Denoël

  • Le proustographe  : Proust et à la recherche du temps perdu en infographie Nouv.

    Quel ouvrage pouvait, avant celui-ci, et en si peu de mots, apprendre à son lecteur combien de livres Proust a vendus, en quelles langues La Recherche a été traduite, quelle en est la chronologie exacte, ce que l'on trouvait dans sa bibliothèque, quels pays il a visités, quelles drogues il prenait, combien de dizaines de milliers de lettres il a envoyées, combien de personnages il a dotés de vie et de langage, quelles sont les particularités de son style, quelle est la véritable histoire de la madeleine, en quelle année il porta la moustache en guidon ? » interroge Thierry Laget dans sa préface.

    Véritable encyclopédie visuelle consacrée à l'auteur d'À la recherche du temps perdu et à ses livres ; Le Proustographe apporte, en près de 100 infographies, un regard inédit et moderne sur Marcel Proust, romancier adulé à l'oeuvre monumentale, à l'occasion du centenaire de sa mort.

  • Jean Diwo est né faubourg Saint-Antoine. Le chuintement de la scie à refendre, le doux sifflement de la varlope et l'âcre parfum de la colle bouillonnante, il connaît. Depuis longtemps, il rêvait d'écrire le fabuleux roman de cette grande artère parisienne où les chariots de l'Histoire n'ont cessé de rouler. Dans ce cadre sculpté au ciseau et à la gouge, il a tissé au petit point le récit de la vie pleine, généreuse, souvent aventureuse des abbesses de Saint-Antoine-des-Champs et de leurs amis et protégés, les compagnons du bois, descendants des bâtisseurs de cathédrales. Il y a peint les artisans, les nobles, les bourgeois et surtout les femmes de tout rang qui ont su engendrer, dans l'amour, la prière, l'intelligence et le sacrifice, de ces familles qui, par le jeu des alliances, des héritages et du talent, forment depuis Louis XI une chaîne ininterrompue, soudée par l'amour du bois, matériau noble et magique. Jean Diwo a brassé cette pâte humaine, gonflée au levain de l'Histoire, pour en faire un roman captivant chargé d'amour, de drames et de joies, dont la tonalité est gaie parce que les hommes et surtout les dames du Faubourg ne sont pas moroses.

  • Par désir de paraître,déni du passé,pour cause d'inertie, de lâcheté,quelquefois par désespoir ou générosité,des gens ordinaires empruntent ces Passages d'enfer générés par l'ordre social.

  • Qui irait soupçonner que mener une vie de bâton de chaise, sous son apparence bon enfant, cache probablement une gauloiserie des plus vertes ? Ou qu'avoir la puce à l'oreille eut pendant des siècles un sens uniquement érotique ? Que casser la graine est parti d'une plaisanterie de vignerons, que le rapprochement des vessies et des lanternes (qu'il ne faut pas confondre !) remonte à l'époque romaine ? L'histoire des expressions est une véritable boîte à surprises. Après vingt-cinq années de recherches et de publications diverses sur le sujet - parmi les plus récentes dans la rubrique « Le plaisir des mots » du Figaro -, Claude Duneton, auteur du Bouquet des expressions imagées, dévoile ici les doubles fonds des images qui parlent.

  • Au collège de Clerval, près de Tours, Éric Capadis, jeune professeur d'histoire-géographie, vient de se suicider en se jetant par la fenêtre de sa classe.Lorsque Pierre Hoffman, son remplaçant, prend contact avec ses nouveaux élèves, il décèle chez eux des comportements étranges. Soudés, anormalement disciplinés, ces adolescents forment un bloc impénétrable. Surtout, ils dégagent une hostilité diffuse, une violence sourde dont le narrateur sent qu'elle peut devenir extrême. Quelques blagues d'enfants attardés : c'est ce que pense d'abord Hoffman lorsqu'il reçoit par la poste un curieux objet en peluche, lorsqu'il retrouve balafrée au cutter une jeune élève qui l'avait simplement «mis en garde», ou lorsqu'il récupère une cassette vidéo à l'énigmatique contenu.Mais le collège tout entier semble conspirer pour banaliser la situation. Lucide et paralysé, Hoffman prend lentement la mesure de l'ascendant des enfants dans cette déliquescence scolaire, de leur savoir-faire manipulateur. Et tandis que tout s'accélère, il assiste impuissant au déroulement du plan qu'ils ont conçu. Comme une issue logique à leur destinée autiste. Comme une impeccable mise en scène pour leur adieu au monde.

  • "Voici la première enquête de l'inspecteur Ali, aussi abracadabrante que lui. Il y en aura d'autres, si du moins ce ouistiti ménage quelque peu ma santé. Je l'ai créé un beau jour de printemps, pour ma plus grande joie. Et puis, au fil des semaines et des pages, il a acquis sa propre vie, tel le monstre de Frankenstein. Des bas-fonds de Casablanca à l'hôtel somptueux de la Mamounia, en passant par les hautes sphères politico-financières de la coopération internationale, il a dérouté tous ceux qu'il a côtoyés par ses interrogatoires et ses facéties au troisième degré. Il m'a dérouté, moi aussi, même au niveau du langage. J'avoue que j'ai poussé un soupir de soulagement lorsque je l'ai vu partir à la fin de ce livre. Cela dit, avec du recul vis-à-vis de moi-même, je me demande si cet inspecteur Ali de malheur ne m'a pas rendu service à mon insu. Oui : le temps n'est-il pas venu en effet de dérouter, de faire dérailler vers d'autres voies cette littérature dite maghrébine dont je suis l'ancêtre en quelque sorte ? Et, par voie de conséquence, notre culture française qui risque de devenir un produit d'économie de marché ? Bref, de mettre carrément les pieds dans le monde réel où nous écrivons ?", Driss Chraïbi.

  • Classe ego

    Jean-Philippe Delhomme

    Chefs d'entreprise épris de fauconnerie ou simples dronistes, jet-skieurs impérieux et nouveaux quadistes, influencers obscurs et businessmen rétifs à la lecture, touristes enthousiastes et consommateurs décomplexés, millionnaires 'badass' avec ou sans concierge privé, tous sont réunis ici pour un selfie sociétal. Une méditation de pleine inconscience menée par Jean-Philippe Delhomme qui nous invite à ne pas lâcher prise.

  • Des gestes par millions inscrits dans le regard perdu d'un mineur silicosé de quarante-sept ans. Un regard d'après les camps. Un regard d'avant le sida. Un regard qui pèse des siècles. Un regard photographié par Willy Ronis. Un regard qui vous fixe depuis la couverture de ce livre. En marge, c'est autant de portraits tendres ou ironiques, tracés par la plume sans complaisance et l'oeil sûr de Didier Daeninckx, qui tous parlent de la marge. Aux récits d'ouverture qui se situent dans la banlieue, symbole même de la marge - et qui plantent le décor de notre actualité avec ses laissés-pour-compte, ses exilés de l'intérieur, succèdent ceux où l'on rencontre, au détour de situations drôles ou mélancoliques, d'autres habitants des marges, abandonnés de l'amour, oubliés du temps. Puis le périple s'achève, de la banlieue à la banlieue, avec pour l'auteur un retour à l'enfance, à ce qui a nourri son imagination et façonné sa sensibilité, mémoire et présent mêlés.

  • Loin de Paris rassemble 50 chroniques brèves parues dans La Quinzaine littéraire, entre janvier 2001 et septembre 2005. Une fois par mois, il s'agissait d'illustrer les pages du journal d'une vignette écrite évoquant un voyage, un séjour, une visite ou une rencontre. Ce que Paris exclut - la nature, la province, les villes et les villages, les animaux, les nuages - vient là au premier plan, mais intimement nourri de lectures et de souvenirs, et détaillé par une curiosité avide, sensible à ce qui se passe, à l'humour des choses dépaysantes, à la diversité disjointe des modes de vie et des façons d'habiter la terre. En filigrane se dessine un mouvement autobiographique plus grave. Atteint par le deuil, un homme réagit par instinct, par goût de vivre, en allant regarder les choses et les gens. Ce qu'il voit, ce qu'il montre, les mots qu'il trouve pour le faire, ne le distraient pas du chagrin. Le chagrin y trouve à s'employer, il se creuse en se donnant à la diversité sensible de ce qu'il rencontre.

  • Je suis l'autre : c'est à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg qu'un jeune apprenti bijoutier suisse a découvert la troublante formule que Gérard de Nerval, peu de temps avant sa mort, a inscrite au bas de son portrait par le graveur Gervais. Dans ce refus de sa propre image, Freddy Sauser a-t-il entendu l'injonction qu'il attendait ? L'autre pour lui, l'autre lui-même, ce sera donc le poète, mais un poète en mouvement perpétuel et brûlant ses vaisseaux. Pendant plus de quarante ans, il s'en fera une devise de vie et une règle d'écriture. Lorsqu'il se rend à New York, fin 1911, sa décision est déjà prise : il écrira. À son retour en Europe, il emporte avec lui son premier poème, Les Pâques, et pour le signer il emprunte à l'oiseau phénix le nom de l'autre : Blaise Cendrars.

  • Au début des années cinquante, la presse s'accorde à célébrer la naissance d'un genre littéraire nouveau : l'entretien radiophonique. Un dialogue d'André Gide avec Jean Amrouche sur les ondes de la Radiodiffusion française a lancé la formule, dont le succès est immédiat. Certains de ces entretiens ont fait date et pendant la rencontre de Blaise Cendrars avec Michel Manoll, si l'on en croit Luc Estang, «le micro devait tanguer comme un navire démâté dans la tempête !». Pour leur publication en 1952, ces entretiens à sauts et à gambades ont fait l'objet d'un remaniement en profondeur qui ouvre des vues passionnantes sur ce qui sépare, aux yeux de Cendrars, un livre imprimé de ce «livre sonore» dont rêvait déjà le romancier de Dan Yack.

  • Le succès est à la portée de tous. Mais un ratage dans les règles de l'art demande du génie et de l'originalité. Les glorieux losers, ces artistes de l'absurde, véritables dieux de l'échec, ont su résister à l'appel du succès facile pour accueillir à bras ouverts la multitude de possibilités offertes par le monde merveilleux des loupés.

    Dans Le Livre officiel des glorieux losers, Stephen Pile, président du Club des Glorieux Losers de Grande-Bretagne (le CGLGB), rend hommage aux échecs les plus spectaculaires et les plus loufoques des vingt-cinq dernières années.

    Les 235 histoires de ce livre vous mèneront des Hébrides extérieures aux États-Unis, en passant par l'Australie, l'Europe et l'Afrique. Vous apprendrez ainsi que la Syrie abrite le propriétaire du GPS le moins fiable du monde (sa marge d'erreur est de 8 000 kilomètres). Vous découvrirez l'homme qui a eu le plus grand nombre d'échecs au permis de conduire (959 loupés), le braquage le plus raté (deux groupes de braqueurs s'attaquant en même temps à la même banque), ou encore le pire agresseur (qui partit en laissant 250 $ à sa victime).
    Toutes ces histoires, aussi insolites qu'hilarantes, vous réconcilieront avec vous-même et avec le monde qui vous entoure.

  • Les dames âgées ne sont pas nées telles. Elles furent des jeunes filles, qui attiraient le regard des hommes et le regard en général. Pour les regarder comme elles le méritent, je dois opérer une conversion de mon regard : le forcer à cesser de se tourner vers ces jeunesses attirantes, pleines de vie et de charme, dont le sourire heureux, conquérant, ravageur, s'atténuera puis s'effacera avec l'âge, sans qu'elles perdent pour autant leur beauté ou leur attrait... À travers des personnages de femmes qu'il a connues, Pierre Pachet s'interroge sur le renoncement à l'amour, sur le choix de la solitude, quand viennent l'âge, la mort ou l'abandon d'un compagnon. Sur le mystérieux - pour lui - désir de paix des femmes. Irène, Léa, Mme Salzberg, Mania, Mizou... Leurs destins ont été liés. En essayant de les reconstituer, l'auteur fait aussi renaître des époques : les années 30, l'Occupation, le frémissement de la fin des années 50, et un milieu, constitué d'émigrés russes, de Juifs hésitant entre diverses appartenances.

  • Je regrettai, pour la première fois, d'être passé à côté des femmes, de leur tendresse, de leur corps. . . À quarante ans, j'avais l'impression d'être passé à côté de l'essentiel. L'essentiel c'était Sarah maintenant. Pourquoi cet ancien pilote de chasse, alcoolique invétéré et chassé de l'armée, sillonne-t-il désormais le Sahara algérien au volant d'un vieux bus déglingué ? Comment le désert, où l'oasis de Timimoun est un îlot de paix dans une Algérie secouée par le terrorisme intégriste, peut-il éveiller la passion amoureuse chez un être qui s'y était jusqu'alors refusé ? Rachid Boudjedra ancre sur cette terre algérienne une terrible histoire d'amour non partagée, même dans le silence des regards et la maladresse des gestes.

  • Qu'est-ce qui, au cours du trajet d'un analysant, fait de lui un analyste ? Quels sont les remaniements que rend possible une analyse et en quel sens l'expérience est-elle didactique ? Qu'en est-il du «travail» de l'analyste et de sa formation ? En quoi une éthique institutionnelle peut-elle éviter l'assujettissement à l'administratif ?Revenir à ces questions cruciales suppose de rompre avec la langue morte de l'abstraction stérilisante pour réactualiser l'analyse en tant que passion de l'être et la théorie comme fiction rigoureuse laissant place à l'invention et à la création. Car si une analyse n'est pas la rencontre d'un «patient parfait» et d'un analyste-robot, c'est qu'elle met en jeu une vérité à retrouver dans la parole. À travers le symptôme, dans le jeu partagé et jusque dans l'accueil de la haine et du mensonge, une histoire peut alors se dénouer et un travail de séparation s'effectuer.

  • Le cinéma tient une grande place dans la vie, dans l'oeuvre et dans l'imaginaire de Blaise Cendrars, du moins de 1917 à 1936, puisque ensuite c'est le «divorce» pour «incompatibilité d'humeur». En fait ses rapports avec le septième art passent par trois étapes : d'abord la découverte, donnant lieu à des textes plus qu'enthousiastes, suivie d'un réel engagement dans la pratique du cinéma (écriture de scénarios, assistanat, réalisation de films), puis du désenchantement. Cendrars est peut-être venu trop tôt. Il pouvait difficilement s'accomoder de la lourdeur des appareillages techniques et financiers de l'époque. L'invention de la caméra légère avec son synchrone lui aurait peut-être permis de s'inscrire parmi les cinéastes voyageurs, éternels itinérants.

  • «Je me souviens de mon corps comme d'un chaos debout, ne se couchant que pour le sommeil de sa folie ou pour l'amour d'une femme. J'étais jeune et déjà possédé de mots. Le Verbe secouait le corps, ses abîmes. Comme s'il en retournait la part maudite. Plus tard, c'est lui, ce corps qui écrirait, m'écrirait, s'écrirait. Trop de raison tue, il voulait vivre.Il n'attend que ça le corps : que l'on fasse de lui le grand livre sensoriel et vertigineux où puisse se lire l'essentiel de notre identité. L'appauvrissement du langage (sa frivole désincarnation), fait beaucoup de morts... dans l'âme. C'est parce que nous ne sommes pas ou plus en mesure de nommer notre mal-être que nous ne nous imaginons plus en mesure d'en guérir. Et pourtant, ils existent, ces mots des profondeurs - voix de nos instincts éclairés - capables de nous sauver, par une espèce de danse intérieure, de nos désaccords avec nous-mêmes.Dans Corpus scripti, j'essaie de dire en quoi, à rebours de la névrose générale, il est encore possible, le rare et troublant désir de tressaillir pour une autre vie».Marcel Moreau.

  • Proposant de nouvelles lectures des tragiques grecs et de Shakespeare ainsi que de Proust, Conrad, James ou Borges, André Green explore, avec le concours de la théorie freudienne et de ses propres travaux, le travail souterrain de la création littéraire et ses rapports avec l'inconscient. À la recherche de toutes sortes de «liens non apparents dans le texte», de trésors cachés, il s'interroge sur la signification inattendue de la présence de deux phrases identiques dans Le Temps retrouvé, ou sur les raisons pour lesquelles Henry James ne put achever l'une de ses nouvelles, ou encore sur les mystères entourant la filiation de Hamlet et le sort d'Ophélie.Une promenade dans la littérature mondiale en compagnie d'un lecteur à nul autre pareil doublé d'un grand théoricien de la psychanalyse. Et une occasion de naviguer entre fiction littéraire et roman familial, écriture et vie psychique, texte et inconscient. À proximité du désir et de la mort.

  • Par un tour prophétique exceptionnel chez Cendrars, Aujourd'hui (1931) tient tout ensemble de la profession de foi, de l'art poétique et d'une proclamation à la face du monde entier. Dans ce manifeste éclaté, le poète célèbre les merveilles de la modernité dans tous les domaines, sans jamais séparer l'art de la vie contemporaine. Tout s'y déduit en secret du texte liminaire, «Profond aujourd'hui», dont le ton jubilatoire avait surpris à sa première publication en 1917. Marquant le grand retour de l'écrivain qui avait perdu sa main droite au combat, il rendait surtout au manifeste une vérité étymologique aussi troublante qu'oubliée : un manifeste est-il rien d'autre qu'une main d'écriture ? Désignant par figures l'origine de son renouveau créateur, «Profond aujourd'hui» est le manifeste du poète de la main gauche.

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