Hermann

  • Mon espagne - or et ciel

    Florence Delay

    • Hermann
    • 6 Février 2008

    Ce livre redonne à la littérature espagnole toute sa place dans l'histoire littéraire européenne. Il s'agit d'une véritable remontée dans le temps, de Federico Garcia Lorca à Calderón, de la guerre d'Espagne au Siècle d'or, avec, au centre de ce voyage, la figure lumineuse de José Bergamín, en « passeur ». L'Espagne apparaît soudain à portée de main. Une Espagne « or et ciel » que, très tôt, Florence Delay eut l'impression de toucher presque du doigt, quand l'enfant qu'elle était la voyait scintiller depuis les plages du Sud-Ouest de la France.
    En conjuguant sa passion pour le théâtre, la poésie et l'Espagne, ou encore en descendant dans l'arène de l'interprétation des textes, Florence Delay retrace ici, à travers quelques-uns des épisodes personnels de sa vie, le chemin qui l'a menée aux écrivains qu'elle aime, lit, relit, traduit.

  • Fleurs

    Philippe Sollers

    • Hermann
    • 1 Janvier 2006

    "Que dit le lys ? la rose ? la tulipe ? le mimosa ? l'oeillet ? Ou bien, plus à l'Est, le lotus ? Quels drames, quels secrets, quels parfums ? Quel sang, dans l'ombre ?".
    On se propose, à partir d'un artiste et d'un botaniste peu connu, Gérard Van Spaendonck (1746-1822), de découvrir le continent des fleurs telles qu'il est apparu au dix-huitième siècle. Les fleurs étaient là de tout temps, bien entendu, mais leur mise en lumière encyclopédique, leurs noms, leur dessin, surgissent alors sur soie et sur vélin, avec une précision et une délicatesse inouïes. Spaendonck, au Jardin des Plantes de Paris, a eu des élèves, dont le célèbre Pierre-Joseph Redouté. Ces hommes ont vu s"ouvrir l'éclosion et le geste qui la prolonge. Leur prodigieux et silencieux travail a traversé la Révolution et la Terreur. Il vient maintenant vers nous comme un signe renouvelé de beauté, de vivacité, de diversité, de fraîcheur. Voici la langue des fleurs.
    Il s'ensuit une libre improvisation à travers la poésie, la littérature, la peinture (sans oublier la métaphysique et la théologie), où ce langage se montre dans toutes ses dimensions symboliques, amoureuses, érotiques. L'auteur de ce petit livre suit sa rêverie et son inspiration du moment. Il revisite Dante, Ronsard, Shakespeare, Rousseau, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Proust, Colette, Ponge ou Genet.
    "La rose est sans pourquoi", dit Angélus Silesius. Nous vivons désormais sous la dictature du pourquoi et de sa dévastation quotidienne planétaire. Mais les fleurs, par-delà le Bien et le Mal, persistent malgré le bruit, l'oubli, la fureur, les cendres. Un bouquet, ici les rassemble : les fleurs sont des mots, les mots sont des fleurs.
    Philippe Sollers

  • Que peindre ? est une méditation philosophique sur l'art pictural contemporain et sur l'objet essentiel de la peinture qu'est la présence. Contrairement à ce que l'on croit souvent, l'art pictural n'a pas pour objet la représentation ; il porte davantage sur la présentation - du moins, un certain type de présentation, puisque l'art montre qu'il y a de l'imprésentable. Telle est, selon Lyotard, l'essence aporétique de la présence que révèle la peinture. Mais comment s'y prend l'art moderne pour saisir cette présence qui se refuse à tout discours (qu'il soit discursif ou narratif) ? C'est à travers l'étude des oeuvres de trois artistes (Adami, Arakawa, Buren) que Jean-François Lyotard entreprend de répondre à cette question éminemment philosophique. Dans ce livre, composé en 1987, Jean-François Lyotard livre les clefs de sa pensée esthétique en même temps qu'il se révèle être un véritable artiste de la pensée : ici, la langue pense. Et c'est cette pensée de la langue que le philosophe met au coeur de son oeuvre pour éclairer l'énigme de la présence, notamment selon les modalités de l'art de la fugue, que sont la polyphonie et le contrepoint. Ultimement donc, ce que propose Lyotard, c'est une nouvelle manière de philosopher, comprise comme l'activité de « penser à travers les yeux », nouvelle posture de la philosophie qui la met directement en dialogue avec l'acte d'imaginer, c'est-à-dire de « voir en pensée ».

  • Dans À la Recherche du temps perdu, toutes les rencontres sont possibles, et tout compte, comme dans les rêves. La proximité des objets du monde produit la ressemblance, et le désir est glissement inextinguible. L'à côté, dans la perception proustienne, produit juxtaposition et contamination, et abolit tout cloisonnement à l'intérieur de l'expérience.
    La suite de lectures qui forme ce livre met en évidence les rapports entre théorie et fascination, entre désir et profanation, mais aussi les illuminations qui préparent l'écriture du grand livre, les lieux, figures concrètes de l'espace, et encore l'évolution de l'idée du mal, et la centralité transgressive du sommeil.
    Qui écoute Proust part à la recherche, et s'efforce de transmettre les saisies, les étapes et les surprises de la poursuite.
    Jacqueline Risset a traduit La Divine Comédie de Dante (5e édition 2007) et publié divers livres de poèmes et d'essais, parmi lesquels Puissances du sommeil, Les Instants, Traduction et mémoire poétique.

  • L'expérience narrative

    Jean-Pierre Faye

    • Hermann
    • 13 Octobre 2010

    L'expérience narrative est ce qui enveloppe chaque moment, ce qui devient événement. Expérience et récit sont conjugués dans la même fonction histoire. La question a été posée : est-ce que Ernst Ju¨nger, pendant la guerre mondiale, a entendu le récit lui apprenant la Conférence deWannsee qui programmait la Solution finale ? Est-ce que cela aurait modifié son « expérience du combat » ? A-t-il eu connaissance du Cours d'hiver 1933-34 où son ami Heidegger exigeait « l'extermination totale » de « l'Asiatique » ? Peut-on approcher cette énigme qui introduit dans l'Histoire une furie des langages, où se raconte d'avance ce qui va survenir comme réel par l'effet de ce transformat ? Dans cet essai, l'auteur analyse les transformations de l'expérience narrative qui s'explorent par fragments signés Nietzsche. Ou dans la forfaiture « totale » de Carl Schmitt. Ou dans le couplage indirect Bataille/Lacan. Ou encore dans lamutation renversée, sous le regard de Sade, qui remonte de la perdition rieuse de Juliette au « sourire perdu » d'Anne Prosper. Ainsi, au « transformat univers » s'ajoute le transformat langage.

  • Cet essai est la première tentative d'expliquer le mouvement lettriste et ses réalisations dans sa relation aux multiples mouvements d'art survenus après la guerre. Le lettrisme promu par la personnalité géniale d'Isidore Isou, son fondateur, s'annonce comme la dernière avant-garde légitime et prometteuse, après l'écroulement du Surréalisme. For t de ses concepts originaux - L'Art imaginaire, l'Art supertemporel, la poésie sonore... le lettrisme aura une fonction d'anticipateur à l'aune de l'exploitation esthétique de mouvements divers (Situationnisme, Happening, Fluxus ...). Lettrisme - le bouleversement des Arts devient une expérience de lecture incontournable pour celui qui veut enrichir ses connaissances dans le domaine de l'Art moderne et contemporain.

  • Ce livre est l'histoire d'un cheminement à travers des idiomes qui sont autant de formes, de rythmes, de noms, dans la multiplicité des questions posées pour dire ce qu'est l'impatience des langues. Ce cheminement philosophique va de la patience du concept à l'impatience de son refus. Il est comme l'incessant recommencement du « refus de la patience du concept » dans l'entrelacs de langues aussi prometteuses que menaçantes, puisqu'elles accueillent l'aléatoire du temps tout en demeurant exposées à la ruse exorbitante du concept. Sur le chemin de l'impatience des langues, des questions se pressent. Y a-t-il un temps de la politique ? À quels usages des langues et de leurs entre-traductions est assigné ce temps ? Peut-on penser une justice sans destin et sans téléologie ? Pourquoi et comment l'amour vient-il faire effraction dans ces mouvements ? La mémoire oublieuse et infidèle est-elle une condition du partage et de la promesse ? Et le messianisme, pourquoi en parler aujourd'hui ? Quelles langues, pour quelle éthique ?

  • Qu'en est-il des oeuvres innombrables qui ont existé et n'existent plus ? Ces oeuvres perdues gardent parfois une pâle présence. Explorer la perte, c'est prendre en considération ce qui subsiste à peine et pourtant a pleinement existé, les débris, les fragments, les ruines, les conceptions englouties, les productions abandonnées, les restes presque oubliés. Pour nous, perdre est un phénomène nourri d'exemples et de cas. C'est à travers des histoires de perte, aussi bien anecdotes historiques que vignettes légendaires, que nous essayons d'avoir prise sur ce qui manque. Et ces historiettes innombrables, toujours dramatiques, souvent répétitives, sont aussi le matériau imaginatif qui permet d'explorer la face sombre de la mémoire. Les épisodes et les exemples se concentrent sur lemoment dramatique de la perte qui a failli avoir lieu, ou qui a malgré tout eu lieu. Ou bien, au contraire, sur les redécouvertes et les retours d'intérêt qui abolissent triomphalement l'oubli précédent. Ces anecdotes mêlent les violences réelles, les destructions mythiques, les altérations multiples du faux et les dégâts profonds dus à l'indifférence. Par elles, l'imagination de la mémoire s'empare du destin obscur qui est à l'horizon des oeuvres.

  • L'oeuvre d'Emmanuel Levinas est depuis quasiment son commencement et jusqu'à ses ultimes écrits caractérisée par la quête d'une phénoménalité défective, échappant à toute représentation. La nouvelle voie dont parle Levinas consistera à déborder les perspectives de la métaphysique humaniste, à prendre le risque de remettre en cause l'enracinement de l'humain dans la profondeur de l'être. Rien de moins donc que l'aspiration à une pensée de l'extériorité irréductible de la séparation et du face-à-face, s'efforçant de trouver une orientation, une sortie de l'être vers un Dire accordé aux commandements inouïs d'autrui.
    Cinquante ans après la publication de Totalité et Infini, il nous a semblé pertinent de proposer des lectures et interprétations croisées de ce très grand livre d'Emmanuel Levinas, qui fut le premier dans le paysage intellectuel de l'époque à élaborer une pensée, voire une théorie de la subjectivité face à l'autre présupposant toujours le surgissement et l'interpellation de la parole qui vient rompre l'économie immanente du Même.

  • Penser la psychiatrie sans le corps est une démarche d'exclusion épistémologique dont l'actualité témoigne. En s'éloignant des dispositifs thérapeutiques que la psychiatrie avait acquis, un tabou du corps s'est progressivement installé. Le franchir, c'est lever le silence sur l'enfermement, repenser la psychopathologie dans son rapport entre psychanalyse et psychiatrie, repenser le corps comme « objet parleur ». C'est ainsi reprendre la question du tranfert dans la psychose avec la notion d'image du corps, lieu dans lequel se dépose l'histoire d'un sujet avec les autres. En explorant les nombreux travaux d'approche du corps en pédo-psychiatrie, l'ouvrage reprend largement la question du transfert en institution en référence aux pratiques de Tosquelles, Oury, Racamier, Resnik... Ce livre est aussi un défi contre une forme d'angélisme psychanalytique qui réhabilite à ses dépens le partage instauré entre la médecine propriétaire du corps et la psychanalyse de la lettre.
    Pierre Delion refonde une psychiatrie politique renouvelée. Pierre Delion est professeur de pédospychiatrie à la faculté de médecine de Lille 2, chef du service de pédopsychiatrie au CHRU de Lille et psychanalyste.

  • En étendant le concept d' « oeuvre » du signe à la connaissance,Gilles-Gaston Granger a su redéfinir l'activité philosophique. En effet, selon lui, un « fait épistémologique » n'est pas seulement un « fait de science » ; il concerne non seulement le devenir de la science mais également la vie humaine dans son ensemble. L'enjeu de son travail a donc été avant tout de définir la tâche et les objectifs de la « discipline philosophique », notamment dans son rapport à l'histoire des sciences et au concept de science, car, comme il le démontre, « le scientifiquement connaissable dépend exclusivement des déploiements de la pensée formelle ». Granger a ainsi fait porter sa réflexion sur l'émergence du formel à partir de la théorie aristotélicienne de la science, tout en renouvelant sous le nom de « topique comparative » une méthode dont le spectre, couvrant l'histoire de la géométrie depuis Euclide, s'étend jusqu'à Russell et Carnap. S'appliquant également à la linguistique et aux sciences humaines, sa pensée contraste ainsi avec la démarche exclusivement historique de son prédécesseur au Collège de France, Martial Guéroult.

  • Félix Mendelssohn

    Olivier-P

    • Hermann
    • 5 Février 2009

    Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) est l'un des compositeurs romantiques les plus célèbres. Membre d'une famille s'étant fait un nom dans le secteur bancaire, le musicien des Romances sans paroles est une véritable icône culturelle en Allemagne. Converti au protestantisme, il devint le symbole d'une assimilation réussie. Pourtant, Mendelssohn- Bartholdy fut considéré par le régime nazi comme un artiste « dégénéré » et fut de fait victime de la brutale répression culturelle. Cet essai présente la personnalité singulière de ce musicien d'exception : pianiste, organiste, directeur de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, auteur d'oratorios célèbres comme Elias et Paulus où se croisent les enseignements de l'Ancien et du Nouveau Testaments, Mendelssohn-Bartholdy est un personnage multiple, hanté par plusieurs traditions culturelles que l'on retrouve dans ses oeuvres.

  • Si Hitler et sa politique criminelle avaient triomphé durant la Seconde Guerre mondiale, le public n'aurait jamais plus eu accès aux écrits de Thomas Mann et aux oeuvres de compositeurs aussi célèbres que Félix Mendelssohn, Gustav Mahler, Kurt Weill ou Arnold Schnberg. Le national-socialisme en interdit la publication, l'enregistrement, la radiodiffusion et l'exécution parce qu'ils émanaient d'écrivains et de musiciens juifs ou d'avant-garde. Les quatorze contributions constituant
    Déracinements racontent ou évoquent le sort terrible, parfois tragique, de ces artistes contraints à l'exil en France, aux États-Unis et ailleurs, quand ils ne furent pas déportés et assassinés à Sobibor
    comme Alfred Tokayer.
    Cette galerie de destins permet de relater une histoire de la musique du vingtième siècle bien différente des idées reçues. On y rencontre notamment des personnalités légendaires comme Artur Schnabel ou Theodor W. Adorno, ainsi que Norbert Glanzberg (l'auteur de la célèbre chanson Padam, Padam ! écrite pour Edith Piaf), Salvador Bacarisse (réfugié à Paris pour échapper à la répression franquiste) ou Aldo Finzi (espoir de la musique italienne encouragé par Toscanini et victime de la violence antisémite du Troisième Reich).
    Avec des contributions de Juan Allende-Blin, Emil Brix, Amaury du Closel, Albrecht Dümling, Alfred Grosser, Werner Grünzweig, Frank Harders-Wuthenow, Christiane Heine, Philippe Olivier, Birger Petersen et Gian Paolo Sanzogno.

  • Différence et identité

    Rueff-M

    • Hermann
    • 3 Juillet 2009

    Les questions des spécialistes de la poésie ne sauraient être étrangères au public le plus large. J'ai voulu mettre face à face ceux qui ont fini par se tourner le dos : les poètes et leurs lecteurs professionnels, chagrins de la désaffection du grand public, le grand public, irrité de la difficulté des propositions de la poésie contemporaine. Je me suis demandé pourquoi l'art moderne avait réussi à imposer ses visions et pas la poésie. En consacrant une étude à Michel Deguy, je me suis donc proposé de procéder comme un critique d'art. Je me suis demandé ce qui faisait la singularité de Michel Deguy. J'ai trouvé que sa poésie et sa poétique rencontraient la question qui a dominé la pensée et l'existence depuis une bonne cinquantaine d'années : celle du rapport de l'identité et de la différence. J'ai compris que la « question » du rapport poésie et philosophie était mal posée.

  • Adulé, Serge Lifar (1905-1986) a été le premier danseur très médiatique. Fort de l'aura des Ballets russes, il a insufflé un nouvel esprit à l'Opéra de Paris où il fut maître de ballet. Cet exilé, enfant de Kiev, devient une figure mondaine, ami de Jean Cocteau, Paul Valéry ou Arthur Honegger, capable de provoquer en duel le Marquis de Cuevas. Il a souhaité incarner la France, son pays d'accueil, grâce à son art. Ses activités maintenues sous l'Occupation lui valurent une éclipse. Chorégraphe, théoricien, auteur prolifique, conférencier, Lifar a promu son art dans le monde entier. N'oubliant jamais sa communauté, il a néanmoins trouvé un ancrage dans un domaine sans frontières, la danse. Il est malaisé de rendre compte d'une personnalité si riche, complexe et chatoyante. Il fallait le talent, la rigueur et la sensibilité de Florence Poudru, pour y parvenir. Cette biographie au style alerte est le fruit d'un travail au long cours, de Lausanne à Paris. Enrichie de documents iconographiques inédits, elle est appelée à devenir l'ouvrage de référence.

  • La correspondance d'Ivan Tourguéniev avec Louis Viardot (1844-1881), inédite en France, est placée sous le sceau d'une fraternité authentique. On découvre en Louis Viardot, mari de Pauline Garcia, la diva de son temps, qu'il adore et qu'il laisse adorer par son « frère » russe, l'humaniste comme lui ouvert aux préoccupations d'un XIXe siècle en maturation (les droits de l'Homme, les États-Unis d'Europe), mais aussi à celles de notre XXIe siècle en matière d'amour libre. À partir de ce postulat, s'éclaire l'énigme sur la relation mystérieuse et sentimentale entre un homme apparemment effacé, un érudit polygraphe injustement oublié, et un célèbre écrivain, Russe jusqu'au bout des ongles, qui a transposé son nid à Bougival, à la demande de Louis.

  • La première modernité a établi un dialogue entre les diverses formes d'expression que sont la peinture, la sculpture, l'architecture, la poésie, la musique, la danse, voire la mode vestimentaire. Celles-ci constituent autant de membres échangeant dans cette république artistique faisant figure de pendant à la République des lettres. Alors que s'édifient les premières institutions consacrées à l'enseignement des arts, créant une distinction entre les beaux-arts et les corporations d'artisans et apportant une certaine légitimation à l'artiste, la réflexion sur les arts trouve un nouveau souffle dans les théories esthétiques qui se développent à la même époque et qui puisent leur inspiration dans les réflexions sur le rapport entre plaisir et sensations, mettant de l'avant l'expression d'une subjectivité sensible.
    Andréane Audy-Trottier est professeure associée à l'Université du Québec à Trois-Rivières et membre du Centre interuniversitaire de recherche sur la Première modernité (DIREM 16-18).
    Kim Gladu est professeure associée à l'Université du Québec à Rimouski et chercheure associée au Centre interuniversitaire de recherche sur la Première modernité.
    Nelson Guilbert est secrétaire aux communications de la Société internationale d'étude du XIIIe siècle (SIEDS).
    Marie-Lise Laquerre est associée aux activités sur l'histoire et la pensée modernes et chargée de projet (IAMQ, Bibliotheca numerica 16-19).

  • À une époque où il est malséant pour les femmes de prendre la parole publiquement pour discuter de matières controversées ou pour formuler la critique de décisions ou de personnages politiques ou religieux, on peut se demander comment, dans les imprimés français de la première modernité, on fait parler une figure féminine ou un groupe anonyme de femmes, surtout lorsque celles-ci sont de basse extraction sociale. Qu'il s'agisse de locutrices agissant comme protagonistes au sein d'un récit ou d'un « je » féminin qui semble se confondre avec une instance auctoriale, ces « voix » féminines présentent une grande diversité d'ethe. Quels types de personæ les ventriloques ? qu'il s'agisse de rédacteurs féminins ou masculins ? élaborent-ils dans leurs écrits ? Le travestissement textuel, c'est-à-dire les phénomènes de ventriloquie entendue ici métaphoriquement, soulève plusieurs interrogations relatives à l'auctorialité féminine.
    Titulaire de la chaire de recherche James McGill en études de la Renaissance, Diane Desrosiers est professeure à l'Université McGill où elle enseigne la littérature française du XVIe siècle. Elle s'intéresse aux prises de parole féminines et à la construction de l'ethos dans les textes de cette période.
    Roxanne Roy est professeure en histoire littéraire des XVIIe et XVIIIe siècles à l'Université du Québec à Rimouski. Ses principaux domaines de recherche portent sur les femmes écrivains d'Ancien Régime, la rhétorique et l'esthétique de la galanterie dans les nouvelles françaises.

  • Diderot, qui n'a cessé de s'interroger sur la nature des événements et sur les limites du langage, a fini par produire une philosophie des singularités dans laquelle la question du moi occupe une place importante. Cette aventure intellectuelle et artistique constitue l'objet du présent essai. Trois questions l'organisent : Comment dire les singularités ? Qu'est-ce que le moi selon Diderot ? Quel rôle jouent les fictions et la création littéraire dans cette exploration du monde humain ? On découvre ainsi un penseur attentif à la variété des expériences et soucieux de ne pas trahir le réel. Paradoxalement, cette exigence le conduit à inventer des fictions d'un type particulier, comme Jacques le fataliste, Le Neveu de Rameau ou Le Rêve de D'Alembert. C'est précisément pour définir cette catégorie d'oeuvres que Franck Salaün a forgé le concept de fiction pensante.
    Nouvelle édition revue et augmentée.

  • Les morts-vivants ont de longue date envahi grands et petits écrans. Voraces insatiables, ils s'attaquent à présent à la littérature : les voici hantant les colonnes de notre Panthéon. Les auteurs qui y reposaient paisiblement marquent désormais les romans français et francophones contemporains du sceau de leur obsédante présence : celle-ci se manifeste moins par une prolifération intertextuelle que par une véritable résurrection, qui peut prendre la forme de zombis walks, de revenances spectrales ou de réincarnations en tous genres.
    Entrons donc dans la maison des morts et suivons leur titubant cortège : au détour d'étranges rencontres avec Baudelaire, Rimbaud et d'autres, on y trouvera quelques réflexions sur l'état présent de la littérature, sur son dialogue avec la culture populaire et sur le rapport des lecteurs et des auteurs d'aujourd'hui au patrimoine littéraire.

  • Le présent volume d'actes réunit quatorze articles qui tracent un trait d'union entre les jeunes communautés scientifiques française et canadienne. Alors que, dans le courant de l'année universitaire 2014-2015, le séminaire annuel « Polysémie », tenu à l'École normale supérieure de Paris, consacrait sa réflexion annuelle au thème « Dés-ordre(s) », à l'Université de Sherbrooke était organisé un colloque intitulé « Désordres, débats et discordances à l'époque moderne ». Il s'avéra que les deux comités organisateurs partageaient de mêmes principes méthodologiques : tous deux nourrissaient le souhait de faire dialoguer, autour de préoccupations similaires, les intérêts de jeunes chercheurs modernistes issus d'horizons disciplinaires variés (aussi bien historiens que littéraires, philosophes ou historiens de l'art). Aussi, de part et d'autre de l'Atlantique, résolution fut-elle prise de cultiver les fruits communs de ces travaux.
    De la simple escarmouche dans une oeuvre fictionnelle jusqu'aux grandes querelles philosophiques en passant par les polémiques à caractère social ou politique, les quatorze contributions issues de ces riches échanges entendent ainsi scruter le désordre dans ses diverses manifestations et ses dimensions multiples. À l'horizon de toutes les formes d'expressions discordantes venant troubler l'ordre établi, sur les plans tant socio-politiques qu'esthétiques, de la littérature aux arts, se dévoile, sous des facettes plurielles, l'esprit inquiet et toujours alerte animant cette période engagée dans la recherche d'elle-même.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • On a voulu, en cet essai, s'interroger sur les passages reliant poésie, fable et philosophie dans le devenir singulier de l'oeuvre de La Fontaine. Sous les images amusantes et gaies du « Fablier » diffusées par toute une tradition, surgissent alors des paysages plus sombres et plus secrets, l'appropriation de la fable ayant lieu ici sur fond de crises diffuses affectant le statut même de l'imagination poétique et les pouvoirs de la parole.
    Entre Clymène, comédie insolite des débuts, qui offre le spectacle de l'ennui des Muses pressentant l'usure, voire la mort d'une certaine poésie lyrique, et, à l'autre bout du labyrinthe, les fables du plaisir pur et de l'évidence reconquise, que purent apporter certaines formes de pensée à l'activité poétique de La Fontaine, en cette longue lutte avec l'ennui qui menace désormais le lyrisme ? Il apparaît alors qu'en cette trajectoire complexe des variations philosophiques d'une grande subtilité ont pu aider La Fontaine à inventer certaines réponses fabuleusement vivaces, donnant à l'antique genre de l'apologue un potentiel heuristique, éthique et esthétique sans précédent.
    À l'occasion d'une nouvelle édition enrichie du présent ouvrage, on s'est attaché à réexaminer de ce point de vue la vitalité déconcertante des petites expériences de pensée proposées par la Fable dans le « Jardin imparfait » de Jean de La Fontaine. Expériences qui nous situent aux antipodes des leçons de morale plus ou moins conformistes que l'on a cru si souvent y trouver ; exercices de lecture qui peuvent constituer autant d'antidotes puissants à ce prêt-à-penser en matière de morale que Nietzsche nommait la « moraline ».
    JEAN -CHARLES DARMON est professeur à l'Université de Versailles et directeur du Centre de Recherches sur les Relations entre Littérature, Philosophie et Morale de l'École normale supérieure de Paris. Il est notamment l'auteur de Philosophie épicurienne et littérature du XVIIe siècle en France, du Songe libertin et de Philosophies du divertissement. Le « Jardin imparfait » des Modernes.

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