce qu'il faut savoir pour maîtriser les stratégies d'influence et d'utilisation de l'information.
    - L'essentiel pour utiliser avec succès les dernières technologies de l'information : logiciels, web 2.0...

  • La révolution numérique bouleverse la justice et fait peur à certains autant qu'elle enthousiasme les autres : disparition des avocats ou des notaires, résolution des conflits en ligne, justice prédictive, état civil tenu par la blockchain, généralisation des contrats en bitcoins échappant à tout contrôle (et à toute taxation), etc. Ce livre prend de la distance pour décrire ce nouveau droit numérique, car c'est de cela qu'il s'agit, qui agit très différemment de tout ce que nous avons connu jusqu'à présent. Il fait donc le détail à la fois des mécanismes de cette nouvelle écriture et du nouveau droit qui lui est intimement lié. Son objectif est un apaisement des angoisses, en éclairant les potentialités et les pièges du rêve qu'il diffuse : organiser la coexistence des hommes sans politique et sans loi.

  • À l'heure où Eurostat demande aux États membres de l'Union européenne d'intégrer au calcul du PIB certaines activités illégales telles que la prostitution, l'ouvrage réinterroge la notion de frontière entre économies criminelle et légale. Oligarques russes, économie au noir, corruption et criminalité en col blanc... Cet ouvrage dévoile et analyse les facettes les plus sombres de l'économie mondialisée, autour de deux convictions fortes : sphères légale et illégale ne sont en rien étanches ; le discours économique dominant, axé sur la toute-puissance du marché, banalise, voire favorise le développement des pratiques criminelles. Les principaux marchés illégaux et leur évolution sont ici présentés. La dimension économique de la criminalité organisée est également envisagée à travers l'infiltration de l'économie légale d'un point de vue tant financier (à travers le blanchiment et recyclage de l'argent sale) que productif (via les entreprises légales aux mains de criminels). L'ouvrage pose enfin la question du lien entre densification de la mondialisation et expansion criminelle.

  • Après avoir dressé un panorama du paysage fiscal français, l'ouvrage propose d'ordonner la fiscalité selon une logique économique afin de faire apparaître le partage entre les catégories sociales. Ainsi, la priorité est donnée à son « incidence », c'est-à-dire à la recherche de ceux qui portent le poids de l'impôt. L'ouvrage analyse ensuite l'efficacité des politiques fiscales à l'aune de quatre exemples (le CICE, le Crédit impôt recherche, la fiscalité du logement et la fiscalité écologique) et constate un effet d'incitation systématiqument lent et surestimé. La coopération entre les nations est devenue indispensable dans un monde où la digitalisation de l'économie et la mobilité des individus érodent la capacité à collecter l'impôt. Le souci de redistribution implique de définir un objectif de justice fiscale explicite : celui du philosophe John Rawls, en s'attaquant d'abord à la pauvreté, semble le mieux susceptible de ménager liberté et équité. Pour échapper à ce qui semble un inextricable ensemble de contraintes, il faut également sortir des sentiers battus et développer des financements et des modes d'organisation alternatifs susceptibles de réduire la taille du secteur public, une coopération élargie entre les secteurs public, privé et associatif, et respecter des principes de l'impôt, énoncés à la fin de l'ouvrage.

  • Sans que cela fasse la une des journaux, alors que grèves et manifestations semblent rythmer la vie sociale française, nous sommes entrés dans l'âge de la négociation collective. De loi en loi, priorité est donnée au dialogue social dans l'entreprise, au plus près des problèmes à résoudre. Des dispositifs d'appui et des outils d'accompagnement sont disponibles ; plusieurs think tanks et divers rapports ont proposé des solutions. Et les partenaires sociaux savent qu'ils ne peuvent plus continuer d'agir comme avant. Que manque-t-il pour que la France finisse sa mue et que ses forces vives apprennent à se confronter sans s'affronter ? L'essentiel : repenser l'idée même de négociation collective et refonder notre système de relations sociales sur d'autres principes : ne plus légiférer mais inciter; ne plus obliger, mais inviter ; ne plus contrôler, mais conseiller et laisser expérimenter.

  • Entre 1939 et 1972, avec une période d'abrogation sous Vichy, la France a été dotée d'une loi qui permettait de condamner l'injure et la diffamation raciales. La loi Marchandeau est connue comme la première « loi antiraciste » mais on ignore généralement dans quelles circonstances et avec quels résultats elle fut effectivement appliquée. Adoptée au moment où la propagande nazie inondait le territoire français, elle motiva des plaintes dans l'après-guerre, dans un pays ayant renoué avec la légalité républicaine mais où le racisme et l'antisémitisme demeuraient. Cet ouvrage propose une plongée dans les procédures judiciaires qui ont ponctué cette période. De l'antisémitisme hitlérien à l'antisionisme radical en passant par les racismes anti-Noirs, anti-Arabes ou anti-Blancs, il explore les idéologies et les protagonistes de cette histoire. À l'épreuve des faits et des procès, il analyse les tensions inhérentes à la démocratie au premier rang desquelles les enjeux autour des minorités et de la liberté d'expression.

  • Faut-il faire du droit animalier une discipline à part entière ? Ce qui pourrait être considéré comme un pan du droit environnemental est sur le point aujourd'hui de voler de ses propres ailes, poussé par des sociétés de plus en plus enclines à considérer les animaux dignes de justice.
    Retracer l'histoire de ce droit animalier, qui régit l'encadrement des animaux tant pour s'en prémunir que pour les protéger, c'est glisser de l'anthropocentrisme à l'urgence contemporaine de la préservation de la biodiversité, de l'«?animal-machine?» de Descartes aux «?êtres vivants doués de sensibilité?» de la loi française du 16 février 2015. Cette prise en compte croissante dans la sphère juridique d'un «?droit des animaux?» théorique implique aujourd'hui la nécessité de repenser un rapport des hommes aux animaux non plus fondé sur l'hostilité et la méfiance, mais sur la prévention et la protection des uns et des autres.
    Devant la révolution que la soudaine mise en lumière du droit
    animalier a instaurée ces dernières années, cet ouvrage fait le point
    sur l'état de ce nouveau droit à travers les sources et les décisions de justice, et plaide pour la reconnaissance d'une discipline qui affecte déjà tous les autres pans du droit.

  • Si la croissance économique apparaît épuisée du point de vue du sens et pas seulement de la substance, s'il importe aujourd'hui de la remplacer par les nouveaux horizons du bien-être, de la résilience et de la soutenabilité, il faut aussi construire un nouveau récit commun pour remplacer le sens perdu et engager la communauté des citoyens, et ce récit ne peut pas se borner au respect de la contrainte écologique. Elargir la brèche ouverte dans le mirage de la croissance par la crise des inégalités, ouvrir l'horizon de la coopération sociale sur le bien-être humain, projeter ce bien-être dans la dynamique de la résilience et de la soutenabilité - en somme repenser la prospérité - ne suffira pas. Dépasser la croissance comme projet social implique non seulement de reconsidérer nos objectifs collectifs mais aussi de lier bien-être et soutenabilité dans un nouveau récit commun positif visant à construire des institutions robustes pour donner corps à la transition social-écologique.

  • Toute action publique et privée envers le bien commun devrait être guidée par des principes moraux transparents. Dans notre société, où les marchés financiers jouent un rôle central en s'arrogeant le droit de vie ou de mort sur des pans entiers de l'activité économique, sur la survie des États endettés, les experts de la finance se posent rarement la question de la moralité de ces comportements, de leur compatibilité avec l'intérêt général. Face aux défis majeurs et potentiellement catastrophiques du changement climatique et de la hausse des inégalités, il est indispensable d'orienter le capital global vers des projets créateurs de valeur sociétale. Christian Gollier développe une méthode puissante permettant de traduire nos aspirations morales pour un monde meilleur en outils de gestion financière pour les particuliers et les entreprises. Il propose différentes pistes afin de permettre aux acteurs financiers de mieux contribuer à la construction d'une société meilleure, et répondre aux exigences grandissantes de responsabilité sociétale des entreprises. Publication originale : Columbia University Press, 2018. Traduit de l'anglais par Laurent Bury

  • Alors que la mondialisation s'est bâtie sur les bénéfices attendus de la liberté d'investissement, elle n'a pourtant pas effacé la compétition entre nations. Ces rivalités étatiques prennent ainsi la forme d'une guerre économique où les entreprises sont autant acteurs que cibles. La France est traversée par cette dynamique. C'est pourquoi le temps du retour de l'État dans le jeu des fusions-acquisitions d'entreprises sensibles est venu. Des politiques de sécurité économique et un dispositif de sécurité nationale (décret IEF) s'appliquent ainsi à toutes les opérations d'investissements étrangers liées aux secteurs stratégiques. Dans ce contexte, sociétés et investisseurs s'efforcent d'aborder leurs négociations dans un jeu où les pouvoirs publics s'invitent désormais autour de la table.

  • Dessins de Florence Cestac.

    Dans un contexte de mutations des formes d'alliance et de parenté - mariage pour tous d'une part, développement des techniques d'assistance à la procréation d'autre part -, le droit évolue peu à peu et tant bien que mal. Sabine Prokhoris propose, à travers une analyse de quelques controverses judiciaires liées à ces situations nouvelles, un éclairage sur l'impensé qui sous-tend le discours des « experts » es famille, ces juristes ou psychologues au fond « catho-psy » souvent très présents et qui peinent à concevoir un ordre familial non conforme au modèle traditionnel : un « papa » et une « maman ». Elle éclaire son propos par l'analyse d'une certaine gêne de l'institution judiciaire, mais aussi par le commentaire d'une décision innovante et admirablement motivée, sur la reconnaissance d'une double filiation paternelle.

empty