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  • La loi du 11 février 2005, qui consacre le passage de l'intégration à l'inclusion des personnes en situation de handicap, est devenue emblématique dans le champ scolaire. En France, le nombre d'élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire a connu une progression de près de 80 % depuis 2006. Mais l'école peut-elle s'adapter à tout type de déficience ? Jusqu'où le cadre institutionnel, et les professionnels qui le font « tenir » au quotidien, peut-il s'adapter aux exigences de la différenciation pédagogique que nécessitent ces élèves ? Faut-il dès lors inventer de nouveaux métiers d'accompagnement des parcours ? Ou enrichir le curriculum de formation de manière à mieux outiller les enseignants ? Et du côté des élèves et de leurs familles, quels types d'expériences scolaires le handicap peut-il susciter ? Le fonctionnement à la fois public et intime de l'institution scolaire ouvre ainsi de nouvelles pistes et catégories d'analyse pour penser notre société à l'épreuve (civique) de la diversité et de l'altérité. Ce cinquième opus des Entretiens Ferdinand Buisson propose des pistes opérationnelles et favorise les interactions entre recherches universitaires et pratiques professionnelles sur cette question sensible.

  • Le « monde enseignant » est un objet de fantasme social et politique de longue date. L'illusion d'une certaine unité de ce groupe social perdure, en décalage avec les études qui soulignent les segmentations, voire les fractures qui le divisent. Les « profs » peuvent tour à tour être perçus comme des agents du service public en première ligne pour défendre les valeurs républicaines ou des représentants d'une profession libérale rétive au changement, comme des fonctionnaires injustement reconnus ou au contraire trop corporatistes. Au sein même du monde enseignant, la caractérisation de la « professionnalité » est loin d'être consensuelle. Quelles sont les places respectives des savoirs disciplinaires et des savoirs pour enseigner ? Malgré la production de nombreux référentiels de compétences, ce qui fait aujourd'hui un « bon enseignant » n'est pas évident. Peut-on pour autant parler d'une déprofessionnalisation enseignante au regard de l'évolution de la mission d'éducation que confie la société aux enseignants ? À l'inverse, des formes de requalification qui renouvelleraient la vocation et le mandat social de l'enseignant sont-elles à l'oeuvre ? Cet ouvrage fait à la fois un bilan des connaissances sociologiques sur le monde enseignant et aborde par des exemples concrets les enjeux l'identitité professionnelle des enseignants.

  • Les années 1890-1930 constituent une période charnière dans l'élaboration de nouveaux modèles professionnels dans l'enseignement aux États-Unis. Soucieux de mener des réformes jugées favorables au progrès de la société, divers acteurs entreprennent de modifier le système de formation des enseignants, les méthodes pédagogiques et l'organisation des systèmes scolaires. Chicago est alors un des principaux centres de réflexion de ces projets progressistes de professionnalisation de l'enseignement. Cet ouvrage propose une étude historique de ces transformations à partir d'un échantillon élargi et inédit d'acteurs, d'institutions et de sources. Quel rôle les enseignants, les directeurs d'école ou le personnel de l'École normale de Chicago eurent-ils dans l'élaboration et la dissémination de nouveaux modèles professionnels ? Dans quelle mesure ces modèles furent-ils mis en pratique quotidiennement dans les établissements ? Quels furent effectivement l'envergure et le contenu de cette conquête professionnelle ? Cette étude de cas apporte un point de vue complémentaire sur l'histoire de l'éducation nord-américaine, du progressisme et de Chicago, et aborde des thématiques qui font écho aux réflexions contemporaines sur l'enseignement, le genre ou les relations raciales.

  • Qu'ils arrivent seuls ou en famille, en situation légale ou irrégulière, les jeunes d'âge scolaire constituent une partie essentielle des flux migratoires. De nationalité étrangère ou nés hors de la France métropolitaine, ils et elles ont massivement connu l'école « ailleurs ». De nationalité française, ils communiquent régulièrement dans une autre langue que le français avec leurs parents. Or, en valorisant la culture et la langue nationales, l'école française n'accentue-t-elle pas le poids de l'origine ethnoculturelle dans les performances scolaires ? Quels dispositifs et quelles orientations de l'action éducative peuvent conforter l'espoir de mobilité sociale qui accompagne les projets migratoires ? Que disent les enquêtes de suivi sur la capacité de l'école à faire réussir les élèves « nouvellement arrivés » au même titre que les élèves « durablement installés » ? Dans quelle mesure l'histoire de l'immigration et des itinérances oriente-t-elle non seulement le recrutement scolaire, mais aussi les pratiques pédagogiques ? À l'épreuve des circulations et des parcours des jeunes d'origine immigrée, des jeunes réfugiés ou des jeunes « du voyage », l'institution scolaire révèle des rigidités différentes selon son cadre sociétal de référence, et des souplesses parfois inédites. À partir de la double considération des élèves migrants et des enfants d'immigrés, cet Entretien Ferdinand Buisson ouvrira donc la réflexion sur les capacités et les limites actuelles de l'école à valoriser les migrations à la fois comme projets de mobilité sociale, comme épreuves de déclassement et comme parcours d'accès aux droits.

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