Corsaire Editions

  • Angleterre

    Né en 1921, fils d'un pasteur anglican, John Bradburne a longtemps cherché la voie qui était la sienne, ne la trouvant ni dans l'enseignement, ni dans l'armée, ni dans le mariage, bien qu'il y ait souvent pensé, ni dans les ordres, bien qu'il fait de nombreuses tentatives dans ce sens. En 1947 il devient catholique. Depuis 1956, disciple laïc de saint François, il entre en 1969, comme directeur et homme à tout faire, à la léproserie de Mtemwa,
    en Rhodésie du Sud, le futur Zimbabwe. En 1979, lors des conflits pour l'indépendance du pays, il est assassiné par un groupe de rebelles. Il laisse une oeuvre poétique immense, peut-être 200 000 vers.

  • Le premier tome des OEuvres poétiques d'André Chénier avait été inscrit dès sa parution au programme de l'agrégation 2006, au titre d'édition de référence. Cinq ans après cette publication profondément remaniée des Élégies et de L'Art d'aimer, voici le deuxième volume, contenant les Bucoliques, les Épîtres et L'Invention. C'est ainsi la majeure partie de la production du poète qui est maintenant lisible dans sa pleine intégrité. Il a d'abord fallu la dégager de manipulations souvent hasardeuses ; car, restée inachevée, puis démembrée dans des liasses qui n'ont jamais été facilement disponibles et où manquent les meilleurs manuscrits publiés, elle a posé mille problèmes à ses éditeurs. C'est après avoir soumis toutes les données accessibles à une minutieuse enquête que Georges Buisson a établi le texte - dans tous ses états - selon les règles suivies pour l'édition rigoureusement scientifique du tome I. Un appareil critique considérable justifie et éclaire cette édition renouvelée ; il offre, outre le repérage des influences antiques et modernes, une riche étude du texte.Deux siècles après la mort du poète, Georges Buisson réussit la gageure de restituer son oeuvre poétique dans le meilleur état qu'elle ait jamais connu.

  • Sueños isleños / Rêves insulaires est la première anthologie poétique bilingue de Basilio Belliard ; elle aspire à ouvrir une nouvelle fenêtre sur la République Dominicaine grâce à cet artiste qui a remporté en 2002 le Prix national de poésie.
    « Nul n'est plus solitaire qu'un insulaire » écrit ce poète avant d'ajouter : « L'insulaire se nourrit d'espace : il a soif de voyages et d'envols. Il naît avec des ailes et porte en son coeur une barque. » (Isla al aire / Île en l'air).
    Ces réflexions peuvent sans nul doute s'appliquer à leur auteur. Ses poèmes sont de petits tableaux dans lesquels s'invite souvent la mer des Caraïbes, silencieuse, déchaînée, lieu de naufrages ou métaphore de la femme désirée.

  • Le Roman de Renart est un vaste chantier sur lequel plus de vingt auteurs ont travaillé entre 1175 et 1250. C'est une oeuvre mouvante qui célèbre la joie physique et la ruse. Elle s'élabore autour du goupil, dans une constante interaction du langage, de l'imaginaire et de la réalité, dans un va-et-vient permanent entre l'instinct animal et l'intelligence humaine.Jean Dufournet étudie d'abord diverses branches et figures marquantes du roman ; il s'intéresse ensuite à ses continuations, du XIIIe siècle à nos jours : dernières branches, refontes du vieux roman, ouvrages pour la jeunesse et bandes dessinées, qu'elles soient destinées aux enfants ou violemment politiques...

  • L'oeuvre de Chénier n'a été divulguée que longtemps après la mort du poète. Les manuscrits ont connu un destin tourmenté : partages, refus de communication, incendie partiel en 1871... C'est sur un texte demeuré inachevé, fragmentaire, que les éditeurs successifs se sont penchés : aucun n'est parvenu à un résultat satisfaisant. Fallait - il renoncer à disposer d'une édition qui rende justice au « fier André » ? La voici, complète et fidèle. MM. Buisson et Guitton ont réalisé la réorganisation que les connaisseurs savaient nécessaire. Spécialistes de la poésie du XVIII e siècle, ils ont enquêté, scruté toutes les sources, chaque fragment a été daté ; puis ils ont procédé au remembrement des textes selon des critères chronologiques, structurels et esthétiques. Pour les besoins de ce chantier complexe, ils ont forgé leurs méthodes et leurs outils - dont une chronologie entièrement neuve - selon les principes exposés dans les « Remarques sur cette édition ». On a veillé à ce que les vers du poète occupent seuls la page : l'amateur pourra les écouter en toute liberté, a capella.

  • Jaroslaw Iwaszkiewicz (1894-1980) est un des plus grands écrivains de la Pologne du siècle dernier. Il est né en 1894 à Kulnik, en Ukraine. Après des études à l'université et au conservatoire de Kiev, il s'installe à Varsovie en 1918 où il rejoint les jeunes poètes grou­pés autour de la revue Skamander. Poète, romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste, traducteur, mais aussi président de l'Union des écrivains et, jusqu'à sa mort, député au Parlement, il a associé la création littéraire et artistique à une participation active à la vie politique de son pays, aussi bien pendant la guerre qu'après la guerre.

    On a rassemblé ici des poèmes représentatifs de différents recueils publiés depuis 1919. L'Amour cosaque est un de ces poèmes : souvenir de la jeu­nesse ukrainienne de Jaroslaw Iwaszkiewicz sans aucun doute, et qui reflète assez bien la sensibilité du poète, sensibilité tourmentée, capricieuse, in­soumise, humble seulement devant le mystère.

    Traductrice : Maria Zurowska a traduit en polonais de nombreux auteurs français, en particulier des ou­vrages spirituels (Raïssa Maritain, Olivier Clément, Paul Evdokimov, Jean Vanier, Fabrice Hadjaj), mais aussi his­toriques, littéraires ou artistiques (Denis de Rougement, Jacques Le Goff, Jean Clair). Préfacier : Radoslaw Romaniuk, critique littéraire et grand spécialiste de l'oeuvre de Jaroslaw Iwaszkiewicz, a été l'éditeur de son journal, de sa correspondance avec Konstantin Jelenski, ainsi que de ses essais sur Chopin.

  • Lumière heureuse, attitude positive face à la vie, joie de chanter, sens de l'humour, sensibilité ouverte, rapport étroit de l'homme avec la nature ainsi que relations des différents arts entre eux, c'est peut-être ainsi qu'on peut décrire la personnalité et l'inspiration du poète finlandais Lassi Nummi (1928- 2012). Ses thèmes récurrents sont l'amour et la mort, la beauté et le caractère éphémère de la vie, la famille et les enfants, la musique et les arts plastiques, l'antiquité et les mythes. Outre la culture chinoise, à laquelle l'avait sensibilisé son père, pasteur luthérien qui avait travaillé six ans comme missionnaire en Chine, il était particulièrement attiré par la culture française. Il disait qu'il écrivait comme les impressionnistes français peignaient : dans une brume lumineuse.
    Poète de la lumière et de l'ouverture, Nummi voulait faire de la langue finnoise un outil propre à façonner un vase étincelant, digne de recevoir la parole pure de Dieu. L'université de Helsinki l'a consacré comme docteur honoris causa en philosophie et en théologie.
    Les poésies choisies présentées dans ce recueil n'ont pour but que de donner une image, aussi juste que possible, de l'inspiration de ce très grand poète, un des plus populaires dans la Finlande contemporaine.

  • William Butler Yeats est un poète hermétique, allusif, d'accès souvent difficile. Ses poèmes sont néanmoins d'une grande beauté, qu'une compréhension plus approfondie de leurs significations peut encore rehausser.Le présent ouvrage se propose d'amener le nouveau lecteur à une familiarité éclairée avec cette poésie. Il fournit des clés, il apporte les connaissances contextuelles indispensables. Mythologie celtique, hermétisme rosicrucien, philosophie néoplatonicienne, occultismes divers, histoire d'Irlande, circonstances de la vie du poète, symbolisme et cosmologie propres à W. B. Yeats, sont autant de domaines dont les grandes lignes nous sont succinctement et utilement rappelées.Cette étude s'attache à l'analyse de poèmes choisis dans l'édition de J. M. Dent, en restant au plus près des textes afin de suivre l'évolution de l'oeuvre de Yeats.

  • Soixante-dix-huit lettres pour la plupart inédites, adressées à Voltaire ou envoyées par lui, issues du fonds de l'Institut et Musée Voltaire de Genève. Au-delà de sa variété, par la diversité des sujets abordés et leur polyphonie, ce corpus permet d'éclairer quelques aspects de la fabrique de l'oeuvre.

  • Voici le « Roman comique moderne » que George Sand présentait à Flaubert en lui demandant « un titre qui résumât cette idée ». Pierre qui roule parut en deux volumes, le second intitulé Le Beau Laurence. Revenu au pays natal, un comédien se confie à un étranger et lui raconte sa vie et les tribulations d'une troupe de théâtre avec laquelle il a traversé les provinces françaises, est allé en Italie et jusqu'en Dalmatie. La compagnie de Bellamare incarne un idéal égalitaire et fraternel, la « bohème intellectuelle » chère à George Sand. Le lecteur partagera le jugement d'Henry James qui reconnaissait aux « romans de mystère, d'intrigue et d'aventure » de George Sand, « toute l'inventivité spontanée des histoires d'Alexandre Dumas, tout son souffle, son goût du récit pour le récit, mais avec un raffinement intellectuel, une saveur philosophique, un parfum de choses spirituelles... » Ce roman devenu introuvable est présenté ici en un seul volume dans le texte de l'édition Lévy originale. Fourni par Olivier Bara, l'appareil critique éclaire ce qui est aussi un document sur le théâtre au XIXe siècle.

  • Ce livre voudrait faire part d'un plaisir. Car c'est un bonheur que d'ouvrir L'Adolescence clémentine, de cueillir au hasard tel rondeau tourné d'hier ou telle chanson fredonnée de la veille. Après cinq siècles, L'Adolescence n'a pas fini de chanter et Marot est plus jeune que jamais. Héritière du Moyen Age et annonciatrice des temps modernes, son oeuvre se situe dans l'intervalle qui sépare Charles d'Orléans de Maurice Scève. Elle s'affranchit des contraintes de la Grande Rhétorique pour affirmer sa liberté souveraine. Divisé en sept chapitres, cet itinéraire critique s'ouvre par deux études générales consacrées à l'oralité et au rire, se poursuit par deux études de cas qui traitent du genre de l'héroïde et de la ballade, et s'achève par deux commentaires qui envisagent, au-delà de L'Adolescence, L'Enfer et son imitation par Étienne Dolet, les Psaumes et leur relecture par Calvin dans le sens d'une autobiographie providentielle. En épilogue, un chapitre de synthèse s'attache à définir le «secret» de Clément Marot, secrétaire et poète, partagé entre le service du Prince et le service de Dieu.

  • Dès les Salons et dans les Essais sur la peinture, Diderot élève la critique d'art au rang de genre littéraire. Apparue en France au XVIIe siècle, la théorie de l'art remonte à la Renaissance italienne, voire à l'Antiquité. Diderot s'inscrit dans cette tradition ; c'est pourquoi il faut prendre connaissance de la « littérature d'art » à son époque pour apprécier les innovations qu'il apporte et discerner ce qu'il a emprunté. Voici donc les meilleures pages du fonds de culture artistique du XVIIIe siècle, l'intertexte dont Diderot s'est nourri.

  • Le sonnet occitan n'avait jusqu'à présent fait l'objet d'aucune étude d'ensemble, les historiens des littératures française et européenne l'ayant toujours pratiquement ignoré. Et pourtant, le nom même de sonnet, revenu en France par l'italien, est d'origine occitane, les premiers sonnets occitans (écrits par des Italiens) ont précédé de quelque trois siècles l'apparition des premiers sonnets français ; le Provençal Bellaud de la Bellaudière, contemporain de Ronsard a écrit plus de sonnets que Pétrarque, le Gascon Bertrand Larade, un peu plus tard, plus que Camoens, le Provençal Michel Tronc plus que Quevedo, etc. Et le sonnet, avec la Renaissance provençale et occitane des XIXe et XXe siècles, a continué d'inspirer un nombre considérable de poètes : romantiques, parnassiens, symbolistes ou même, aujourd'hui encore, résolument tournés vers une incontestable modernité poétique. Il paraît désormais impossible de ne pas tenir compte, dans une approche globale du sonnet européen, de la contribution des sonnettistes occitans.

  • Des études sur Christine de Pisan (vers 1365- vers 1430) offrant un panorama à la mesure du génie de la poétesse et de la diversité de son oeuvre.

  • L'oeuvre poétique de Charles Péguy est bien connue du grand public, mais on ignore souvent le poète, gérant la revue Les Cahiers de la Quinzaine. Cette étude présente l'évolution de cette revue fondée en 1900.

  • La présente étude s'attache à montrer la pertinence esthétique et littéraire de «la ruse» dans le Roman de Renart et dans l'oeuvre de François Rabelais. Extraite à partir de ces deux corpus, la ruse est décomposée et délimitée en aspects textuels et paratextuels, que l'auteur analyse et déchiffre sous quatre catégories : la ruse de comportement, la ruse référentielle, la ruse intertextuelle et la ruse verbale.

  • Définitivement attachée au personnage du chevalier errant, la devise d'armes et d'amours évoque la situation romanesque par excellence. Interroger l'union intime de l'aventure guerrière et de l'amour, c'est remonter au foyer secret du genre majeur de notre littérature. Sans cesse, le monde du roman s'ordonne en des agencements divers. Dans son effort de dépassement de soi, le chevalier est toujours en quête de ce qui advient à l'horizon de l'énigme et de l'imprévu. Il se meut dans l'espace de la merveille, entre le secret et le dire, le sommeil et la veille, la plus intense lumière du jour et la noire mélancolie, la raison et la divagation de l'esprit. Refusant les stéréotypes de la «critique du soupçon», Michel Stanesco attribue au roman arthurien le rôle de vecteur de notre première modernité.

  • Bien des cansós, baladas, pastorèlas, dansas, albas, resteront à jamais perdues. Or l'importance reconnue à tel ou tel troubadour dépend beaucoup du nombre de pièces et de mélodies arrivées jusqu'à nous. C'est ainsi que les auteurs ici présentés sont réputés «mineurs», parce qu'un petit nombre de leurs oeuvres a franchi les aléas de la transmission manuscrite. Pourtant la qualité de leurs compositions amène le lecteur à l'admiration et à la reconnaissance. Troubadours «mineurs» des XIIe et XIIIe siècles, chantres du XIVe et poètes des Jeux Floraux toulousains, tous ont illustré une littérature prestigieuse qui nous parle encore aujourd'hui. Les revoici, dans soixante compositions que Pierre Bec arrache à l'oubli. De ces merveilles de poésie occitane, chaque morceau sera savouré deux fois : dans la langue des créateurs et, ensuite, dans l'agile traduction de Pierre Bec.

  • Ces « Écrits » sur les troubadours s'échelonnent sur quelque trente ans de recherche et de réflexion sur la lyrique occitane du Moyen Âge et les lyriques parallèles. Ils groupent divers articles publiés essentiellement dans des revues et excluent, à l'exception de deux cas (les n°s 1 et 9), des contributions que j'ai plus ou moins reprises dans mes différents livres et qui sont de ce fait aisément accessibles. De plus, pour mettre un peu d'ordre dans une production qui pourrait paraître disparate, j'ai classé ces 19 articles indépendemment de leur date de parution en cinq centres d'intérêt, correspondant à des approches assez différenciées, mais toutes bien axées sur un seul et même phénomène socio-culturel, dont les exégèses les plus diverses sont encore loin, me semble-t-il, d'avoir épuisé la passionnante complexité.

  • Pourquoi un poète surgit-il d'un prince ? Pourquoi un homme qui a passé toute sa jeunesse dans les prisons anglaises veut-il s'infliger vingt-cinq ans de contraintes supplémentaires dans le cadre exigeant du poème cyclique : ballades, chansons et rondeaux ? La réponse est tout entière dans les poèmes du prince à la fleur de lys ; elle est aussi condensée dans les vers d'un de ses rondeaux les plus célèbres : "Dedens mon Livre de Pensee,/J'ay trouvé escripvant mon cueur/La vraye histoire de douleur,/De larmes toute enluminee.". Claudio Galderisi propose une lecture à haute voix d'une poésie dont le charme suranné et la mélodie simple comme celle d'une berceuse enchantent tous ceux qui s'en approchent, hier comme aujourd'hui. Dans ce « païs de France » qui nous est étrangement semblable, ce prince à la « doulce plaisance » figure son aventure individuelle par une « nef d'Esperance » ouverte à tous. Son souhait d'une paix tant attendue s'apaise, à travers la parabole poétique, sur la réconciliation du je avec le nous.

  • Cinéaste dont l'oeuvre a été, durant quelques années, consacrée aux questions urbaines, l'auteur présente ici des textes qui sont plus des échos, des plaintes, des blessures que des poèmes. Une longue plongée dans la brûlure et la nuit des villes, avec toujours au coeur cette aspiration, cet espoir quotidien qui devrait guider l'âme des cités, dans ce creuset des civilisations qu'elles enrichissent depuis si longtemps.

  • René Girard et ses thèses radicales hantent le paysage intellectuel mondial. Cependant, du fait de la position marginale de leur auteur (décentré par rapport à ses propres études de chartiste, par sa position critique post-freudienne et post-lévi-straussienne, par sa position géographique et professionnelle américaine), ces fantômes peinent à prendre corps dans la recherche universitaire littéraire de notre pays. Depuis quelque temps, toutefois, Girard jouit enfin en France d'une certaine reconnaissance, et des penseurs de premier plan n'hésitent plus à dire l'influence qu'il a pu exercer sur eux et sur leurs travaux. Lecteurs anciens et passionnés de son oeuvre, H. Heckmann et N. Lenoir ont décidé de passer outre à l'étrange désintérêt que cet auteur, « médiéviste renégat », manifeste lui-même pour la littérature française du Moyen Âge et ont invité leurs collègues à tester ses hypothèses anthropologiques sur des échantillons variés de la littérature narrative des XIIe et XIIIe siècles. Publiant avec son autorisation l'adaptation scientifique d'un de ses deux articles sur le sujet et nonobstant la difficulté théorique que présente une telle entreprise, ils en proposent ici les premiers résultats.

  • L'emploi par les auteurs du mot jeu pour désigner leurs pièces n'est pas indifférent : oeuvres déroutantes, elles refusent l'académisme et marquent le réveil du jeu littéraire, menacé d'étouffement sous les poncifs. Elles sont nées dans une métropole, Arras, marquée par l'antagonisme entre la cité et la ville.Le jeu utilise le comique sous toutes ses formes. C'est un théâtre qui se construit par et pour le groupe, qui démonte les oeuvres et les genres anciens pour faire du nouveau. Pour aller plus loin dans la création, les auteurs arrageois avancent à la découverte. Ainsi, Jean Bodel cherchant l'au-delà du monde où l'on distille l'outrevin, l'élixir de la poésie.D'une pièce à l'autre, du Jeu de saint Nicolas à Courtois d'Arras, du Jeu de Robin et Marion au Jeu de la Feuillée, on assiste au même travail créateur de déconstruction et de reconstruction.

  • Le théâtre est omniprésent dans la société de la fin du Moyen-Âge. C'est particulièrement vrai entre Amiens et Tournai et de Saint-Omer à Valenciennes, à Lille, à Douai, etc.Représentations de pièces religieuses et joyeuses, tableaux vivants, improvisations et festivités à caractère dramatique foisonnent. Dans les limites de ce qu'il est convenu d'appeler les provinces du Nord, Katell Lavéant explore ces multiples formes et nous conduit à la rencontre des acteurs de ces jeux.Entre langue française et culture flamande, au coeur de la ville et de rapports complexes avec le pouvoir, on découvre une culture dramatique riche et protéiforme, on découvre l'ampleur de ses manifestations et l'importance de sa dimension politique et symbolique. La recherche présentée ici montre la société des XVe et XVIe siècles à travers ses activités théâtrales et propose une réflexion stimulante au croisement des études littéraires et historiques.

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