Desclée de Brouwer

  • La France en Algérie... Une histoire longue et douloureuse, dont les conséquences se font encore sentir dans les événements qui touchent les deux pays, liés pour le meilleur et pour le pire depuis près de deux siècles. Mais sait-on vraiment comment tout a commencé ?Du débarquement de l'armée d'Afrique à Sidi Ferruch, en 1830, jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, l'auteur raconte les étapes de l'établissement de la France en Afrique du Nord : la guerre et la reddition d'Abd el-Kader ; l'arrivée et l'installation des premiers colons ; l'utopie du « royaume arabe », que Napoléon III ne sait pas imposer ; puis, après 1870, l'action de la République qui croit consacrer l'Algérie française.Pour les Algériens d'aujourd'hui, cette période est celle d'une très dure conquête, de la perte de leurs meilleures terres, de l'installation d'un régime oppressif et injuste. Les Français la méconnaissent trop souvent, quand ils n'en rejettent pas les fautes sur les seuls colons. Cependant, en 1914, le système colonial paraît solide, fondé sur une administration efficace, une certaine collaboration des élites musulmanes, le dynamisme des colons et la résignation des paysans algériens. La réalité est plus complexe, l'équilibre plus fragile qu'on ne pense.Analysant la mentalité des hommes qui ont déclenché la conquête et de ceux qui ont résisté, la violence qui se déchaîne des deux côtés, les erreurs manifestes et les bonnes intentions parfois funestes, cet essai montre les résultats des mauvais choix, nés de l'incompétence des dirigeants et de l'ignorance des peuples. Il nous permet de mieux comprendre la force et la complexité des relations qui persistent entre les deux pays.Ces dernières seront étudiées dans un second volume traitant de la période allant de la Grande Guerre à la Guerre d'Algérie.
    Jacques Frémeaux, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer, ancien membre de l'Institut universitaire de France, est professeur émérite d'histoire à la Sorbonne. Il a écrit une vingtaine d'ouvrages, dont récemment La Question d'Orient (Fayard) et La Conquête de l'Algérie : la dernière campagne d'Abd el-Kader (CNRSÉditions).

  • L'éducation a pris aujourd'hui une importance insoupçonnée : elle ne vise pas seulement à évoluer à l'intérieur de l'école, mais elle s'étend au-delà, pour s'allier à la science, à la sociologie... Les termes de "nouvelle éducation", de "pédagogie scientifique" s'appliquent au mouvement ardent d'une réforme qui est le résultat d'une aspiration profonde, éprouvée par toute l'humanité... Oui, l'enfant nous a ouvert un monde nouveau et nous a révélé un homme meilleur. Cet homme, nous ne devons pas seulement l'instruire ; il nous faut le défendre tout comme le trésor le plus précieux de l'humanité ; et il nous faut le servir afin qu'il nous fasse ses révélations parce que nous avons besoin de lui. »Publié pour la première fois en 1936 chez Desclée de Brouwer, ce livre reprend la grande conférence prononcée à la Sorbonne en juin de la même année par Maria Montessori (1870-1952). Avec des accents de profondeur et de sensibilité, la grande pédagogue italienne présente de manière ramassée les grandes intuitions de sa démarche.
    Première femme médecin d'Italie, Maria Montessori est l'héritière des idées pédagogiques de Jean-Jacques Rousseau. Elle nous convie à considérer l'enfant comme une personne complexe et fragile, dotée de savoirs insoupçonnés. Ses vues étonnent par leur fraîcheur et leur pouvoir d'éveiller en chacun l'enfant qu'il a été.

  • L'Enfant reste le texte de référence de Maria Montessori et la meilleure introduction à sa proposition pédagogique. Il met en évidence l'originalité et la modernité des idées de la grande éducatrice italienne. Elle y expose clairement les principes d'une éducation fondée sur le « respect de la personnalité de l'enfant ».Aider l'enfant à exprimer son individualité et révéler ses potentiels, lui donner les moyens de développer le meilleur de lui-même dans le respect de sa nature, pour lui-même et au service de tous, tel est le rôle de l'éducateur et telles sont les voies des pédagogies nouvelles. Ce projet ne cesse, depuis plus d'un siècle, d'inspirer théoriciens et praticiens de l'éducation.Jusqu'ici, la traduction française de cet ouvrage majeur ne proposait que les deux premières parties - déjà incomplètes - de la version originale rédigée en espagnol ; certains paragraphes avaient été tronqués, d'autres déplacés et la troisième partie avait été omise. Cette nouvelle édition intégrale offre onze nouveaux chapitres inédits sur des sujets essentiels tels que les rapports entre les générations et le droit des enfants. Les éditions Desclée de Brouwer offrent enfin ce texte complet au lecteur francophone, dans la présentation revue au soir de sa vie par Maria Montessori.
    Une des premières femmes médecins d'Italie, Maria Montessori (1870-1952) est mondialement connue pour la proposition pédagogique et éducative qui porte son nom. Son oeuvre, éditée en français aux éditions Desclée de Brouwer, étonne par sa pertinence et sa capacité d'éveiller et d'élever en chacun l'enfant qu'il a été.
    Traduction et révision par Charlotte Poussin, éducatrice Montessori AMI, auteur d'ouvrages de référence sur Montessori et membre du conseil d'administration de l'association Montessori de France.

  • Le pouvoir exerce une fascination, parce qu'il engendre la puissance, parce qu'il transforme aussi. Qu'est-ce qu'avoir du pouvoir ? Qu'est-ce qui fonde le pouvoir qu'un homme peut exercer sur d'autres hommes ? Charles Pépin s'attarde sur le pouvoir de l'homme politique, du chef d'entreprise, d'un ami qui sait se faire écouter, d'un prêtre sur ceux qui se confient à lui, d'un professeur dans sa classe et même sur celui d'une oeuvre d'art. Trouverons-nous alors l'essence du pouvoir ? Comprendrons-nous ce qui inscrit Napoléon, Barack Obama, Gérard Mestrallet ou Yannick Noah dans une veine commune ?

  • Nous sommes entrés dans un autre monde. Un virus aura suffi à « gripper » la moitié de la planète. Nous avons dû éprouver un autre rapport à l'espace et au temps, où le pire a côtoyé le meilleur.À la lumière obscure d'un événement qui ne manquera plus de se reproduire, les chroniques de Martin Steffens sont ici reprises et reclassées dans une marche en trois temps, que symbolisent les figures de Melchior, Balthazar et Gaspard. Trois figures de l'humanité, parties à la conquête d'un salut, dans un monde où tout, déjà, se faisait recensement, contrôle, peur. Mais trois étapes aussi : « La nuit tombée », « Points d'or » et « Petits matins ». Un prologue, inédit et alerte, fait le constat de la soudaine éclipse de notre humanité.Ces textes courts, méditations philosophiques ou spirituelles, billets d'humour ou d'humeur, incitent à prendre patience, sans nous masquer la réalité de ce qu'il faut traverser.
    Martin Steffens est professeur de philosophie en khâgne, conférencier et chroniqueur pour La Croix et La Vie. Il a publié de nombreux essais, parmi lesquels : Qui nous fera voir le bonheur? (J'ai lu, 2016, avec Christophe André) ; Rien que l'amour (Salvator, Prix des Libraires religieux 2016) ; Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger (Seuil, 2016) ; L'Éternité reçue (Desclée de Brouwer, 2017 ; Carnets DDB, 2020) et un Dictionnaire paradoxal de la philosophie : penser la contradiction (Lessius, 2019).

  • « Maman est tout le temps triste,  est-ce que c'est de ma faute ? »
    « Papa ne joue plus avec moi,  est-ce qu'il ne m'aime plus ? »
    Quand un enfant est face à une personne  qui souffre de dépression, il se pose mille questions...
    Judith Rieffel et Mademoiselle Caroline nous aident  à trouver les bons mots pour parler avec lui et le rassurer.

  • La démocratie n'est pas finie, au sens où elle n'est pas achevée et où elle est encore capable de nous surprendre.Elle ne retrouvera sa force qu'en admettant ses faiblesses : des maux qui ne sont pas passagers, mais constants et irréductibles. Des maladies chroniques, qui tiennent à son essence et à l'humanité même. Mais qui peuvent connaître des pics mortels. Il nous faut donc connaître et affronter ces maladies, pour revenir, non à une santé parfaite, mais à la vie humaine, avec ses créations et ses joies, dont la démocratie est une condition.Quelles sont ces maladies ? Avant tout, une violence intérieure aux relations humaines, contre laquelle la démocratie est la seule à lutter, face à des régressions toujours possibles. Cette violence prend des formes nouvelles accentuées par les ébranlements de l'époque : le soupçon ou le cynisme, renforcés par Internet ; le racisme, nourri par le terrorisme; l'ultralibéralisme, aggravé par la mondialisation.La démocratie qui affronte ces maux, peut seule les guérir, dans une crise qu'elle saura dépasser à condition de la comprendre. Elle se ressaisira alors et s'élargira dans le monde et à tout le monde.
    Frédéric Worms est professeur à l'École normale supérieure et membre du Comité consultatif national d'éthique. Il est notamment l'auteur de : Bergson ou les deux sens de la vie (2004) ; La Philosophie en France au xxe siècle. Moments (2009) ; Revivre. Éprouver nos blessures et nos ressources (2012 - Prix lycéen du livre de philosophie, 2016) ; Penser à quelqu'un (2014).

  • Ce livre est à la fois sauvage et réfléchi. Sauvage parce qu'il exclut d'emblée les paix morbides, ces « sagesses de camomille » qui, sous couvert d'apprivoiser la mort, empoisonnent la vie. Il clame en premier lieu que nous ne sommes pas faits pour mourir.Mais ce cri oblige à une méditation plus profonde. Nous devons mourir à notre désir de maîtrise. Chaque fois que notre vie rencontre un obstacle, nous sommes invités à nous déprendre de nous-mêmes. Ce consentement à la mort se nomme amour. Mourir à soi-même, c'est tuer ce qui, dans notre vie, est obsédé par la vie.Ces « petites morts », lues à partir de la pensée de Simone Weil, indiquent un chemin de dépossession et de plénitude. À l'heure où nous serons dessaisis de tout, c'est notre propre vie qui nous sera redonnée. Nous étions à la lisière du paradis, et nous ne le savions pas ! Il faudra bien l'éternité pour prendre la mesure de cette étrange nouvelle.
    Martin Steffens est professeur de philosophie en khâgne, conférencier et chroniqueur pour les journaux La Croix et La Vie. Il a publié plusieurs essais, parmi lesquels : Petit traité de la joie. Consentir à la vie (2011 ; Prix Humanisme Chrétien, 2013) ; La Vie en bleu (2014) ; Rien que l'amour (2015 ; Prix des Libraires religieux, 2016) ; Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger. Éloge du combat spirituel (2016).

  • Auteur des Maladies chroniques de la démocratie, Frédéric Worms tient également une chronique dans le journal Libération. Il n'échappe donc pas à la sidération qui définit l'époque : des attentats aux épidémies, en passant par l'incendie de Notre-Dame, # Metoo ou le climat, il est saisi par l'événement.Mais en l'exprimant, en l'analysant, en le mettant à chaque fois à l'épreuve d'une pensée du vivant et de la justice, il nous donne le premier moyen de la résistance : un sens partagé. Car l'événement, ce sont aussi des actes, des oeuvres, des ressources que l'on peut repérer et soutenir. Ces chroniques vont à leur rencontre.Comment répondre aux dangers qui nous menacent ? En traversant l'épreuve de l'événement et en retrouvant la dimension vitale de la démocratie. Afin que les années de sidération soient aussi les jalons d'une résistance. Car rien n'est joué d'avance.
    Frédéric Worms est professeur de philosophie à l'École normale supérieure et membre du Comité consultatif national d'éthique. Il est notamment l'auteur de : La Philosophie du xxe siècle en France. Moments (2009) ; Revivre. (2012 ; Prix lycéen du livre de philosophie, 2016) ; Pour un humanisme vital (2019) ; Les Maladies chroniques de la démocratie (2017 ; réédité en même temps que ces chroniques).

  • Si c'est au nom d'un futur toujours meilleur que le monde a été transformé en un chantier permanent, nous sommes arrivés à un stade où le rapport entre les bénéfices du « développement » et ses nuisances s'avère de plus en plus défavorable. La perte de confiance dans le progrès doit alors être compensée par une inflation de ce qu'il est censé apporter : plus le monde va mal et menace de s'écrouler, plus il faut abreuver les populations de promesses exorbitantes.Tel est le rôle du transhumanisme - et peu importe que ce qu'il annonce ne soit pas destiné à se réaliser. Lui accorder trop d'importance, c'est donc se laisser captiver par un leurre. Faudrait-il refuser d'y prêter attention ? Cela n'est pas si simple. Le transhumanisme nous trompe parce qu'il joue en nous sur des ressorts puissants. Se donner une chance de désamorcer la fascination qu'il exerce et le malheur qu'il propage, réclame de mettre au jour ce qui nous rend si vulnérables à ses illusions.
    Olivier Rey est chercheur au CNRS, membre de l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques. Il a enseigné les mathématiques à l'École polytechnique et enseigne aujourd'hui la philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a publié plusieurs ouvrages dont Une folle solitude. Le fantasme de l'homme auto-construit (2006), Après la chute (2014) et Une question de taille (2014).

  • On parle d'autistes, de « zèbres », d'hypersensibles, de « dys », de haut potentiel, d'«atypiques », d'enfants « différents ». Souvent, l'école et la société les jugent juste capricieux et ingérables, accusent leurs parents de créer des complications...C'est pourtant une réalité, décrite sous le terme de « neurodiversité », et qui concerne près de 20 % de la population. Elle est souvent détectée au moment de la scolarisation, début d'un vrai parcours du combattant.Mais comment faire grandir un enfant « hors case » que le système doit « caser » à tout prix ?Et comment se construire lorsque l'on perçoit que l'on est un problème ?Il faut ouvrir les yeux sur les richesses et les qualités des neuroatypiques pour devenir capable de les aider dans leurs apprentissages et la gestion de leurs émotions.Claire Stride a elle-même connu ce chemin, lorsqu'elle était enfant, et elle accompagne aujourd'hui familles et éducateurs. Elle nous explique le fonctionnement de ces enfants extra-ordinaires, et nous donne des clés et des ressources pratiques pour les accompagner sans culpabiliser ni se battre en permanence.
    Claire Stride est elle-même dyslexique, dyscalculique et haut potentiel. Formée en neurosciences, communication non violente, conception de blended learning et médiation, elle est consultante, formatrice et coach en intelligence relationnelle et intelligence émotionnelle. Très impliquée dans les questions de pédagogie innovante, elle intervient auprès des entreprises et des particuliers.

  • Maria Montessori était bien consciente du rôle essentiel des parents dans l'éducation de leur enfant. C'est pourquoi elle a toujours accepté de répondre à leurs questions, notamment en donnant des conférences qui leur étaient dédiées, à l'occasion de formations ou de congrès destinés aux professionnels.Les archives pédagogiques de l'AMI ont récemment découvert un ensemble de textes qui étaient tout particulièrement adressés aux parents, probablement rédigés à Londres en 1931. Ces écrits offrent une introduction claire et accessible sur la vision de Maria Montessori, ainsi qu'une présentation des principes fondateurs de sa proposition éducative. Ils soulignent l'importance de la posture de l'adulte dans l'accompagnement de l'enfant vers son plein épanouissement.Ces textes sont présentés par Paula Polk Lillard, montessorienne internationalement renommée et cofondatrice de la Forest Bluff School (Illinois).
    Une des premières femmes médecins d'Italie, Maria Montessori (1870-1952) est mondialement connue pour la pédagogie qui porte son nom. Son oeuvre en français est éditée chez Desclée de Brouwer.
    Traduction de Charlotte Poussin, éducatrice Montessori AMI, auteur d'ouvrages de référence sur Montessori et membre du conseil d'administration de l'association Montessori de France.

  • Chacun dans sa vie a pu faire des rencontres malheureuses et se heurter à des événements catastrophiques. Ils ont engendré des traumatismes psychiques dont les traces douloureuses ont envahi le quotidien, souvent de manière souterraine. Si chacun garde désormais à l'esprit les récents actes terroristes, bien des histoires de famille peuvent s'appréhender à partir des traumas, mais aussi de leurs transmissions, d'une génération à l'autre.S'appuyant sur des penseurs actuels des traumas comme Françoise Davoine en France, Dori Laub et Cathy Caruth aux États-Unis, Yaelle Sibony-Malpertu explique comment les mécanismes de survie produisent différents degrés d'encapsulement dans la mémoire. Elle montre alors le chemin nécessaire pour se défaire de l'emprise et de la fascination qu'exercent les expériences traumatiques.Ce livre propose des approches concrètes pour se réapproprier son existence. Illustré par de nombreuses situations cliniques ou par des exemples issus de la littérature et du cinéma, il aide à faire face aux discours pervers qui figent la pensée et cherchent à la neutraliser pour exercer leur emprise.
    Yaelle Sibony-Malpertu est docteure en psychopathologie et en psychanalyse. Elle exerce depuis 2000 en psychiatrie adulte et dans différentes institutions. Elle a déjà publié Une liaison philosophique. Du thérapeutique entre Descartes et la princesse Élisabeth de Bohême (Stock, 2012).

  • Nous vous en prions sous le familier, découvrez l'insolite, sous le quotidien, décelez l'inexplicable. Puisse toute chose dite habituelle vous inquiéter."Colette Nys-Mazure a pris au sérieux l'exhortation de Brecht pour nous offrir cette Célébration du quotidien. Car dans la routine des jours, nous sommes bien souvent ailleurs, absents à nous-mêmes, sourds à ce miracle continu qu'est notre vie ordinaire. À travers une écriture poétique et très suggestive, Colette Nys-Mazure célèbre la trame secrète de nos existences. "Chaque matin, je m'étonne et je me réjouis d'être en vie. Je ne m'y habitue pas."Écrivain, Colette Nys-Mazure a obtenu le Grand prix de poésie pour la Jeunesse ministère de l'Éducation nationale et des Sports, Maison de la Poésie, Paris, pour Haute Enfance et le prix Max-Pol Fouchet pour Le For intérieur, tous deux épuisés et réédités dans l'anthologie poétique Feux dans la nuit (Les Impressions nouvelles, 2012, collection Espace Nord n° 219).".

  • Quoi que nous nous efforcions de penser, nous continuons d'appartenir à notre siècle par les croyances les plus communes et, quand cela a lieu, par le fait tout aussi commun de ne plus croire - ou de ne pas donner notre confiance au monde. Nos pères se sont tant méfiés, ou ils ont été à ce point cyniques, que cette foi, entendue dans son sens large, semble nous être aujourd'hui interdite. À nous qui avons hérité de cette perte sans l'avoir consommée, ne restent que les débris d'une tradition devenue muette.Or la foi est vitale, et pas seulement la croyance religieuse. Mais dans une époque désorientée, nous ne pourrons peut-être sauver que le désir de croire : rien ne nous dit que nous retrouverons la croyance. Le paradoxe veut que cette impuissance annonce un temps de dangereuse crédulité. Il nous faut donc tout réapprendre. C'est à cette tâche que la philosophie doit s'atteler en prenant le contrepied de son éternelle tendance : en se mettant en quête de croire aussi résolument qu'elle avait cherché à savoir. La traversée du nihilisme est à ce prix.
    Camille Riquier est vice-recteur à la recherche de l'Institut catholique de Paris et professeur à la Faculté de philosophie. Lauréat de l'Académie française pour Archéologie de Bergson (PUF, 2009), il est l'auteur de Philosophie de Péguy ou les mémoires d'un imbécile (PUF, 2017). Il est également membre de la revue Philosophie et de la revue Esprit.

  • Première femme médecin en Italie, Maria Montessori découvrit les enfants par la pathologie : seuls les « irrécupérables », confinés dans les conditions épouvantables d'un asile de l'époque, lui avaient été confiés pour exercer son métier. Très seule, elle étudia les travaux de confrères ayant tracé la voie, comme Seguin ou Itard. Ce furent ses débuts, les premières découvertes, et les premiers succès.Dans le tome I de la Pédagogie scientifique, elle transmettait une expérience aboutie auprès des 3-6 ans, commencée en 1907 à la Casa dei Bambini du Trastevere, l'un des quartiers les plus populaires et les plus pauvres de Rome. Les tomes II et III, séparés dans l'édition de 1970, forment en réalité un tout : ce sont les fondamentaux de l'école élémentaire, de 6 à 12 ans.Le matériel, détaillé de manière scientifique, est appréhendé avec toutes les notions anthropologiques qui le sous-tendent.Bien loin d'un contexte passé, vieillot et suranné, qui pourrait l'enfermer, Maria Montessori y reste pionnière et novatrice. Lettres rugueuses, système décimal, largement diffusés aujourd'hui, s'insèrent cependant dans un ensemble bien plus vaste, une progression didactique cohérente en profondeur, qui méritent d'être découverts et transmis.La lecture attentive du cycle élémentaire restera donc pour beaucoup un lieu de découvertes et un enrichissement pour tous.
    Maria Montessori (1870-1952) est mondialement connue pour la pédagogie et la méthode qui portent son nom. Son oeuvre en français est éditée chez Desclée de Brouwer.


  • Malgré leur intelligence, les enfants à haut potentiel, souvent  désignés comme des «zèbres », ont parfois du mal à apprendre  et à bien vivre en société. Certains les considèrent comme des enfants  agités et difficiles. La sophrologie est un outil extraordinaire pour  les aider à faire face aux situations qu'ils rencontrent, à gérer leurs émotions, et à apprendre à se concentrer. Ce livre s'adresse donc aux  parents, mais aussi aux éducateurs et aux professionnels, pour les  aider à accompagner ces enfants différents.
    Au fil de l'année, ce programme aborde des thématiques comme  « je maîtrise mon corps et mes émotions » ; « je suis unique, je  développe mon identité » ; ou « moi avec les autres ». Il est construit  de façon ludique et propose des ateliers à faire en solo mais aussi à plusieurs, pour s'amuser en classe ou avec toute la famille.
    Pour des petits zèbres épanouis et bien dans leur peau !
    Christel Beaurenaut  est sophrologue depuis  dix ans, après avoir été infirmière puéricultrice. Elle accompagne parents et enfants dans la construction de leur équilibre familial, en  cabinet et en milieu scolaire, notamment auprès  d'enfants à hauts potentiels. Elle a été formatrice  sur ce sujet en école de sophrologie (CEAS).

  • Les signaux d'alerte se multiplient sur les catastrophes écologiques. La valeur de ces signaux n'est pas régie par le critère de la vraie ou de la fausse alerte, ni par le principe du bon ou du mauvais gouvernement, mais par l'attractivité du signal, c'est-à-dire sa capacité à susciter l'attention et l'intérêt de ceux qui le reçoivent.En s'appuyant sur une étude des sentinelles des pandémies dans les sociétés asiatiques, Frédéric Keck montre que les territoires qui émettent des signaux d'alerte, comme Hong Kong, Taïwan ou Singapour, ont entre eux des relations de compétition et de collaboration analogues à celles des oiseaux qui concourent pour alerter sur la présence d'un prédateur. Dans cette émulation, où les pays échangent des informations pour prendre les mesures les plus rapides, se joue une nouvelle forme de solidarité globale et de justice sociale.Pour prendre la mesure de ce phénomène, l'auteur propose une lecture de quelques penseurs des signaux d'alerte (Claude Lévi-Strauss, Amotz Zahavi, Anna Tsing) ; puis une histoire des grandes crises sanitaires depuis vingt ans ; enfin, une approche de certaines oeuvres d'art (romans, films, expositions), qui nous préparent aux prochaines crises en faisant travailler notre imaginaire.
    Frédéric Keck a publié plusieurs ouvrages sur l'histoire de l'anthropologie française (Lucien Lévy-Bruhl, Émile Durkheim, Henri Bergson, Claude Lévi-Strauss) et deux livres sur les crises sanitaires causées par les maladies animales : Un monde grippé (Flammarion, 2010) et Les Sentinelles des pandémies (Zones sensibles, 2020). Il a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2012 et a dirigé le département de la recherche du musée du quai Branly entre 2014 et 2018.

  • Dans la crise de civilisation où nous sommes entrés, les figures du héros et du saint semblent faire l'objet d'une nouvelle attente. Si la philosophie commence avec l'étonnement, il y a là matière à méditer. De fait, héroïsme et sainteté sont des besoins collectifs et personnels - mais pourquoi ? Quelle est la réalité de ces deux conduites ? En quoi se séparent-elles et en quoi fusionnent-elles ? Pourquoi ont-elles été à ce point dévaluées ? Ces êtres d'exception n'ont rien à voir avec le surhomme ou le transhumain. Ils ne constituent pas des fuites hors de l'humanité. Ils nous rappellent ce que nous sommes - autre chose que des animaux et des machines - et nous appellent à vivre en conséquence. Ils sont paradoxalement les gardiens de notre finitude.
    Né en 1954, Robert Redeker est agrégé de philosophie. Collaborant à plusieurs périodiques, il a notamment publié : Le Déshumain ; Nouvelles Figures de l'homme ; Egobody ; L'Emprise sportive ; L'Éclipse de la mort ; L'École fantôme. Il fut pendant quinze ans, à l'appel de Claude Lanzmann, membre du comité de rédaction des Temps Modernes. Ses livres sont traduits en plusieurs langues étrangères.

  • Ils sont bébés, enfants ou adolescents, et déjà la mort s'est emparée d'une personne qu'ils aiment. Devant leur détresse, leurs silences, leurs questions, nous nous sentons souvent impuissants et ne savons pas toujours comment réagir.Comment leur annoncer le décès d'un proche ? Qu'en comprennent-ils à leur âge ? Comment parler de la mort accidentelle, subite ou par maladie, ou encore du suicide et de l'homicide ? Quelle est la différence entre leur deuil et celui des adultes ? Un deuil pourrait-il avoir un impact tout au long de leur vie ?Décrivant de façon claire et simple la façon dont les enfants vivent la mort d'un être cher, riche en témoignages et en conseils concrets, ce livre saura guider les parents, les éducateurs et toute personne proche d'un jeune endeuillé.
    La Canadienne Josée Masson, travailleuse sociale, a développé une expertise en matière de deuil chez les enfants et les adolescents depuis plus de vingt ans. Formatrice et conférencière internationale, elle a créé Deuil-Jeunesse, un organisme de bienfaisance qui assure spécifiquement des interventions professionnelles (individuelles, familiales et de groupe) pour les enfants et les adolescents endeuillés ou vivant différents types de pertes.

  • Dotés d'une capacité d'émerveillement et d'une curiosité infinie, les enfants sont naturellement des philosophes en herbe. C'est ce que démontre ici Jordi Nomen Recio, ce professeur pas comme les autres qui utilise avec eux le conte, le dialogue, le jeu ou l'activité artistique. Dans ce livre, il explique comment contribuer à l'épanouissement de l'enfant, mais surtout comment lui apprendre à être libre et à penser par lui-même.Alors, tous en piste ! L'ouvrage propose des exercices et des jeux philosophiques pour développer les capacités de réflexion de nos jeunes. Douze thèmes essentiels, comme l'amitié, l'art, la joie, le mal, sont abordés à l'aide de penseurs majeurs, tels Platon, Épicure, Spinoza, Montaigne, Rousseau, Nietzsche ou Arendt...Une façon ludique et interactive de pratiquer la philosophie, en famille ou à l'école, avec les enfants de 9 à 12 ans.
    Jordi Nomen Recio est professeur de philosophie et de sciences sociales et chef du département des Sciences Humaines à l'école Sadako, l'un des centres de formation les plus novateurs et les plus prestigieux de Barcelone. Il est titulaire d'un diplôme en histoire contemporaine et d'une maîtrise en citoyenneté active et en philosophie. Il a reçu le prix EDU21 en 2009 et le prix Arnau de Vilanova en 2011.
    Traduit de l'espagnol par Patricia Rochwert-Zuili.

  • Après le succès de son livre, Notre troisième cerveau, Jean-Michel Oughourlian s'attache à démontrer que les mécanismes toxiques et pathogènes à l'oeuvre dans les maladies physiques et dans les troubles mentaux ont une cause commune : l'altérité. La vraie question n'est donc pas : De quoi souffrons-nous ? mais bien : De qui souffrons-nous ?Altérité exogène, comme dans les maladies infectieuses, ou altérité endogène, comme dans les cancers. Mais altérité fluctuante en psychopathologie, tantôt modèle et amie, tantôt rivale et ennemie. Comme les cellules cancéreuses dissimulent leur agression sous le masque de certains enzymes, l'altérité ennemie, dans les psychoses et les névroses, se cache sous des symptômes qu'il faut savoir décrypter.Guérir de maladies physiques, ou mettre fin à des désordres psychologiques, consiste à reconnaître cette altérité rivale. Mais il ne faut pas se tromper d'adversaire : prendre l'ami pour l'ennemi ou l'ennemi pour l'ami. Dans cette petite histoire de l'altérité émaillée d'exemples, on montre comment éviter la méconnaissance et s'ouvrir à une vraie relation.
    Jean-Michel Oughourlian a été neuropsychiatre à l'Hôpital américain de Neuilly et professeur de psychopathologie à la Sorbonne. Il a élaboré une psychothérapie sur la base de ses recherches avec René Girard dans Des choses cachées depuis la fondation du monde, en 1978, et publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Un mime nommé désir (1982), Genèse du désir (2007), Notre troisième cerveau (2013) ou Cet autre qui m'obsède (2017).

  • De crimes sanglants en catastrophes naturelles, d'accidents toutes catégories en agressions sordides, de phénomènes anormaux en actes héroïques, le fait divers n'en finit pas de fasciner, de questionner, d'inspirer ou d'émouvoir.Il joue sur nos peurs et nos fantasmes, mais quel impact a-t-il vraiment sur nous ? Quel rôle joue-t-il dans la société ? Quels sont ses liens avec la presse, la littérature, le cinéma? De quelles croyances, de quels mythes fait-il l'objet ?Aujourd'hui, le fait divers semble avoir envahi les médias au point de se substituer à l'information traditionnelle. Les fake news s'en nourrissent, la télévision s'en empare. A-t-il pris une ampleur inédite grâce aux réseaux sociaux ?De l'Antiquité à nos jours, Bob Garcia nous invite à une plongée dans un univers complexe, imprévisible et multiforme pour tenter de mettre au jour l'anatomie de ces nouvelles insolites.
    Bob Garcia est auteur de romans policiers et chroniqueur littéraire. Tous ses polars sont tirés de faits divers réels. Il a écrit plusieurs essais sur le polar, dont Jazz et polar et Le Polar en questions, dans lesquels il analyse les origines du polar et ses liens avec le fait divers. Son dernier polar, Corpus delicti, a reçu le prix Enquêtes et faits divers 2019.

  • La figure imposante du révolutionnaire est morte. Mais celle du réactionnaire a survécu et prend de l'ampleur partout dans le monde. Il n'en reste pas moins l'inconnu de notre temps. Certes, il nous agace et nous fait peur. Mais nous ne nous interrogeons pas sur lui. Qui est-il ? Quelle est sa vision du monde ? On sait ce qu'il déteste, mais on sait moins ce qu'il veut.Le révolutionnaire se nourrissait d'espoir, le réactionnaire se nourrit de nostalgie. Il n'est pas conservateur, car il pense que l'Apocalypse est arrivée : dégoûté par tout ce qui l'entoure, il est électrisé par la splendeur du passé. Comme Don Quichotte, chaque expérience le confirme dans ses rêves. Car la nostalgie est irréfutable...Ce pessimisme historique inspire des figures aussi hétéroclites que des djihadistes rêvant d'un califat mondial et des polémistes qui voient dans ces attentats la confirmation de leur fatalisme, des catholiques intégristes et des maoïstes qui ont conservé leurs petits livres rouges, des antimondialistes et des néo-impérialistes russes, turcs et hindous. Tous avancent dans le passé.L'heure de la réaction a sonné. Il importe de l'entendre.
    Mark Lilla est historien des idées et essayiste. Enseignant à l'Université Columbia de New York, il écrit souvent dans The New York Review of Books et pour The New York Times. Il a publié plusieurs ouvrages, parmi lesquels : Le Dieu mort-né. La religion, la politique et l'Occident (2010) ; La Gauche identitaire : l'Amérique en miettes (2018).

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