Ibis Rouge Editions

  • Laurence, jeune femme active, quitte le foyer familial pour s'installer dans son propre appartement. Au cours d'une soirée chic, elle fait la connaissance de Mike, jeune responsable commercial au charme dévastateur, qui la séduit immédiatement grâce à sa joie de vivre et sa galanterie. Elle partage avec insouciance sa vie de fêtes et de prestige.
    Mais, jour après jour, le portrait de Prince Charmant moderne de Mike s'écaille laissant deviner un être manipulateur, spectre d'une vie pleine de paillettes, qu'elle n'aurait jamais imaginé. Aveuglée par son amour pour lui, elle le laisse l'entraîner sur la pente d'une dangereuse addiction à la cocaïne.
    C'est alors pour cette jeune femme, une inexorable descente aux enfers.
    Quand les voies de l'amour et de l'ambition vous mènent sur les ­chemins de la dépendance, être fort c'est parfois savoir demander de l'aide...

  • Prix Carbet de la Caraïbe 2001
    Le Nègre du Gouverneur (1978) est suivi de Guyane pour tout dire (1980) et Le mal du pays (1980), deux longs poèmes.
    Au-delà de l'intérêt historique, de l'intrigue bien menée et d'une technique narrative fondée sur la mise en abyme, cette chronique est ainsi une interrogation de Serge Patient sur l'idéologie de l'assimilation, un siècle après l'abolition de l'esclavage et trente ans après la loi de la départementalisation de 1946. Qu'elle s'appelle assimilation, intégration ou même marronnage intérieur, cette quête n'est-elle pas une illusion ? l'esclavage, il n'y a qu'une alternative : la liberté totale, ou alors la soumission totale.
    Questions toujours d'actualité, n'est-ce pas, en ces temps où le « changement de statut » remplace, dans le langage politique comme dans le discours social, les trop illusoires « indépendance », « autonomie ». Mais attention, nous sommes dans un de ces pays où une illusion en appelle toujours une autre.

  • Prix Carbet des lycéens 2006
    Thibault vient d'être reçu à un concours de la fonction publique, il choisit la rue Oudinot comme affectation. Il accompagne cette nouvelle, qu'il annonce à son père, libraire du 15e arrondissement de Paris, des résultats d'une analyse qui prouve sa filiation. Pourquoi une telle démarche?
    Ce roman, dont le récit se construit sur trois siècles nous entraîne dans les méandres de la génétique et d'une histoire délibérément dissimulée.

  • Après le succès de Pa ban gaz, une étude sur le créole des jeunes, Marie-Rose Lafleur nous revient avec une étude de l'image des femmes dans la littérature orale et la culture populaire.

    Pour ce faire, elle est partie du lexique des devinettes, des proverbes, des contes, des chansons folkloriques et des croyances. De son analyse socio-anthropologique sur le statut de la femme aux Antilles françaises, elle dégage deux images de la femme, la femme mère, pilier de la famille, qui atteint dans la culture populaire la « consécration », c'est Marie qui s'oppose à Eve, « fanm, sé kabann a sèpan ». Dans cette deuxième représentation, la femme est perçue comme dangereuse et est affublée de stéréotypes négatifs et le plus souvent dévalorisée.

    Illustrations de la couverture et de l'intérieur: Christophe Lefaivre.

  • Sidonie, ma Soso, prends la p'tite Milly, nous quittons la plantation ! Partons ! Partons ! Les Longchien ne doivent pas nous trouver ici ! Allons-y ! Allons-y ! Non, non, laisse tout ça. Prends juste quelques rades. Oui, oui, oui Sidonie enveloppe-la dans un drap et prends-en d'autres. Ignace, mets tout ça dans le pagara là, allez ! Allez ! Ne traînez pas !
    Ambroisine M'Boyo les fit passer devant, prit quelques objets particuliers qu'elle cachait sous son lit ainsi que dans chaque coin de sa cabane, suivit ses petits-enfants en leur indiquant le sentier à emprunter jusqu'au Vieux Mannly.

  • ?Albert Béville (1915-1962), de son nom de plume Paul Niger, aura marqué de son empreinte la littérature négro-africaine et antillaise ainsi que l'histoire politique des Antilles et de la Guyane. Poète, romancier, essayiste, militant politique, il est du premier cercle autour d'Alioune Diop qui va porter sur les fonts baptismaux la revue Présence Africaine. Initiateur avec, entre autres, Édouard Glissant du Front des Antillais et Guyanais pour l'autonomie, dissous par de Gaulle, il portera une critique radicale de l'assimilation et sera un des penseurs fondateurs du «?nationalisme » antillais.
    Florilège de témoignages : Aimé Césaire estime qu'il « a été un des ouvriers de la résurrection de l'Afrique. [...] Son expérience des affaires administratives, sa connaissance du monde, sa probité intellectuelle, son tranquille courage, sa mesure, [...] faisaient de lui, un leader irremplaçable » ; pour Édouard Glissant « Albert Béville était parmi nous irremplaçable » ; et Guy Tirolien, « ne pense pas qu'il y ait beaucoup de Guadeloupéens qui aient été aussi favorisés par le destin pour faire un tel travail de jardinier intellectuel ».

  • Ce récit tente de raconter, au rythme d'un calendrier imaginaire, un condensé de ressentis, d'actions, de réactions aux rencontres, d'éléments prévisibles et inattendus ayant jalonné sur dix ans la réalité de mes jours marquée par l'inconscient de mes nuits. Quelques huis de mon parcours vital dévoileront sous forme d'allers-retours dans l'Entre-deux, l'envers ou le décor d'événements personnels et/ou politiques fondamentaux qui ont changé le cours des choses, de voyages intérieurs et extérieurs, de migrations, d'acculturations et d'échanges, ornés de joies côté face, parsemés de douleurs côté pile... Une existence de funambule jonglant sur les frontières. Pile ou face, le jour face à la nuit ; pile, l'enfance, face, la maturité. Pile, la mort ; face, la vie, ou le contraire, comme toutes les vies, de janvier à décembre, de mois en mois, une vie à pile ou face.

  • Gilbert Pago nous retrace la résistance des femmes des campagnes martiniquaises dans les 22 années qui ont suivi l'épopée de 1848.

    L'auteur relate cette dure page à travers le personnage de feu que fut Marie-Philomène Roptus, mieux connue sous l'appellation de Lumina Sophie dite Surprise, une des insurgées les plus actives de l'Insurrection de 1870 dans les campagnes du sud de la Martinique.

    De Surprise, celle dont on a dit qu'elle fut la figure de proue de la révolte, l'image même de ces femmes représentant la flamme de l'insurrection, la biographie manquait !

    Gilbert Pago lui rétablit son identité, fait découvrir son lieu de naissance, la campagne de son adolescence. Il nous fait connaître sa grand-mère, sa mère, son frère, ses oncles et tantes, ses cousins et cousines, sa filleule, son concubin et son fils. Il nous décrit l'univers impitoyable que fut le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni où elle passa les huit dernières années de sa vie avant de mourir à l'âge de 31 ans.

    Il nous fait défiler l'histoire passionnante, douloureuse et tragique de Marie-Philomène Roptus dite Lumina Sophie dite Surprise, insurgée et bagnarde, femme-flamme du Sud en révolte.

  • Voici un vrai roman créole avec des personnages de chair et de sang, des circonstances de lieux et de temps qui nous renvoient à la Guyane de la première moitié du xxe siècle.
    Lyne-Marie Stanley réssuscite une famille guyanaise de la campagne qui a succombé à la fascination de la ville, mais essaie de retrouver les solidarités paysannes de l'habitation et du mayouri. La saison des abattis, c'est le temps de la nostalgie des travaux et des jours, et des rires, des chants et des danses qui faisaient de la vie une récréation festive et chaleureuse.
    Dans ce roman, trois belles figures de femmes guyanaises se racontent. D'abord Man Nana, la grand-mère, « petite-fille d'esclave et descendante de Nèg'marrons », obsédée par l'éclaircissement de sa progéniture. Céphyse, sa fille, qui donnera la vie suite à une passion irraisonnée et enfin Palmyre la jeune adolescente qui est « instinct, nature et sensualité ».

  • Plusieurs fois par an, je me rends à Anduze pour rendre visite à Joseph Zobel et rester quelques jours avec lui. Il y a un mois, cependant, je ne m'attendais pas à le retrouver à l'hôpital d'Alès. Mon épouse et moi lui avons pris les mains, comme pour accompagner sa fuite vers les îles. Il ne nous a reconnu qu'à notre départ. Trois jours plus tard, Joseph va mieux. Il nous reconnaît, fait le joli coeur auprès de Christine :

    - Que vais-je offrir à cette dame ?

    Il lui prend la main, joue avec le cabochon qu'elle porte au doigt.

    - Mais je lui ai déjà offerte cette bague.
    Plus tard, l'infirmière lui apporte deux yaourts qu'il refuse sans ménagement.
    - Ah, ma chère, dit-il doctement à Christine, le boudin antillais, c'est quand même autre chose !
    Au moment où, rassurés, nous prenons congé de lui, nous n'avons pas fait dix mètres dans le hall que je l'entends crier, avec toute sa vigueur d'autrefois.
    - José !
    - Viens-là, me dit-il en faisant signe de l'approcher. Tu te rappelles ce jour où nous avons fait la sieste ensemble dans ma chambre de la maison de retraite.
    - Oui !
    - Et bien je vais te dire quelque chose.
    - Quoi ?
    - La prochaine fois, on fera un repas tout simple, mais ni toi ni moi ne sommes capables de le faire. Francis peut-être en approcherait : mais ce ne sera pas ça ...
    - Quoi ?
    - Le boudin créole.

    Le soir même, j'ai commencé à écrire ce livre...

    José Le Moigne, Lodève, 5 mai 2006

  • « Aujourd'hui à l'heure où d'autres naissent, Monsieur Sainte-Rose est mort paisiblement allongé dans son hamac. » Dans le village, la nouvelle se propage grâce à devant-le-chinois.
    Devant-le-chinois, c'est quelques mètres carré de bitume fatigué et quelques bornes contre lesquelles s'appuyer délimités par un vague muret. L'entrée du seul magasin du village, c'est surtout le théâtre où viennent se rencontrer tous les visages, toutes les histoires et toutes les langues de ce petit recoin d'Amazonie. Il y a Monsieur Sainte-Rose le vieil Haïtien, Lacolle, bagarreur impénitent et amoureux de littérature, Alinata le Malien aux chaussures impeccablement cirées, Kouka l'orphelin, Apunto le Saramaca mystérieux, et bien d'autres encore.
    Dans ce roman d'une remarquable finesse, l'auteur s'attache à l'existence des « sans-trace » dont il effleure l'humanité terrée au fond de chacun d'entre eux. Devant-le-chinois se côtoie tout un monde, souvent rugueux, parfois violent, mais toujours riche du besoin de partager un verre ou une histoire, aux sons mêlés de la brega, du reggae et du kasékò.

  • « Guyane, pour tout dire », vaticinait le poète Serge Patient. Car, comment dire ? Et quoi dire ? Tâche difficile voire impossible, mais entreprise salutaire. Aussi bien, à son exemple, faut-il que tour à tour chacun ait à coeur de s'interroger, au lieu de l'origine, au premier commencement de l'inquiétude identitaire collective. Qui et quels sommes-nous ? Qu'est ce pays devenu ? Quelle en est la raison d'être, le centre de gravité ? A cette question entêtante, aujourd'hui comme naguère constamment recommencée, s'il est une réponse peu ou prou éclairante, d'utiles éléments en sont d'ores et déjà, là, réunis. Ce pour quoi il est de bonne méthode de relire Michel Lohier. Toute modeste soit-elle, son oeuvre est un viatique au sens propre du mot. Pour remonter à la source du fleuve, à travers les forêts amazoniennes, il est un guide discret mais des plus fiables.

    Extrait de la préface du professeur Roger Toumson

  • Tout semble avoir été écrit sur la Guyane, cette terre équinoxiale marquée par le brassage progressif de races originaires des continents américain, africain, asiatique et européen.

    Et pourtant, après une littérature pour l'essentiel consacrée à l'histoire coloniale, aux échecs successifs de la politique de peuplement, aux luttes héroïques et victorieuses pour le respect de la dignité des hommes par suppression d'abord de l'esclavage puis du bagne, aux richesses forestières et minéralogiques inexploitées ou mal valorisées - éternelles promesses faites de fleurs jamais écloses -, l'ouvrage de Georges Othily, J'assume tout !, vient à son heure.

    Avec lucidité et dans un style alerte où la richesse du vocabulaire ajoute à l'éloquence de la phrase, l'auteur expose les problèmes qui se posent à l'aube du xxie siècle pour assurer à ce département continental d'outre-mer un développement économique réel qui s'inscrive dans la durée et soit l'oeuvre de tous les Guyanais.

    Cet ouvrage va incontestablement contribuer à la connaissance de l'histoire économique de la Guyane. Aussi, c'est très justement que l'auteur peut écrire : « Ce que j'ai fait, je devais le faire ».

    Extrait de la préface de Bernard Courtois
    Ancien préfet de Guyane (1984 - 1986)

  • PRIX LITTERAIRE DE LA VILLE DE COLMAR 2010
    Brave homme ou chevalier des causes perdues, sûr de ses compétences, de sa maîtrise de l'art des tragédies, Adnan avait l'espoir déraisonnable de libérer son peuple du fléau de l'esclavage. Il était de ces hommes qui pansent seuls leurs plaies. L'insoumission, l'honnêteté assassine, la fuite dans sa force imaginaire forgèrent son caractère et le guidèrent vers son destin. De gré ou de force, devenu Anselme après sa vie lointaine lourde de sang et de souffrances, il voulut conserver son honneur et sa dignité. Alors qu'une vie nouvelle qu'il n'avait osé espérer dans cet étrange monde où il vécu s'offrit à lui, il continua à porter sa cargaison d'iniquité. Lémy Lémane Coco narre la chronique douce-amère de son ancêtre pirate. Sa pesante ascension à bout de sabre s'en fut dans un ciel pâle. Malgré le poids de son âme et de son dénuement, il avait cette force inextricable qui le poussait à vivre. L'Histoire qui nous vient, fait de nos vertus le support d'une curiosité que notre destin doit commettre.

  • L'origine de la lignée de Jean-Paul Irta le condamne bien avant sa naissance.
    À Fort-de-France, où elle vivait pauvrement, Rosemaine sa tante, séduite par la promesse du bumidom, avait besoin, comme vous et des milliers d'autres Antillo-Guyanais, de rêves. Un jour, elle partit s'installer dans une ville provinciale où avec son ami, ils résidaient modestement dans un des nombreux immeubles taillés les uns aux pieds des autres comme d'immenses pans de roches.
    La possibilité d'obtenir un logement décent lui parvint rapidement grâce à un contrat sur le foetus que portait sa soeur Théodora. Par ce truchement, Rosemaine réussit à programmer un rapprochement familial et retourna récupérer Jean-Paul à peine sortie des entrailles de sa mère pour le ramener en France hexagonale.
    Dans un univers de tentations et d'engrenages néfastes, Jean-Paul lui, en grandissant, tentera d'éviter la spirale infernale : problèmes d'argent et avec la justice, secrets autour de sa propre ­identité mais aussi et par dessus tout de ne plus être la cible des opportunistes du système défaillant...

  • Sommes-nous vraiment qui nous sommes ?
    Ce roman, empreint de tendresse et de nostalgie, est l'histoire d'une petite fille qui grandit à la cour Monbruno, dans une Guadeloupe d'antan, entre souvenirs et questionnements. Dans ce milieu défavorisé mais pourtant loin d'être miséreux, l'enfant questionne sa place dans cet univers de ­lakou ou « quartiers pauvres » dans lequel elle évolue. Progressivement, elle intériorisera les différents éléments qui peut-être constitueront la personne qu'elle deviendra dans le futur...

  • Qui est ce Jean-Mohamed Galmot qui débarque en Guyane quelques jours avant le centième anniversaire des événements de 1928 ? Serait-il la réincarnation de Jean Galmot ? Étrange, oui, vraiment, ce qui arrive à Jean-Mohamed en cette année terrible de 2028 où il devra tout simplement sauver le monde... Mais est-ce encore possible ? Et d'ailleurs, de quel monde s'agit-il ?
    André Paradis a écrit ici le roman que personne n'attendait.
    Une nouvelle vérité (et définitive !) sur l'Eldorado ?

  • Vincent Placoly (1946-1992), écrivain polygraphe a su redonner à la littérature caribéenne et panaméricaine un souffle nouveau après les premiers essoufflements de la négritude. Si son oeuvre (roman, théâtre, nouvelle, essai, critique journalistique et politique) se situe dans le prolongement de l'oeuvre de Césaire, Fanon, Zobel et des premiers écrits de Glissant ainsi que des écrivains haïtiens et latino-américains des décennies 50-60, elle se place également dans le sillage des nouvelles écritures qui semblent annoncer les nouveaux contours de l'espace littéraire américain. Le contexte politique et idéologique qui accompagne la genèse de l'oeuvre de l'auteur martiniquais est à n'en pas douter à l'origine d'une vision à la fois engagée et panaméricaine de la littérature.
    L'écrivain de la décolonisation qu'est Vincent Placoly met donc sa haute conception de la littérature au service de l'émancipation collective. Après le Discours sur le colonialisme de Césaire, Peau noire masques blancs et Les Damnés de la terre de Fanon, Soleil de la conscience d'Edouard Glissant, l'écriture placolienne s'inscrit dans une tradition qui confère à la littérature une mission civique et hautement politique. Les défis que constituent la désaliénation, la décolonisation des pensées et des imaginaires, la formulation de nouveaux schèmes sont autant de préoccupations chez Placoly.
    La poïétique placolienne à l'instar de Carpentier puise dans l'histoire, dans le réel pour traduire la vérité de l'Être et de sociétés postcoloniales de l'arc caribéen. Il s'agit d'inventer un nouveau langage littéraire, de poser une esthétique singulière et de concevoir une éthique susceptible de transformer l'animal social.

  • Premier tome (2011) d'une série qu'on espère longue, Brèves de savane entend rendre hommage aux écrits d'un pays ignoré à tort des milieux littéraires : la Guyane. Ce recueil de douze nouvelles d'auteurs variés prétend combler une lacune et prouver qu'en forêt ou en savane on peut aussi trouver des plumes.
    Laurène Belrose, Le jour ou la nuit, Madame Cléante n'ira pas au cimetière
    Françoise Loe-Mie, Ernestine N'Boyo.
    Bernard Montabo, L'incendie de la bibliothèque, Le secret de Manon.
    André Paradis, L'homme qui était né à Iracoubo, Tant fait temps, La dernière fin du monde.
    Eunice Richards-Pillot, Toute une éternité, Une histoire d'Amour.
    Julienne Salvat, Fils interdit.
    Sylviane Vayaboury, Mosaïque aurifère.

  • Les Guyanais

    Karl Joseph

    « Comment capturer la direction que prennent les choses ? Comment discerner dans les émotions du moment celles qui laisseront place aux croyances de demain ? Je veux répondre à cette question, aux contours incertains : « Qui sommes nous aujourd'hui, Guyanais du début du xxie siècle ? »
    J'ai envie de documenter la Guyane d'aujourd'hui, certes, mais j'ai aussi envie de retrouver un lien avec mo ti-peyi que j'ai quitté, dans une sorte d'exil volontaire il y a 18 ans.
    Les seules traces que nous gardons de notre passé sont faites des émotions dictées par notre sensibilité. Alors, je trie, sélectionne et combine les clichés avec la volonté de documenter le présent, mais je garde à l'esprit que ce projet répond aussi à mon propre besoin de réexaminer mon identité.
    Qui fait écho à toutes celles que j'ai croisées.
    Je fais, moi aussi, partie du puzzle. »
    K. Joseph

  • «?Sur le podium, on procédait depuis quelques instants, à la remise des récompenses sous l'objectif des cameramen de Porto-Rico. Trophée au poing, Pipo écoutait à peine monsieur le maire, fixant déjà rendez-vous au public pour l'année prochaine. Il entendait battre le coeur de «?Papillon?», juché sur son épaule, tel un coq de combat. Non. Jamais de sa vie, il n'avait éprouvé cette sensation de puissance et de liberté. On aurait dit un trou vertigineux se creusant dans son ventre, tandis que «?Papillon?» jouait à saute-mouton sur les nuages. Les nuages. Les vagues. A un moment, il avait cru, jusqu'à défaillir, que c'était le même océan.?»

  • Écrire au sujet des femmes, on ne le fera jamais trop.
    Majoritaires dans la population, elles continuent pourtant d'être traitées comme une minorité et d'être l'objet de violences et des barbaries les plus inimaginables à travers le monde.
    Asservies, violées, mutilées et même tuées avant de venir au monde, toujours plus de femmes souffrent ici et ailleurs.
    Des féminicides en Inde, au Bangladesh et en Chine aux viols ethniques perpétrés au Rwanda ou dans les pays de l'ex-Yougoslavie, en passant par la barbarie de l'excision qui mine (encore) de nombreux pays d'Afrique, notre société occidentale avec ses taux alarmants de violence conjugale n'est toutefois pas en reste.
    Si la manière est différente, l'objectif avoué ou non reste le même : excisées, voilées, mariées de force, tuées au nom de l'honneur ou réduites à toutes formes d'esclavage ; sous-payées, battues, violées, interdites d'instruction, les formes différent, mais la volonté est la même, l'exécrable domination d'un genre sur l'autre.
    Marie-Andrée Ciprut [...] a semé par ses écrits, ses conférences, ses thérapies, mais ses amitiés aussi, quelques graines d'espoir.
    Cet ouvrage, sans concession sur la situation des femmes aujourd'hui, nous conforte que, décidément, écrire au sujet des femmes reste un devoir de révolte et d'information.
    Ne jamais s'habituer, ne jamais tolérer l'intolérable, ne jamais admettre l'inadmissible et garder l'indignation vive, afin que chaque enfant qui vient au monde puisse vivre dans la dignité, le respect, l'intégrité et l'égalité.

    Extraits de la préface de Fabienne Bugnon

  • Marquée par les aléas de la vie dès sa plus tendre enfance, Marie-Madeleine choisit de mener sa propre destinée loin des recommandations des uns et des autres. Elle laissait à ceux qui le désiraient cette destinée où tout était basé sur une certaine idée de la morale. Elle ne les enviait pas du tout dans ce dessein qui consistait à avancer ou à reculer surtout, selon des principes établis, rabâchés de mères en filles, de pères en fils, de génération en génération de dirigés. Comme si tout un pays était encore à fond de cale. Morale qui les menait bien prudemment en-deçà de tous les plaisirs de la vie ; ceux qu'ils considéraient vils, vicieux, malsains, impropres, pour avoir introduit les chaînes d'antan au plus profond de leur conscience.

    Sur fond de faits historique, Entre l'arbre et l'écorce rend hommage à la mémoire collective. Marie-Madeleine donne le « la » au récit avec ses frasques de mâle-femme. Marie-Madeleine que l'on pourrait qualifier, en premier lieu, de libertine, de ravèt roch, de macocote, s'affirme au fil des pages, comme une femme, tout simplement. Une femme avec ses fantasmes, ses amours, ses croyances et ses angoisses.

    Et puis, quoi d'autre que le mensonge, ce sacré secret de famille, pour tuer l'autre ? Le mensonge, le coeur du mal...

    Entre l'arbre et l'écorce est au-delà de tout l'histoire d'une stigmatisation du mensonge plutôt que celle de l'inceste et de l'homosexualité montrés aux lecteurs dans un tourbillon des sens.

    Ce roman est également une satire de la société créole dans laquelle évoluent les personnages de Françoise James Ousénie Loe-Mie.

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