Albin Michel (réédition numérique FeniXX)

  • « Au lendemain de sa fuite, de ce que j'appelais sa trahison, je ne ressentis que de la colère. C'est plus tard que tout commença, que mon ressentiment tournant à vide se mua en inquiétude, puis en regret poignant. Le doute en moi prit corps. Avais-je jamais su qui était Sandra ? » Pierre Audret va passionnément questionner cette absente à travers ceux qui l'ont connue, et cette quête, tantôt vaine, tantôt féconde, fera plus que lui révéler qui était la femme qu'il aima jadis avec désinvolture, elle va le révéler à lui-même. Comme un phare tournant, le personnage de Sandra éclairera durement ceux qui furent ses proches : amis, amants, passants... Nathan qui tenta de lui inculquer un dégoût de vivre semblable au sien, Philippe mythomane véreux, certaine brute qui s'écrie : « Sandra était une garce. Avec elle, on avait toujours à un moment donné l'impression d'être une espèce particulière d'imbécile ». Mais en regard de ces visages d'hommes apparaîtront aussi quelques visages de douceur : vieilles éducatrices qui, en leur temps, s'arrachèrent l'âme de Sandra. « C'était une petite fille pâle avec de grands yeux bleus à la fois apeurés et curieux ». - « Sandra m'a dit la dernière fois que je l'ai vue : Dieu ? Mademoiselle vous m'en aviez fait une image bien sévère. Pour un peu, j'aurais cru que Dieu n'était qu'au ciel, alors qu'il y a un morcellement de Dieux sur la terre ». De recherches en recherches, Pierre Audret découvrira-t-il la vraie Sandra ? « Dans cette chambre nue, son dernier visage m'apparaissait bouleversant, par ce qu'il avait d'insolite... »

  • En 18 tableaux où se mêlent humour et rigueur scientifique approximative, Benoît Jacques démontre (par l'absurde) au lecteur encore sceptique que la terre est bien ronde.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Richard Morgiève ; délits : Membre permanent du gang Sanguine ; haine féroce des crétins : se déteste parfois. Objet du délit : roman. Grand talent - malheureusement, ce n'est pas lui qui écrit ses livres. Non. C'est Sliwo. L'ange aux mains merveilleuses. L'ange meurt : à brève échéance, San Weig sera pauvre. Insupportable. Il est trop beau. Trop fin. Trop "amical". Heureusement il hait sa femme et sa très riche belle-famille... quand on est amoral et intelligent, on sait quoi faire dans pareil cas...

  • Les questions qui concernent le temps n'ont sans doute jamais autant qu'aujourd'hui obstinément hanté l'esprit des hommes. Préoccupation d'une instance universelle et continue, qui a envahi peu à peu tous les domaines de la pensée, les mathématiques, la physique, le roman. Comment aurais-je éludé cette obsession générale, cette affection qui plonge d'antiques racines dans notre espèce, et que notre époque a singulièrement enrichie, nuancée, renouvelée et répandue ? Aussi ai-je rêvé, puisque le temps se révèle à nous tout d'abord, avec amertume et acuité, par notre vieillissement, aussi ai-je rêvé, tenté même d'aller m'informer aux sources, d'interroger les compétences et, parmi elles, celle indiscutable, de Mathusalem, dont la longévité légendaire est passée en proverbe et à qui le temps n'a pas ménagé les saisons, a fourni le plus vaste champ d'expérience dont un mortel de notre race ait jamais pu disposer. Ce voyage, ce rêve, cette tentative d'interview du Patriarche vénérable et d'une sagesse prodigieusement informée, tout cela aurait pu composer en fin de compte une sorte de relation ou de roman d'aventures. Toutefois, il y fallait de si longues préparations, le sujet exigeait tant de notes complémentaires, que les méditations diverses, les observations et appendices nécessaires eussent risqué, et ils n'y manquent pas sans doute en dépit de mes précautions, d'encombrer et de noyer la trame principale, le sujet primitif. Réflexion faite donc, j'ai dû renoncer, ne voulant duper ni mon lecteur ni moi-même, à appeler ce petit ouvrage roman. D'autre part, si je le nomme essai, n'aura-t-on pas encore le droit de m'accuser de tricherie ? Et non sans raison, puisque je confesse n'avoir pas été chiche de fables et de contes ; ma nature m'y porte et j'ai cédé avec une très active nonchalance à ce penchant fâcheux. Alors, pour tout concilier, je choisis un moyen terme, un peu lâche peut-être mais honnête. Essai romancé, voilà le sous-titre convenable, je pense, à ces songes tantôt débridés et tantôt scrupuleusement exacts, dont l'originaire Visite à Mathusalem se contente de constituer le noyau assez dense quoique fort enveloppé et débordé souvent. Je ne trompe personne et je m'accorde mes coudées franches. Je n'en demande pas plus. A. A.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Témoin privilégié de la grande aventure du cinéma, Maurice Bessy (aujourd'hui Délégué général du Festival de Cannes) fut l'un des premiers à en déceler les promesses artistiques ; l'un des premiers aussi à suivre les créateurs et les héros dans leurs oeuvres et leur légende. C'est pourquoi, depuis cinquante ans (il a commencé dès l'adolescence), il a vu et continue de voir tous les films. De Paris à Hollywood, en passant par Londres, Berlin, Venise, Cannes et vingt autres lieux, il a rencontré tous ceux qui ont utilisé l'écriture de lumière ou se sont illustrés sur les écrans. Avec Les Passagers du souvenir, Maurice Bessy a choisi de faire revivre ses rencontres et ses amitiés. Voilà les rois de la nuit, qui se nomment Chaplin, Pagnol, Jeanson et Orson Welles. Et puis vingt, trente, cent personnages auxquels le septième art doit d'être ce qu'il est. Les grands créateurs, d'abord : D.W. Griffith, Mack Sennett, Von Stroheim, et aussi Zecca, Robert Florey, Preston Sturges et, en France, Julien Duvivier, Sacha Guitry, Jean Renoir et Jean Cocteau. Des auteurs dramatiques comme Yves Mirande et Fernand Crommelinck. Et Léo Joannon, René Simon, le maître des acteurs, ou encore Paul Poiret, grand couturier et témoin lui aussi. Des comédiens, bien sûr : de Greta Garbo à Marie-José Nat, de Michel Simon à Grace Kelly, de Fernand Gravey à Jean-Paul Belmondo, de Brigitte Bardot à Jeanne Moreau... Portraits, anecdotes, confidences, petits et grands secrets... Le livre de Maurice Bessy, riche de verve et d'humour, d'émotion et d'intelligence, enchantera tous ceux pour qui le cinéma est un des miroirs le long du chemin.

  • Dans ce livre-témoignage au titre nostalgique, c'est toute une époque, beaucoup plus brillante en réalité que celle qu'on a accoutumé d'appeler ridiculement rétro , qui déroule ses fastes. Les vedettes du monde, de la politique, des arts, des lettres, du théâtre, bref de la vie parisienne , défilent dans un tourbillon vertigineux. Jean-Pierre Dorian a été l'ami, ou le commensal, de ces éblouissantes personnalités, mais son regard, et surtout son oreille , n'ont jamais perdu vis-à-vis d'elles leur ironie, parfois impitoyable. La main d'acier dans le gant de velours. Et c'est en moraliste qu'il les fait revivre devant nous. Parmi ces fantômes agités du passé ou parmi ceux et celles dont l'éclat se prolonge encore aujourd'hui, on peut citer Cocteau, Morand, Valéry, la princesse Edmond de Polignac, le R.P. Riquet, la comtesse Greffulhe (dont Proust à fait la duchesse de Guermantes )... Et aussi Normandie , le paquebot super-star de 1934, qui se faisait des noeuds de ruban bleu, faute de pouvoir loger toutes les têtes couronnées candidates au voyage... Et encore le chah, en 1951, sur les planches de Deauville ; le roi Farouk, au Touquet ; Florence Gould, la célèbre milliardaire, entourée au cours d'un fabuleux déjeuner, en 1947, de Pierre Benoit, Léautaud, Dali, Stravinski, Jean Paulhan, etc. Et puis Toscanini, l'Aga Khan, le prestigieux chef d'orchestre Furtwaengler, Arthur Rubinstein, Greta Garbo, Léon-Paul Fargue et tant d'autres ! De cette fascinante lecture, on sort émerveillé. Émerveillé d'avoir vécu un film unique au monde, qui dormirait pour toujours dans la poussière des archives si notre malicieux témoin ne l'avait arraché à son sommeil.

  • Quel vertige pousse les personnages de ce livre vers une débâcle existentielle qui semble faire leur bonheur ? Pourquoi s'acharnent-ils ainsi à se gommer du monde ? Tous sont en fuite : la soeur est partie, encore adolescente, au bras d'un ouvrier agricole ; le père va se terrer dans un hospice, pour y attendre calmement sa mort ; la mère a choisi de sombrer dans la plus sordide prostitution ; quant à Romain, leur fils et frère, peintre coté devenu clochard, que restera-t-il de lui à part un livret militaire, portant la mention tireur d'élite au fond d'une boîte à chaussures ? Loin de tout misérabilisme, Le tireur d'élite est un livre savamment construit, à l'écriture envoûtante. Mais, s'il s'agit d'un livre-puzzle qui pourra quelquefois dérouter son lecteur, c'est avant tout un roman extrêmement émouvant et sensible. La vie, la souffrance, la déchéance ou la mort prennent ici un relief extraordinaire. Il n'y a décidément pas qu'une seule façon de créer des personnages de chair et de sang - ce beau roman en est une nouvelle preuve.

  • L'ouvrage du médecin-général Merle vient à son heure, pour rappeler l'oeuvre considérable accomplie dans les territoires d'outre-mer, par 5 000 médecins français de la fin du siècle dernier jusqu'à nos jours. Une oeuvre trop souvent oubliée, et reléguée par des campagnes de dénigrement systématique contre l' abus du colonialisme et l'ensemble des réalisations de la France dans les territoires qui étaient dans sa dépendance. Ces médecins ont, en effet, sauvé des milliers d'existences, avec un dévouement inlassable, et au mépris de toute publicité, en luttant sans trêve contre les grandes endémies : paludisme, fièvre jaune, maladie du sommeil, lèpre, peste, choléra, variole. Lui-même ancien élève de l'École de Santé Navale de Bordeaux et de l'École d'Application du Pharo à Marseille, le médecin-générale Merle a vécu trente-trois ans du Niger à la Chine, du Congo et du Cameroun à l'Indochine. Il a, par ailleurs, accompli plusieurs missions lointaines comme consultant de l'Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.). Mieux qu'un simple plaidoyer, ce livre emprunte la forme de souvenir de récits vécus à travers le monde, teintés d'humour, riches d'émotions, anecdotes souvent piquantes ou comiques, d'épisodes héroïques. Du médecin de brousse, au médecin d'un bataillon de marche de la Légion, du médecin d'hôpital, au responsable des soins destinés à 25 000 lépreux, on découvre la mission humanitaire et scientifique, mais aussi la vie aventureuse et passionnante de ce missionnaire de la santé aux prises avec les grands fléaux de l'humanité.

  • Il s'appelle Jean. C'est un vieil homme. La montagne aura été l'une des grandes passions de sa vie. Et le voilà qui y retourne une nouvelle fois, une dernière fois. Folie ? Quête ? Destin ? En tentant cette ultime ascension, Jean provoque la mort - pour une vie plus haute, peut-être... Si bien qu'entre la montagne et lui, ce sera, tout au long de ces pages passionnées, un combat singulier. Singulier, par l'effort extrême du corps et de la volonté de ce vieil homme ; singulier par cette ascension à laquelle Georges Sonnier, en grand écrivain de la montagne qu'il est, nous fait assister jour après jour, heure après heure ; singulier, enfin, par l'extraordinaire leçon de vie qui s'en dégage... Après Où règne la lumière, Meije, Terre du ciel, Un médecin de montagne, La montagne et l'homme- autant de livres où il affirmait fortement les valeurs humaines de l'alpinisme - Georges Sonnier, dans ce nouveau roman, va plus loin encore : la montagne devient vraiment un personnage, à l'égal de l'homme qui, dans ce corps à corps où se joue son destin, lui arrachera la réponse à bien des questions essentielles.

  • En ce milieu du quatorzième siècle, le Beau Moyen Âge se meurt dans le fracas des armures brisées à Crécy, sur la terre de Douce France. Lassé de leurs péchés, le Dieu de Bonté, aux hommes d'Europe envoie la Peste. En une nave génoise, venue d'Orient, ballots d'épices et de filoselle répandent la maladie. À l'aube de ces temps de guerre et de désolation, les Provençaux décimés par le Mal Noir deviennent la proie de leur propre crainte. Quelle force, quelle foi faut-il aux âmes de Barjols et d'Aups, humbles bourgades, pour lutter contre ces agressions ? Dans cet automne de 1348, un vieil homme transmet l'Espérance : les reliques de saint Marcel enferment la Protection. Pour les posséder, les villages s'affrontent, les hommes usent leur vie...

  • « C'est vraiment ennuyeux, mon cher parent, que votre épouse, Madame Valéry, elle ait pas pu venir... Et vos petits crapauds, Henri et Louis j'sais plus quoi, et vos petites grenouilles, qui ont des noms de fleurs si jolis, que j'arrive jamais à m'en souvenir... » Depuis ces mémorables parties de chasse au coeur de l'Afrique profonde où le Président « à vie » de Centrafrique s'adressait ainsi au Président de la République française, beaucoup d'événements importants sont intervenus sur les bords de l'Oubangui : sacré empereur dans un faste marqué de réminiscences napoléoniennes, Bokassa Ier a pris le chemin de l'exil, non sans que l'éclat de ses cadeaux ne rejaillisse sur la politique française. Grand spécialiste des affaires africaines, Jacques Duchemin, que l'empereur avait appelé à ses côtés comme ministre d'État pour restaurer son « image de marque », est certainement l'un des hommes qui l'ont le mieux connu. Ce livre témoignage, riche en révélations, est également un portrait aux couleurs vives... et saisissantes, d'un homme l'exercice du pouvoir a porté progressivement à des excès et des extravagances hors du commun. Car pour l'auteur, le personnage du petit caporal promu empereur dépasse l'image trop simpliste du despote primitif ou du « pitre sanglant »... Un homme de ruse non sans intelligence, un autodidacte obsédé d'histoire. Un Gilles de Rais et un Néron africains dont ce document exceptionnel constitue le roman stupéfiant.

  • « Le noeud de mon roman, il est dans le cheminement qui m'a mené de l'Algérie à ce pays de Bourgogne, dans la destinée tragique de Nadir, ce petit passeur du FLN, dont je raconte aussi l'histoire. Les péripéties n'en sont que la guerre, les rafles, les fellaghas assassinés dans la montagne, l'amoncellement hideux des exilés dans les cales des bateaux attendant la suite du roman, les sévices sur le corps adolescent de Nadir, les retrouvailles avec la Terre Mère au creux de ma vallée de M. en Bourgogne, où je réapprends des gestes et des rites. Le dénouement du roman, je ne l'ai pas encore. Il sera ce que j'aurai fait de ma propre existence. De sorte que l'affaire n'est jamais close. » A.V. Ils ont dit de son précédent roman, Maman la Blanche : « Un livre à lire, cela arrive. » P.R. Leclercq, Le Monde. « Une oeuvre prometteuse tournée vers le secret des âmes. » Jérôme Garcin, Les Nouvelles Littéraires. « Odeurs, saveurs, couleurs, rien ne lui échappe ». Bruno Villien, Le Nouvel Observateur. « L'Algérie devient une bouleversante réalité. C'est un chef-d'oeuvre, ce roman qui ne ressemble à aucun autre. » Didier Decoin, Vogue. « Un livre hors des modes, aussi exceptionnel par la qualité du style que par celle des sentiments. » Jacques Paugham, Télé 7 Jours.

  • En 1799, Bonaparte qui vient de conquérir l'Égypte, songe à envahir les Indes. Il décide d'envoyer sur place un émissaire secret pour préparer sa venue. Le capitaine Dupont est chargé d'accomplir cette mission insolite, car il connaît parfaitement la langue arabe. Il revêt un déguisement indigène et entreprend une prodigieuse chevauchée qui le mènera des rives du Nil à celles du Gange. Ainsi débutent les aventures du capitaine Dupont, le Maître des Canons, comme les Arabes l'appelleront plus tard. Enlèvements, duels, évasions, poursuites, combats terrestres, batailles navales, intrigues politiques, amours exotiques abondent dans ce roman dont l'action a le rythme endiablé des Trois Mousquetaires et le cadre la splendeur féerique des Mille et Une Nuits. D'innombrables personnages pittoresques peuplent cette grande fresque colorée et vivante. Au centre le capitaine Dupont campe une étonnante figure d'aventurier envoûté par l'Orient, comme le seront plus tard Lawrence d'Arabie et Henri de Monfreid. En toile de fond, gronde l'orage déclenché par la lutte titanesque qui oppose Napoléon à l'Angleterre. « Le maître des canons », un superbe roman d'action, où passent le vent de l'aventure et le souffle de l'épopée.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le 4 septembre 1980, quatre jeunes Palestiniens s'enfoncent dans la nuit des collines du Sud Liban. Ils marchent à la mort, à celle qu'ils apportent, à celle qui les attend. Les étapes de cette marche à travers les embûches et les périls d'une terre, tour à tour complice ou ennemie, rythment la course du temps - de la poignée d'heures - qui reste à d'autres hommes, ailleurs, pour tenter de faire échec à l'enchaînement de la haine et de la violence... Jacques Roth nous fait vivre, de l'intérieur et avec une extraordinaire intensité, la lutte d'une poignée d'hommes de coeur confrontés à l'un de ces terribles drames que provoque aujourd'hui le terrorisme. Son roman, aux arrière-plans chargés d'émotion et d'une profonde vérité humaine, a un impact saisissant.

  • La chance leur a souri. Ils ont gagné des fortunes au Loto, échappé à la mort, vécu des miracles ou connu la gloire. Apparemment, ils sont heureux. Pas vraiment. Laurent Violet raconte à sa façon le revers déplorable de cent authentiques coups de veine. À sa façon : drôle et grinçante. Pour méditer sur l'ironie du sort...

  • 1545. Dans le raffinement de la Renaissance, au crépuscule de sa vie, François, le Roi chevalier, lance soudards et mercenaires sur le Luberon, en Provence : il frappe le premier coup des guerres de religion, commande l'holocauste vaudois. Meynier d'Oppède est son bras ; en quelques jours, il pille, exécute, ensanglante le val de Durance. La cupidité, la persécution abattent les familles. Restées seules, les femmes reçoivent l'aide de Dame de Cental, baronne de Lourmarin, hardie en intrigues et plaisirs. Sous sa protection, les hérétiques se réfugient aux Claparèdes, village de cabanes en pierres, luttent et survivent pour obtenir justice. Marchands de reliques, guenilleux et faux philosophes, collecteurs d'impôts, soudards ou charbonniers effleurent cette communauté. Parmi ces paysannes, Auxane et Mandine, irréductibles rivales, se déchirent pour Jéhan, chimère de leur amour. Du château de la Boysserie aux galères marseillaises, des bourgades noires à la colline flamboyante, elles vivent leurs passions jusqu'au bout d'elles-mêmes.

  • « J'ai fermé ma porte et je me suis allongé. J'ai même pas cherché à trouver une bière. Je m'en foutais de la bière. J'avais même pas faim. J'oubliais neuf fois sur dix de manger, c'était pas malin avec mon début de scorbut. Un scorbut à la fin du XXe siècle, c'est con. Je me suis allongé et j'ai senti que c'était bon. J'avais jamais aimé être seul, je crois, je sais plus, la solitude était pas la compagne idéale. En fait, j'étais pas seul. Je pouvais toujours croiser Marek en allant pisser. Et je comptais aussi sur Anna. Plus que sur quiconque, pour des raisons que j'arrivais pas bien à percer. J'avais des tonnes de papiers sur la table, sur la machine, sous la machine, peut-être que je devrais brûler ça, je me disais, tous ces trucs à chier. Peut-être qu'ils avaient raison, il faut liquider toutes ces tumeurs dans notre vie. Brûler les sorcières. Je devenais cinglé. Je devenais cinglé mais j'étais conscient de ça, et ça me donnait un sérieux avantage sur les autres. »

  • « Rassembler en un même récit tant d'impressions et de souvenirs venus d'horizons si différents devait tenir de la dentellerie brugeoise. Il y avait bien ce théâtre construit on ne sait comment dans les caves d'un hôtel de maître, au 26 de la rue Vergote, et puis les stars du Pop Art, et celles du cinéma américain de l'entre-deux-guerres. Une foule de questions sur l'intérêt que portait Cocteau à certains boxeurs. Et puis une attirance immodérée pour l'architecture « modern style », pour le mobilier « Jugendstyle ». Et surtout pour cette fille superbe qui vint longtemps à la « Muscade » où j'officiais en tant que barman, et dont la ressemblance avec Françoise Dorléac m'encombra l'esprit des mois durant. Enfin, les couvertures de Norman Rockwell pour le « Saturday Evening Post », et bien d'autres choses encore. Le tout sur fond de ville se cherchant entre Hollywood et Biarritz, entre le désert et l'océan... » À propos de l'auteur, ajoutons que Villa Mathias est un récit limpide et nuancé, fin et direct, qui peut se lire en toute naïveté - même si l'on ignore tout de son arrière-fond culturel (Andy Warhol, Nouveau Journalisme, etc.). Cela tient à la simplicité d'allure de ce roman, comme au charme nostalgique et délicat qui s'en dégage d'un bout à l'autre.

  • Nous avons des guides pour tout. Alors, pourquoi pas tout dans un guide ? Tout ce qui ne sert à rien (sauf à désespérer) réinvesti dans l'autogestion des enquiquinements. Par exemple, que faire avec un crève-coeur, une âme seule, une tête de turc ? À quoi utiliser ces matériaux courants : odeur de renfermé, casse-pieds et restriction des sens ? De quelle manière faire passer les paquets sur l'estomac, les moments-déprime, les cafouillages évolutifs et autres problèmes ?... Tout cela, et cent autres familiers tourments, ce guide vous en propose le tri, l'examen, la mise en perspective, en vous entraînant à l'indignation purgative, aux exaltations drolatiques, à faire l'humeur et pas la gueule, à partir du zéro de votre nombril vers l'infini des chagrins qui chantent... Michel Bédu vous ouvrira une méthode (et même plusieurs) pour voir venir avec délectation les contrariétés, en vous installant une bureautique des chagrins dernier cri, où vous renoncerez aux grincements de dents désuets pour le robot ménageant et l'état de guerre limitée. Que voulez-vous savoir encore ?... Comment avoir des histoires, vivre jeune en vivant vieux, comment administrer votre boudoir, bronzer en pointillé ?... Ce Michelin des chagrins, comme dit Pierre Daninos, avec ses chagrins trois étoiles, ceux qui valent le détour et permettent de jouir... d'un point de vue exceptionnellement mélancolique, vous révélera des merveilles. Le Guide des chagrins vous initiera, par mille traits burlesques et recettes cocasses, à retrouver cet état d'innocence qui vous allège d'exister lorsque l'ennui vous cherche. Mine de rien, comme pour rire...

empty