Les Empêcheurs de penser en rond - Seuil

  • En septembre 1904 à Berlin, un cheval, dénommé Hans, suscite une des controverses les plus vives qui aient agité l'Allemagne à cette époque. Selon son maître, Hans peut résoudre des problèmes arithmétiques, reconnaître des couleurs ou des cartes à jouer, épeler les lettres d'un mot, donner la date du jour ou désigner une personne d'après sa photo. S'agit-il d'une fraude ? d'une " révolution " quant à l'intelligence des animaux ? ou Hans est-il télépathe ? Une commission est mandatée pour évaluer les compétences du fameux cheval. Surprise: Hans répond aux questions qui lui sont posées, même en l'absence de son maître. Aurait-il appris à lire des signaux que les humains lui enverraient inconsciemment ? Ou, les humains, toujours inconsciemment, l'auraient-ils influencé?
    Une aventure passionnante, qui nous fait revivre les premiers moments de la psychologie expérimentale, ses questions, ses enjeux, l'originalité et l'inventivité de ses acteurs, le talent de ses sujets et l'engagement de ses scientifiques.

  • Les scientifiques se sont sentis insultés par le refus des sociologues de considérer qu'ils entretenaient un rapport privilégié avec la Vérité et la Réalité. C'est là l'origine de " la guerre des sciences " dont un moment important a été l'affaire Sokal. Mais, au moment, les scientifiques se trouvent confrontés à un problème plus grave. Leur ancienne alliance avec l'État est rompue. Il leur demande de se rapprocher des industriels et de se soumettre à leurs intérêts. Selon Isabelle Stengers, les scientifiques sont en mauvaise posture car s'ils ont bien raison de ne pas accepter la manière dont les sociologues relativistes parlent " mal " d'eux, ils n'ont pas su de leur côté, trouver les mots pour décrire la spécificité de leur travail. Il arrive aussi qu'un troisième acteur surgisse : le " public " comme on l'a vu dans le cas des OGM. Tout cela dessine un nouvel environnement (une nouvelle écologie) dans lequel les scientifiques doivent travailler. Si il y a quelque chose de commun à toutes les pratiques scientifiques, c'est qu'elles sont capables de dire " quelque chose de nouveau sur le monde ". Elles le " peuplent " avec de nouveaux êtres. Pourquoi faudrait-il que, simultanément, ceux qui défendent les sciences " vident " le monde de toutes les autres pratiques qui n'ont ni la même histoire ni les mêmes ambitions ? Comment, en conséquence imaginer un plan d'immanence qui permette la coexistence des pèlerins de la Vierge et des praticiens des sciences, sans transcendance, c'est-à-dire sans un point de vue qui trie, juge et ordonne ?

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