Les Presses de l'Université de Montréal

  • Cet ouvrage propose un panorama des littératures francophones d'Afrique, de la Caraïbe et du Maghreb dans une nouvelle perspective qui fait apparaître toute leur singularité et leur dynamisme. La production littéraire de ces trois régions est systématiquement abordée à partir d'un survol de l'ensemble des littératures francophones qui permet de mieux en saisir les enjeux sociohistoriques et esthétiques.

    Loin d'être des annexes régionales ou exotiques de la littérature française, ces littératures d'Afrique, de la Caraïbe et du Maghreb en sont devenues des lieux de renouvellement à bien des égards. C'est ce que montre cette introduction, par une approche souple qui tient compte à la fois des générations d'écrivains, des mouvements littéraires, des textes essentiels et des dates importantes. De plus, les oeuvres et les auteurs sont présentés dans le cadre des principaux genres que sont le roman, la poésie, le théâtre et l'essai.

    Cet ouvrage s'adresse tout autant aux étudiants et aux lecteurs qui abordent ces champs littéraires pour la première fois, qu'à ceux qui voudront en connaître davantage. Il constitue une référence indispensable et fournit des pistes de lecture judicieuses.

    Christiane Ndiaye est professeure au Département d'études françaises de l'Université de Montréal.

  • De Maurice Sand, l'histoire culturelle et littéraire n'a en général retenu que son état de fils bien-aimé de la plus célèbre écrivaine du 19 e siècle. Pourtant, son oeuvre - qui allie peinture, dessin, illustration, théâtre, histoire de l'art et sciences naturelles - porte la marque d'un créateur original et cohérent.
    Dans cette première étude exhaustive et magnifiquement illustrée, Lise Bissonnette présente l'oeuvre de Maurice Sand enfin vue comme un ensemble et explore les mécanismes de sa méconnaissance historique. Elle en dévoile une cause déterminante : sa transversalité, irrecevable en un siècle qui n'y voyait que de la dispersion, mais qui est paradoxalement un signe de qualité dans le domaine actuel des arts. Elle montre enfin toute la richesse et la finesse des travaux de cet artiste qui cherchait constamment à réinventer le passé, sous un mode fantastique tempéré par l'étude scientifique, notamment celle des métamorphoses qu'il traqua en histoire, en ethnogénie et en entomologie. De nombreux fils le relient ainsi aux thèmes centraux de notre temps.

    Titulaire de neuf doctorats honoris causa et docteure en lettres de l'Université de Montréal, Lise Bissonnette est journaliste, administratrice et écrivaine. Elle a dirigé le quotidien Le Devoir de 1990 à 1998 et a été présidente de Bibliothèque et Archives nationales du Québec jusqu'en 2009.

  • La lampe que l'on éteint et le livre que l'on referme aux accents mélancoliques de Greensleeves, quel téléspectateur né avant 1950 ne relie ces gestes au Survenant, avec un profond sentiment de nostalgie ?
    Aucune oeuvre littéraire québécoise - si l'on excepte Un homme et son péché - n'a connu un succès populaire semblable à celui du Survenant de Germaine Guèvremont. Le Survenant, Angélina, Amable, Phonsine, le père Didace, ces fascinants personnages romanesques garderont à jamais les figures des comédiens qui les incarnèrent à la télévision, de 1954 à 1960. C'est que, souvent, on a « vu » le Survenant avant de l'avoir lu.
    Marie-Didace, second roman de Germaine Guèvremont, n'a jamais connu la gloire du Survenant, peut-être parce qu'il en constitue la face cachée. Comment expliquer alors l'intense émotion qui s'en dégage ? Sans doute parce que Marie-Didace est traversé par la nostalgie d'un paradis perdu et que les personnages y sont hantés jusqu'à l'obsession par le souvenir du Survenant. Sans lui, le Chenal du Moine n'a plus rien que de désespérément banal. Et si le Grand-dieu-des-routes est désormais une figure inoubliable de la littérature québécoise, c'est bien sûr parce qu'il disparaît à la fin du Survenant, mais c'est surtout parce que Marie-Didace l'a transformé en mythe.
    Quelques mois avant sa mort, survenue en août 1968, Germaine Guèvremont avait remis à Fides un exemplaire de l'édition de 1966 du Survenant, qu'elle avait au préalable corrigé de sa main. C'est sur cet exemplaire que se fonde l'édition critique. Le texte du Survenant et celui de Marie-Didace sont précédés chacun d'une longue introduction comprenant des aperçus biographiques renouvelés et une analyse des diverses étapes de la composition du roman, ainsi qu'elles se dégagent de la correspondance que l'auteur entretint avec le poète Alfred DesRochers. S'y trouvent également examinés les différents états du texte, depuis la dactylographie récemment découverte jusqu'à la version dite « définitive ». Chaque roman est suivi de notes linguistiques, d'un important glossaire et d'une abondante bibliographie.
    Professeur titulaire de littérature et de philologie au Département des lettres françaises de l'Université d'Ottawa, Yvan G. Lepage a publié des éditions critiques du Roman de Mahomet (1977), du Couronnement de Louis (1978), de l'oeuvre lyrique de Richard de Fournival (1981), des Mémoires de Marie-Rose Girard (1989) et des chansons du trouvère Blondel de Nesle.

  • Le cri de révolte de son héros se répercute par-delà les générations, mais, pour Félix-Antoine Savard, Menaud maître-draveur était d'abord et avant tout un texte littéraire dont il aspirait à faire une oeuvre d'art, la plus parfaite possible. La Bibliothèque du Nouveau Monde peut enfin offrir au public une édition du texte que l'écrivain lui destinait en 1967 : c'est l'aboutissement d'un travail de réécriture s'étendant sur plus de trois décennies. De la première version manuscrite à la dernière édition revue par l'auteur, on ne compte pas moins de douze états de Menaud, dont cinq sont totalement irréductibles : on les trouvera ici, commodément réunies.
    Professeur de littérature et de philologie au Département des lettres françaises de l'Université d'Ottawa, Yvan G. Lepage a établi l'édition critique du Survenant et de Marie-Didace de Germaine Guèvremont, dans la BNM. Il prépare une biographie de Félix-Antoine Savard.

  • Dans les accents vivants et touchants d'une francophonie mouvante, Assia Djebar explore les voix qui l'assiègent, des voix de femmes en arabe dialectal et en berbère, des voix qu'elle restitue dans son français à elle, tissé de ce marmonnement multilingue.
    Les divers textes ici rassemblés, aux genres mêlés - poésies, courtes narrations, analyses -, témoignent d'une écriture française de femme algérienne portée par toutes ces voix. Une oeuvre belle et unique, où l'acte même d'écrire et ce qui s'y joue se donnent à entendre.
    Assia Djebar, née en Algérie en 1936, écrit en français. Elle a publié son premier roman, La Soif, à l'âge de 20 ans. Depuis, elle a fait paraître une douzaine de livres et a réalisé deux longs métrages. Elle dirige le centre d'études françaises et francophones de l'Université de Louisiane. Elle a reçu, en 1996, le prestigieux Neustadt International Prize for Literature pour l'ensemble de son oeuvre.

    Prix de la revue Études françaises 1999

  • L'autobiographie, sous ses divers avatars, a connu une expansion sans précédent, au point de devenir le registre dominant de la littérature d'aujourd'hui. Ses frontières génériques sont plus incertaines que jamais et la distance du sujet à lui-même implique un questionnement qui touche inévitablement le nom.

    Par ailleurs, à côté de la linguistique du nom propre, très productive ces dernières années, les travaux sur l'écriture de soi se sont multipliés dans le sillage d'une nouvelle phénoménologie de l'identité. Le nom propre s'est ainsi retrouvé au coeur de la réfl exion sur les limites de la fiction et de la non-fiction. Voici qu'il apparaît, à l'égal du sujet ou de la vérité qu'il aurait fonction d'attester, comme une catégorie instable, sujette au doute et aux manipulations. L'être et l'identité sont désormais devenus friables.

    Le moment est donc venu de mettre à l'épreuve le modèle canonique proposé par l'école formaliste et sa confiance dans l'autorité du nom propre.

  • La conversion de femmes occidentales à l'islam est un phénomène intrigant, même s'il reste relativement marginal. Le peu que nous en connaissons est déformé par les préjugés et l'incompréhension. Mais qu'en est-il en réalité ?
    L'anthropologue Géraldine Mossière, qui s'intéresse aux comportements religieux actuels et à ce qu'ils révèlent des sociétés modernes, a tenté de percer le mystère de Québécoises et de Françaises converties qui se sont confiées à elle au cours d'une enquête passionnante.
    Dans cet ouvrage, elle invite le lecteur à découvrir les trajectoires personnelles et singulières de femmes converties, mais aussi à mieux comprendre la démarche de l'ethnographe dans cet univers exclusivement féminin.

  • OEuvre maîtresse de Germaine Guèvremont, Le Cycle du Survenant n'a jamais été lu dans son entièreté ; destinée à être diffusée à la radio puis à la télévision, une large partie en est demeurée inédite. Le présent volume, auquel s'ajoute un document numérique en libre accès, présente une édition critique du recueil En pleine terre et permet de rendre compte de sa genèse complexe en montrant ce qui unit et distingue les différentes oeuvres du cycle. Cette présentation fouillée trouve son prolongement en ligne, dans l'édition numérique du Survenant, de Marie-Didace et des premières adaptations radiophoniques de ces romans, où l'on trouvera également, en appendice, un vaste corpus de textes qui éclairent l'ensemble du cycle.

    Ce premier volume du Cycle du Survenant ainsi que son supplément jettent un éclairage nouveau sur l'une des oeuvres fondamentales de la littérature québécoise.

    David Décarie est professeur au Département d'études françaises de l'Université de Moncton où il enseigne la littérature française du XXe siècle.

    Traductrice littéraire et écrivaine, Lori Saint-Martin enseigne au Département d'études littéraires de l'Université du Québec à Montréal.

  • Par son oeuvre innovatrice et pluridisciplinaire qui a rayonné autant ici qu'à l'étranger, Edmund Alleyn s'impose comme l'un des artistes québécois les plus importants de la période post-automatiste. Depuis sa disparition en 2004, le regain d'intérêt à son endroit a culminé avec la rétrospective que lui consacrait le Musée d'art contemporain de Montréal en 2016. Cette biographie intellectuelle prolonge la fascination qu'a suscitée le travail d'Alleyn depuis ses débuts chez les amateurs d'art et les critiques. Fruit d'une recherche approfondie, cette enquête prend la forme d'un récit rigoureux explorant tous les aspects de la vie de cet artiste inclassable qui a notamment présenté en 1970, au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, une des toutes premières oeuvres polysensorielles au monde, l'Introscaphe.

    En examinant à la loupe la vie et la carrière d'Alleyn, l'auteur dépeint en toile de fond toute une époque. Des années 1950 au début des années 2000, il décrit les liens entre les milieux culturels parisien et québécois, rend compte des théories artistiques de l'heure et, plus fondamentalement, analyse le rapport existentiel entre l'art et la vie. Cet ouvrage constitue ainsi une mine d'informations sur la vie personnelle d'Alleyn, sur ses idées esthétiques et son engagement comme artiste, tout en éclairant sa contribution décisive à l'histoire de l'art contemporaine du Québec.

    Gilles Lapointe est professeur associé au Département d'histoire de l'art de l'Université du Québec à Montréal. Spécialiste du mouvement automatiste, il est l'auteur de plusieurs études et essais, dont L'Envol des signes. Borduas et ses lettres (1996) et La Comète automatiste (2008), et a coédité les Écrits de Paul-Émile Borduas (PUM, 1987 et 1997). Il a fait paraître aux Éditions du passage, en 2013, en collaboration avec Jennifer Alleyn, les écrits sur l'art d'Edmund Alleyn, De jour, de nuit.

  • Cet ouvrage présente une analyse exhaustive de la construction d'Albertine, en cinq temps de Michel Tremblay, depuis ses origines manuscrites jusqu'à ses réalisations scéniques les plus marquantes. Le lecteur pourra y suivre le processus créatif du dramaturge - pour ainsi dire par dessus son épaule - mais aussi de tous ceux qui ont contribué à faire connaître ce chef-d'oeuvre du théâtre québécois au Québec et à l'étranger. S'appuyant sur plusieurs documents inédits ou difficilement accessibles, l'auteure présente une étude génétique commentée de trois états manuscrits de la pièce, un examen de sa création par André Brassard en 1984 et de sa reprise par Martine Beaulne en 1995, ainsi que des entretiens exclusifs qu'elle a menés auprès de ses principaux artisans. Elle analyse également la diffusion et la réception d'Albertine au Québec, mais aussi ses mutations au Canada anglais, aux États-Unis, en France et en Grande-Bretagne.

    Ce livre incontournable s'adresse bien sûr aux professeurs et aux étudiants en études littéraires et théâtrales, mais aussi à tous ceux qui sont tombés sous le charme de l'oeuvre grandiose de Michel Tremblay.

  • Les politiques de soutien qui visent les sans-emploi sont de plus en plus souvent assorties de conditions que l'on regroupe sous le terme de contrepartie. Ces politiques dites « actives » font appel à la responsabilité des personnes et imposent des conditions plus ou moins contraignantes. Parallèlement, l'aide tend à devenir moins généreuse. Ce livre étudie la transformation de ces politiques dans six pays : le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et le Danemark. Cette étude comparative transversale fait ressortir les relations entre les sans-emploi et l'État, le marché du travail et l'environnement social.
    La contrepartie témoigne de la transformation de l'action sociale des États. La situation varie beaucoup d'un pays à l'autre, et ces différences sont révélatrices de tendances plus larges à l'oeuvre dans les politiques sociales. On trouve d'un côté des pays qui organisent le traitement des sans-emploi sous un mode plutôt collectif et de l'autre, des pays où l'individu et la sanction du marché constituent la référence première. Par ailleurs, si l'intervention de l'État passe de plus en plus par un soutien aux familles, celui-ci varie beaucoup au point d'apparaître comme la dimension la plus discriminante des nouvelles politiques sociales.
    Ce livre propose une analyse systématique des logiques d'intervention qui façonnent ces nouvelles formes de protection sociale. Il s'adresse non seulement aux chercheurs, mais aussi aux professionnels qui interviennent auprès des personnes sans emploi et aux décideurs.
    Pascale Dufour est chercheur post-doctoral à l'Institut d'économie politique de l'Université Carleton (Ottawa) et membre du Groupe de recherche interdisciplinaire Engendrer la Cohésion sociale, de l'Université de Montréal.
    Gérard Boismenu est professeur titulaire et directeur du Département de science politique de l'Université de Montréal.
    Alain Noël est professeur titulaire au Département de science politique de l'Université de Montréal et directeur du Centre de recherche sur les politiques et le développement social (CPDS).

  • Malgré les acquis indéniables des trente dernières années, l'intégration des immigrants et l'adaptation à la diversité ethnoculturelle représentent toujours des enjeux majeurs pour l'école québécoise. À travers un bilan de la problématique, des interventions et de la recherche dans ce domaine et en tenant compte de diverses expériences canadiennes ou internationales, cet ouvrage s'intéresse, entre autres, aux aspects suivants :

    l'avenir des programmes d'apprentissage du français par les nouveaux arrivants et le maintien des langues d'origine ;

    les liens entre les interventions en milieu défavorisé et la lutte à l'échec scolaire chez les minorités ;

    la place de la diversité culturelle et religieuse en milieu scolaire et le rôle de l'éducation à la citoyenneté ;
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    le débat sur le partage d'institutions scolaires communes comme condition nécessaire à l'intégration.

    Cet ouvrage saura intéresser non seulement les intervenants oeuvrant dans ce domaine mais également tout citoyen désireux de mieux comprendre les enjeux complexes de la diversité ethnoculturelle en milieu scolaire.

    Marie Mc Andrew, professeur à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal, est aussi directrice d'Immigration et Métropoles, le Centre de recherche interuniversitaire de Montréal sur l'immigration, l'intégration et la dynamique urbaine. Elle coordonne en outre le Groupe de recherche sur l'ethnicité et l'adaptation au pluralisme en éducation.

  • Éloignées ou proches de Paris - et la distance n'est pas que kilométrique - les littératures dites « périphériques » de Belgique, de Suisse, du Québec, des Caraïbes, d'Afrique... subissent de multiples formes de domination mais y trouvent aussi leur « chance ». Celle-ci tient à une situation qui les contraint à s'affranchir ou à disparaître ; et donc à affirmer leur différence.
    Dès lors, ces littératures dites mineures se soustraient aux forces majeures qui régentent, depuis Paris, le bon usage de la langue littéraire, mais tissent avec d'autres cultures et d'autres langues des imaginaires et des formes largement irréductibles aux modèles français. Les études rassemblées dans ce volume apportent une contribution historique et sociologique aux rapports entre langue et littératures à travers des exemples québécois et belges de langue française.
    Langue majeure, au singulier, désigne le français dans toute sa puissance normalisatrice ; littératures mineures, au pluriel, les oeuvres qui se situent dans l'espace des Francophonies.

    Jean-Pierre Bertrand, professeur à l'Université de Liège et président du Centre d'Études québécoises, est spécialiste de la littérature fin de siècle en France et en Belgique francophone, et sociologue de la littérature.
    Lise Gauvin est écrivaine et professeure à l'Université de Montréal, où elle dirige le Département d'Études françaises. Spécialiste des rapports langue/littérature, elle tient également une chronique des « Lettres francophones » dans le journal Le Devoir.

  • Il ne faut sans doute pas s'étonner si les écritures biographiques ont fait un retour fracassant sur la scène littéraire au cours des dernières décennies, comme en témoigne l'accueil critique très favorable des romans biographiques, des biographies imaginaires et des romans dits de filiation. En prise directe sur son époque, la biographie dans ses variantes les plus « réfléchies » s'astreint à penser un nouveau rapport au sujet, tout comme elle cherche à reprendre la réfl exion sur une autre obsession contemporaine, soit le rapport au passé, à la tradition littéraire.

    Le corpus de quelque 350 oeuvres qui fait l'objet de ce livre rassemble les textes consacrés aux écrivains par des écrivains, publiés pour la plupart depuis 1980 dans les principales langues occidentales. Les auteurs ont voulu rendre compte de la richesse et de la diversité de ce qu'ils appellent les « fictions biographiques », sans pour autant être guidés par un souci de représentativité ou par une volonté d'être exhaustifs. Explicitant le concept de transposition, ils proposent une lecture de la littérature contemporaine qui met en relief les écarts qu'elle arrive à se ménager entre le souvenir d'une longue lignée et les impératifs du présent.

  • Entre 1840 et 1918, l'imprimé et le livre, qui avaient déjà contribué à l'élaboration de l'histoire et de l'identité du peuple canadien, deviennent désormais les médias de communication prédominants. Plus que jamais la culture de l'imprimé participe aux transformations qui métamorphoseront la colonie en véritable État, unifiant les peuples qui le composent. C'est cette synergie qui constituera l'un des aspects historiques et culturels les plus fascinants de cette période qui est au centre de ce deuxième volume de l'Histoire du livre et de l'imprimé au Canada.
    L'expansion du territoire canadien grâce à l'immigration massive, sa traversée par le chemin de fer et par la télégraphie renouvellent entièrement la dynamique de l'imprimé, de Terre-Neuve à Dawson City. Après 1880, l'imprimé de masse voit le jour grâce à la nouvelle technologie qui permet d'imprimer plus rapidement et à moindre coût, et grâce à la constitution de nouveaux marchés desservis par les librairies. Du missel au journal en passant par le livre de recette, le catalogue d'Eaton et l'almanach, les Canadiens sont dorénavant en contact quotidien avec cet objet matériel qu'est l'imprimé. Dans ce contexte, l'auteur émerge lentement, soutenu par un marché de distribution à l'échelle nord-américaine, par un nombre croissant de bibliothèques publiques et par des droits conquis pour la protection de son oeuvre et sa diffusion.
    Yvan Lamonde est historien et professeur au Département de langue et littérature françaises de l'Université McGill.
    Patricia Lockhart Fleming est professeure à la Faculty of Information Studies et directrice du Collaborative Program in Book History and Print Culture de l'Université de Toronto.
    Fiona A. Black est directrice de la School of Information Management de la Dalhousie University à Halifax.

  • Étroitement liés à l'histoire du pays que deviendra le Canada, le livre et l'imprimé y ont fait leur apparition dès l'arrivée des premiers colons. Outils d'évangélisation, de colonisation, d'enseignement, de propagande religieuse et politique, mais aussi moyens d'exploration, de connaissance, de libération, le livre et l'imprimé ont contribué à la création d'une histoire nationale et à la construction de l'identité des peuples qui se côtoient désormais sur le territoire.

    Ce premier volume de l'Histoire du livre et de l'imprimé au Canada retrace le parcours de l'imprimé, depuis le débarquement des premiers colons en Nouvelle-France jusqu'aux Rébellions de 1837 et de 1838, en passant par l'apparition du premier imprimé à Halifax en 1752 et la constitution des premières bibliothèques publiques et privées. Il démontre avec clarté que l'imprimé sous toutes ses formes, que ce soit les placards, journaux, almanachs, illustrés, livres de cuisine ou ouvrages d'érudition, a fait partie intégrante de la vie quotidienne des Canadiens. Enfin, il dresse un portrait vivant de l'auteur et du lecteur, mais aussi de tous les artisans des métiers du livre et de l'imprimerie, de l'apprenti à l'éditeur imprimeur, en les replaçant dans leur contexte social et historique.

    Patricia Lockhart Fleming est professeure à la Faculty of Information Studies et directrice du Collaborative Program in Book History and Print Culture de l'Université de Toronto.
    Gilles Gallichan est bibliothécaire et historien à la Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec.
    Yvan Lamonde est professeur au Département de langue et littérature françaises de l'Université McGill.

  • L'enseignement des langues pose des problèmes pédagogiques dont on débat depuis des siècles. C'est l'histoire de ce questionnement que retrace Jean-Antoine Caravolas dans cet ouvrage de référence conçu pour les chercheurs et les praticiens qui s'intéressent au passé de leur discipline.

    Ce deuxième tome de l'histoire de la didactique des langues traite de l'époque cosmopolite par excellence - le siècle des Lumières - où cette discipline connaît un important regain d'intérêt. L'apprentissage des langues, vivantes ou mortes, apparaît alors comme essentiel à la formation de l'honnête homme et à la diffusion des Lumières. La première partie de ce livre présente, regroupés par pays, les recherches et les débats sur la didactique des langues ; on y assiste entre autres aux débuts de cette discipline en Amérique. La seconde partie est une anthologie thématique qui donne des extraits significatifs des textes de ses principaux penseurs.

    Jean A. Caravolas est spécialisé dans l'histoire de la didactique des langues et dans l'étude de l'oeuvre de Jan Amos Coménius. Il est, entre autres, l'auteur du livre Le Gutenberg de la didacographie, ou Coménius et l'enseignement des langues (1984), du Point sur l'histoire de l'enseignement des langues -3000 à 1950 (1995), et de nombreux articles parus dans les grandes revues internationales. Il dirige aussi le Bulletin Coménius publié par la Société canadienne d'études coméniennes.

  • Malgré les réticences maintes fois répétées d'Alain Grandbois à l'égard de l'écriture épistolaire, sa correspondance permet de découvrir l'homme par-delà la légende. On y retrace la genèse de son oeuvre et des aspects inédits de sa vie mouvementée. Le regard qu'il porte sur son époque et sur ses contemporains par le biais de ses lettres témoigne de ses préoccupations profondes tout autant que de son attitude à l'égard de la société.
    Bernard Chassé est professionnel de recherche pour la Chaire de leadership Pierre-Péladeau et enseigne à HEC Montréal. Il a collaboré au projet d'édition des textes de Grandbois dans la BNM et a soutenu à l'Université de Montréal une thèse sur la correspondance de Grandbois.

  • « Ce livre n'est pas un ouvrage scientifique ni la biographie de Marco Polo », écrivait Alain Grandbois. Roman historique ou oeuvre d'apprentissage ? Récit plus ou moins fabuleux ? Autofiction qui s'ignore ? Collage audacieusement moderne ? En l'inscrivant dans la longue tradition par laquelle le récit des voyages de Marco Polo nous est parvenu, l'édition critique situe l'entreprise de Grandbois sur le terrain de l'intertextualité, auquel elle appartient en propre.
    Nicole Deschamps est professeure associée au Département d'études françaises de l'Université de Montréal et micropsychanalyste. Elle a publié des études sur Sigrid Undset, Louis Hémon, Marcel Proust et Alain Grandbois. Avec Chantal Bouchard, elle a établi l'édition critique d'Avant le chaos et autres nouvelles d'Alain Grandbois dans la « Bibliothèque du Nouveau Monde ».
    Stéphane Caillé, chargé de cours à l'Université de Sherbrooke, a soutenu à l'Université de Montréal une thèse sur les phénomènes intertextuels dans À la recherche du temps perdu.

  • Parce que les hommes racontent pour laisser des traces et ne pas mourir, ils tentent sans cesse d'abolir le temps.Tentative magnifique qui, même si elle est vouée à l'échec, donne à la littérature occidentale ses plus grands récits. Des aventures de Don Juan aux voyages de Gulliver en passant par la quête abyssale de Melville, le drame faustien, l'épopée moderne de Joyce et la Recherche de Proust - pour ne citer que quelques-uns des trésors présentés dans cet ouvrage -, ce qui traverse toute notre littérature, c'est ce désir sans cesse renouvelé des hommes d'aller sans trêve d'un objet à l'autre, dans l'oubli d'eux-mêmes. Chaque oeuvre qui traverse les siècles échappe à l'époque qui l'a vue naître. Tous les grands récits du Temps aboli sont donc contemporains les uns des autres et ils appartiennent à tous les temps. Comme dans Raconter et mourir, dont cet ouvrage constitue la suite, chaque chapitre peut se lire comme un tout, au gré de la fantaisie du lecteur.
    Thierry Hentsch enseigne la philosophie politique à l'Université du Québec à Montréal. Il a publié Raconter et mourir (PUM/Bréal,2002), L'Orient imaginaire (Minuit, 1988) et Introduction aux fondements du politique (PUQ, 1993).
    o Finaliste, prix littéraires du Gouverneur général, 2006
    o Finaliste, prix de l'essai Spirale Eva-Le-Grand 2006

  • Qu'ont en commun les proses de Saint-Denys Garneau, de Gabrielle Roy, de Claire Martin, de Gilles Marcotte, de Gilles Archambault, de Pierre Morency et du tandem Bernard Arcand-Serge Bouchard? Peut-on rassembler en une même catégorie journal intime et correspondance, Mémoires et essais, nouvelles et fables, lieux communs et petites proses?
    En toute liberté, Laurent Mailhot lit et relie ces oeuvres diverses, et leur trouve un dénominateur commun : le plaisir, les plaisirs. Les prosateurs dont il parle, sans toujours se connaître, se reconnaissent, partagent le même espace, le même travail sur la langue, le langage, les livres.
    Avec, après le plaisir des écrivains, vient celui du lecteur qui retrace les pas, ouvre des sentiers, habite à son tour la maison. Plaisirs de la prose : plaisirs d'incessants retours, départs, détours. Le critique devient à son tour prosateur.
    Laurent Mailhot est professeur émérite au Département d'études françaises de l'Université de Montréal. Il a fait paraître un livre sur Camus (PUM, 1973) et plusieurs, dont des anthologies, sur divers genres de la littérature québécoise (poésie, essai, monologue, théâtre) et sur son évolution, son histoire. Son plus récent livre est La littérature québécoise depuis ses origines (Typo, 1997).

  • Au Québec, la participation des usagers et des citoyens à la gestion publique constitue une composante essentielle de l'État et des formes de gouvernance qui caractérisent son action. Il faut remonter aux années 1960 et à la « Révolution tranquille » pour en saisir toute la signification par rapport à la modernisation de l'État. Toutefois, au cours des dernières années, les choses ont changé. Le « modèle québécois » des années 1970, ayant pour base la construction de l'État providence, n'a plus rien à voir avec celui des années 1990, soutenu par les valeurs néo-libérales et pratiquant le désengagement public.
    L'un des objectifs de cet ouvrage est de retracer l'évolution des formes institutionnelles de la participation des usagers/citoyens dans les secteurs de la santé et de l'éducation au Québec. Finalement, en mettant en lumière les nombreux registres à partir desquels les usagers et citoyens contribuent à l'amélioration des services en éducation et en santé, ce livre démontre sans contredit que l'avenir des systèmes de santé et d'éducation dépend d'une manière grandissante du rôle des principaux acteurs concernés.
    Pierre Hamel est sociologue, professeur titulaire à l'Université de Montréal et Bernard Jouve, professeur à l'École nationale des travaux publics à Lyon (France).

  • Objet de vifs débats littéraires à sa parution en 1911, Le Paon d'émail fait aujourd'hui figure de classique. C'est le premier de trois recueils qui forment l'oeuvre d'une vie, rassemblée ici pour la première fois.
    En 1911, Le Paon d'émail de Paul Morin paraissait à Paris, chez Alphonse Lemerre, l'éditeur des poètes parnassiens. L'oeuvre du jeune poète de Montréal fut accueillie d'emblée comme une révélation: on n'avait rien vu de tel depuis la publication d'Émile Nelligan et son OEuvre. Paul Morin participait ainsi, avec Guy Delahaye, René Chopin et Marcel Dugas, à la révolution littéraire d'une génération en train de s'affirmer: Le Paon d'émail deviendra le livre culte de la nouvelle esthétique et il sera au coeur de toutes les polémiques opposant les « exotistes » aux écrivains régionalistes.
    Saluée comme une exceptionnelle réalisation de jeunesse, cette oeuvre placée sous l'égide de l'exotisme se terminait par un poème intitulé « À ceux de mon pays », où s'énonçait le projet d'une poésie célébrant aussi les beautés de son pays natal. On y annonçait même la publication imminente d'un recueil intitulé Les Bois et les lacs. Pourtant, le recueil suivant ne paraîtra que dix ans plus tard, après bien des déboires et des vicissitudes. Poèmes de cendre et d'or propose un parcours à rebours du temps, dans lequel la grisaille du présent n'est évoquée que pour retrouver l'enchantement des années méditerranéennes. En 1960, Morin réunira, sous le titre Géronte et son miroir, des poèmes où il jette un regard ironique sur ses années de jeunesse et sur la déchéance du poète vieilli.
    À la fin des années cinquante, Paul Morin avait formulé le projet d'une nouvelle édition de ses poèmes, qui comprendrait ses trois recueils ainsi que des poèmes retrouvés: il entretint vainement l'espoir que les Éditions Fides y donneraient suite dans la collection du Nénuphar. C'est ce projet que réalise aujourd'hui l'édition critique des OEuvres poétiques complètes dans la Bibliothèque du Nouveau Monde.
    Jacques Michon, professeur au département des lettres et communications de l'Université de Sherbrooke, dirige le Groupe de recherche sur l'édition littéraire au Québec. Il est l'auteur, notamment, de Fides, la grande aventure éditoriale du père Paul-Aimé Martin et de Émile Nelligan, les racines du rêve ainsi que de l'édition critique des Poèmes et textes d'asile d'Émile Nelligan.

  • Journaliste de combat, homme politique, fonctionnaire, Étienne Parent a donné ses lettres de noblesse au genre de la conférence publique. Les conférences qu'il a prononcées entre 1846 et 1848, à Montréal, et en 1852, à Québec, marquent la naissance de l'âge du positivisme dans la défense de la nationalité. Partisan du libre-échange et du laisser-faire capitaliste, Parent y esquisse une nouvelle trajectoire intellectuelle, politique et économique pour le Canada français.
    Claude Couture, professeur à l'Université de l'Alberta est l'auteur de La Loyauté d'un laïc, Pierre Elliot Trudeau et le libéralisme canadien. Professeur d'histoire et de littérature à l'Université McGill et lauréat du prix du Gouverneur général pour sa biographie de Louis-Antoine Dessaulles, Yvan Lamonde vient de publier Histoire sociale des idées au Québec (1760-1896). Il a établi l'édition critique d'Écrits de Louis-Antoine Dessaulles dans la « Bibliothèque du Nouveau Monde ».

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