Beauchesne

  • ESPRIT SAINT

    Collectif

    OEuvre monumentale, parue de 1932 à 1995, voici donc Le Dictionnaire de Spiritualité enfin publié intégralement de A jusqu'à Z, avec un index particulièrement utile. A beaucoup de points de vue, c'était un défi. Le pari a été tenu. On peut même dire que les fruits dépassent le projet primitif, car très vite les perspectives du début ont été amplifiées et précisées. Dans les années 30, lancer l'idée et assurer la réalisation d'un tel dictionnaire pouvait paraître, face au bloc solide du dogme catholique, une entreprise marginale concernant les techniques de prière, les états mystiques et les divers phénomènes qui parfois les accompagnent... A cette époque, la réflexion chrétienne, encadrée et limitée par une théologie dogmatique, en grande partie déductive et obligatoire, avait besoin d'un nouveau souffle. Voici que la spiritualité, fondée en même temps sur l'expérience et sur la liberté qui président à l'invention des divers chemins conduisant à Dieu, renouvelait toutes les questions... Cette révolution tranquille s'est faite lentement, sans bruit, sans excès. A sa place, avec d'autres éléments similaires, elle a préparé l'éclosion irrésistible de Vatican II ; et aujourd'hui, patiemment, elle aide à bien comprendre l'originalité et le dynamisme de ce concile... Des milliers de collaborateurs, provenant du monde entier et de tous les horizons, ont contribué à faire de ce Dictionnaire ce qu'il est : particulièrement utile à tous ceux qui veulent mieux connaître les auteurs spirituels de divers pays, suivre l'évolution des mentalités, des institutions, des grandes notions fondamentales... et plein d'intérêt pour tous les curieux. Ainsi s'est-il répandu à travers le monde entier et dans tous les milieux.

  • Si les grammaires de l'hébreu biblique abondent, les manuels sont assez rares, du moins en français.
    L'hébreu, langue sémitique à la morphologie très structurée, présente une syntaxe souple oú domine la parataxe. sa phonétique, en revanche, particulièrement complexe, nécessite une longue pratique des textes. maintes fois, des élèves ont manifesté le désir d'avoir entre les mains un instrument de travail qui les familiarise progressivement avec les mécanismes de la langue à partir de la lecture de textes appropriés.
    Le manuel de j. weingreen, a practical grammar for classical hebrew, en usage depuis plusieurs décennies (1939; 1959), répond pleinement à ce besoin. très attendue, l'édition française du "classique" anglais de j. weingreen, par la clarté et la justesse de ses exercices, a comblé un vide.

  • C'est en prêchant une retraite en 1985 à la communauté des moines de Soligny que j'ai découvert l'existence de Gabrielle Bossis. J'ai été très étonné d'apprendre que, pour faire oraison, des trappistes trouvaient grand profit à lire et à relire les messages personnels que Jésus adressa pendant quatorze ans à cette actrice qui, à quarante-neuf ans, sur la suggestion de son curé, s'était mise à jouer avec beaucoup de succès, à travers le monde, des comédies dont elle composait le texte et la mise en scène et dont elle confectionnait les costumes et les décors.
    Et voici qu'en lisant ces comédies, je me suis aperçu qu'elle glissait régulièrement dans les réparties de ses personnages des paroles de Thérèse dont elle voulait diffuser la spiritualité. Et, dans les messages qu'elle reçoit à partir de 1936, Jésus lui demande de vivre de beaucoup plus près sa « Petite Voie ».
    Il nous semble donc intéressant de voir comment Jésus demande à une femme très engagée dans le monde de vivre jour après jour un profond coeur à coeur avec Lui, à l'école de la petite Thérèse. Jésus lui dit d'ailleurs explicitement : si s'Il l'a choisie comme confidente, c'est pour montrer à tous ceux et à toutes celles qui méditeront ces messages, qu'il est possible de vivre une très grande familiarité avec Moi sur les planches ou dans les coulisses d'un théâtre comme dans l'obscurité d'un carmel.

  • La question de l'évolution de la liturgie au XXe siècle représente aujourd'hui, dans l'Église catholique, un sujet fréquemment polémique. C'est pourquoi il est nécessaire de l'éclairer par le recours à l'histoire. Celle-ci est souvent réduite à l'évocation d'un «temps court», en regardant seulement le concile Vatican II et les années qui l'ont immédiatement suivi. Il convient, au contraire, d'élargir la perspective, en retraçant l'histoire du mouvement liturgique dans la continuité duquel s'inscrit la réforme conciliaire, sans occulter pour autant la crise des années 1970. Cette mise en perspective, appuyée sur l'évocation de faits précis, permet ainsi un retour à l'essentiel sur cette question importante.

  • On connaît Denys le chartreux par ses nombreux écrits.
    Quarante-deux volumes figurent dans la monumentale édition cartusienne de Montreuil-sur-Mer. Le " Docteur extatique " du XVe siècle, mort en 1471 en laissant derrière lui un modèle de vie ascétique, une expérience mystique intense et une oeuvre considérable tant du point de vue exégétique et spirituel que philosophique, n'a cependant pas négligé de s'intéresser aux plus humbles aspects de la vie monastique quand on le sollicitait sur tel ou tel point.
    Ainsi est né ce petit traité de la vie recluse, écrit à la demande d'une recluse qui désirait être conduite d'une main sûre sur le chemin de perfection. Rien d'intellectuel ou de savant ne vient rider la simplicité de ces " consignes de vie " données avec bonté, rigueur, mesure, et un sens évident des choses concrètes. Il s'agit d'aller droit au but : durer dans l'amour de Dieu en solitude. Aussi Denys le chartreux n'encombre-t-il pas l'esprit de la recluse avec de hautes considérations théologiques, mais, au contraire, lui simplifie la tâche en ouvrant un chemin de dépouillement, de paix intérieure et de fidélité, qui prend corps dans la prière et l'effacement de soi pour l'amour de Dieu.
    C'est à cette simplicité que ce traité doit sa fraîcheur toujours d'actualité qui justifie sa présence dans cette collection.

  • Leo Strauss (1899-1973) a inscrit sa pensée dans l'héritage de la tradition grecque, mais également dans celui de la tradition biblique. Se rapportant au judaïsme comme à une révélation de la Loi (pour laquelle la dimension de la foi est secondaire), il fait retour à une pensée juive (Pourquoi nous restons juifs) et tente de prolonger la réflexion de Maïmonide dans les conditions nouvelles des temps présents.
    Il s'oppose ainsi à sa rénovation par l'approche phénoménologique de Franz Rosenzweig comme à la pensée de Martin Buber, tout en se tenant à distance de la réflexion sur le mysticisme juif de Gershom Scholem avec lequel il dialogue.
    Cet ouvrage interroge la manière dont Strauss pense les relations de corrélation et de conflit entre philosophie et judaïsme. En quoi la réflexion sur la Loi, dont il poursuit l'élaboration dans la lignée de la pensée médiévale et à contre-courant de la modernité des Lumières, représente- t-elle un approfondissement de la pensée juive et jette-t-elle une lumière crue sur la situation du judaïsme dans le monde ? Quels sont les termes du débat avec les penseurs contemporains du judaïsme avec lesquels il est en relation ? Quelles sont aujourd'hui les possibilités et les limites d'une telle réflexion pour la vitalité du judaïsme et de la philosophie ?
    Les études présentes ouvrent des voies différentes, voire divergentes, essentiellement heuristiques, sur les possibilités et les limites de la réflexion straussienne pour la vitalité du judaïsme et de la philosophie. Elles s'accompagnent de la parution d'un texte inédit en français : « La situation religieuse actuelle » (1930), qui représente un moment décisif de la réflexion de Strauss sur la question.
    Ont contribué à ce volume : Danielle Cohen-Levinas, Bruno Karsenti, Marc de Launay, Jean-Claude Monod, Géraldine roux, Gérald Sfez, Heinz Wismann.

  • Qui a prêté assez d'attention à Léon XIII lorsqu'il a rappelé que l'homme passe avant l'outil et la production ? Qui a suivi Pie XI lorsqu'il a formulé le principe de subsidiarité qui est tronqué même dans l'Europe qui l'a inscrit dans son traité de Maastricht ? Qui a écouté Jean Paul II lorsqu'il lançait, au risque d'être incompris l'idée de l'employeur indirect - la collectivité - qui devrait prendre en charge tout salarié qui perd son emploi. On n'a pas attendu la crise de 2008 pour dire que le bien commun exige une instance de régulation à tous les niveaux où il se concrétise. Encore récemment, Benoît XVI, dans son encyclique Caritas in veritate (2009) rappelle que l'économie n'est pas le tout de l'homme et de la société, et que toute approche réductrice des phénomènes sociaux conduit à l'échec. L'homme est un mystère qu'aucun système ni aucune idéologie ne peuvent enfermer dans leurs limites.
    C'est le mérite de la Doctrine Sociale de l'Église de revenir toujours à la racine de l'humain, là où le Créateur a inscrit ce que « la sagesse éthique de l'humanité appelle la loi naturelle » (Caritas in veritate 59). Rechercher ce qui est l'humain dans l'homme conduit à choisir entre « deux types de rationalité, celle de la raison ouverte à la transcendance et celle d'une raison close dans l'immanence technologique ». La Doctrine Sociale de l'Église est ce travail incessant de la raison sur les profondeurs de notre humanité, une raison illuminée par « la vérité de l'amour du Christ dans la société ».

  • Le thème de la primauté de l'évêque de Rome a reçu une attention continue ces dernières années dans les dialogues oecuméniques. Qu'il suffise de rappeler les travaux de la Commission internationale anglicane-catholique romaine sur L'autorité dans l'Église, ceux du Groupe des Dombes où catholiques et protestants se sont penchés sur Le ministère de communion dans l'Église universelle (1985), l'annexe au Sixième Rapport du dialogue Église catholique - Conseil oecuménique des Églises sur L'Église locale et universelle, 1990, ou le document du Comité mixte catholique-orthodoxe en France sur La primauté romaine dans la communion des Églises (1991), outre les nombreux symposiums académiques sur la question de la primauté au premier et au deuxième millénaire.
    La primauté de l'évêque de Rome est actuellement au centre des discussions de la Commission Mixte Internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe.
    Il y a quelques années, le pape Jean-Paul II publiait son encyclique Ut unum sint (1995), invitant les Églises et les communautés ecclésiales à exprimer leur point de vue sur le nécessaire ministère d'unité au service de l'Église entière. Jean-Paul II invitait à distinguer entre le contenu essentiel de la primauté et les modes de son exercice.
    Entre catholiques, orthodoxes et anglicans, il est clair que le premier siège est celui de Rome. Il s'agit encore de préciser « quel est son rôle spécifique dans une ecclésiologie de communion » comme le dit le document de Ravenne adopté en 2007 par la Commission Mixte Internationale.
    Le dialogue avec l'Orthodoxie a mis en lumière que, pour l'Orient, la primauté - à tous les niveaux : diocésain, provincial, patriarcal, universel - est toujours articulée à la synodalité, dans une tension féconde alimentée à la communion trinitaire et eucharistique.
    Dans le contexte nouveau où vit le monde globalisé, la communion des Églises du Christ est plus que jamais un but à atteindre, en fidélité à la volonté du Seigneur.

  • Voici le moment d'avoir du « discernement » (Apocalypse 13, 18). Cet avertissement de l'apôtre saint Jean est d'actualité en cette fin de millénaire où le retour du sacré, le foisonnement des sectes, jettent le désarroi dans les consciences. Comment situer la mystique par rapport à la théologie, à la métaphysique et à la poésie ? Le Dieu des mystiques est-il l'Absolu et l'Inconnu ?
    « S'engager dans la mystique » est-il un désir ou un risque ? La mystique aurait-elle quelque parenté avec l'érotisme, le monachisme et l'intégrisme ? La mystique est vertigineuse, comment résister à ses tentations ? Comment distinguer le goût du merveilleux et la grâce de l'émerveillement ? Enfin la mystique a-t-elle son langage et sa méthode ?
    Autant de questions qui imposent un discernement vigoureux pour éviter les dérives.

    L'illustration de la couverture reproduit le polyptyque de Roger van der Weydan (1464) des Hospices de Beaune. L'archange saint Michel pèse les âmes lors du Jugement dernier, mais c'est à tout moment de l'histoire de l'humanité et à tout moment de chaque existence personnelle que s'opère le discernement.

  • Gabrielle Bossis (1874-1950) : une catholique dans le monde, animatrice, écrivain de théâtre, actrice, voyageuse intrépide. Cette joie d'agir pour les autres suffirait à combler une vie. Ce serait compter sans ce rayonnement, sans cette force que Gabrielle va puiser à la Source même, au cours de ce dialogue quotidien qu'elle noue avec Lui : le Christ.
    Elle consigne cette conversation, jour après jour, dans ses carnets. Un livre suit en 1949, dont la diffusion ne fait que s'élargir, considéré aujourd'hui par beaucoup comme l'un des grands textes mystiques du XXe siècle. Lui et moi. Conversations spirituelles crée une chaîne d'âmes en quête de la Parole du coeur, conduite par la présence et la voix de Gabrielle Bossis. L'ensemble des Carnets sera publié dans en sept volumes.

  • "Cet ouvrage paraît à l'occasion de la création à Lausanne, lors de la semaine sainte 2017, de La Passion selon Marc. Une passion après Auschwitz du compositeur Michaël Levinas. Cette création prend place dans le cadre du 500e anniversaire de la Réforme protestante. Elle entreprend de relire le récit chrétien de la passion de Jésus dans une perspective déterminée par la Shoah.

    Ce projet s'inscrit dans une histoire complexe, celle de l'antijudaïsme chrétien, dont la Réforme ne fut pas indemne, mais aussi celle des interprétations, théologiques et musicales, de la passion de Jésus de Nazareth. Et il soulève des questions lourdes, mais incontournables. Peut-on mettre en rapport la crucifixion de Jésus - la passion chrétienne - et l'assassinat de six millions de juifs ? Ne risque-ton pas d'intégrer Auschwitz dans une perspective chrétienne, et du coup de priver la Shoah de sa radicale singularité ? De redoubler la violence faite aux victimes d'Auschwitz en lui donnant un sens qui en dépasserait le désastre, l'injustifiable, l'irrémédiable ?

    Le livre propose une série d'éclairages sur les questions que soulève le projet d'une Passion après Auschwitz : relectures du récit de la passion selon Marc, analyses historiques, réflexions sur quelques figures juives de l'interprétation de la Shoah, reprises théologiques chrétiennes enfin, autour des questions posées à la christologie et à la théologie de la passion. L'ouvrage se conclut par un entretien avec le compositeur qui revient sur son approche de cette thématique et sur sa démarche.



    Ont participé à cet ouvrage : Danielle Cohen-Levinas, Corina Combet-Galland, Marc Faessler, Pierre Gisel, John Jackson, Daniel Krochmalnik, Pierre-Olivier Léchot, Michaël Levinas, Jean-Marc Tétaz et Christoph Wolff.

    "

  • L'orthopraxie catholique en matière de jeûne se fonde sur le respect de trois règles : un seul repas complet par vingt-quatre heures, auquel on a ajouté, à partir du xiiie siècle, une légère collation vespérale ; l'abstinence des viandes et des laitages ; l'heure imposée pour l'unique réfection quotidienne, soit la mi-journée. Cadre disciplinaire général que nombre de théologiens se sont efforcés d'assouplir pour rendre les contraintes du Carême plus supportables. Dès lors s'est développée une ample casuistique dont les interrogations ont pu surprendre. S'il est vrai que les liquides ne rompent pas le jeûne, est-il permis en Carême de boire entre les repas du café, du chocolat, de la bière, de l'eau-de-vie, ou de manger de la pastèque ? Si les poissons sont incontestablement des aliments maigres, qu'en est-il des oiseaux aquatiques, des canards, des poules d'eau, des flamants, des crocodiles, des reptiles ou, au Brésil, du caïman yacare ? Entre les tenants de la rigueur et les partisans de l'indulgence, l'opposition a été telle que le magistère romain a dû réagir : entre 1741 et 1745, le pape Benoît XIV publie trois encycliques pour tenter de raffermir une discipline du Carême dont les observances tendaient à se relâcher. En dépit du geste pontifical, la pratique quadragésimale apparaît très fortement affaiblie à la mi-xixe siècle. Avec l'effacement du respect du précepte du jeûne ecclésiastique se donne à voir la sortie du catholicisme de l'ordre pénitentiel qui a longtemps été le sien.

  • Chanter en Eglise

    Daniel Moulinet

    Louise Michel est connue pour être une des héroïnes de la Commune, prête à sacrifier sa vie pour soutenir les espoirs du peuple parisien en révolte. Cette femme courageuse a pris conscience très jeune de l'injustice et de la nécessité de la combattre. Cultivée et studieuse, elle fait des études pour devenir institutrice. Elle fonde une école et veille sur toutes ses élèves, des filles de familles pauvres. Militante infatigable en faveur de la liberté, des déshérités, de l'éducation de tous et de toutes, Louise Michel a compris qu'elle devrait se battre sans fin pour un avenir meilleur.

  • Maître Eckhart est souvent connu par ses Sermons allemands, qui expriment la force et de l'actualité de sa prédication, mais qui sont lacunaires dans la mesure où ils sont constitués de notes prises par ses auditeurs. Ils n'en manifestent pas moins l'orientation de l'oeuvre de ce penseur majeur du xive siècle qui est la prédication, comme en témoigne d'ailleurs sa vie, qu'il est désormais possible de reconstituer, et cet ouvrage s'attache à le faire, de manière originale.
    Les différentes composantes de l'oeuvre eckhartienne sont également reprises et l'actualité de sa pensée est mise en évidence.
    En envisageant les principaux thèmes développés par Eckhart, tant en anthropologie qu'en christologie et en théologie trinitaire, sans oublier l'axe majeur de la pensée d'Eckhart qui est la filiation divine, cet ouvrage prend en compte les deux volets de cette oeuvre.
    Il en présente également les sources qui sont souvent oubliées et la réception qui en a été faite jusqu'aujourd'hui, ce qui renouvelle l'étude de ses écrits.

    Marie-Anne Vannier, Professeur à l'Université de Lorraine, Membre de l'Institut Universitaire de France, a publié de nombreux ouvrages et articles sur S. Augustin, Jean Cassien, maître Eckhart et les mystiques rhénans.

  • "Dire ce qui est caché vaut autant pour l'auteur de ces homélies que pour ses textes, offerts au partage public de la lecture et de la méditation.
    Personnalité intempestive ou inactuelle, contre ce temps, sur ce temps, au profit d'un temps à venir, Jean Foubert a opté pour l'intemporel et l'invariant d'une spiritualité forte, non pour une actualité volatile. Il attire aujourd'hui par l'insistance de son appel à la conversion de l'être, du regard, de l'attitude. Il communique par irradiation un élan vers ce qui dépasse et transfigure les limites de l'homme. Il convie à s'ouvrir à Plus Grand que soi, sans raideur, effort ou volontarisme. Il déjoue toute tentative d'orgueil, d'enfermement ou d'annexion. Il érige, sans discontinuer, un nouveau rapport à soi, à autrui, à Dieu, indissolublement liés.
    Les homélies de 1966-1980 tracent un chemin de type mystique, dépassant les frontières des identités confessionnelles, ouvrant sur un Universel en acte, qui habite souterrainement tout homme. Hors les conformismes de tous bords, Jean Foubert livre ici des odes à l'Amour, mêlant harmonieusement, en l'homme, comme en Dieu, l'éros et l'agapê. Rien de ce qui est humain n'est étranger à Dieu qui en incarne l'assomption, de l'origine à la fin des temps.
    A. B.


    Jean Foubert (1925-2016), théologien, patrologue, chercheur associé au CNRS, traducteur de saint Augustin (oeuvres, III, Philosophie, catéchèse, polémique, sous la direction de Lucien Jerphagnon, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2002).
    Anne Baudart est philosophe. Légataire universelle du Père Foubert, elle a rassemblé ses homélies, les a éditées pour ce volume et en a rédigé la préface.
    Christian Rabeau, juriste, était membre de la paroisse étudiante du Mans du temps du Père Foubert. Il a écrit la postface.


    Lire Enfance de Dieu Homélie du 4e dimanche après l'Épiphanie reporté au 5 novembre 1967 ."






  • Table des matières
    Introduction / Claude Savart
    PREMIÈRE PARTIE : BIBLE ET VIE CHRÉTIENNE
    La Bible chez les catholiques français au XIXe siècle
    1. Quelle Bible les catholiques français lisaient-ils ? / Claude Savart
    2. La catéchèse et la prédication / Elisabeth Grermain
    3. L'église paroissiale et la Bible / Marie-Hélène Froeschlé-Chopard
    4. La Bible dans la littérature spirituelle / Claude Savart
    La Bible dans la pluralité chrétienne
    1. Bible et sociétés bibliques dans le protestantisme français / André Encrevé
    2. Présence de la Bible en Allemagne / Paul Colonge
    3. Bible et société en Grande-Bretagne / Christiane d'Haussy
    4. La Bible dans la civilisation américaine / Mark A. Noll
    La Bible dans la culture de l'Occident
    1. Lectures romantiques de la Bible / Jean-Pierre Lacassagne
    2. La Bible et l'art / Danielle Barbaux-Fouilloux
    3. La Bible et la musique / Danièle Pistone
    4. Lectures socialistes le la Bible / Jean-Pierre Lacassagne
    La Bible depuis un demi siècle
    1. Le mouvement biblique / Joseph Trinquet
    2. La Bible et le cinéma / John J. Michalczyk
    3. Les jeunes Eglises
    Inde / Lucien Legrand Afrique noire / Nicolas Ouradéi
    4. Le renouveau charismatique / Edward OConnor
    DEUXIEME PARTIE : HISTOIRE DE L'EXÉGÈSE
    Introduction / Jean-Noël Aletti
    1. Recherche exégétique et rapport au folklore : XIXè siècle / Pierre Gibert
    2. L'exégèse catholique au moment de la crise moderniste / Christoph Theobald
    3. L'exégèse scientifique au XXè siècle : l'Ancien Testament / Henri Cazelles
    4. L'exégèse scientifique au XXè siècle : le Nouveau Testament / Werner G. Kümmel
    Conclusion générale / Jean-Noël Aletti
    Index

  • Cet ouvrage constitue un travail inédit en langue française sur le priscillianisme, lequel n'a pas été étudié sous forme de monographie depuis celui d'E.-Ch. Babut, Priscillien et le priscillianisme (1909). Etudiant la pensée de Priscillien et analysant les doctrines et les pratiques du mouvement à partir du fondateur jusqu'à la fin du vie siècle, Sylvain J. G. Sanchez laisse de côté les vieilles interrogations sur hétérodoxie et orthodoxie, et déplace le débat : Priscillien, chrétien non conformiste, est le fondateur d'un mouvement ascétique. Et se pose une question : les courants gnostiques ou la religion de Mani ont-ils pu influencer sa pensée ou non ? Ni manichéen, ni gnostique, ni encratite, Priscillien d'Avila connaît les enseignements de ces courants, le fonds philosophique commun à tous qui l'influence, mais sa doctrine est inspirée surtout par la Bible et la tradition chrétienne. A la génération suivante, les priscillianistes des Ve et VIe siècles radicaliseront et amplifieront des éléments appartenant à la gnose (le mythe de la Chute, le dualisme anthropologique, l'origine divine de l'âme, etc.) présents dans les Traités de Wurzbourg et fruits de réminiscences néoplatoniciennes. Par le choix des problèmes et des pratiques que les priscillianistes considèrent comme importants (un regain pour l'astrologie, la descente mystique de l'âme, une exaltation de la virginité et un rejet du mariage, le goût du mensonge et du secret, l'abstinence alimentaire, etc.), l'image du mouvement sera celle d'un courant dissident de Galice.

  • Les biographes de saint Jean de Dieu, dans leur souci d'édifier le lecteur, ont souvent confondu merveilleux et plausible. François de Castro reste pour nous l'auteur le plus crédible par excellence. Histoire de la vie et des saintes oeuvres de Jean de Dieu, de l'institution de l'Ordre et du commencement de son hôpital, écrit qui date de 1579 à 1582. Si François de Castro n'a pas connu personnellement Jean de Dieu, il a pu recueillir les témoignages de ceux qui avaient oeuvré avec lui.

    Frère Corentin Cousson (alias Jean Caradec Cousson) s'est donc très largement inspiré de l'oeuvre de Castro pour écrire De l'angoisse à la sainteté. Passionné qu'il était du « Mendiant de Grenade », il aimait partager le fruit de ses recherches. Je me souviens de ce temps où il travaillait dans un petit bureau sous les toits à la communauté de Lyon. Au visiteur que j'étais, il déplaçait quelques documents déposés sur un tabouret, pour le faire asseoir, et de me lire les pages écrites depuis mon dernier passage. En me livrant les analyses demandées à de nombreux psychiatres, je l'entends encore me répéter de sa voix sentencieuse : « NON ! Jean de Dieu n'était pas fou ! »

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